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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 08:47

PIANO-SOLO-LEGENDS---Original-Sound-De-luxe.jpg
Original Sound De luxe
Cristal records
Sélection originale Claude Carrière
Illustrations originales de Christian Cailleaux


Ah le plaisir de voir dans la pile de Cds à chroniquer les deux nouveaux numéros de la série OSD (Original Sound De Luxe ), de retrouver ces « oldies but so goldies ». On introduit le CD dans le lecteur (pas de lecteur MP3 ou autre baladeur). Et, sans regarder les titres, on attaque  par le numéro consacré au piano solo, exercice de style difficile mais de règle dans les premiers temps du piano jazz : après un rapide et éblouissant Jelly Roll Morton de 1939 dans le hit « King Porter Stomp », un James P. Johnson  very « modernistic » de la même année. Dès les premières notes de l’introduction du troisième morceau, c’est « Echoes of Spring » et dans le cœur se disputent émotion et gratitude envers Claude Carrière pour avoir choisi cette éblouissante mélodie de Willie « the Lion » Smith, un des rois du stride, thème insidieusement mélancolique, également de 1939 ( j’aurais envie de lui demander ce qu’il pense de l’arrangement en quintet des  formidables Stephan Oliva et François Raulin ?).
Le quatrième morceau va être dur à passer tant la tentation de reprendre en boucle est forte mais c’est le bouleversant « Solitude » de Duke Ellington. Et après, le cœur continue de battre un peu plus vite avec la version de 1927 d’un Bix Beiderbecke exalté, au piano,  dans son unique composition pour cet instrument  « In the mist ». La partie est gagnée, une fois encore, le numéro a démarré sur les chapeaux de roue et on peut s’amuser au blind fold test qui se déroule sur les 24 titres de cette anthologie qui s’arrête avec un Martial Solal cuvée 1960, inspiré par le chef d’œuvre de Cole Porter  «  Anything goes ».  Ne boudons pas notre plaisir et demandons nous avec les pianistes actuels, qui ne se font pas prier pour écouter ce jazz des origines, quelle sera leur contribution à l’avenir de cette musique. Cet album s’écoute d’une traite évidemment et c’est sans nul doute la meilleure leçon de piano (pardon Antoine Hervé) qui nous soit donnée, un aperçu brillant de l’histoire du jazz sur plus d’un demi-siècle,  sur un des instruments de prédilection. Swing, enthousiasme, virtuosité, intelligence du phrasé et sens de la mélodie : des classiques incontournables « Round Midnight » de T.S Monk mais aussi des grands du piano, méconnus injustement comme le bouillonnant Bernard Peiffer dans « Montmartre » de Cole Porter, ou  la sensible Mary Lou Williams dans ce « Taurus » extrait de sa Zodiac suite . Tous les styles de piano jazz sont ainsi représentés en une seule galette de Fats Waller à Lennie Tristano, de Hank Jones à Herbie Nichols , sans oublier Randy Weston et Phineas Newborn Jr. Ce qui n’empêche pas d’aller ressortir tel Lp ou Cd si le cœur vous en dit, pour réécouter un pianiste aimé. Festival de virtuosité et d’élégance avec Bud Powell dans un « Just One of these things » (encore Cole Porter) méconnaissable. 
A conseiller absolument à tous, une fois encore,  passionnés ou  néophytes. INDISPENSABLE !
NB : Et en plus, ces merveilles sont à de tout petits prix, n’hésitez plus, faites leur une place dans votre discothèque...
Sophie Chambon

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