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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 21:08

 

Manuel Adnot ( sax, compos), Élie Dalibert (sax), Arthur Narcy (dm)

YOLK 2010

 sidony.jpg

Nouvelle production des studios du label Yolk avec ce nouveau et jeune groupe jusque là relativement inconnu. Dans un format assez classique sax/guitare/contrebasse / batterie, ce trio-là puise son inspiration dans le jazz moderne. Celui là même qui va des récentes productions de Paul Motian à Rosenwinkell, ce qui est, je le conçois et m'en excuse dans le même geste, un peu " tarte à la crème". Mais pour dire le vrai, et c'est finalement ce qui importe, chacun y entendra les références qu'il veut.

On est surtout frappé, dés l'entame, par leur très grande maîtrise dont ils font preuve et  par le très grand soin apporté à la réalisation de cet album, notamment dans sa réalisation artistique. Sur ce coup-là les garçons se sont foulés, chiadant la part compositionnelle autant que les arrangements d'un album qui navigue toujours entre de tendres climats doucereux portés par un saxophone chantant et par la douceur des harmonies distillées par une guitare particulièrement inspirée.  Pas de révolution en marche certes ( ce qui est en soi appréciable tant commencent à nous gaver sérieusement les prétentions à révolutionner le jazz tous les 4 matins) mais une attention  toute simple a faire sonner la musique et à nous emporter dans leur univers. Et là, ça interagit avec force d'écoute entre les 3 musiciens très concentrés sur leur affaire. La rythmique notamment parvient à naviguer entre effacement discret mais efficace et pulse portée à discrète ébullition . C'est que l'on sent malgré tout une pointe de réserve chez ces p'tits gars dont on sent que leur musique pourrait servir de trame à des improvisations plus échevelées dans une version live. Où l'on se dit aussi que l'ouverture un peu tonitruante sur Irrésistibles finlandais avec un Elie Dalibert déchaîné aurait pu se renouveler un peu durant l'album histoire que la mayonnaise ne tombe pas trop tôt ni trop vite. Pareil pour ce titre bien mystérieux Wemistikoshiwqui laisse présager un crescendo débridé qui malheureusement semble ne pas aller au bout de l'idée. On se console l'instant d'après avec les évanescentes bleutés de out of the Queen qui laisse les harmonies planer en suspension. Et de l'album on retiendra un morceau " chouchou" (Rigole ) dont l'espace étiré crée une atmosphère en suspension du temps dans une sorte de long travelling avant que le sax n'entre dans le champ de la camera imaginaire. Et puis il ya enfin ce dernier morceau qui clôture l'album sur près de 15 mn dans un mélange de jazz et de rock alternés, remarquable espace d'improvisation, morceau à tiroirs remarquablement agencé. Ce morceau de clôture ouvre sur une autre histoire, prometteuse.

Le sens esthétique qu'ils développent s'inscrit a la fois dans un élégant raffinement que dans une parfaite maîtrise de l'expression. Un disque mature avec les inconvénients de ses avantages. Une réussite en tout cas qui confirme le choix de Jazz Migration qui s'était arrêté l'an dernier sur ce groupe a qui il fut proposé de jouer au festival de Vienne. L'écoute de ce premier album nous confirme que cela était très largement mérité.

A suivre absolument.

Jean-Marc Gelin

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