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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 06:30
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Alien Beats Records
 


Sébastien Charlier, Curt Bisquera, Alain Caron, Jean-Philippe Lajus, Nicolas Espinasse - Guest Benoit Sauvé

 

Site de Sébastien Charlier


L'harmonica est un instrument rare dans le jazz. Quelques harmonicistes de jazz nous viennent à l'esprit comme celui de Alexandre Thollon, Olivier Ker Ourio et bien sûr Toots Thielemans. Tous jouent de l'harmonica chromatique. Sébastien Charlier est un as de l'harmonica diatonique. Un virtuose même. Écouter ce technicien revient à assister aux jeux olympiques de l'instrument. Le "ruine-babines" diatonique est un harmonica très exigeant et probablement le plus difficile à maitriser techniquement. Charlier demeure l'un des rares représentants de l'instrument dans le monde. Qui plus est, il joue du jazz, tous les jazz. Son pari: introduire l'harmonica diatonique comme instrument à part entière du jazz. En 2005, il avait porté le langage bebop sur son harmonica, ce qui est une performance. Auparavant, il s'était frotté au blues et à l'électro.

POUR ***:
Avec Precious Time, premier épisode de la trilogie « Harmonica Next Gen », l'harmoniciste dévoile son projet Fusion à la mode Uzeb. Il y a fait appel au bassiste de Uzeb, le terrifique Alain Caron, Curt Bisquera et Jean-Philippe Lajus, maîtres en la matière.
Vous l'aurez compris: la formation est top-niveau, le jeu est dense et parfaitement exécuté, la jouerie est, comme souvent avec la fusion, ahurissante. La musique est festive et jubilatoire et c'est là que le groupe de Sébastien Charlier puise sa meilleure splendeur: celle de prendre son pied et de le communiquer à son public. Le groupe reprend des titres des stars du genre comme Miles, le groupe britannique Human League, et les nippons de Casiopera et rend Hommage à Genesis. Amateurs de jazz-fusion, ce disque doit faire partie de votre cd-thèque.

CONTRE *:
Le style musicale « jazz-fusion » vieillit difficilement. A grands renforts de rythmique Jazz-rock, de basse clinquante, de claviers synthétiques et d'enrobages sonores excessifs, le jazz-fusion de Sébastien Charlier adopte une forme convenue qui ne renouvelle pas le genre - malgré la présence d'un harmonica comme instrument principal et de Benoit Sauvé à la flûte à bec – et tourne souvent à la caricature. Souvent noyé par les volutes de sonorités fusion trafiquées par des machines électro-informatique, l'harmonica trouve pourtant une place de choix dans la fusion de Charlier. Sur ce cd, on retrouve malhreuseument certains stigmates du genre: les repons entre instruments consistent en une série de note finissant un chorus, souvent un clin d'oeil à un standard (les thèmes de Miles), reprise par un autre instrument qui lui même va prolonger avec une autre phrase de quelques notes et ainsi de suite. Typique de la fusion, amusant mais c'est tout.

Jérôme Gransac

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Published by Dernières Nouvelles du Jazz - dans Chroniques CD
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commentaires

JackBR 17/03/2010 20:03



Bonjour … hem … Le temps passe si vite … mais en bref, j’ai bien commandé le CD sur le site de Sébastien Charlier, et reçu, et écouté



Et je dois vous remercier, car je trouve ce disque absolument génial !


Ca faisait longtemps que je n’avais pas entendu une Fusion d’une telle qualité et d’une telle maîtrise.


Ca correspond à peu près à ce que je m’attendais par rapport à nos échanges, mais en bien mieux en fait.


J’aime cette énergie, cette vélocité, cette musicalité à travers les mélodies, les phrases et les ambiances, ces emprunts à d’autres
légendes de la Fusion, et le son est juste Enorme !!!


Je ne crois décidément pas que le Jazz Fusion vieillisse difficilement. Et cet album en est pour moi la preuve, avec un son parfois
inspiré des années 80 et pourtant quelque chose d’extrêmement moderne qui s’en dégage.


Je crois que c’est un style que certains apprécient et d’autres pas, tout simplement.


On ne reproche pas à Michael Brecker d’être dans la démonstration, de faire trop notes, même quand il joue un Jazz a première vue plus
classique (j’ai cru d’ailleurs entendre quelques références jouées par S. Charlier sur l’album).


On ne reproche pas non plus à une chanteuse de Flamenco de chanter trop fort (et encore moins d’être démodée). Certains trouveront ça
casse-pieds, penseront qu’elle en fait trop, d’autres seront touchés au plus profond de leur être...


Merci à vous, et surtout merci à Sébastien Charlier, que j’ai découvert à travers cet album avec bonheur.



JackBR 04/03/2010 14:25


"jubilatoire", "indispensable", et "amusant mais c'est tout" sont clairement dans le texte, maintenant peut-être les ai-je sorti trop vite de leur contexte, mais cela reflète bien le sens que j'ai
compris.
Pour le reste, étant fan de fusion, non pour ses effets et ses prouesses, mais pour sa musicalité justement, et ayant lu ce genre de critique très souvent à propos de ce style, même sur des albums
que je trouvais au contraire très musicaux une fois dépassés ces poncifs (je ne vois pas par exemple en quoi il est important de reconnaître un harmonica, une guitare ou un trombone, surtout si le
seul objectif poursuivi est la musicalité, voilà un autre paradoxe), vous m'avez finalement donné très envie d'en savoir plus sur Sébastien Charlier. J'ai donc commandé le CD sur son site, et je
pourrai ensuite mieux comprendre votre point du vue, ou pas.
Cordialement,
JackBR.


Jerome Gransac 08/03/2010 11:44


>vous m'avez finalement donné très envie d'en savoir plus sur Sébastien Charlier J'en suis ravi. Car si j'ai eu envie de parler de ce disque, c'est parce qu'il y a un vrai fond, une volonté
louable de la part du musicien harmoniciste autour du jazz et de son instrument. Bravo pour votre initiative et n'hésitez pas à faire un retour...


JackBR 03/03/2010 10:38


J'imagine qu'il n'est pas évident de chroniquer un album lorsque l'on n'est pas un adepte du style d'origine. Mais à force de faire des raccourcis, notamment d'oublier la musique derrière les
effets (critique somme toute classique de la Fusion depuis ses origines), et de condenser le tout, on arrive ici à quelque chose de radicalement contradictoire.
J'en retiens : "Jubilatoire et indispensable, mais sans intérêt".
Va savoir, Charles !


Jerome gransac 04/03/2010 10:47


Merci pour votre commentaire. Je n'arrive pas à voir où vous avez lu "Jubilatoire et indispensable, mais sans intérêt". Si c'est un résumé de votre compréhension de la recension alors il montre
qu'elle est mal interprétée, car ce n'est pas ce qui est dit. Il s'agit d'un Pour/Contre rédigé par le même auteur qui adopte une démarche dissociative car il lui parait nécessaire de distinguer la
forme du fond (la démarche d'origine du musicien et le résultat musical). Pour certains, la fusion peut se résumer à "envoyer la sauce" mêlé au besoin d'impressionner son public au détriment
d'autres efforts que l'on peut faire comme la musicalité par exemple. Pour ma part, j'ai écouté de la fusion il y a bien longtemps et j'y ai entendu beaucoup de disques où les effets électroniques
apportaient une atmosphère, une musicalité différente. Malheureusement sur ce cd, on a peine souvent à reconnaitre que Charlier joue de l'hamornica, les effets polluent un peu la musicalité
justement. C'est dommage et contradictoire, pour le coup, avec son souhait de redorer le blason de l'instrument au sein du jazz. Ce disque n'est ni indispensable ni sans intérêt. La recension ne
dit pas cela: elle dit que ce cd a une vocation mais avec une orientation forte qui ne plait pas à tout le monde.


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