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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:12

Spectacle de Louis Caratini et direction musicale de Patrice Caratini


Elle restera comme « la « mécène iconique du jazz, la baronne Pannonica de Koenigswarter, née Rothschild (1913-1988). Dans sa maison de Weehawken (New Jersey), dominant Manhattan, au milieu de ses chats (122 !), elle accueillait les jazzmen. De 1961 à 1966, Nica, comme on la dénommait familièrement, s’amusa aussi à photographier ses hôtes avec un Polaroïd et à recueillir par écrit leurs trois vœux. Publié de manière posthume par sa petite-fille, l’ouvrage (« Les musiciens de jazz et leurs trois vœux. Pannonica de Koenigswater. Editions Buchet Chastel.2006) contient 300 témoignages, révélant des personnalités fortes, touchantes, drôles.
Louis et Patrice (son père) Caratini ont décidé de faire vivre ce livre unique. Dans un club de jazz, le Birdland, ils sont quatre comédiens à proposer un florilège de ces vœux. Du plus bref –« je veux être blanc » de Miles Davis- au plus élaboré –un grand texte de Lionel Hampton sur le jazz, ses émotions, sa naissance, son évolution- ils nous donnent à saisir la condition, les aspirations des jazzmen qui comptaient dans les années 60. Les comédiens les font littéralement vivre ces vœux, (re)constituant en quelque sorte le monde idéal rêvé des jazzmen.
 

 

Cara007

Nous voici dans ce lieu sobre aux allures d’atelier, de workshop de Greenwich Village, transportés à la grande époque du be-bop, du hard-bop, les acteurs, fidèles aux textes, improvisant dans l’interprétation. A l’unisson du quartet constitué par Patrice Caratini (basse), Alain Jean-Marie (piano), André Villéger (saxophones) et Julie Saury (batterie) déroulant –totalement en acoustique et c’est un plaisir rare- les grands airs de l’époque, à commencer par les titres en hommage à la baronne, Nica’s Dream, de Horace Silver, qui donne son nom au spectacle, ou Pannonica de Thelonious Monk. Le grand’prêtre du be-bop est bien sûr là, non seulement en portrait projeté sur le mur mais aussi par une table de ping-pong (il y était redoutable) qui voit s’affronter Caratini (père) et Saury (fille de Maxime).

Les 90 minutes-le temps d’un match de foot- passent vite au rythme des mots lancés par quatre comédiens (talents en devenir) bien inspirés et souvent déjantés et des phrases musicales balancées par quatre musiciens confirmés habités par la flamme de l’improvisation. Un spectacle franc et frais qui valorise l’ouvrage de Pannonica de Koenigswarter et invite à se plonger dans sa lecture et, ce qui n’est pas le moindre de ses bienfaits, à réécouter la vingtaine de compositions dédiées à cette drôle de baronne.

 

Jean-Louis Lemarchand

 

 

Nica's dream Caratini AFFICHE40x60

Nica’s Dream. Adaptation et mise en scène Louis Caratini. Direction musicale Patrice Caratini. Les musiciens : Patrice Caratini, contrebasse,Alain Jean-Marie, piano,Julie Saury, batterie,André Villéger, saxophones (ténor et soprano). Les comédiens : Benoît Felix-Lombard,Pierre-Antoine Chevalier,Olivier Dote Doevi, Renaud Boutin

Les 10 et 12 janvier (19 h), dimanche 13 janvier (15 h), Théâtre de l’Opprimé. 78/80, rue du Charolais - 75012 PARIS. Réservations 0143404444. Et aussi 26 février à Fontenay Sous Bois, Salle Jacques Brel et 28 mars à Alfortville, Pôle Culturel.

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