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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 16:49

Nato

Tony Hymas (p), Chris bates (cb), JT Bates (dm)

tony-hymas-blue-door.jpg

Chez Tony Hymas, il y a toujours le blues qui est là, plus ou moins caché derrière le rideau. Que voulez vous, il en y a c’est le bop, d’autres ce sont les grandes introspections solitaires, d’autres encore les rêveries debussiennes, Tony Hymas, c’est le blues. Le blues, oui mais toujours avec cet esprit frondeur, cette rebellion viscérale, ce souflul mind qui porte sa marque. Personne ne joue le blues comme Tony Hymas. Entendre Superhéro.

Il est entourè ici des frères Bates JT et Chris, les kids de Minneapolis que l'on avait entendu au sein de ce jeune groupe, Fat Kid Wednesday, ou encore ( s’agissant de JT) dans le très beau "Birdwatcher" de Michel Portal ou il étrait déjà associé aiu pianiste. Lorsque l’on sait que les gars Bates viennent du même coin qu'un David King ( The Bad Plus) on comprend qu’il ya chez eux le sens d’une rythmique qui ne donne pas vraiment dans la dentelle mais joue plutôt façon rock, ce qui n’est pas forcément pour déplaire au pianiste anglais dont le jeu très viril s’en accomode fort bien.

Hymas reprend quelques uns de ses titres anciens comme l'Origine du Monde ( qui dans un précédent album était magnifiquement entourré de cordes), ouvre l’album par un morceau chanté ( The way back home : ah cette voix bvenue du fond des ténèbres !) et offre même un hommage à Ferré en arrangeant Avec le temps.

Je n’ai pas entendu les références à Erroll Garner dont il est fait référence dans les liners notes. En revanche dans cet album qui replonge dans les racines du pianiste, le clin d’oeil à Red Garland m’a paru plus pertinent et carrément explicité ( Blues for Red Garland). On est loin ici du militantisme de Tony Hymas, aux antipodes de son travail sur les indiens (“Oyaté”), aux antipodes de son travail sur l’esprit résistant de la Commune. Tony Hymas a toujours affiché une immense liberté artistique, inclassifiable, irréductible à tout catalogue et il le démontre là encore à mille lieux de là où on pouvait l’attendre dans cette période pourtant propice à toutes les indignations.

Et pourtant le travail n’est pas non plus dénué d’engagement. Mais il est artistique, là encore échappant à toute figure de stéréotypique de style. Le jeu de Tony Hymas n’est jamais dans sa propre caricature. Mais il est dans un art du ressentir. L’expression fougueuse de Tony Hymas, très “rock” est ici souvent retenue pour laisse s’exprimer un  pianiste à l’extrême délicatesse. Il faut l’entendre sur La chanson du bonhomme porter le thème à haute intensité dramatique ou alors se faire lyrique sur Ferré avec beaucoup d’élégance.

Revenu au jazz , par ses propres moyens, Tony Hymas est ici plus apaisé ce qui ne l'empêche pas de démonter de bout en bout qu'il est véritablement ce que l'on appelle un artiste TOTAL.

Jean-Marc Gelin

 

Il y a quand même quelque cruauté à rééditer aujourd’hui, en même temps que Blue Door, le superbe album en trio avec Jean-François Jenny Clark et Jacques Thollot : « A winter’s tale » qui ne fait finalement que souligner que la rythmique des frères Bates est quand même loin d’être à la hauteur de cette mythique rythmique même si l’on n’est pas forcément insensible aux trésors d’ingéniosité déployés dans le jeu de JT Bates.

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