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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 03:48

Philippe-Pilon---Take-it-Easy.jpeg

Black and Blue BB714.2

Distribution Socadisc

Concert de sortie le 8 mars au Sunset

2010

 

Site de Philippe Pilon

Myspace de Philippe Pilon

 

 Sortie du disque le 28 février

Concert de sortie le 8 mars au Sunset

 

Voilà un album sérieux, conçu avec soin, qui met en joie d’un bout à l’autre, simplement, résultat plutôt rare en ces temps de recherche d’une modernité éperdue.

Un simple riff, (mais de Lester Young ) qui s’insinue et ne vous lâche plus, a inspiré la première composition Take it easy du saxophoniste ténor Philippe Pilon en quartet, avecPierre Christophe au piano, Raphael Dever à la basse, et Guillaume Nouauxà la batterie.

Lester Young, le saxophoniste en est tellement imprégné, que sa grâce «fantômatique» survole l’album, comme dans ce Ghost of a chance, dont la mélodie le hante.

Qu’il doit être difficile quand on aime le jazz à ce point de choisir quels seront les thèmes de son premier disque. Incroyablement, Philippe Pilon arrive à faire sonner ses propres compositions comme des standards, en cohérence avec les titres qu’il s’autorise à revisiter  I found a new babyBlue turning grey over you .

Le jeu collectif et intelligent du quartet fait retrouver le plaisir du swing, cette pulsation du désir de musique. Jacques Réda essaie désespérément de nous en donner les clés dans les colonnes de Jazz Magazine depuis quelques années mais on avoue, tout comme Frank Bergerot, que le swing demeure un mystère : on l’a ou pas, et …beaucoup de musiciens ne l’ont pas .

Philippe Pilon, lui, avance à son rythme, en quête d’un son bien à lui, velouté et charnel. Pour le reste, timbre, phrasé, invention mélodique se développent auprès de musiciens parfaitement complices, en un ensemble détendu, intensément aimable.

Les notes introductives de Claude Carrière éclairent le propos de l’album : Take it easy ou l’éloge d’une certaine lenteur, d’une élégante désinvolture qui donne pleine mesure à une sensibilité sans affectation. Avec cet effort attentif pour obtenir « un je ne sais quoi » qui fait la signature, justement.

Adoubé par un tel mentor, le saxophoniste a choisi -et c’est assez rare pour qu’on le souligne- de glisser une notule pour chaque titre, livrant quelques pistes judicieuses.

Les titres s’enchaînent aisément : ainsi, Sulkinautorise, sur la grille harmonique du Honeysuckle Rose de Fats Waller, d’improviser à loisir, Chicken walk rappelle que l’inspiration en musique vient souvent en marchant. L’Elfe,en hommage au fils du saxophoniste, sur un rythme de calypso est délicieux ; sans oublier le final, How long blues, de l’aveu même du leader, très «roots», au bout de la nuit, dans ces clubs (autrefois) enfumés, quand ne restent plus que les musiciens.

 

A une époque où il faudrait presque se justifier de jouer encore du jazz « classique » , voilà une formation qui en a intégré tous les codes, pour notre plus grand plaisir ! Ces musiciens jouent bien, avec grâce, ils savent aussi ce que « swinguer » veut dire et on aime encore ça , même en 2011 !

 

Sophie Chambon
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