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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 10:04

 

Altrisuoni 2010

Virginie Teychené (vc), Stéphane bernanrd (p), Gérard Maurin (cb, g), Jean-Pierre Arnaud (dm), François Chassagnite (tp)

teychene.jpg ll y a parfois dans le monde de l’édition musicale de bonnes surprises auxquelles on ne s'attend pas forcément et qui apparaissent sans crier gare. Pourtant la communauté des journalistes reçoit quotidiennement un grand nombre de nouveaux albums venant de musiciens ou de chanteurs que l'on ne connaît pas, ou pas vraiment ou même pas du tout, et qui néanmoins débordent de talent. Rares cependant sont ceux qui parviennent à capter votre attention et à sortir du lot. Virginie Teychené est assurément de celle-là. Sans esbroufe, sans tapage et sans plan com, la chanteuse (pas aidée pourtant par une pochette d'album, il faut bien le dire, carrément ringarde), parvient très vite à nous capturer dans ses filets. Et ceci avec autant de naturel et que simplicité.  Ce qui n’est peut-être pas le moins surprenant dans le paysage du jazz vocal d'aujourd’hui. Car Virginie Teychené est de ces chanteuses pour qui l'art du chant, l'art du jazz et l'art du swing sont comme des secondes natures qui s'imposent avec un naturel assez rare dans cet univers pourtant bien balisé de chanteuses si souvent maniérées. Notre chanteuse ne va pas chercher midi à quatorze heure et se limite pour l'essentiel aux standards. Mais elle a cette façon de les aborder avec cette voix qui évoque Hélène Merrill ou parfois Annie Ross, voix de mezzo ou d'alti qu'elle fait vibrer dans les graves avec une classe naturelle et confondante.

Son sens de l'interprétation est tel que la chanteuse parvient à faire totalement corps avec ses musiciens dans une cohésion absolument parfaite au point que lorsque la chanteuse s'efface pour laisser place aux chorus, c'est comme si elle leur avait préparé subtilement le terrain , leur avait fat leur lit dans lequel ils n’ont plus qu’à prendre place. Il fait entendre Early Hours, une composition de Gérard Maurin pour le comprendre. Car Virginie Teychené a cet art si rare de nous faire publier le temps pour s’approprier l’éternité. Intelligemment  François Chassagnite, l'un des trompettistes les plus chantants de la scène française, vient apporter aussi quelques couleurs « bakeriennes » à ces interprétations. Et là encore, comme dans ce Beautiful Frindship où la trompette de François Chassagnite si soulful nous transporte autant que la voix de la chanteuse.  Et tout l’album fonctionne comme cela avec beaucoup d'aisance et de naturel. On aimera cette version de I feel so good qui ouvre l’album avec un sens du swing jamais forcé. On aimera cette façon de s’emparer du tempo avec douceur comme sur ce Up Jumped spring du regretté Freddie Hubbard , ce sens du scat sur Lester leaps in . On aimera moins en revanche cette tentative de faire sonner en ternaire un Fotografia de Jobim ou malheureusement j’ai cru un instant que la chanteuse chantait en japonais ( !). Toute petite critique, si à peine on l’ose, tant cet album est pour nous la révélation d’une chanteuse de jazz. L’album se termine de façon bien charmante avec un It might as well be spring réécrit par jean sablon en C’est le printemps, en duo voix-guitare pour terminer en douceur cette belle découverte. Celle d’une chanteuse qui fait danser les rêves, swinger la vie, et frémir les émotions. Une chanteuse de jazz. Une vraie chanteuse de jazz. Jean-marc Gelin

ma pomme

 

 

 

 

 

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