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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:36

  oddjobClint_338x338.jpg

Act – 2010

 

Peter Forss (b), Per "Ruskträsk" Johansson (sax, bcl), Goran Kajfes (tp), Janne Robertson (dr), Daniel Karlsson (p)

 

On le disait ici, pour leur concert pour Jazzycolor en novembre dernier, que la musique d'Oddjob évoquait certaines musiques de films ou de séries télévisées. Pour beaucoup de trentenaires, les génériques de John Barry, Lalo SchifrinEnnio Morricone se font l’écho de grandes productions cinématographiques à succès. Et comme souvent ces musiques sont de véritables petits chefs d’œuvre, elles participent plutôt à entretenir l’imaginaire des films auxquels elles sont associées. Maintenant, ajoutez cela à un mythe comme celui de Clint Eastwood, ce héros aux multiples facettes – flic sans pitié, cow-boy charismatique, justicier sans concession – et vous détenez là une très bonne idée de projet. 

 

Et bien ils l'ont fait, les doigts dans le nez, sans détour et avec intelligence: Oddjob reprend les thèmes connus de grands films tournés avec Clint Eastwood, signés par Schiffrin et Morricone pour la plupart (On note que « Let's do It » est composé par Clint lui-même). Les pièces – pour la plupart destinées à être jouées par un orchestre – sont triturées à souhait pour seoir à un quintet de jazz/drum'n'bass - écoutez voir l'excellentissisme version de "Scorpio" pour vous en convaincre - résolument esthétique et sonore: remplacement des timbres et des tessitures, bouleversement rythmique, mise en exergue des gimmicks. Entre autres, les parties vocales de « Magnum Force » sont remplacées par la clarinette basse de Johansson, le gimmick du thème est purement électronique – dans un style très « clin d'oeil » - et la rythmique a quelque peu subit une cure de refroidissement. « The Good, The Bad and The Ugly », qui nous a fait fantasmer quand on était gosse - où Clint tient le rôle de Blondin! Souvenez-vous! - est passé à la moulinette de la rythmique électro-techno pour un résultat plutôt intéressant et surprenant. Retravaillés avec humour et dévouement, tous ces thèmes si connus renaissent à nos oreilles et conservent leur vibration essentielle. On note aussi l’excellente interprétation aux allures oniriques de « Ecstasy of Gold » - toujours de Morricone tiré de « Le bon, la brute et le truand » - qui se magnifie en pure joyau acoustique.

 

Voilà ce qu'on aime avec Oddjob, c'est cette « Swedish Touch » inégalée, un don pour l'esthétisme, un mélange de rêveries musicales et de transe jouissive. Le son Oddjob est particulièrement bien trouvé: l' « electro-sound » est judicieusement articulé avec un jazz acoustique certes easy-listening mais dans le meilleur sens du terme, avec ce je-ne-sais-quoi qui les rend unique. La classe, le style, l'élégance.

 

Jérôme Gransac

 

 

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