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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 23:51
peirani.jpgZig Zag Territoires / Harmonia Mundi - 2010
Vincent Peirani (acc), Vincent Lê Quang (sax), Sylvain Luc (g) sur deux pièces, Serena Fisseau (voc) sur une pièce

Premier album de Vincent Peirani. Cet accordéoniste, qui joue aussi bien avec Daniel Humair qu’avec Les Yeux Noirs ou Roberto Alagna, présente onze titres dont dix compositions originales la plupart jouées en duo avec le saxophoniste Vincent Lê Quang. La franco-indonésienne Serena Fisseau chante sur le titre "Gunung Sebatu" et Sylvain Luc est essentiellement présent sur l’excellent musette "Truc Muche" qui fait l'ouverture.
Que l’accordéoniste joue seul ou en duo, la musique ne pâtit pas de l'absence d'autre instrument. Au contraire. Peirani est un musicien complet et virtuose à bon escient au jeu compact et dansant. Un peu à l’image de l’homme-orchestre, il agrémente le chant de son accordéon par des frasques rythmiques, des vocalises envoutantes et des interventions saisissantes.

N’oublions pas son comparse, essentiel et magistral, Vincent Lê Quang sans qui ce premier album ne saurait avoir la même saveur. Le plus marquant est l’antagonisme qui règne entre les personnalités musicales de Lê Quang et Peirani. L’accordéoniste confronte son jeu enlevé à celui posé et retenu du saxophoniste : leur enthousiasme à jouer ensemble et leur maitrise créative mis en commun rejaillissent à nos oreilles et persistent tel un halo sonore.

Leur musique emprunte au blues, au musette, au jazz, au rock ainsi qu'à la musique indonésienne à qui Peirani rend hommage ici après un voyage dans le village de Sebatu à Bali. Avec maturité, Le duo passe avec allégresse de la musette désinvolte "Truc Muche" et du goguenard "Anataule ondulée" - au titre prédestiné - au mélancolique "Gunung Sebatu" et à "Still Song" à la gravité profonde.

Avec des instruments aux textures aussi différentes que riches et des pièces fortement mélodiques, Gunung Sebatu est un album que l’on redécouvre à chaque écoute et nous garantit un perpétuel voyage. Il ne fait aucun doute que Peirani est déjà un grand musicien : l'empreinte sonore que laisse sa musique à nos oreilles en est la preuve.

Pour finir, il est temps de porter notre intérêt musical le plus sérieux sur ce « nouvel » instrument qu'est l'accordéon... en tout cas celui que font renaitre des musiciens comme Peirani et Didier Ithurssary, qui brisent les frontières et bousculent les idées reçues inhérentes à cet instrument infortuné.

Jérôme Gransac

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Published by Dernières Nouvelles du Jazz - dans Chroniques CD
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