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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 21:55

1 DVD Gravity/Socadisc

 Woodstock-Jazz-Festival-September-19-1981

Anthony Braxton (as), Lee Konitz (as), Pat Metheny (g), Chick Corea (p), Miroslav Vitous (b), Jack Dejohnette (d) + Dewey Redman (ts), Julius Hemphill (ts), Howard Johnson (bars), Baikida Carroll (tp), Marilyn Crispell (p), Attilo Zanchi (b) , Ed Blackwell (dm), Karl Berger (perc), Nana Vasconcelos (perc), Colin Walcott (perc), Aiyb Dieng (perc). Le 19 septembre 1981.

 

Il ne faudrait pas associer systématiquement les mots « festival » et « Woodstock » aux trois jours « peace & love » d’août 1969, car il y a eu sur les mêmes lieux, d’autres projets musicaux comme ce festival de jazz de septembre 1981 organisé par le Creative Music Studio. Cette organisation culturelle dédiée aux musiques improvisées et expérimentales a été créé en 1971 par le percussionniste et musicologue allemand Karl Berger sous le parrainage d’Ornette Coleman. Le Creative Music Studio basé justement à Woodstock a eu une influence musicale importante en inventant en particulier le concept « world-jazz »  avec des personnalités comme Don Cherry ou Nana Vasconcelos. L’idée de ce festival était de fêter les dix ans du Creative Music Studio dans leur fief d Woodstock et d’y inviter des figures majeurs d’un jazz à la fois avant-gardiste (Anthony Braxton) et grand public (Chick Corea, Pat Metheny)  afin de proposer un  large éventail qui mêlent musiques improvisées (« Left Jab »), musiques du monde (« We Are »), un hommage à Ornette Coleman (« Broadway Blues ») et  des relectures inspirées de standards (« Stella By Starlight », « All Blues » ou « Impressions »). C’est un quartette inédit et follement énergique (composé de Dewey Redman, Pat Metheny, Miroslav Vitous et Jack DeJohnette) qui reprend avec bonheur le fameux « Broadway Blues » d’Ornette Coleman dans une version de près de dix minutes à couper le souffle ! La séquence « world » est elle aussi passionnante avec le « patron » Karl Berger au balafon entouré de deux tambours, d’Ed Blackwell à la batterie et de Colin Walcott aux tablas pour une belle orgie percussive suivie par un magnifique solo de bérimbau de Nana Vasconcelos. Mais c’est la présence d’Anthony Braxton (si rare en DVD !) qui rend inoubliable ce superbe document. Il ne joue que sur deux titres, mais nous époustoufle par sa passion frénétique et son audace formelle. En effet, sur « Impressions » il part dans une improvisation, créant une tension furieuse et paroxystique, propulsant la section rythmique dans un vertigineux malstrom. La réalisation vidéo du concert manque un peu d’imagination, mais restitue assez bien l’ambiance de ce festival, en privilégiant la proximité et la complicité des musiciens. En bouquet final, un surprenant « All Blues » où les six têtes d’affiche jouent ensemble et où l’on perçoit l’admiration réciproque d’Anthony Braxton et de Lee Konitz,  enchaînant brillamment leur chorus.

 Lionel Eskenazi

 

 

 

 

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