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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 08:53

Soleart

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Un nouvel album de Jean Marc Padovani  s’écoute toujours avec plaisir. C’est comme un ami qui reviendrait avec sa moisson de mélodies légères et graves, envolées lyriques et un sens indubitable de ce qui fait la musique, un modelage de la matière, avec ce « son » ferme et unique .

Le saxophoniste a multiplié les expériences artistiques, croisant cultures du monde et autres pratiques artistiques, théâtrales avec Enzo Cormann.

Il a su se détacher cependant de ces courants, et ici, voilà encore autre chose : tout est exquis dans cet album à deux voix qui se cherchent et se répondent en un savoureux échange. Frôlement et battements d’ailes, « musique des sphères » où piano et saxophones suffisent ; point besoin d‘un troisième larron pour s’immiscer dans cet accord parfait !

Jean Marc Padovani a trouvé le plus approprié des partenaires en  la personne de Philippe Léogé, pianiste aux effluves debussystes et à la fermeté d’un jazz ardent et swingant. A parité, chacun jouant son rôle dans cette petite entreprise !  Souffle poétique et toucher doux, soyeux et profond à la fois ! C’est le piano qui assure d’ailleurs la cohérence de cette bande-son dont il nous appartient de trouver les images. Les nuances et dynamiques apportées réalisent cette synthèse de musiques aimées, entre valse « valse tard », musiques du monde (« La vespre de la noça », un traditionnel occitan), musique classique (clin d’oeil gymnopédique à Satie, si proche du jazz), musique de film. Tous deux servent au mieux les compositions, selon le style voulu, la sonorité recherchée-élégance rauque au soprano et grain charnu au ténor.

Le plus beau compliment qu’on peut leur faire est de remarquer que toutes leurs compositions ressemblent, sonnent comme des standards. Les deux titres, l’un de Keith Jarrett « Spiral dance » et le standard « Angel Eyes » ne dénotent donc pas et s’intègrent  parfaitement en final, d’où la cohérence, essentielle à nos yeux, de cette suite de mélodies qui s’enchaînent sans à coup.

Un univers obsessionnel, souvent mélancolique avec des fulgurances, des ardeurs non restreintes « Soléart », une certaine poésie comme dans ce « Lucky loser », composition du bassiste belge Nicolas Thys. Le duo s’emploie à construire une musique d’un pays à la fois lointain et familier. En douceur la plupart du temps, en rythme aussi mais sans hâte, ils gardent une dimension humaine, avec des airs de charme et de caractère. Avis subjectif certes, mais ici, une histoire nous est contée dans un rapport impeccable entre forme et matière. Tout à fait à notre goût.

 

Sophie Chambon

 

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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