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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 21:09

 

Marc Cary ( p, fender), Sameer Gupta: Drums, Tabla; Burniss Earl Travis II, Rashaan Carter: Bass

 marc-cary.jpg

 

Des sonorités électriques lunaires ou acoustiques pour un jazz plus straight, l'univers du pianiste Marc cary est aussi foisonnant que si l'on prenait la synthèse d'un Jason Moran croisé avec un Robert Glasper. Il y a chez l’ancien pianiste d’Abbey Lincoln (à qui il a récemment consacré un magnifique album) un vrai savoir faire de la musique avec des machines à groover un peu iconoclaste. Ainsi un morceau spatial comme Todi Blues qui évoque les meilleures heures du jazz fusion côtoie ainsi un Tanktifedqui s'inscrit plus dans une lignée d'un jazz plus classique mais toujours avec ce sens du groove. Avec Marc Cary on bascule entre une musique électrique tapissant les espaces sonores et un groove acoustique plus lyrique et foisonnant à l’image de cet irrésistible et atomique Boom.

Les progressions harmoniques sont étonnantes. Marc Cary navigue sans cesse entre la linéarité de ces progressions et des lignes de brisures à la limite de la dissonance sans jamais pour autant s'approcher trop près de Monk. Il faut justement écouter Boom pour comprendre les filiations et le rapprochement que l'on pourrait en faire avec un Jason Moran dans l'art de la construction-deconstruction.

Marc Cary propose des idées intéressantes et développe un vrai langage personnel.

Il y a des moments de flottements absolument superbe (Open Baby) où l'on peut juste regretter de ne pas y entendre un drumming plus rond, plus en douceur, la rythmique étant d’une manière générale assez timide et en retrait.

Ce qui n’empêche pas l'album d’être passionnant, toujours inventif, toujours créatif sur les propositions. Celui qui accompagne souvent Meschell Ndegeocello n’est jamais enfermé dans un système. Dans ce Outside my window dans une veine assez classique qui fait penser à jason Moran l'on retrouve la patte des maîtres du piano jazz dans un thème étourdissant de virtuosité et de créativité harmonique et rythmique. idem sur Ready or not.

Que Jana Herzen, la patronne du label Motemma qui avait fait le pari, il y a une 10aine d’année de lancer Gregory Porter alors inconnu, peut dormir tranquille. Il est clair que l’on n’a pas fini d’entendre Marc Cary. Pour notre plus grand bonheur.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

A noter que le pianiste sera au Duc des Lombard avec son Focus Trio le 16 novembre. A ne manquer sous aucun prétexte

 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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