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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 23:18

Katche.jpgArticle paru le 15 septembre 2010

Manu Katché (dr), Jason Rebello (p, fender rhodes), Pino Palladino (b), Tore Brunborg (ts, ss) + guests : Kami Lyle (voc, tp), Jacob Young (g) sur divers titres

ECM 2010.

 

Pour l'auteur de cette chronique, le dernier disque de Manu Katché soulève une question qui, pour n'être pas inédite, demeure intéressante : d'où, de quels souvenirs, écoute-t-on un musicien ? Jusqu'où est-on disposé à changer de rive avec lui ? J'eus naguère le privilège d'assister à un showcase à la Fnac où un tout jeune batteur, réinventant le groove d'un interland entre le jazz et les rytmes funk et rock accompagnait, de manière virtuose, radieuse, crépitante (il en brisa ses baguettes) le mythique tandem de guitaristes Eric Boell / Laurent Roubach, si ma mémoire est bonne. On connaît la suite (qui Manu Katché n'a pas accompagné ?). Pour n'être pas rétif aux univers nouveaux, « Third Round » me laisse toutefois perplexe : on comprend la volonté de créer des climats aussi « smoothy » puissent-ils être plutôt que de s''en remettre aux vieux schemas thème / choruses / retour au thème mais faut-il pour autant décliner des pièces sans charpente mélodique, souvent bien mièvres et qui, lorsqu'ils s'animent un tant soit peu, semblent formatés pour la pire bande FM (Shine and Blue) ? On comprend également la préoccupation d'imposer une signature sonore mais faut-il alors faire subir à l'auditeur cette référence obligée à ECM avec un saxophoniste qui fait du sous-Garbarek ou qui clône Kirk Walhum ? On comprend plus encore le souhait d'un positionnement comme «  band leader » mais, sous prétexte de se faire (piètre) coloriste, faut-il y sacrifier le spectre des qualités du batteur (Chic and Trendy alors que Keep On Trippin' ne suffit pas à sauver l'essentiel, on a même furieusement l'impression que Manu en garde sous le pied, un comble !). Un rapprochement dira à la fois l'estime dans lequel on tient le batteur et le doute dans lequel il nous plonge : après quasiment sept ans de loyaux et géniaux services, Tony Williams quitta Miles Davis : diriger, se différencier, composer, chanter...On sait ce qu'il advint de cette légitime ambition du batteur, certes moins soutenu que d'autres....Rapprochement empoisonné ? Peut-être aussi, modeste suggestion d'un (vrai) sujet de réflexion.   

 

Stéphane Carini.

 

 


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Published by carini - dans Chroniques CD
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