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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 00:00

 


Daniel Beja(g, voc), Raphael Illes (sax), Nathanael Malnoury (cb) sauf 2 et 7: Flavio Perrella, Yohan Rochetta(v), Martin Vanlemberghe (dr)
Invités : Yom (Klezmer King) (Cl), Sylvia Auclair (voc)

 

Le Site

 

Créé en 2005, après de très nombreux concerts en France et en Europe, Palinka présente son deuxième cd, autoproduit celui-ci, enregistré en avril dernier au studio «  La Fonderie ».

A la lecture du communiqué de presse, on apprend que Palinka « s'affirme comme un groupe novateur de la scène Jazz manouche et s'approche de la cour des grands ». Fort de son succès, le manouche (dites « man-nouche » à la manière du programmateur du Duc des Lombards de Paris, Jean-Michel Proust, lorqu'il présente les frères Rosenberg) dispose effectivement d'une « scène » qui est déjà devenue fourre-tout. Et puis, le manouche, c'est toujours un peu la même chose: la pompe, des virtuoses techniques de la guitare rythmique et les immanquables reprises des titres de Django... bref, on se surprend à penser: encore un groupe manouche, autant écouter le maître lui-même.

Entrons alors dans le vif du sujet. D'ors et déjà, à l'écoute de « Catastrophe », on trouve cette étiquette réductrice. La musique de Palinka est festive et décalée et elle ne s'embarrasse pas de quelconque carcan de styles: c'est d'abord de la musique jazz tsigane et une concoction de clins d'œil au blues, à la chanson française de San Severino (« Aie, aie, aie », « Bye Bye Novisad », au jazz (« Jasmin »), aux musiques balkaniques en général mêlés à des élans rock électriques déchainés, où « la puissance est en toi » (« Petit Samourai »). Vive comme la joie, effrontée, naïve comme un enfant dans un monde d'adulte et à l'image de l'eau de vie hongroise, elle est à l'opposée d'une musique intello. Il ressort de cette musique une vérité sincère que l'on devine sortie des liens fondamentaux qui unissent les membres du groupe: de l'amitié, une bonne compréhension des envies des autres, un grand besoin d'énergie, la nécessité de partager leur plaisir avec le public. Il en ressort une densité telle qu'on ne fait plus attention à la qualité instrumentale appréciable des musiciens (on pense particulièrement  Daniel Beja). D'autres moments plus calmes (« Bye bye Novisad ») nous montrent que Palinka a d'autres cordes à son arc que le jazz manouche et qu'il ne leur faudrait qu'un pas pour s'épanouir dans la chanson qui émeut.

Voilà une catastrophe de très bon goût qu'on demande à découvrir sur scène.

Jérôme Gransac

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