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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 05:26

Enja 2009

Pascal Schumacher (vib, glockenspiel), Franz von Chossy (p), Christophe Devisscher (b, gong), Jens Düppe (dms, gong et glockenspiel).

Ils ne sont guère nombreux, sur la scène actuelle, les musiciens qui s’attèlent à renouveler l’esthétique du vibraphone, que beaucoup associent encore à des ambiances d’ascenseur ou de salle d’attente. De formation classique (il est passé par la fameuse classe de percussions du Conservatoire de Strasbourg), le Luxembourgeois Pascal Schumacher sait faire sonner l’instrument à sa manière, en tirant le meilleur parti de cette vibration caractéristique, de ce halo de mystère scintillant qui nimbe chaque tintement des mailloches sur les lames métalliques. Tout en s’inscrivant dans la lignée de Gary Burton, il a aussi su développer une musique personnelle et originale, grâce à un quartet particulièrement soudé. « Here We Gong » témoigne d’une esthétique très contemporaine, qui doit autant au minimalisme répétitif de Steve Reich (dont Schumacher a interprété les œuvres par le passé) qu’à une certaine pop d’aujourd’hui (on relève ainsi une reprise du groupe écossais Travis). Bien qu’il n’y ait pas de chanteur et que la quasi-totalité du répertoire soit signée des différents membres du groupe, il y a là quelque chose qui fait parfois songer à Radiohead : une certaine mélancolie assumée sur fond de rythmiques obsédantes, plus binaires que swinguantes, mais non moins complexes ; et aussi un même intérêt pour les musiques électroniques créatives, dont les musiciens (et en particulier le batteur) parviennent habilement à reproduire les effets avec des moyens essentiellement acoustiques. Ajoutez à cela une production très soignée et un bel équilibre entre densité et espace, et vous obtenez un album pop-jazz original qui a tout pour plaire.

Pascal Rozat

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