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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 22:43

 

C’est l’un des derniers Mohicans (pas seulement à cause de sa célèbre coupe iroquois dans les années 50 ! ) de l’ « âge d’or » du jazz, au coté de quelques autres colossaux pionniers encore en activité qui, par exemple, ont, comme lui, joué et/ou enregistré avec l’Oiseau : Lee Konitz, Roy Haynes, Toots Thielemans, Paul Bley…. Influencé par Parker et Hawkins, troublé par Coltrane et Ayler, Sonny Rollins sera sollicité en 1981 par les Rolling Stones (“Tattoo You”) et jouera en 2010 Sonnymoon for two (“Road Shows vol.2”) en quartet avec… Ornette Coleman, de six mois son aîné !

 

Rollins1---Rouy.jpg

Le 29 octobre (une quinzaine de jours avant son concert parisien à l’Olympia), le public du Colisée de Roubaix fit un triomphe à Sonny Rollins (81 ans), invité conjointement par les deux festivals Tourcoing Jazz et Jazz en Nord. Avec un quintette de tournée qui assure bien : deux percussionnistes véloces et propulsifs (Kobie Watkins, Sammy Figueroa), un guitariste plutôt routinier (Peter Bernstein) qui enfile les choruses quand il le faut, et, au centre, son bassiste le plus fidèle, au tempo impeccable, Bob Cranshaw (de retour à la contrebasse), qui aura bientôt 80 ans. La générosité de Sonny Rollins est intacte, tout comme demeurent splendides sa volumineuse sonorité et joyeux son lyrisme impétueux.

 

Rollins2---Rouy.jpgCertes, la démarche est moins assurée quand il traverse la scène et l’heure n’est plus aux longues introductions, le ténor n’est plus dressé en direction du zénith mais semble aimanté par la terre, à l’image de Coltrane, en pleine exaltation, à la fin de sa (courte) vie. Rollins incarne encore et toujours un certain jazz de combat et de fraternité, alors qu’il n’a (ô combien) plus rien à prouver. Un répertoire habité de pièces au tempo vif, de calypsos (dont l’indétrônable Don’t Stop The Carnival), de ballades (They Say It’s Wonderful…), il termine par Tenor Madness et conclut, en rappel, avec Isn’t She Lovely de Stevie Wonder. Standing ovation au Colisée de Roubaix.

 

Gérard Rouy

 

 


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