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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 08:06

Gemini Recors 2010

Pierre Perchaud (g), Pierre de Bethmann (p), Nicolas Moreaux (cb), Antoine Paganotti (dm), Lynn Cassiers (vc, elec), Hervé Wazlczak (vl), Axel Salmona (vlcelle).

 

 perchaud.jpg Pierre Perchaud est véritablement un musicien particulièrement en vue ces derniers temps. Ce jeune guitariste est en effet un des membres important de ce nouvel Orchestre National de Jazz qui vient de signer un disque magnifique sous la houlette de John Hollenbeck. Il vient aussi de contribuer au dernier album de Charlier et Sourisse à sortir dans les tous prochains jours. Et il nous arrive aujourd’hui avec ce deuxième « premier » album qui, pour un début n’en marque pas moins un coup de maître étonnant de maturité. Car à 28 ans Pierre Perchaud a déjà tout d’un très grand, un discours musical passionnant mais aussi des idées à foisons et des univers aussi riches que variés. Bien sûr on entend chez lui la prégnance de Metheny et de Rosenwinkell. Mais le travail effectué sur Robert Wyatt au sein de l’ONJ a aussi laissé des traces dans le patrimoine musical du guitariste.

Gros travail d’écriture et gros travail de « façonnage » artistique dans cet album à multiples lectures marqué par une immense douceur, immédiatement séduisante. U premier titre comme un numéro de charme évident, jamais racoleur, met admirablement en scène les protagonistes. Pierre Perchaud s’appuie ainsi sur le groove lunaire de Pierre de Bethmann dont la complémentarité avec le guitariste est d’une totale évidence. Et Antoine Paganotti au drive toujours aussi subtil que d’une intelligente nervosité fait en compagnie de Nicolas Moreaux un liant efficace entre les deux teneurs d’harmonies. Avec Perchaud, le discours est fluide, le phrasé souple, agile et sensuel s’impose dans une apparente économie, une simplicité remarquable. Plus proche de sa génération, Jonathan Kriesberg, le guitariste américain a cela aussi. Cette importance de la note, sa densité dans le jeu de l’anti-performance. Et dès le premier titre, on groove tout doux. Velours uni, épais et soyeux. On y est bien. Dans un jeu de rôle subtil, Perchaud et De Bethmann échangent les cartes, passant alternativement de l’électrique à l’acoustique, distribuant ainsi les couleurs harmoniques au gré des titres. La chanteuse juvenile et un peu diaphane, Lynn Cassiers pose sa voix sur trois morceaux. La fausse candeur de la chanteuse, aux airs de Joni Mitchell « au collège » marche sur « Till there was you » mais se dégonfle et plombe un peu le décor et l’énergie sur deux autres morceaux dont elle signe les paroles ( « Illusion » et « Vision »). Un très Methenien « Par quatre Chemins » affirme en revanche la cohésion du groupe auquel, sur deux titres, Pierre Perchaud aujoute d’autres cordes symbiotiques.


Il y a dans cet album, un vrai savoir faire. La marque d’un jeune musicien bourré d’idées. Un compositeur doublé d’un arrangeur de grande qualité. Sans se départir d’une ligne épurée et douce, Pierre Perchaud frôle l’émotion, vibre avec une infinie délicatesse. Il y a là une vraie exigence musicale dans la création de son propre univers et dans le même temps une réelle (apparente) simplicité dans le « dire » qui révèle à la fois un musicien et un groupe réellement séduisants. Immédiatement séduisants. Une réussite.

Jean-Marc Gelin

 

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