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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 10:55

Deutsche Grammophon (Universal).

 

Cover-Galliano_Vivaldi.jpg« Je veux garder la personnalité de l'instrument, son histoire. Ce n'est pas parce que je joue avec un orchestre à cordes classique que je vais me mettre en queue-de-pie ! ». C’était il y a près de quinze ans. Richard Galliano se confiait lors de la sortie d’un album en compagnie de l'orchestre des solistes de Toscane.
Depuis, l’accordéoniste n’a cessé de naviguer dans toutes les sphères de la musique, du jazz au classique. Avec la même gourmandise. En signant chez Deutsche Grammofon, l’interprète admirateur de Piazzolla a fait un choix artistique indiscutable. Il renoue avec cette musique qu’il jouait et écoutait dès ses premières années d’exercice sur les rives de la Méditerranée.
 Après avoir abordé Bach et Chopin, avec modestie et respect, Galliano s’attaque au plus populaire du répertoire avec les Quatre Saisons de Vivaldi. Les versions se comptent par centaines dans les bacs et on a même entendu un violoniste serbe à la chevelure en folie ajouter une cinquième saison donnée avec fougue et brio. Galliano ne manque assurément pas de ces deux qualités mais il ne les exhibe pas. Il refuse ce qu’il dénomme « l’accordéonisme », cette volonté –cette velléité- de transformer le roi du bal populaire de la France de nos parents et grand’parents, en instrument royal du type orgue de cathédrale.
Par ses arrangements et son jeu, Richard Galliano met en quelque sorte son Victoria 1963, chef d’oeuvre du facteur italien Castelfidardo, en sourdine. L’important à ses yeux c’est de laisser entendre les mélodies de Vivaldi avec leur puissance émotionnelle et pulsionnelle, sans « en rajouter ». Certains assurément feront la moue devant cette approche révérencielle. D’autres préfèreront le traitement « jazz » dans les années 50 d’Hubert Fol (avec dans la phalange des saxophonistes Jean-Louis Chautemps) qui a fait l’objet d’une réédition dans la précieuse collection Jazz in Paris.
Reste que Richard Galliano, en symbiose avec ces compagnons de la sphère classique- Jean-Marc Apap, alto, Jean-Marc Phillips-Varjabédian, violon, Stéphane Logerot, contrebasse- apporte respiration et rythme à ces Quatre Saisons. Il ne se sert pas de cette œuvre illustre-à la différence de certains « jazzmen » dans le passé avec Bach, chacun pense à un certain pianiste « au collier » ou à un clarinettiste apprécié dans les églises- il lui rend hommage, de manière authentique et sincère. Et il assume ses choix, conscient du risque que « tout le monde lui tombe dessus (sic) ». Cette indépendance ce n’est pas la moindre des qualités-touchantes- de Richard Galliano.

En concert le 22 mai à l’Eglise Saint Eustache (75001) ; Bruxelles le 27 mai ; Joinville le 29 ; Soissons le 30 et Lésigny le 31 mai. .
Jean-Louis Lemarchand

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Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Chroniques CD
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