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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 08:20

A Danièle et Christian.

 

ray-brown.jpeg 

Le jazz et la mort, la belle affaire. Répétons-le, quitte à paraître à contre-courant : la fabrication « spectaculaire » (au sens qu'entendait Debord) d'une « actualité » jazzistique qui occupe désormais les acteurs du spectacle liés entre eux (labels, presse spécialisée, websites, radios et patrons de clubs – et tout cela pourrait presque s'écrire sans pluriel...) s'accompagne d'une occultation éhontée de l'histoire vibrante de cette musique.

 

Nostalgie excessive ? A priori stylistiques infondés ? Investissements affectifs inopportuns ? Nécrophilie voire....? Allons donc ! Prenons les musiciens dont il sera amplement question dans les lignes qui suivent, consacrées à trois rééditions groupées sous l'égide de l'aussi discret qu'incontournable label Fresh Sound de Jordi Pujol (*) : Ray Brown, Oscar Peterson et Herb Ellis. Qui mesure précisément la diversité du génie du premier auquel la presse française rendit, lors de sa disparition en 2002, un bien trop modeste hommage(**) ? Qui en parle aujourd'hui....? Herb Ellis ? Le guitariste qui irrigua durant cinq ans de sa singulière virtuosité le trio Peterson, au surplus arrangeur et compositeur de talent (« Detour Ahead », immortalisé par Bill Evans, c'est lui), co-fondateur avec Barney Kessel et Charlie Byrd des « Great Guitars », etc., a récemment été expédié auprès de ses pairs défunts en une brève de bas de page dans le même numéro de Jazz Magazine (mai 2010) où Jeff Beck, John McLaughlin et Philip Catherine se voient accorder cumulativement 11 pages (photos comprises). Quant à Oscar Peterson, les amateurs seraient bien surpris de savoir quels efforts miraculés entre le modeste auteur de ces lignes et le patron de Jazzmanpermirent à l'époque d'honorer in extremis le pianiste comme il se devait (c'est-à-dire à côté des fadaises - sans bémol - du dandysme convenu ; ce fut si délectable qu'on se paya le luxe d'attribuer à Peterson, à peine un mois plus tard, un « Choc d'Honneur » (pratique totalement inédite) en présence de Martial Solal et devant un parterre qui comptait son lot d'anti-petersoniens (pas difficile à trouver, ça).

 

Voilà, tout cela dure et se renforce, se rancit.

 

Avantage suprême d'une telle déréliction, les joyaux n'en brillent que davantage ! Fresh Sound, loin de tout passéisme puisqu'à côté de Fresh Sound Records on trouve le catalogue appréciable de Fresh Sound New Talent (qui a accueilli les saxophonistes Miguel Zenon, Eli Degibri, Chris Cheek, Steve Lehman, les trompettistes Jeremy Pelt, Ambrose Akinmusire, les pianistes George Colligan, Bill Carothers, etc.), présente donc trois rééditions capitales dont il faut d'emblée souligner le luxe, on veut dire par là l'élégance amoureuse qui préside à leur réalisation (qualité sonore, rigueur historique, précision des « liner notes », beauté des photos), que l'on doit à Jean-Michel Reisser qui fut, durant plus de vingt ans, l'ami, le confident et le « promoteur musical » (j'use ici du terme qui lui semble le plus convenable) de Ray Brown en Europe.

 

 

RAY BROWN, « THE MAN » - COMPLETE RECORDINGS (1946 - 1959)

 

Le premier de ces albums - le terme « réédition » étant au demeurant assez imparfait compte tenu du nombre de faces rarissimes qu'il contient, on y reviendra - regroupe l'ensemble des séances enregistrées sous son nom par Ray Brown entre 1946 et 1959 (soit toutes celles qui sont dans le domaine public à ce jour), étant ici indiqué que J.M. Reisser prépare une compilation de faces plus récentes (le bassiste a participé à plus de 2.000 disques !) qui viendra sans nul doute prendre opportunément place à côté de celle que Concord avait réalisée en 2002 (« Ray Brown : The Best of The Concord Years », double CD).

Pour revenir à la période précitée, on trouve immanquablement le chef d'oeuvre « Bass Hit », summum de sensualités ajustées avec une intelligence musicale sans pareil : du sens de l'espace, de la construction et des nuances de Ray à l'art de la lumière rasante et de la force contenue de Marty Paich, sans omettre la subtilité d'interprétation d'une phalange superlative (Harry Edison, Pete Candoli ou Conrad Gozzo, Herb Geller, Jimmy Giuffre, Bill Holman, etc.). Mais outre cette séance de 1956, déjà disponible en CD, de nombreuses faces peu connues et  introuvables sous ce format, documentent de manière extrêmement précieuse aussi bien le parcours propre du bassiste, lequel se poursuit avec une constance exemplaire en parallèle de l'activité débordante du trio Peterson, qu'une personnalité humaine et musicale hors du commun, très tôt affirmée et dont la longue fréquentation du pianiste canadien (15 ans !) a sans doute constitué le prestigieux mais regrettable paravent. 

 

Il n'est hélas pas possible d'examiner en détail l'ensemble de ces sessions, toutes de très haute tenue. Insistons sur quelques points saillants.

 

 

LA PRECOCITE DU LEADER

 

Ce qui retient d'abord l'attention, c'est l'extrême précocité de Ray Brown à s'imposer en tant que leader, sur un instrument au surplus très peu « exposé ». A 19  ans (nous sommes en septembre 1946, Ray est né le 13 octobre 1926), il entre en effet de plain-pied dans le cercle des boppers de premier rang. L'éclat inentamé des quatre titres présentés ici le confirme : compositeur et arrangeur (parfois en coopération avec Gil Fuller), véritable catalyseur, organisateur en propre de la séance, il convoque en une formation originale (un octet comportant notamment deux trompettes, deux saxophones et un vibraphone) l'élite de la nouvelle musique....et tous répondent présents ce qui est assez dire dans quelle estime ils tiennent leur cadet : Dizzy Gillespie, son employeur du moment, associé à Dave Burns, James Moody, Hanck Jones, Milt Jackson ! Si le répertoire ressemble à d'assez nombreux thèmes-prétextes usités alors, en revanche le bassiste imprime sa marque sur tous les plans dès « For Hecklers Only » : introduction virtuose de quatre mesures débouchant sur un break de batterie (Joe Harris), chorus de transition entre les deux exposés du thème, superbe solo séparant les improvisations des deux saxophonistes, on est loin, très loin, des nombreuses sessions bop aussi fougueuses que désordonnées. Dès 1946 donc et ce point est essentiel, toutes les qualités de Ray Brown sont manifestes : celles qui ont fait, depuis lors, sa réputation internationale : ampleur du son, perfection du tempo et swing inoxydable, habileté instrumentale indissociable d'une constante musicalité ; celles aussi qui ont été moins soulignées mais sans lesquelles son « équation personnelle » ne serait pas ce qu'elle est : charisme, aptitude à associer les talents et à en tirer le meilleur dans les contextes les plus divers, sens méticuleux de la construction des pièces (introduction et coda, choix du tempo, articulation des chorus, bref une secrète obsession de l'agencement plus que de l'arrangement tel qu'on l'entend habituellement, dont naît LA musique). Ces talents fertiliseront le « sound » du trio Peterson de manière aussi discrète que décisive au cours d'innombrables mises au point de coulisses, concert après concert.

 

 

UN PIANISTE COMPLICE....HANK JONES

 

Le second trait marquant de cette intégrale est l'amitié qui se noue très tôt entre Ray Brown et Hank Jones. En 1946, ce dernier, de huit ans l'aîné du bassiste, est déjà, on l'a vu, à ses côtés. En 1948, c'est lui que Ray Brown choisit à nouveau pour former un trio avec, à la batterie, Charles Smith, Shelly Manne ou, comme ici, en 1950, Buddy Rich.

5 

 

 

Les trois titres de ce trio sont époustouflants. Du pianiste, récemment disparu, ils démontrent comment, powellien sur « Slow Down »(probable démarquage de « Embraceable You ») ou tatumien sur « Blue Lou », il ne fut probablement, attaché qu'il était à une forme de délicatesse toute personnelle, ni tout l'un ni tout l'autre, frayant ainsi sa propre voie, élégante, attentive et enjouée, ciselée et ourlée par endroits de mystérieuses pénombres. De Buddy Rich, ils illustrent, s'il en était besoin, le drive, l'à-propos, l'accompagnement patient aux balais quand il le faut et, bien entendu, les certitudes fracassantes tel son break sur « Blue Lou » avant la reprise du thème. Mais surtout, ils constituent l'écrin du jeu totalement épanoui du bassiste-leader qui y exprime ses qualités insolentes : l'aisance du jeu d'archet sur le morceau précité (Ray est ici le très digne héritier de Slam Stewart), la féline souplesse de la pulsation derrière le pianiste, la verve intarissable déployée sur « Song of The Volga Boatmen » (traditionnel judicieusement déterré) qui lui est entièrement dédié et qui, en une alchimie précieuse parce qu'elle est charnelle avant tout, fait résonner LE SON brownien et l'irréprochable technique digitale qui en est la source. De manière certes plus intermittente, l'entente Ray Brown / Hanck Jones se poursuivra néanmoins au fil des années, comme l'illustre de belle manière « Mighty Cool Penthouse » gravé en 1959 en compagnie d'Ed Thigpen. Le « poll winner » qu'est Ray Brown au milieu des années '50 ne doit toutefois pas éclipser certains de ses  prestigieux confrères. Parmi ceux-ci et outre Mingus, figure Oscar Pettiford, disparu prématurément en 1960 à l'âge de 38 ans. Une passionnante version live de « Body and Soul », qui date d'août 1956, permet d'entendre côte-à-côte les deux musiciens liés par une estime réciproque (Ray à la contrebasse, Pettiford au seul violoncelle) dans une formation où s'illustrent également le volubile Herbie Mann, Connie Kay à la batterie et surtout le pianiste Dick Katz.

 

 

QUAND OSCAR PETERSON Etait le sideman de Ray Brown

 

Troisième et dernier trait saillant de ce double CD : les liens noués entre Ray Brown et Oscar Peterson, et l'admiration sans bornes que ce dernier vouait à celui-là (« On ne peut remplacer Ray Brown, ce n'est pas possible » déclara-t-il peu après son départ du trio) ont conduit le pianiste à devenir le sideman de son contrebassiste. L'album « This Is Ray », gravé en février 1958 (et qui n'était disponible qu'en import japonaise) en fournit l'illustration. Cette séance est au demeurant originale à plus d'un titre : outre la raison qu'on vient de citer, Peterson « double » au piano et à l'orgue (expérience qu'il réitèrera sporadiquement chez Pablo) ;  quant à la rythmique, d'une cohésion exemplaire - comment en irait-il autrement lorsque Herb Ellis et Osie Johnson sont de la partie, ? -  elle est elle-même inédite. Enfin, le soufflant est le flûtiste Jérôme Richardson qui s'y exprime abondamment. Comme à l'accoutumée, le leader est en grande forme sur un répertoire varié : il faudrait tout citer mais sa longue, sensible improvisation sur « Jim » est sans doute le sommet de l'album. L'évocation de cette session fournit une transition naturelle avec la réédition de certains des plus beaux concerts du trio Peterson / Brown / Ellis.

 

 

THE OSCAR PETERSON TRIO - LIVE AT THE OPERA HOUSE AND AT THE SHRINE AUDITORIUM

 

Au terme d'un véritable jeu de piste, J.M. Reisser rétablit le contexte exact de ces enregistrements, longtemps connus, pour l'essentiel - et fantasquement présentés comme tels par Norman Granz  pour des raisons encore aujourd'hui inexpliquées - comme réalisés par un amateur lors d'un concert à Amsterdam en 1958 (le fameux « At The Concertgebauw ! »).

 

5 

Nous sommes en réalité au Civic Opera House de Chicago en septembre 1957 (thèmes 1 - 8) puis au Shrine Auditorium de Los Angeles (thèmes 9 - 13) un mois plus tard. Il faut le souligner : ces faces sont (au moins) du même calibre que le mythique « At The Stratford Shakespearean Festival » d'août 1956. On ne reviendra pas sur les interprétations d'un drive torride - au cours desquelles bien souvent Herb Ellis ne cède pas un pouce au pianiste - auxquelles on a excessivement réduit cette formation. Elles sont l'exact et indispensable symétrique de plongées plus tragiques dans l'urgence (Bud Powell) ou dans la sublimation du désarroi intime (Bill Evans). Contentons-nous de relever avec quel aplomb, avec quelle musicalité, Ray Brown assume son rôle de cheville ouvrière et, fort probablement, de secret pourvoyeur de voicings. En revanche, deux aspects méritent l'attention car ils ont été très peu soulignés par une critique souvent revêche et peu lucide à l'égard de Peterson. Le premier concerne le répertoire, marqué par un « encyclopédisme » impressionnant, des originaux aux blues des années trente (comme ce « Big Fat Mama » de Lucky Millinder), des standards incontournables (« Lady Is A Tramp », « When Lights Are Low », etc.) aux classiques du bop et du hard-bop les plus périlleux (« Hallucinations », « Daahoud ») ! Concernant cette dernière catégorie, la démarche n'est pas très éloignée de celle du jeune Phineas Newborn....Un conseil avisé de Ray Brown qui était extrêmement proche du talentueux et fragile challenger....? La seconde observation porte sur le spectre des intensités parcouru par le trio car, parallèlement aux morceaux de bravoure, on trouve des pièces d'une émotion dépouillée, presque à nu et qui créent, dans le déroulement du concert, un effet de contraste saisissant. C'est le cas de la superbe version de « We'll Be Together Again » - une version sensiblement différente, swinguée sur tempo medium, mais tout aussi remarquable en avait été donnée en janvier 1957 avec Anita O'Day - mais le chef d'oeuvre en la matière paraît être la ré-orchestration de « Joy Spring ». La manière dont le trio se réapproprie complètement la composition de Clifford Brown, introduite par huit mesures de toute beauté, mérite d'être écoutée avec une grande attention ; il y perce une ferveur totalement inattendue, contenue, concentrée, et cette sève, tout au long du thème, délivre la clarté fragile des éclosions, l'étincelante surprise de percevoir en soi et autour de soi (cette unité même qu'on nomme le printemps), tous brouillards dissipés, des certitudes neuves et éblouies. Ces deux interprétations anticipent sur des pièces  intimistes du trio Peterson / Brown / Thigpen et, plus encore, sur le chef d'oeuvre en solo de 1969, « Exclusively For My Friends ».

 

 

ONLY THE BLUES : SONNY STITT SEXTET AND QUINTET

 

Le dernier album correspond à l'une de ces nombreuses séances au cours desquelles le trio (fréquemment augmenté d'un batteur, Alvin Stoller ou Stan Levey comme c'est ici le cas) accompagnait des musiciens d'horizons stylistiques très divers : Lionel Hampton, Lester Young, Ben Webster, Stan Getz, etc. Celle-ci, très chaudement recommandable, associe   l'altiste Sonny Stitt (une opportunité de le réévaluer sur cet instrument pour ceux qui, tel l'auteur de ces lignes, l'appréci(ai)ent  beaucoup plus au ténor) à l'ébouriffant Roy Eldrige en  une joute vigoureuse sur quatre longs blues (quatre titres supplémentaires sans le trompettiste agrémentent cette réédition). Pour l'anecdote, rappelons que si Oscar Peterson et ses compagnons avaient enregistré à de nombreuses reprises depuis 1952 avec Roy Eldrige, le pianiste est en revanche absent des deux confrontations majeures auxquelles Sonny Stitt a participé pour Verve (dans « For Musicians Only », en octobre 1956 avec Gillespie et Getz, c'est John Lewis qui tient le piano, accompagné de Brown, Ellis et Levey et dans « Sonny Side Up », en décembre 1957, soit deux mois après le présent enregistrement, avec Gillespie et Sonny Rollins, le piano est tenu par Ray Bryant, accompagné par Tom Bryant et Charlie Persip, alors drummer régulier de Gillespie). Toujours est-il que la rythmique démontre amplement son impeccable sens du « sustain », avec un punch qui propulse les souffleurs vers leurs sommets.

5 

 

Par effet d'agrégation, les trois albums que l'on vient de commenter éclairent davantage la stature de Ray Brown (et, bien sûr, de ses compagnons), lui dont on mesure mal, aujourd'hui encore, le rayonnement qu'il eut sur le jazz durant plus d'un demi-siècle pour ne rien dire de l'élégance et de la générosité dont ne se départit jamais un homme discret, parfois déroutant, mais constamment proche de ses amis.

 

Gageons que le travail de J.M. Reisser et les efforts de tous ceux pour qui le jazz ne serait pas la même musique sans lui, sans Oscar Peterson, Herb Ellis et Ed Thigpen, continueront de lever pudiquement le voile sur des personnalités qui, en dépit de - ou grâce à ? - leurs qualités proprement instrumentales - ont toujours partagé cette même conviction : hors l'effort sans cesse poursuivi, le risque, la modestie, l'écoute mutuelle et la complicité patiente, la MUSIQUE n'est jamais DONNEE. 

 

Stéphane CARINI.

 

Mes remerciements chaleureusement renouvelés à Jean-Michel REISSER pour sa générosité, sa disponibilité, la précision de ses souvenirs qui ont largement contribué à alimenter cet article.

 

(*)   FSR-CD 560 : Ray Brown « The Man » - Complete Recordings 1946 – 1959 ; FSR-CD 564 : The Oscar Peterson Trio Live At The Opera House and At The Shrine Auditorium ; FSR-CD 563 : Sonny Stitt Sextet and Quintet : Only The Blues.

 

(**) Qu'on en juge : dans son n° 83 de septembre 2002, Jazzman ne consacrait qu'une brève à l'évènement; dans son n° 529 du même mois, Jazz Magazine assurait le service minimum en sollicitant le bassiste Dave Holland, à la faveur d'une actualité qui le plaçait (opportunément d'ailleurs) en couverture de tous les medias spécialisés (que se serait-il passé dans le cas inverse …?). Enfin, dans Le Monde, sous la plume d'un éditorialiste (et contrebassiste d'habitude mieux inspiré), on n'hésita pas à qualifier Ray Brown de « bassiste brillant », manière comme une autre d'expédier assez vite les qualités (et la trajectoire) essentielles d'un instrumentiste que Duke Ellington avait depuis des années désigné (lui et nul autre) à Norman Grantz pour un ultime disque en duo, en hommage à Jimmy Blanton (« This One For Blanton » enregistré en décembre 1973, Pablo Records).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

S
<br /> <br /> Jean-Michel Reisser ("Beethoven" pour les initiés....de par le monde !) me fait le plaisr de me communiquer, et de m'autoriser à diffuser, la toute récente réaction de Lalo Schifrin (dont les<br /> titres de gloire ne se comptent plus (*)) à l'article consacré à Ray Brown. La voici :<br /> <br /> <br /> Sujet : Re: Ray Brown, Oscar Peterson and Co<br /> <br /> <br /> Dear Beethoven,<br /> <br /> <br /> I read the article that you recommended and it is fantastic.  Thank you so much for your interest in our music, which we call Jazz.<br /> <br /> <br /> (....)<br /> <br /> <br /> All the best,<br /> <br /> <br /> Lalo<br /> <br /> <br /> (*) on renvoie pour plus de détails sur l'oeuvre protéiforme et superbe de L. Schifrin à l'incontournable livre d'entretiens avec Georges Michel, 2005, éd. Rouge Profond, coll.<br /> "Raccords".<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Merci infiniment Alex de ta réaction, ce qui suffit à monter l'importance des enjeux. Tu as sans doute raison sur les jalons chronologiques, l'enjeu était toutefois bien (mais je n'en fais<br /> nullement le début de l'ombre d'une polémique) de continuer à marquer le coup s'agissant d'O.Peterson (sinon pourquoi distinguer ce DVD en particulier ?) : suffiraient à le démontrer la teneur de<br /> ma très courte intervention au Café Universel et les réactions qui y ont immédiatement fait suite et je t'en suis encore aujourd'hui sincèrement reconnaissant. Une précision d'écriture à laquelle<br /> je tiens toutefois : le titre de l'article sur Peterson "Oscar, c'était géant" n'est pas de moi (j'en aurais été bien incapable) et j'avais pour ma part proposé "Oscar l'irréductible" (ça ne<br /> s'invente pas).<br /> <br /> <br /> Reste le plus important : nulle position auto-déclarée de ma part (sinon, je l'aurais écrite), nul confort non plus (qui continue à écrire, EN INDEPENDANT, des articles<br /> de fond, parfois à contre-courant, ceux qui sont rejetés, ceux qui sont acceptés...) mais bien une certitude, celle que l'histoire du jazz (très balbutiante encore) continue de s'écrire?EN France<br /> en tout cas, contre beaucoup de censures (c'était vrai pour Wayne Shorter, ça l'est pour Ray Brown ou pour Anita O'Day, etc.). Ici, il faut souilgner combien notre différence de vues tient à un<br /> effet d'optique : ton oecuménisme et ta hauteur de vues (qualités qui t'honorent et qui, me semble-t-il, nous ont souvent rapprochés très vite sur divers sujets) te conduit à raisonner "monde" et<br /> de ce point de vue il suffit de comparer (lors de la disparition de Herb Ellis par ex.) Down Beat à Jazz mag.....Or en France, en raison de snobismes et d'intellectualismes profondément<br /> injustifiés d'un strict point de vue musical, la situation est sensiblement différente : je renvoie à ma note de fin d'article mais au surplus et c'est cela qui compte, les musiciens, et non des<br /> moindres, ont été révulsés de la quasi absence d'hommage (musical, humain) à Ray Brown, Oscar Peterson ou Herb Ellis. Michel Gaudry le confirme, plus positivement Lalo Schifrin vient de dire son<br /> enthousiasme pour le papier, les réactions sont nombreuses dans le même sens, je ne les ai pas "orcherstrées" ! C'est réjouissant au final de voir que, sil existe encore qque part<br /> UNE capacité d'écriture (merci aux DNJ !), le travail d'anti-mémoire de medias spécialisés (qui est VOLONTAIRE) se trouvera amenuisé. Car l'enjeu quel est-il ? L'acuité<br /> du jugement pour l'avenir bien évidemment ! Se dire simplement que, plus on a une vision précise, vibrante, vivante non pas d'un passé historiquement<br /> figé mais de ces génies qui ont éclairé la substance de leur art pour beaucoup d'années à venir, plus on est à même de fortifier son jugement par rapport aux musiciens du présent (au<br /> lieu de les débiter en une actualité aisément consommable). Tout cela est finalement très ACTUEL, d'où le titre concernant Ray Brown. CQFD. Bien à toi, Alex. S.Carini.<br /> <br /> <br /> PS: l'enjeu, c'est aussi "l'honneur" (exclusif) d'être présenté comme "texte libre" (personnellement, je n'en ai ...jamais douté !).<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Cher Michel Gaudry, c'est avec une grande joie que j'ai pris connaissance de votre appréciation, riche d'informations surprenantes comme cet enregistrement (non diffusé) avec Ed Thigpen, Les<br /> Spann et Georges Arvanitas ! Comme vous vous en doutez, JM. Reisser a accepté d'attirer l'attention sur cet hommage à Ray et, me dit-il, les réactions nombreuses rejoignent la vôtre. Pourrions<br /> nous rester en contact car, parallèlement à ma passion pour Ray, Oscar et ses trios, je travaille à un projet concernant Bud Powell...? Merci d'avance de votre réponse ! S. Carini.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Précisions pour la petite histoire… Le "patron" de Jazzman que j'étais se souvient avoir tout de suite réagi positivement à la proposition de Stéphane Carini d'écrire un hommage à Peterson lors<br /> de sa disparition fin décembre 2007, pour le numéro de février 2008, celui de janvier étant déjà imprimé. Proposition d'autant plus appuyée que le titre "Oscar, c'est géant" choisissait son camp.<br /> Et pour appuyer encore le trait, j'avais sollicité Pierre Bouteiller, petersonphile notoire, pour un éclairage "subjectif et émotionnel" en complément de l'excellent papier documenté de Stéphane.<br /> Les deux en écho indissociables, comme le noir et les blanc sous les doigts d'Oscar.<br /> <br /> <br /> Enfin, nul "Choc d'honneur" pour Oscar un mois plus tard, mais, fin novembre 2008, lors de la cérémonie de remise des Chocs de l'année, un "Choc de l'année du meilleur DVD" comme nous en élisions<br /> un tous les ans, donc aucun traitement dérogatoire. Simplement la reconnaissance du plaisir extrême pris à déguster ces images et cette musique là ("Big 4, Tokyo Concert 1983").<br /> <br /> <br /> Bref, Stéphane n'est pas seul dans un monde hostile à Oscar. Mais tout simplement l'un des meilleurs analystes d'une œuvre mondialement appréciée à sa pleine valeur. Les grands critiques n'ont<br /> pas forcément raison contre tous, ou avant tous - posture autodéclarée et finalement confortable-; ils savent aussi donner un éclairage à la passion de tous, et cela est tout aussi noble et<br /> exigeant (cf. Dan Morgenstern, Ben Ratliff, Howard Mandel et quelques autres…).<br /> <br /> <br /> Dans tous les cas, vive la passion de Peterson !<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> enfin  je suis enchanté de votre aricle sur mes amis Gscar Ray Ed (avec qui j'ai enregistré un LP  jamais sorti hélas aves geoges Arvanitas et L es Span) jai eu la joie immense et la<br /> peur une soirée de faire un set avec Oscar qui avait insis té mon aide modeste et j'ai connu Ray ma fille a été reçue chez lui à LOs Angeles il faut dire que Ray était mon ainé de deux années et<br /> l'incomparable l'ami suisse Bethoven a qui l'on doit ces merveilles pour finir  pardonnez cette expression :un bras d'horreur à Jazz hot a magazine pour la brieveté de leurs articles sur les<br /> déçés de Ray et d'Oscar  encore merçi   amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
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