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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 22:33

STEFON HARRIS, DAVID SANCHEZ, CHRISTIAN SCOTT : «  Ninety Miles »

CD + DVD Concor Jazz 2011

Stefon Harris: vibraphone; David Sánchez: tenor saxophone; Christian Scott: trumpet (1-3, 5-8); Rember Duharte: piano (1, 6 8), voice (6); Osmar Salazar: electric bass (1, 6, 8); Eduardo Barroetabena: drums (1, 6, 8); Jean Roberto San Miguel: batá, congas, percussion (1, 6, 8); Harold López-Nussa: piano (2-3, 5, 7, 9); Yandy Martinez Gonzalez: bass (2-3, 5, 7, 9); Ruy Adrian López-Nussa: drums (2-3, 5, 7, 9); Edgar Martinez Ochoa: congas, djembe, percussion (2-3, 5, 7, 9), batá (4).

stefon-harris-ninety-miles.jpg Les chanceux qui étaient en mai au Duc des Lombards n’en ont pas perdu une miette. Tous en sont revenus des étincelles dans les yeux et des pépites dans les oreilles. Je me souviens avoir rencontré ce soir-là un copain qui arrivait au concert de Kurt Elling et qui me dit : «  bon je reste  quelques minutes mais ensuite je file au 2ème set de Stefon Harris » et de rajouter «  c’est une tuerie ! ».

Alors tant pis pour ceux qui n’étaient pas à  ce concert, ils pourront toujours se consoler en se retrouvant la vibraphoniste dans cet enregistrement en studio qui n’est certes pas de la même veine mais assez hautement énergétique pour s’en donner un aperçu fidèle.

C’est au départ un projet un peu iconoclaste que de réunir ces trois musiciens avec en toile de fond un quartet cubain de la Havane pour assurer une rythmique pétillante. Mais en réunissant ces trois musiciens aux univers assez éloignés, le label Concord a plutôt bien réussi son coup. Car c’est un jazz ici de très haute volée, fait pour le studio mais avant tout et surtout pour la scène comme en témoigne ce bouillant City Sunrise où Sanchez et Scott rivalisent pour faire monter une température que l’on imagine bien en version « live-jusqu’au-bout-de-la-nuit ».

Chacun des trois héros de cette session endosse alors à tour de rôle son habit de lumière dans des chorus à haute température.

David Sanchez s’inscrit parfaitement dans la lignée de ces saxophonistes porto-ricians vivant à new York, flamboyant et magnifique, référence certainement majeure du sax à New York aux côtés de son compatriote Miguel Zenon ( dont au passage, le prochain album qui sortira en octobre est – j’ai eu la chance de l’entendre en prime- un petit chef d’œuvre). The Forgotten Ones donne à Sanchez l’occasion d’exprimer un doux feeling saisissant sur des motifs ultra simples. Son entente avec le trompettiste est tout au long de l’album une totale évidence.

Christian Scott, justement, moins frimeur qu’à l’accoutumée s’impose ici par la puissance de son « son » et par l’énergie fulgurante qui transperce tout. Celui qui nous avait épaté dans son rôle de «  Miles » dans l’hommage de Marcus Miller à « Tutu » endosse ici un tout autre rôle (E’cha ou Congo) celui du trompettiste mordant son embouchure comme un mort de faim ( Black Action Figure)

Mais la palme, la révélation, le nirvana revient certainement à un Stefon Harris qui sous ses mailloches semble réinventer l’instrument. Pas besoin de grand chose, pas besoin de beaucoup d’espace pour tout simplement s’imposer et imposer son discours. Stefon Harris moins percussif qu’agile, à la manière d’un chat patte de velours distille avec classe et élégance un groove souple et irrésistible ( Black Action figure ou Brown bell blues). Tout au long de l’album qu’il soit soliste ou qu’il assure la rythmique, Stefon Harris est omniprésent. On entendrait presque que lui, véritable star de cet album.

Autre petit « bonbon » à déguster sans modération, petite cerise sur le cadeau, les interventions du pianiste Harold Lopez Nussa sur 5 titres auquel l’autre pianiste Rember Duarte donne une bien belle réplique. Sur les autres titres.

Il y a dans cet album-là un mix entre une musique latina caliente et un jazz post bop plus hardore et fusionnel qui fait monter une sauce qui prend à tous les coups. A la fois sombre et brillante, cette musique-là peut vous entraîner loin.

Jean-Marc Gelin

 

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Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
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commentaires

autrichon gris 17/08/2011 10:32



Bonjour,


Cet album m'a plutôt déçu. J'en attendais sans doute trop, notamment de Christian Scott dont je trouve le dernier album énorme...Effectivement on les imagine plus dans un set live dans
un club de New-York, mais là en studio, ça oscille trop entre la musique cocktail au Floridita en attendant Hemingway et le pas mal mais déjà entendu. Ceux la peuvent beaucoup mieux faire !


 



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