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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 08:10

NeuKlang 2009

 Jean-Michel Couchet (as, ss), Fabien Debellfontaine (as, cl, fl), Florent Dupuit (ts, fl), Julien Soro (ts), Guillaume Christophel (bs), Fabien Norbert (tp, flgh), Andrew Crocker (tp), Sylvain Bardiau (tp, flh), John Knight (tb), Fidel Fourneyron (tb, tuba),  Fed Maurin (g, dire), Raphaël Schwab (cb), Rafaël Koerner (dm) + Benjamin Moussay (p, fnder), Stephan Caracci (vb)

Ce nouvel album de Ping Machine, ce superbe big band dirigé par Fred Maurin est formidable ! Largement renouvelé depuis sa première mouture, Ping Machine accueille de nouveaux arrivants bourrés de talents. Aux côtés des piliers « historiques » de l’orchestre comme Jean-Michel Couchet présent depuis les débuts et toujours décisif, Ping Machine accueille notamment Julien Soro entendu au sein du groupe Inama ou du Quatuor des Saxophones et pour l’occasion le formidable Benjamin Moussay et Stéphan Caracci.

« Random Issues », le deuxième album de Ping Machine explore et mêle toutes les pistes du big band. Les plus traditionnelles, comme celles qui par ses écritures pour sax feraient penser à Oliver Nelson ou Thad Jones mais aussi celles qui par leur dramaturgie, leur hystérie parfois nous mèneraient sur les pistes de Mingus. Mais il y a aussi cette façon d’être dans le même temps très moderne avec cet apport de l’électrique sous la houlette du fender de Benjamin Moussay. Tout cela direz-vous, pourrait laisser penser à un exercice de style, une démarche un peu académique. Il n’en est rien. Fred Maurin réussit en effet au contraire l’exploit de livrer une musique toujours passionnante et éveillée, à la fois très dense dans son propos narratif, mais aussi d’une grande fluidité. La construction des morceaux et leurs trames relèvent d’un agencement fort subtil, formidable rampe de lancement pour des solistes que Maurin se plait à lancer sur orbite, non pas tant pour leur donner leur heure de gloire (ce qu’ils ne se privent d’ailleurs pas de prendre) que pour venir renforcer le propos. Il y a là un sens précis de l’orchestration et du collectif sur des thèmes à la fois variés, riches et jamais vraiment prévisibles. Fred Maurin sait installer les climats de groove, de tensions, les constructions- progressions à tiroirs  ( Eït-Für-Für / Noïne-Für- Für Machination), le suspens, l’émotion, la musique parfois légère et parfois plus « concertante » ( part 2 Chemin vivants) . Mais surtout Ping Machine joue sur un heureux relâchement qui contraste avec certains big band qui ne jurent que par la survitamine.

Les polyphonies de Fred Maurin, si elles ne manquent pas d’énergie sont au contraire marqué du sceau de l’équilibre et de la souplesse de l’écriture.

Le big band comme on l’aime, sans modération.

Jean-Marc Gelin

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