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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 13:35

POST SCRIPTUM

Sortie le 4 juillet 2011

ECM

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Voilà encore un album ECM, saisissant de «force tranquille», apaisant et intense. Dire qu’on reste en famille est une évidence : le leader est un pianiste hollandais -inconnu de nous jusqu’alors- dont le premier disque, Currents,déjà chez ECM, avec la  même formation, remonte à 2008. Il avait cependant participé à quelques uns des enregistrements ECM de la chanteuse suisse Suzanne Abbuehl, entre autre, le splendide April, en 2001. 

Le pianiste a trouvé un compagnon idéal pour une aventure musicale de cette teneur, en Claudio Puntin, clarinettiste suisse, qui, avec son phrasé aéré et sa manière de faire respirer la musique, apporte fraîcheur et sentiment à cet intrigant Post Scriptum. Quatorze pièces plutôt courtes s’emboîtent dans le puzzle de ce tableau musical, autant d’images sonores d’une forme souvent expérimentale.

Cérébrale et sensible dès le premier titre «Meander», que peut bien évoquer cette musique ? Une ville, une couleur, les méditations d’une journée, d’un mois, voire une saison ? On n’en saura guère plus mais les compositions coulent, ponctuées d’affirmations mesurées le plus souvent, avec cependant quelques ruptures ou emballements toujours inattendus. La jouissance du son le dispute à la pertinence du propos, constituant une invitation à la liberté d’écoute, de jeu, de sens. Une très belle circulation de timbres fondée sur une palette instrumentale douce et insistante, dans une atmoshère classique. Mais si on ne pense pas au jazz, il finit par revenir de lui même !

Cristallin et profond, le piano se joint aux coulées de la clarinette dans la confidence de ce «Silver cloud» dont les variations illustrent la pochette d’un bleu métallique. Dans l’élégiaque « Angelico », il ne parvient pas à troubler la quiétude de la ballade, les graves de la contrebasse et de l’arco de Matts Eilertsen, agissant au contraire de façon apaisante, en contrepoint de la délicate clarinette.

De concert, sans concertation apparente, puisque l’improvisé est joué avec aisance, voilà une leçon d’équilibre qui parvient à cette forme d’intensité par la maîtrise du silence, l’audace du manque.

La sobriété de chacun, les interventions subtiles et veloutées, la batterie raffinée de Samuel Rohrer, font de cet album un ensemble étrangement intemporel, qui dégage une émotion douce mais peu banale, sans sensiblerie, ni effets trop appuyés. Une musique qui ne coule pas de source mais d’évidence possède une énergie fluide. Un pari réussi, forme et fond en adéquation, jamais dans l’abrupt et les stridences.

Décidément les Nordiques ont une façon passionnante de faire de la musique,de concilier classique et jazz,qui résiste à toute tentation, tentative de facilité. Que ce Post scriptum soit suivi d’une longue suite, c’est ce que l’on peut souhaiter à ce groupe prometteur.

Sophie Chambon  

 

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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commentaires

Lionel Eskenazi 22/08/2011 18:13



Juste une petite rectification à cette belle chronique dont je partage l'enthousiasme : Dans le premier album de Wolfert Brederode "Currents" (2007), il n'y avait pas Susanne Abbuelh, la
formation présentait exactement le même quartet que sur "Post Cristum", par contre on retrouve Wolfert Brederode au piano sur les deux albums ECM de Susanne Abbuelh : " April" (2001) et "
Compass" (2006).



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