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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 19:00

ECM/UNIVERSAL  2011

Roscoe Mitchell (sax, fl), Corey Wilkes (tp, fchn), Craig Taborn (p), Vijay Iyer (p), Jaribu Shahid (cb),Harrison Bankhead (cb, cello),  Tani Tabbal (dm), Vincent Davis (dm)

roscoe-mitchell-far-side

Membre fondateur et saxophoniste de l’Arts Ensemble de Chicago, Roscoe Mitchell s’entoure ici de ses fidèles compagnons de route Jaribu Shahid, Tani Tabbal, Craig Taborn, Corey Wilkes.

Ce disque est l’enregistrement d’un concert donné à Stadtsaal lors du Burghausener Jazzstage en 2007. Les instruments y sont doublés, deux pianos, deux batteries, deux contrebasses, et deux soufflants.

Le premier morceau qui donne son titre à l’album Far Side/Cards/Far Side se compose en trois parties et dure 30 minutes. La première partie est plus proche de la musique contemporaine, avec une rythmique plutôt lente, dans des tonalités graves, des bruissements de trompette et autre souffle continu de saxophone ou de violoncelle : le réveil des instruments. Après 15 minutes de réveil, l’ensemble s’emballe, déferlante de notes pour le piano - on est saisi par la virtuosité de Craig Taborn qui claque du piano avec fluidité et cette rapidité - sur lequel arrive sans prévenir le chorus de Roscoe Mitchell qui fait sonner son saxophone sans aucun temps de pause jusqu’au chorus de trompette, plus aérien, de Corey Wilkes, étoile montante élu « New Star 2007 » par le Musica Jazz d’Italie. Curieuse fin de morceau puisque la troisième partie s’achève en à peine trente secondes.

Suivent ensuite deux morceaux Quintet 2007 A For Eightet Trio Four For Eight qui paraissent appartenir à un répertoire de musique contemporaine laissant plus d’espace au violoncelle, à la contrebasse et la flûte. On sent là toutes les expérimentations de Mitchell et son attachement à la composition dans l’improvisation.

Le disque s’achève sur Ex Lover Five, morceau résolument jazz, avec un chorus de Mitchell à couper le souffle.

On ne peut s’empêcher d’applaudir la puissance et l’aisance des musiciens qui naviguent entre les compositions et les espaces improvisés et pour saisir ces moments, il nous manquerait presque l’image. Ce qui résulte de cet album c’est cette frontière parfois imperceptible entre l’improvisation et la composition, cette frontière entre le jazz et la musique contemporaine.

Enfin, on regrette un peu de ne pas entendre plus Corey Wilkes qui apporte de belles envolées sur des moments parfois plombés par la double rythmique.

 

Julie-Anna Dallay Schwartzenberg

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