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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 08:06

 

Hative 2013

Michel Marre (tp, fch), Alain Jean-Marie (p), Yves Torchinsky (cb), Simon Goubert (dms)

 

 marre.jpg

 

Michel Marre, comme tous ceux qui sont venus à la trompette à force d’écoute des plus belles pages du bop et du hard bop, a un amour profond pour Clifford Brown. Rares sont les musiciens en effet qui ont pu, à ce point marquer l’histoire de leur instrument. Et pourtant Clifford Brown disparu tragiquement à l’âge de 26 ans dans un accident de voiture avec d’autres de ses copains musiciens est véritablement un des grands héros du jazz des années 60. Je tiens pour ma part les albums de Clifford comme les plus importants de l’hsitoire du jazz, et Clifford comme le plus grand trompettiste de tous les temps à l’instar d’un Fats Navarro, d’un Lee Morgan ou d’un Freddie Hubbard. Mais je l’avoue la liste est très longue…..

Comme un retour aux sources, Michel Marre, routier du jazz qui a bourlingué entre autre avec Mal Waldron, Sam Rivers ou encore Archie Shepp revient à Brownie et à son plaisir de jouer de bons vieux standards. Sans pour autant donner dans l’imitation. Juste un moyen d’exprimer par cet album et en compagnie d’une rythmique qui connaît bien cette affaire-là, tout ce qu’il doit à l’un de ses maîtres. Et d’ailleurs c’est au buggle que Michel Marre s’exprime le plus souvent, instrument pourtant loin d’être le medium favori de Clifford Brown. Avec de beaux arrangements ( magnifique ouverture sur Round Midnight), Michel Marre y montre ce que les trompettistes expriment souvent ( curieusement pas forcément le trait dominant chez Brown), son amour de la mélodie et du chant. En vrai chanteur de l’instrument.

Les  4 vieux briscards rivalisent de jeu subtil et émouvant avec un art consommé du savoir-faire. Alain Jean-Marie comme toujours merveilleux accompagnateur, enlumineur de tous les motifs. Yves Torchinsky en soutient de la ligne mélodie et de la pulse. Simon Goubert qui fait passer des frissons dans la musique à force de drive fin et de frémissements de peaux.

Forcément dans le choix des thèmes le sublime hommage de Benny Golson ( I remember Clifford), un thème magnifique de Michel Marre ( Espera) et quelques bons vieux standards ( We’ll be together again, Body and Soul, Baby don’t you please come home, caresless love). Au milieu de l’album quelques petites incises de pure impro qui s’insèrent malicieusement, juste pour prolonger le plaisir que ces quatre-là ont à jouer ensemble.

Et au final un album plutôt réussi entre émotion, swing et retenue. D’une certaine manière ce quartet parle d’amour. Et sans révolutionner le genre, nous murmure à l’oreille de fort jolies choses. De quoi baisser un peu les lumières et se laisser glisser au doux pays du jazz.

Jean-marc Gelin

 

 

 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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