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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 19:55

Dixiefrog 2009



Il y a des disques que l’on adorerait chroniquer et qui malheureusement sont toujours confiés par le rédac chef à un autre chanceux. Et puis il y a d’autres albums au contraire que l’on aurait aimé ne pas avoir à faire. Celui de Mighty Mo Rodgers rentre pour moi exactement dans cette catégorie tant la première écoute de cette galette du bluesman que je porte pourtant aux nues, m’a fondamentalement déçu. Pourtant à 67 ans jamais Maurice n’a semblé aussi vert, aussi jeune et aussi pétillant. Car c’est sous l’angle de l’humour et parfois du second degré que le pianiste de l’Indiana nous envoie ses messages de la lune. Il semble s’amuser Mighty Mo avec son blues un peu lunaire finalement assez libre dans lequel il joue avec aussi bien qu’il détourne les clichés du blues. Il y a bien sûr cette voie à nulle autre pareil, rocailleuse et grasse comme une traînée de santiag’s. Il y a bien sûr la façon de dire le blues  des « coons », des bamboulas. Il y a aussi cette prophétie dont Mighty Mo semble s’amuser, celle de Howlin’ Wolf dans « Coon on the Moon » (1973) ; «  vous vous réveillerez un beau matin et vous trouverez un bamboula sur la lune ». Alors, à l’heure de l’élection d’Obama, Mighty Mo Rodgers se met en orbite et nous envoie depuis la lune quelques nouvelles de la terre. C’est plein de bons sentiments mais c’est aussi kitchissime. Ainsi par exemple l’hommage à Michael Jackson, louable en soi dégouline de bon sentiments à l’américaine. Les arrangements laissent bien souvent perplexes lorsque l’on sait pourtant que derrière cet album la production compte pas moins que Sébastien Danchin, JJ MIlteau, Benoit Sourisse et André Charlier. Où l’on y entend par exemple du bon gros reggae façon blues d’un gôut moyen. Certains titres sont parfaitement formatés pour un passage radio en prime time ( Blues is a woman) et Mighty Mo Rodgers qui ne sait plus trop dans quelles direction aller, touche à tout comme cet Afrika Blues qui a l’air d’avoir été fait à l’arrache. Ca fleure le mauvais goût hyper commercial.

Reste la bonne humeur de Mighty Mo qui devrait être communicative, nous faire danser et rire. Mais on reste juste pantois, persuadés que forcément il y a quelque chose que l’on a pas compris. Oui mais quoi ?

Jean-Marc Gelin
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