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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 18:56

Label la Buissonne/ Harmonia mundi

vincent-courtois.jpg

 

Renonçant provisoirement aux plaisirs de l’échange et de l’interaction entre musiciens  complices, le violoncelliste Vincent Courtois aborde cet exercice de style souvent ingrat, l’autoportrait, dans le passage  difficile mais inévitable du solo.

Est-il arrivé à ce tournant d’une existence musicale, cette plénitude qui demande ce tour de force ?  Avec cet « Imprévu », Vincent Courtois sort vainqueur de l’affrontement, unique et singulier prétendant de cette union avec lui même ou son instrument: tout « contre-contre », il étoffe le registre des graves, créant un instrument puissant, hybride, au souffle profond et chaud, doublant le violon, proche de la contrebasse dans « No smoking ».

Courtois expose son âme en explorant son violoncelle et ses possibilités ; sa démarche l’a régulièrement entraîné ailleurs depuis vingt ans, dans tous les registres et les styles et il a aimé se frotter à  d’autres genres et techniques, de la tentation électronique aux musiques traditionnelles, sans oublier le contemporain. La durée des douze petites pièces est des plus raisonnables, environ 40’, le répertoire est de Courtois à l’exception d’une composition de l’ami Louis (Sclavis) « La visite ».

L’imprévu aurait pu s’appeler également l’impromptu dans la pure tradition baroque avec cette élégance et ce raffinement de la production jusque dans le choix classieux d’une photo de Louis Stettner Central Park 1997, à l’image du noir et blanc de « L’année dernière à Marienbad » de Resnais.

On retrouve les thèmes de prédilection du violoncelliste, un sens exacerbé du son, la recherche du grain sonore, le goût de l’incertitude et du silence, cet exact équilibre entre espace et son, ce travail sur le temps que l’on tente d’étirer. Ses solos racontent une histoire, l’instrument devient un instrument qui sonne comme une guitare quand il s ‘agit d’un blues « Alone with G »,  qui frémit dans cette « Amnésique tarentelle», course immobile d’une inquiétante d’étrangeté. Une poursuite sans les envolées orchestrales d’un Bernard Herrmann avec seulement quatre cordes pour toute monture. Comme si le violoncelliste éprouvait l’ obsession de cet « en avant », fuite de la réalité, emporté par le sens de la musique sur un cycle répétitif comme dans « Seven skins ».

Dans une telle expérience des limites, le travail d’enregistrement est évidemment primordial : s’il est devenu coutumier de lire les éloges (mérités mais inévitables) sur la qualité de l’enregistrement de la Buissonne, comment ne pas tirer son chapeau, cette fois encore, à la mise en onde de Gérard de Haro, assisté de Nicolas Baillard ? S’il ne s’agit pas de l’art du violoncelle en douze leçons, on a affaire à un travail d’orfèvre et à une leçon de son. Singulier pluriel, le violoncelle exulte et n’a jamais aussi bien résonné. Une invitation fascinante à suivre un « cello » raisonné qui nous invite à un voyage en chambre d’écho, au cœur du studio.

 

Soirée la Buissonne à l’AJMI le jeudi 10 février

Trio Zéphyr et Pierre Diaz  Jours de vent

L’imprévu Vincent Courtois

  Sophie Chambon

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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commentaires

Sylvie Jamet, l'Accordéonaute Bio 10/03/2011 23:10



Vincent Courtois : j'adore !



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