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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 07:14

1970/1971

Sony Music

 

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ll a la pêche Fred Goaty ! Et c'est communicatif . Il a surtout une foi à toute épreuve dans cette musique que l’on appelle communément et assez justement d’ailleurs le «  jazz fusion ». Au point de réaliser pour le compte de Sony Music une superbe compilation en un double album qui commence par Miles 1970 ( Duran) et qui se termine par le même, cette fois, version «  You’re under arrest ». Entre ces deux morceaux, 24 titres enregistrés  par les groupes les plus héroïques du moment. Le casting est superbe : Weather Report, Stanley Clarke, Headhunters (sans Herbie Hancock), Return to Forever, Mahavishnu, Tony Williams, Jeff Beck ou encore Carlos Santana ou Don Ellis.Et si Miles ouvre les festivités c’est bien que, selon Goaty tout part de là. Ou presque. Car dans jazz fusion il y a … fusion. Mais il y a aussi Hendrix qui rôde pas loin et toute la famille de Sly et de la Motown. Soit une musique qui englobe dans un syncrétisme groovant , le jazz (l’incontournable Birdland de Weather Report p.ex ou encore un So What de légende de George Benson) bien sûr mais aussi la soul (un Idris Muhamad où certain découvriront un Groover Washington étonnant), le funk ( God make me funky des Headhunters), le rock et la Pop bien sûr avec Jeff Beck (dans ce sirupeux et sublime Cause We’ve ended as lovers tiré du Blow on blow de 70) ou encore Stanley Clarke ( avec le célèbre Schooldays incandescent en diable !).

Et si le jazz avait alors décidé de fusionner c’est même en allant chercher dans la musique indienne dans laquelle ce gourou de Mc Laughin  puise une source infinie d’inspiration. A l’heure de la libération sexuelle, c’est dans un kama-sutra évaporé de substances pas très licites que le jazz s’accouple dans toutes les positions et s’en donne à cœur joie.  Evoluant avec la musique environnante, dans le mood d’une époque open minded. Et dans ce royaume pour érotomane décomplexé, c’est la basse électrique quoi règne en maître sur les tourneries plus ou moins psychédéliques. Car ça groove là-dedans et pas qu’un peu. Porté par un Stanley Clarke, un Jaco Pastorius ( superbe solo de basse sur l’infranchissable thème parkerien  Donna Lee), un Wilbur Bascomb, un Mirsolav Vitous ou encore Dave Holland et Ron Carter. La basse qui assure ici comme une permanence du jazz en quelque sorte.

Avec intelligence Fred Goaty réalise ici une magnifique sélection (certes, choisir c’est renoncer…) et adopte un angle d’attaque particulièrement pertinent au tour de ces années mythiques. Les liners sont à la fois très didactiques et très sympas à lire.Elles ont le mérite de replacer cette musique dans un contexte qu'il connâit sur le bout des doigts.

 

Amateurs de groove, qui avez certainement bon nombre de ces albums dans votre discothèque, ne surtout pas s’abstenir. Car cette compilation est une petite madeleine. Témoignage d’un tournant d’un jazz ouvert à d’autres horizons. La première et la dernière leçon de Miles.

Jean-Marc Gelin

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Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
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