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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 14:19

 

Nwog records 2013

Hayden Chisholm - alto sax and bass; nils wogram - trombone; matt penman -

double bass; jochen rückert - drums

 

Cliquez ici pour accéder au site de Nils Wogram 

 

cover_riomar_400.jpg

Nils Wogram est une des valeurs montantes du jazz en Europe. A 41 ans le tromboniste allemand qui rafle en ce moment pas mal de prix outre-rhin a déjà une discographie bien étoffée et collabore avec des nombreux grands jazzmens européens dont notamment, plus proche de nous, le pianiste Bojan Z. Son groupe, « Root 70 » est un quartet groupant des musiciens allemands et néozelandais qui  dans le projet présenté ici associe les vents aux instruments à cordes avec un sens très aiguisé de l'écriture et de l'arrangement.

Il y a bien, dans ce que dit Nils Wogram un vrai classicisme au sens jazzistique dans l'écriture, très respectueuse d'une forme de jazz qui puise aussi bien dans la west coast que dans une forme aussi très ellingtonienne. L'utilisation des cordes y est particulièrement intelligente. On y entend une formule orchestrale mais aussi parfois un ancrage dans le blues du delta (Riomar) avec ces accents orchestraux qui remontent à un jazz bien historique. On aime chez le tromboniste cette volonté de ne pas vouloir renverser la table à tout prix, de cultiver ses racines et de développer des idées qui portent une certaine identité du jazz. Et tant pis pour ceux qui veulent de l'électrique, du rock fort ou que sais-je encore. Cette façon d'emmener le jazz sur des terres anciennes, nous la voyons au contraire dans le climat actuel comme une forme de liberté farouche.

Tout l'album qu'il nous propose ici est donc basé sur l'utilisation des cordes. Jamais pompeux ou kitsch, Nils Wogram parvient à en exhaler tout le potentiel swing autant que la richesse harmonique, s'appuyant au demeurant sur un superbe saxophoniste dont les sonorités rappellent celles de Paul Desmond. Les univers de Nils Wogram sont divers et lorsqu'il signe un morceau dédié au Duke c'est avec une approche toute personnelle et sans idée de plagiat ou de copie. Comme un hommage tiré de sa propre culture musicale. Ce qu'il parvient à faire dans sa façon d'écrire c'est aussi de laisser l'énergie intacte au travers de l'intervention des cordes qui apparaissent aussi parfois comme des vecteurs de pulse, ce qui est très rare with strings (Playing the game). Mais en même temps il les utilise aussi très classiquement (a un sens de la musique à cordes classique ) dans des morceaux où le jazz peut apparaître décalé ( Seeing the new in the old). De belles structures sont exposées comme Uniformly Unifromed ou encore Song for Bernhard aux textures harmoniques particulièrement riches. Le problème c'est le dernier tiers de l'album qui tombe un peu comme un soufflé, prenant un parti de plus en plus classique et de moins en moins jazz. Les structures deviennent alors plus académiques et moins intéressantes. Dommage

 

 

 

 

 

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Published by Jean-Marc Gelin
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