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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 22:17

GUILLAUME PERRET & THE ELECTRIC EPIC : "Open me"
Kakoum Records 2014

open.jpg
Guillaume Perret prend des allures de bête de scène et de véritable star. Avec son sens du spectacle, son public jeune, son couturier attitré, il fallait le voir à la Villette entrer sur scène ménageant ses effets, la lumière rouge sortie de son ténor se détachant du noir de la scène avant d'entrer dans le déluge sonore, entre furie nocturne et jazz new-âge exprimant bien plus que la musique elle-même, un vrai paysage sonore, sorte de ring dont on sort à la fois bousculés et exténués.
Guillaume Perret qu'il soit sur disque ou sur scène y apparait en effet comme une sorte de boxeur engagé dans une maestria fantasmagorique. Car l'essentiel est là, Guillaume Perret se consume dans ces univers magiques qu'il crée, jouant de son ténor comme d'un instrument à créer des foultitudes de sons. Guillaume Perret crée des univers qui convoquent toute sorte de sentiments poétiques et surtout incroyablement sauvages et pourtant au bout du compte,toujours domptés.
S'engage dans une sorte de suite-opéra rock de longue haleine perché très haut dans l'expression d'un véritable spectacle. C'est fait pour être fort et puissant On y entend le vent souffler dans le crépuscule, on y entend les portes grincer et des lampadaires de cristal tintinnabuler dans le manoir. Des voix de sorcières mauvaises s’incrustent dans la bande son à la scénographie très zornienne. « Open me », le titre évoque assez bien cette magic box pleine de surprises mystérieuses, poétiques et terrifiantes à la fois.
On pourra lui reprocher parfois qu'au-delà de la formidable orchestration et de sa science des arrangements, les compostions soient en elle-même parfois un peu inégales. A force de traficoter le son de son sax, il lui arrive d'avoir parfois un son de bigoudaine en goguette ( ouverture). Et de fait, pour l'avoir vu à la Villette on se dit " whaouh" et puis l'instant d'après , "mais ne serait ce pas un poil de too much ?".
Mais ce serait oublier qu’il y a chez Guillaume Perret un vrai son de groupe qui ne ressemble à pas grand-chose de connu.
Ecouter ou voir Guillaume Perret relève d’une expérience quasi sensorielle.

Celui que John Zorn vient d’approcher pour écrire une nouvelle version de ses Book of angels est bien un phénomène. Une sorte de continuateur d’un monde extrême, véritable sorcier en combustion.

Perret brûle t-il ? En tout cas, il se consume. Et nous avec.
Jean-Marc Gelin

 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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