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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 12:02

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Buchet Chastel rééd 2014

 474p; 24 euros

 

C’est un classique de la littérature jazz. Le classique des classiques. Le livre incontournable que tout amateur de jazz se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie. Je dis bien au moins une fois car il faut en effet régulièrement revenir à cette autobiographie écrite par le clarinettiste Mezz Mezzrow pour en découvrir toute son incroyable richesse. Non pas seulement pour ce qu’il raconte sur le jazz.

Car «  La rage de Vivre » que les éditions Buchet Chastel viennent de rééditer, n’est pas seulement un livre de jazz, c’est aussi tout simplement une grande oeuvre littéraire.

Editée pour la première fois en 1972 sous le titre original “ Really the blues” et avec la traduction de Maurice Duhamel, cette oeuvre a certainement inspiré pas mal d’écrivains au premier titre desquels Henry Miller qui en signait la préface.

Pas la peine de vous raconter ici la vie du clarinettiste qui participa à la Nouvelle Orléans mais surtout à Chicago à l’émergence de cette révolution musicale que fut le jazz. Pas besoin de vous raconter non plus par le menu ce que fut la ville dans les années 20, ce que furent les relations très troubles des musiciens avec la prohibition et les bordels de Capone. Pas besoin de vos raconter cette rage de jouer «  jazz ». Cette rage d’exploser la musique comme celle de Louis Armstrong dont Mezz Mezzrow en fit assurément son idole avant qu'il ne devienne son ami. Pas besoin non plus de vous raconter la découverte de ces drogue venues de Chine ou du Mexique. L’expérience de la muta mais surtout celle de l’Opium qui donne à ce livre l’une des plus belles expériences psychédélique qu’il m’ait été donné de lire .

Pas besoin de vous le raconter, car il vous faut le lire.

 

La rage de vivre c'est aussi la rage de survivre chez Mezzrow. La rage de vivre sa musique, cette musique qui le prit un jour en entendant la grande Bessie Smith. C'est aussi la rage de devenir noir. La rage de se savoir blanc dans ce pays de "Jim Crow". Et Mezz Mezzrow dans son désir d'oublier sa condition de blanc comme s'il s'agissait d'une préalable pour acquérir le sens de swing, frôle la folie d'un racisme à l'envers, rigolant presque du bon tour fait à ses geôliers en leur demandant d'être incarcéré dans les cellules des noirs !

 

Il faut lire la "Rage de vivre" comme l'un des témoignages les plus poignants sur la condition de musicien, sur le désir de vivre sans limite et sans concession aucune son rêve de musicien d'un jazz des origines. La vie de Mezz Mzzrow nous prend aux tripes et à la gorge.

La rage au cœur.

Il faut lire " La Rage de vivre"

Jean-Marc Gelin

 

PS : il faut saluer les éditions Buchet Chastel pour leur excellent travail sur le jazz. C’est à eux notamment que l’on doit le sublime “ les musiciens et les trois voeux”, encore un magnifique témoignage sur la diffciile condition des musiciens de jazz noirs américains.

 

 

 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Livres - BD
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