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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 08:11

LOUIS JOOS : « Un piano »

Futuropolis 2010

 

louisjoos


Louis Joos n’est pas un inconnu des jazz-fans. Il a déjà signé plusieurs BD consacrées aux grandes figures comme Mingus, Monk, Powell, Coltrane ou d’autres albums au titre qui flirtent avec la note bleue comme Mood Indigo, Blues ou Jazz Concert. Le jazz toujours présent dans son l’œuvre du dessinateur Bruxellois comme une seconde peau.

Son coup de crayon comme un comme un coup de fusain joue entre un esthétique black and White si chère au jazz et une atmosphère presque sépia qui porte une poétique du souvenir d’un temps un peu révolu.

Dans « un piano », Louis Joos traverse une vie d’homme sur deux générations. Un piano, celui d’un père grand concertiste classique que l’on sent tenté par le dévoiement de l’aventure du jazz et qui cherche à transmettre à son fils son goût du piano. Le jazz présent en filigrane avec l’employé noir sur ce paquebot

de croisière. Un fils, artiste lui aussi ( Louis Joos ?) qui choisit les arts graphiques plutôt que la musique. Le piano transmis en héritage. Une rencontre douce-amère avec un Bud Powell fantomatique.

Tout cela comme des souvenirs réels ou rêvés qui reviennent à l’homme qui, dans la fin de sa vie semble courir après ses souvenirs dans les rues de New York baignées des neons des clubs de jazz de la 52ème rue encore illuminées du souvenir de Miles et de Parker comme des clichés d’un jazz hors temps .

Et la présence enfin d’un homme mystérieux à la tête de loup qui revient plusieurs fois au fil de l’album et qui contribue à renforcer la poésie de cette belle BD que l’on traverse sans passion mais avec l’émotion d’une pointe de mélancolie.

Jean-Marc Gelin

 

 

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