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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 20:16

Thirsty Ear 2010

Matthew Shipp solo acoustic piano

matthewshipp.jpg

 

On connaît le génie pianistique de Matthew Shipp que beaucoup n’hésitent pas à comparer à Cecil Taylor, s’il ne fallait en citer qu’un seul. Le pianiste quinqua du Delaware souvent associé à la scène d’avant-garde de New York,  aux côtés de Roscoe Mitchell ou de David S. Ware. On l’a beaucoup entendu aussi ces dernières années avec Gerald Cleaver et William Parker. On l’a vu aussi associé à des nombreuses expériences avant-gardistes ou à des fructueux métissages comme celui qui l’associe parfois avec DJ Spooky.

Ici c’est un album très classique que livre avec maestria Matthew Shipp. Un album solo dans la pure tradition où le pianiste tire tout de son clavier sur la base de standards ( What is this thing called love, Autumn leaves, Prelude to a kiss ou Greensleeves), de thèmes de sa propre composition ou encore de traditionnels ( Frère Jacques ou What a friend we have in Jesus). Et dans cet album, Matthew Shipp avec fougue, donne tout ; On l’a dit ( bien qu’il s’en défende), il y a du Cecil Taylor mais aussi du Monk. Mais surtout c’est avec un art consommé des progressions harmoniques et un style particulièrement percussif que Matthew Shipp transcende avec fougue tout ce qu’il touche. Matthew Shipp fait gronder son clavier qui devient terriblement ténébreux, mais son exploration aussi vive que vivace ouve aussi sur un lyrisme passionné jouant les décalages rythmiques et les évolutions des espaces dont il se plaît à brouiller toute linéarité. Prenant le piano à bras le corps, parfois furioso mais toujours bouillonnant d’idées, délivrant de petites créations instantanées sortant l’art de l’improvisation de ses clichés éculés pour s’approprier une liberté passionnante (Teleportation par exemple qui commence comme un thème assez Monkien et qui passe progressivement et subtilement dans une autre dimension, luniare), Matthew Shipp pense sa musique aussi vite qu’il respire avec la passion du « dire ». Sonnant comme un orchestre à lui tout seul.

Mattew Shipp c’est un pianisme intense. L’incandescence d’un discours enflammé. Assurément un grand disque qui précise ce que l’on savait du pianiste. Matthew Shipp est à l’iage de ces héros Solalien : un géant magnifique, un superbe. Ce disque devrait susciter quelques idées de récital pour des salles comme Pleyel ou Châtelet. Avis aux programmateurs. Car il faudra bien que l’on sache qu’il y a une vie après Jarett et que Matthew Shipp est décidément l’un des immenses pianistes de sa génération. Jean-Marc Gelin

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