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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 08:03

DREYFUS JAZZ 2009

ROCKY GRESSET (g), MATTHIEU CHATELAIN (g), DIEGO IMBERT (Cb), COSTEL NTESCU (Vl), JEREMIE ARRANGER (Cb), THOMAS DUTRONC (g)



On serait tenté parfois de comparer le jazz manouche à la peinture Egyptienne. Celle qui durant deux millénaires représentait toujours les mêmes les personnages de profil, avec talent certes mais avec aussi une certaine obstination dans la constance ( et réciproquement). Rocky Gresset, jeune guitariste, issu d’une famille gitane où l’on élève les enfants au lait et à Django, aurait pu tout aussi bien tomber dans les travers d’une tradition « ancestrale » qui, disons le tout net fige un peu la musique dans un marbre dont on ne se lasse pas mais bon quand même….. Et pourtant ce jeune guitariste qui signe là son premier album chez Dreyfus apporte réellement quelque chose de nouveau dans le paysage (et j’ai bien conscience en disant cela qu’à chaque nouveau guitariste manouche qui apparaît sur la scène, on dit strictement la même chose). Pourtant force est de constater que Rocky Gresset, 29 ans au compteur,

s’impose d’emblée à la fois comme un immense guitariste de la trempe de Bireli lorsqu’il était jeune mais aussi comme un guitariste qui va bien au-delà des clichés du jazz gypsy, capable de réinventer le style en empruntant autant au maître mais en allant chercher aussi d’autres références de la guitare électrique chez Wes Montgomery ou George Benson. En quelque sorte le rêve de Django lui même lorsque ce dernier s’aventurait à l’électrique. Il y a là une sorte de continuité de l’histoire qui ne s’est pas arrêtée en 1953.

Sur les standards Gresset affirme une virtuosité qui est tout, sauf… virtuose. Pas de vélocité démonstrative chez lui, juste le sens de la musique, de la mélodie qui s’exhale et du swing qui la fait vivre. Une façon de faire chanter l’instrument, de lui donne ses petites inflexions, cette petite touche de triolets toujours finement ajoutées  comme autant de petites frises. A côté du real book ( Just one of those things, Polka dots and Moonbeams, Darn that dream, Blue skies), Rocky Gresset va aussi chercher du côté de Wes Montgomery pour aligner un superbe Jingles passant ainsi de l’acoustique à l’éléctrique sur lequel il affiche une toute autre personnalité sans y perdre en élégance et en sensibilité (dommage toutefois que parfois la prise de son y soit très étouffée - Looking up -).

Une fin d’album avec Thomas Dutronc en invité sur Time on my hands,  nous laisse sous le charme de cette heuresue révélation.

Avec Rocky Gresset c’est un nouveau génie de la guitare qui émerge sur cette scène dont il éclaircit les horizons. Lorsqu’un musicien parvient avec autant d’aisance  de naturel et presque de détachement à nous transmettre ainsi son amour-passion pour la musique on sait que de toute évidence on a affaire à un très grand. Déjà.

Jean-Marc Gelin


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