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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 23:24

marilyn-mazur-celestial-circle.jpgECM /Universal Music
2011
Sortie le 11 juillet

 
 Qu’il est doux de plonger au cœur de l’été dans la plénitude rafraîchissante d’un album ECM. Passons sur la pochette reconnaissable entre toutes, énième variation sombre et nuageuse, ou sur la qualité singulière et immédiate d’un son pur et éthéré, autrement dit, sur la griffe de ce label incontournable.
 Enregistré en décembre dernier à Oslo, il s’agit cette fois d’un album de la batteuse Marylin Mazurn, née à New york mais élevée au Danemark, ce qui explique qu’elle se retrouve à l’aise au sein d’ECM ; d’ailleurs, Marylin Mazur a fortement contribué des deux côtés de l’Atlantique à développer, si ce n’est à faire connaître, la libre improvisation auprès de nombreux partenaires dont Jan Garbarek.
Avec Celestial circle, c’est un projet personnel qu’elle mène à bien au sein d’un quartet mixte composé du pianiste John Taylor, du contrebassiste Anders Jormin et de la jeune chanteuse suédoise Josephine Cronholm qui a, devant elle, assure-t-on, une carrière des plus prometteuses…
 Au cœur de ce dispositif, Marylin Mazur signe la plupart des titres, et on est immédiatement saisi de la délicatesse de ces miniatures, objets dont il faut entendre les infimes variations, les plus subtiles nuances comme dans « Kildevaeld » ou dans ce « Gentle quest » où les cris et chuchotis d’une voix souple modulent agréablement, quand la chanteuse ne passe pas à un scat léger, jamais insistant. De la mesure et de l’élégance en toute chose. Voilà une musique d’exception, de femme –ce n’est pas que Taylor et Jormins s’effacent, loin de là – sans effet spectaculaire, d’une précision absolue, où l’écriture est rehaussée d’un accompagnement pur jus, de quelques épices percussives qui lui donnent toute sa couleur. Simplicité, équilibre, associations toujours bienvenues  où la contrebasse sûre et souple fait merveille, et où la batterie nous régale de sa musicalité. Le toucher posé et ferme de John Taylor est au service d’une véritable pensée musicienne ; en éveil constant, sans violence aucune, il soutient l’écoute, la force même..
Sobre et de bon goût, l’album avec ces psalmodies énigmatiques et envoûtantes, possède un charme et un mystère indéniables. Un choeur de femmes venu d’ailleurs s’élève sur «Temple chorus» ou «Among the trees», ou encore dans ce chant initiatique «Drum rite», semblable aux exhortations des Indiens attendant la pluie. Chaque titre contribue à dresser un édifice tout en arrangements de vocalises obsédantes et d’atmosphères, prélude à l’évasion. Un climat d’une douceur exquise où les mots gagnent en ampleur et intensité dans une énonciation parfaite, où le silence a son rôle. « Among the trees » constitue la version musicale d’un rêve étrange Grâce d’une écriture aérée, poétique, avec la redécouverte de bribes, fragments perdus de chansons dans «Chosen darkness».
On tend l’oreille à chaque instant, prêt à découvrir l’infinie diversité des sons proposés. Ici tout glisse en finesse avec un risque contrôlé, une énergie tranquille qui laissent ouvertes les marges de l’exploration.  Tendre, inventive, mélodique, l’essentiel de cette musique réside dans l’instant et l’échange immédiat. Une sorte de discours sur la lisibilité du temps. Voilà la très improbable bande son d’un été parenthèse. Ecoutez  ce Celestial circle qui paraît sous de bonnes étoiles.

Sophie Chambon

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Published by Sophie chambon - dans Chroniques CD
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