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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 21:21
Marc Copland : " Zenith"

ZENITH Marc Copland
Ralph Alessi Drew Gress Joey Baron
Label InnerVoiceJazz
www.marccopland.com
www.innervoicejazz.com

Sortie 15 avril
Le pianiste Marc Copland a attendu longtemps avant de créer son propre label : il profite de ses relations privilégiées avec le contrebassiste Drew Gress et le batteur Joey Baron (ils sont tous trois la section rythmique du quartet de John Abercrombie, et Baron & Copland accompagnaient le trio de Gary Peacock). Depuis l’an 2000, le pianiste a sorti près de 30 albums en leader. Il est donc légitimé dans ce désir de parfaire son évolution en donnant naissance au bien nommé InnerVoiceJazz...Il est vrai que ces musiciens n’ont plus grand-chose à prouver ; ils continuent néanmoins à travailler, explorer les limites de cette musique, faire entendre ce chant intérieur qui les anime. Sur ce premier album intitulé Zénith, se déroulent six longues et savoureuses compositions dont 4 du pianiste, une suite qui est peut être le morceau de bravoure de l’album, « Air we’ve never breathed », un travail collectif d’improvisation qui traduit, à moins que ce ne soit l’inverse, un poème de Bill Zavatsky, poète-ami de longue date, qui connut Bill Evans. Et la version revisitée de « Mystery Song », un thème peu connu de Duke Ellington qui, si je devais tenter d’expliquer ce qu’est le jazz, me servirait d’exemple. Je ferai écouter le fox-trot initial de 1931, joué par l’orchestre du Duke (3’19) puis la version en quartet de Steve Lacy de 1962, déjà plus longue avec en plus du soprano, la trompette de Don Cherry et la batterie de Billy Higgins. Enfin, on en viendrait à la version du quartet de Marc Copland (9’16) qui brode une subtile variation, prend son temps pour nous conduire à partir de l’exposé souple et fidèle du thème, loin, très loin. Vers l’esprit même de cette musique, à travers autant de signes qui ne répondent à aucune nostalgie, malgré l’apparence du souvenir, mais forment de délicats échos éclairés, « enluminés» par la trompette de Ralph Alessi, le quatrième homme de la bande que j’avais oublié de présenter. « Shame on me », d’autant que ses interventions continues, superbes dans les aigus soulignent le travail du pianiste. Comme dans un album déjà ancien Poetic Motion, du regretté label Sketch, le pianiste s’attache à traduire la circulation du sens poétique, sans les éclats de certaines violences free ou rock. Mais avec la finesse des touches impressionnistes d’un jazz qui se réserve, non par pudeur, mais par une retenue qui rejoint un art consommé de l’implicite. Cependant les ombres cachées se dévoilent peu à peu, révélant une intense beauté. Rien de mieux qu’une ballade pour apprécier le travail de ces virtuoses, finesse de jeu, justes couleurs et groove aérien. On vous le dit, voilà un album qui se savoure....
Sophie Chambon

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 20:41
Julien Alour a la une !

JULIEN ALOUR : « Cosmic dance »

Gaya Music / Socadisc 2016

Julien Alour (tp), François Theberge (ts), Adrien Chicot (p), Sylvain Romano (cb), Jean-Pierre Arnaud (dms)

Julien Alour a la une !

OLIVIER ROBIN : « Jungle box »

Fresh Sound 2016

Julien Alour (tp), David Prez (ts), Vincent Bourgeyx (p),

Dans la famille Alour, nous connaissions Sophie, saxophoniste de son état. Il est bien temps de vous présenter Julien : trompettiste de feu.

Et Julien Alour fait aujourd’hui l’actualité avec deux albums, l’un sous son nom l’autre sous celui du batteur Olivier Robin.

Dans « Cosmic Dance », album dont il est le leader Julien Alour y joue un jazz assez classique dans une veine néo-hard boppienne dont on faisait les héros et dont on fait toujours aujourd’hui les géants.

Flamboyance d’un Julien Alour exalté et exaltant, son énorme et capiteux d’un Theberge particulièrement inspiré et plus souple que jamais, inventivité dans chacune de ses interventions d’Adrien Chicot, et rythmique qui derrière assure grave. Et surtout des arrangements superbes qui témoignent des grands talents d’écriture de Julien Alour.

Totale réussite.

Tout pareil avec l’album du batteur Olivier Robin. Vous vous souvenez le batteur dans la lecture théâtrale de « a love supreme » , aux côtés de Sébastien Jarrousse. C’etait lui Olivier Robin, auteur d’une belle performance. Ici aux côtés de Julien Alour et de David Prez, il s’aventure sur les mêmes terres qui vont du hard bop aux contrées post-coltraniennes. On est dans encore dans cette veine classique de ce jazz qui porte haut. Les acteurs sont à leur sujet et sous l’impulse d’Olivier Robin, portés par une énergie superbe et communicative. Là encore, belle écriture et solistes au meilleur. La musique s’y fait aussi évidente que de l’eau d’une source boppienne.

Source de jouvence.

Jean-Marc Gelin

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 19:45
LARRY YOUNG « In Paris, The ORTF Recordings »

Larry Young (orgue, et piano sur une plage), Nathan Davis (saxophone ténor), Woody Shaw (trompette), Billy Brooks (batterie), et aussi Jean-Claude Fohrenbach (saxophone ténor), Sonny Grey (trompette), Jack Diéval (piano), Jacques B. Hess (contrebasse), Franco Manzecchi (batterie), Jacky Bamboo (conga)

Paris, Maison de l'ORTF, entre novembre 1964 et janvier 1965, et pour deux plages Paris, La Locomotive, 9 février 1965

Resonance Records-Ina HCD-2022 / Socadisc

Un double CD (avec également une version en coffret de deux vinyles) qui exhume les sessions réalisées par l'organiste lors d'un séjour prolongé à Paris, à l'invitation de son ami et compatriote de Newark Woody Shaw. L'organiste venait d'enregistrer à l'automne 1964, dans le New Jersey, son album « Into Somethin' », avec Sam Rivers, Grant Green & Elvin Jones ; et après le 9 février 1965 , et sa prestation à la remise des Prix de l'Académie du Jazz au Club La Locomotive, il repart pour les USA. Un mois plus tard il sera de retour au Studio Van Gelder pour une séance aux côtés de Hank Mobley, Grant Green & Elvin Jones. Les plages les plus homogènes sont celles enregistrées par le groupe régulier de Nathan Davis (quartette avec Woody Shaw, Larry Young & Billy Brooks), en résidence au Chat qui Pêche, et qui fera aussi une escapade en Allemagne, en janvier, notamment pour enregistrer un disque dans lequel on entend l'organiste... au piano ! Dans la chaude ambiance de l'Académie du jazz, le groupe va donner son meilleur sur Zoltan, une composition de Woody Shaw que l'on retrouvera en novembre 1965 sur le disque « Unity » de Larry Young, avec le trompettiste, ainsi que Joe Henderson et Elvin Jones ; et aussi sur Black Nile, de Wayne Shorter, gravé en 1964 par son compositeur pour Blue Note. Dans Zoltan, après de vibrantes improvisations des souffleurs, l'organiste va donner libre cours à ce style audacieux qu'il est en train d'imprimer, et pour longtemps, comme le devenir de l'orgue Hammond. Les autres plages de ce double CD ont été enregistrées en studio pour des sessions de radio, soit par le quartette régulier de Nathan Davis, soit dans le cadre de l'émission « Jazz aux Champs-Élysées » du pianiste Jacques Diéval, avec le renfort de quelques autres musiciens, dont Jean-Claude Fohrenbach, que l'on retrouve toujours avec plaisir. Il y a aussi un morceau en trio (orgue, batterie -Franco Manzecchi- et conga -Jacky Bamboo-) : c'est Luny Tune, gravé quelques mois plus tôt par Larry Young dans le disque « Talkin' About » de Grant Green. Et enfin une curiosité : Larry Young au piano, en trio avec Jacques B. Hess et Franco Manzecchi, dans un blues anguleux « à la Monk » qui vaut le détour.

Bref, cette poignée d'inédits mérite de trouver sa place dans la discothèque de ceux qui n'ont pas oublié Larry Young, et de ceux qui voudraient le découvrir en attendant d'explorer les nombreux titres enregistrés à l'époque pour Blue Note, et avant de se pencher sur le trio Lifetime, avec Tony Williams et John McLaughlin. Beaucoup de documents dans le copieux livret : témoignages (André Francis, Nathan Davis....), photos (Jean-Pierre Leloir, Francis Wolff....) et informations détaillées : en résumé un objet hautement recommandable à tous ceux -nombreux j'espère- pour qui l'orgue continue après Jimmy Smith !

Xavier Prévost

Un documentaire sur Youtube :

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 18:03
CÉLINE BONACINA CRYSTAL QUARTET « Crystal Rain »

Céline Bonacina (saxophones baryton & soprano), Gwilym Simcock (piano), Chris Jennings (contrebasse), Asaf Sirkis (batterie) & percussions

Meudon, 25-27 août 2015

Cristal Records CR 245 / Harmonia Mundi

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Ce objet concrétise, sur le plan phonographique, un projet né de la rencontre entre la saxophoniste et le pianiste britannique Gwilyn Simcock en 2013, en trio avec Michel Benita, lors d'une résidence à l'opéra de Lyon. Le quartette, dans sa composition définitive, s'est formé à la radio publique de Hambourg (NDR) fin 2014, avant d'apparaître au grand jour à l'Europa Jazz Festival du Mans en mai 2015. Très belle équipe, qui donne le sentiment d'avoir d'emblée accédé à un niveau de connivence plus qu'enviable. Réunion cosmopolite aussi : outre le pianiste gallois (prochainement en tournée mondiale avec.... Pat Metheny), un batteur israélien de Londres, et un contrebassiste canadien de Paris. Le disque s'ouvre sur une composition où s'opposent le soprano et la baryton, pour édifier une forme élaborée dont la genèse s'accomplit à nos oreilles ravies. Énergie et mélancolie s'affrontent et se complètent, de plage en plage, sur un drive infernal ou dans des climats à damner un aspirant poète néo-romantique. La saxophoniste conjugue toujours à merveille une expressivité sans faille et une science accomplie, mais sans ostentation, du choix des notes et de leur placement. Le pianiste, qui suscite l'admiration de ses confrères états-uniens (au point que Chick Corea l'a adoubé), n'aurait certainement pas déplu à Lennie Tristano, et au jeune Bill Evans de All About Rosie (l'écouter dans la plage 7, Crossing Flow ). Le bassiste et le batteur sont de la même eau : maîtrise et musicalité, tout uniment. Autant dire que, de la vitalité la plus exubérante jusqu'au recueillement le plus extrême, ce disque est un régal, de bout en bout.

Xavier Prévost

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Le quartette jouera à Paris, au Petit Journal Montparnasse, le lundi 11 avril, puis à Rouen le 19, et à Angers le 20

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Un avant-ouïr Youtube :

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 21:28
Music is my mistress, Mémoires inédits


Duke Ellington. Préface Claude Carrière.
590 pages, 25 €. Editions Slatkine & Cie
Traduit par Clément Boqué, Françoise Jackson avec Christian Bonnet, président de la Maison du Duke

Elle était attendue par les lecteurs français depuis plus de 40 ans. La biographie de Duke Ellington, écrite par le maître lui-même, Music is my mistress, publié en 1973, un an avant le décès d’Edward Kennedy Ellington, sort ce printemps. La version française a connu des tribulations qui ont été surmontées par quelques gardiens de la flamme ellingtonienne dont la Maison du Duke. Le pavé de près de 600 pages offre l’avantage par rapport à l’original de disposer de notes de bas de page très documentées et d’un index favorisant la lecture.
L’aspect brut de décoffrage de ces mémoires a été conservé, ce qui est à saluer même si l’on peut passer sur certains passages tels que les remerciements du Duke à tous les hôtes des réceptions données dans les ambassades US tout au long de ses tournées. La structure du livre, ou plutôt l’absence de structure classique, déroutera les amateurs de biographies léchées et reconstituées par thèmes. Claude Carrière, « ellingtologue » respecté, l’explique dans sa préface : Duke notait ses idées sur tout papier blanc disponible et confiait ses courtes pièces à un ami journaliste Stanley Dance qui déchiffrait et retranscrivait.
Music is my mistress se présente donc sous la forme de réflexions générales sur la musique, de souvenirs familiaux, d’opinions sur ses musiciens, d’impressions de voyages…même si Duke avoue ne pas avoir l’âme d’un touriste. C’est savoureux, détaillé, sensible. Avec ce carnet écrit à la première personne, chacun peut faire plus ample connaissance avec cet infatigable compositeur et chef d’orchestre qui donna quelque vingt mille concerts tout au long de sa carrière et un homme passionné de la vie, admirant sa mère, Daisy (« la personne la plus sensible et gentille que j’ai connue »), et la musique (« ma maîtresse, je vis avec elle » ).
Jean-Louis Lemarchand

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 10:14
JOËLLE LÉANDRE 10 «  Can you hear me ? »

Guillaume Aknine (guitare), Florent Stache (batterie, percussions), Jean-Brice Godet (clarinettes), Théo Ceccaldi (violon), Christiane Bopp (trombone), Jean-Luc Cappozzo (trompette), Séverine Morin (violon alto), Alexandra Grimal (saxophones), Valentin Ceccaldi (violoncelle), Joëlle Léandre (contrebasse, voix, composition).

Metz, 29 janvier 2015

Ayler Records AYLCD-146 / http://www.ayler.com

Cette pièce évolutive (work in progress en bon franglais) a une histoire. Donnée en avril 2009 au Festival Kaleidophon d'Ulricshberg, en Autriche), avec des musiciennes et musiciens du monde germanique (et l'Américain Kevin Norton aux percussions), elle avait été enregistrée par la radio publique allemande de Baden Baden (Südwestrundfunk), et diffusée sur les ondes des radios européennes (dont un extrait sur France Musique). Après la publication sur CD, en 2011 chez Leo Records, de ce premier enregistrement public, la contrebassiste-compositrice-improvisatrice a eu le désir de remonter ce programme, avec une nouvelle équipe, dont chaque membre est choisi à la fois pour ses qualités d'interprète et celles d'improvisateur. Ce fut fait en 2014 au festival Musica de Strasbourg, et ensuite en janvier 2015 à Tours, au Petit Faucheux, puis à l'Arsenal de Metz où a été réalisée cette nouvelle captation. De l'ancien enregistrement à celui-ci, des constantes : les parties composées/agencées ; et des écarts, liés à la personnalité des interprètes-improvisateurs/trices, donnée essentielle d'un tel projet musical. Et grâce à la communauté de pensée musicale, et de communication humaine, de cette nouvelle équipe, la pièce est très vivante, et ce dès le brouhaha initial d'où surgit la forme en cours d'élaboration. On circule de l'écrit à l'improvisé sans toujours se soucier de savoir ce qui distinguerait l'un de l'autre. Lorsque l'on écoute un enregistrement de musique improvisée (celle-ci l'est en partie) on a souvent le regret de n'avoir pas été présent lors de sa captation, pour mieux percevoir l'intensité de l'instant. Ici nulle frustration. On est immergé, ça coule de source, et l'on sait pourtant qu'une prochaine écoute dévoilera d'autres horizons. Bref c'est une très belle réussite !

Xavier Prévost

Toute l'équipe sera le jeudi 7 avril 2016 sur la scène de la Dynamo, dans le cadre du festival Banlieues Bleues, pour faire renaître à nouveau cet instant privilégié.

À noter la réédition chez Fou Records de deux solos de la contrebassiste, en 1994 à Raguse (Italie) et 1995 à Vancouver (Canada). « No Comment », Fou Records FR-CD 14 :

http://fourecords.com/FR-CD14.htm

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 18:20
DIDIER VERNA : «  Roots and leaves »

DIDIER VERNA : « Roots and leaves »
Didier Verna (g,fl), Laurent Epstein (p), Yoni Zelnik (cb), David Georgelet (dms)
www.didierverna.com

Didier Verna ? Connais pas. Informaticien et scientifique de son état je crois. Chercheur aussi.
Oui c’est cela. Pas un garçon qui a l’habitude d’évoluer dans les sphères habituelles connues et reconnues du jazz officiel. Sauf que ce Bordelais monté à Paris à l’âge de 21 ans a pu rapidement faire valoir ses 16 années de conservatoire et surtout son talent fou. Et c’est d’abord en tant que chanteur qu’il s’est illustré à Paris où cet amoureux de Bobby Mc Ferrin a rencontré Thierry Lalo et intégré le groupe des Voice Messengers dont on connaît l’exigence du recrutement.

Si l’on parle chez ce musicien polyinstrumentiste de ses influences, à l’écouter on pense aux guitaristes très classiques ( Wes Montgomery p.ex) mais aussi à Pat Metheny ou ceux de la trempe de Mike Stern et de tout ceux qui fricotent et tricotent à la lisière du jazz rock. On entend aussi chez lui quelques connivences guitaristiques avec John Scofield dont il aime le jeu de reverbe.
De son passé de chanteur, Didier Verna a gardé un vrai sens de la mélodie et un lyrisme très naturel qui le ferait presque passer pour un chanteur de la six cordes. C’est aussi que le garçon compose magnifiquement bien et joue avec cette facilité qui fait couler chez lui la musique de source avec une grâce aussi évidente que naturelle.
Il a à peu près tout pour lui Didier Verna. Outre le fait qu’il s’agit d’un garçon éminemment sympathique et pas prise de tête du tout, il a aussi pour lui une maitrise sans esbroufe de son jazz sur le bout des doigts qu’il affiche avec l’élégance des modestes.
Dans cet album Didier Verna s’entoure d’une bande de copains, trio infernal qui depuis des lustres a l’habitude de tourner ensemble ( Epstein - Zelnik - Georgelet) ( les habitués des jam Autour de Minuit s’en souvienne encore) et qui fonctionne à merveille.

L’album de Didier Verna sorti il y plus d’un an est encore confidentiel parce que le garçon ne bénéficie ni d’agent ni des gros moyens de com. Et pourtant croyez moi il y aurait matière à vous ruer sur cette petite galette qui fait fichetrement du bien par où elle passe.
En tout cas moi j’y reviens régulièrement, voire e le passe en boucle.
Du pur bonheur.
Jean-Marc Gelin

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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 10:28
PLUMES QUARTET

Nicolas Rousserie (guitare), Pierrick Menuau (saxophone ténor), Cédric Piromalli (orgue), Arnaud Lechantre (batterie).

Rocheservière (Vendée), 12-14 novembre 2015

Black & Blue BB 808 2 / Socadisc

Dans la plus pure tradition des groupes soul jazz qui firent merveille à la fin des années cinquante et dans les années soixante. À l'époque en effet, parallèlement aux combos de Horace Silver, Art Blakey, des frères Adderley, de Junior Mance ou Les Mc Cann, s'étaient épanouis beaucoup de groupes de cette instrumentation : guitare, sax ténor, orgue et batterie. Les héros du genre s'appelaient Brother Jack McDuff, Shirley Scott, Jimmy Smith ou Jimmy McGriff.... Ce n'est pas par hasard si Stanley Turrentine, dont le groupe détourne, en un aveu admiratif, deux compositions, fut le partenaire des trois derniers cités. Et avant de se nommer « Plumes Quartet », ce groupe avait eu une première vie sous l'intitulé « The Stanley Turrentine Organ Project ». Ces quatre musiciens du Grand Ouest connaissent manifestement sur le bout des doigts cet idiome qui convoque tout à la fois le blues et le boogaloo. À l'orgue Hammond, Cédric Piromalli fait oublier qu'il est aussi un passionnant pianiste de jazz de style très contemporain, tant il maîtrise le langage spécifique de l'instrument, qu'il ne se contente pas de traiter à la manière des références citées plus haut : sa mémoire sait aussi le souvenir, plus proche, de Larry Young, et son imagination lui permet souvent de se passer de références. Le guitariste Nicolas Rousserie, qui signe le répertoire, est familier de cet univers, qu'il a pratiqué dans le groupe de Rhoda Scott ; tout comme le saxophoniste Pierrick Menuau (un secret angevin bien gardé, mais que l'on entendit naguère au Petit Opportun, avant de le retrouver au côté du regretté Butch Warren....) : leur complicité est parfaite, fondée sur une ancienne connivence qui leur permet de jouer ce style (en fait plusieurs styles mitoyens, de la fin des années 40 jusqu'au début des années 70), style pourtant connoté, avec la fraîcheur d'une première fois. Quant au batteur Arnaud Lechantre, entendu en d'autres occasions avec Alain Jean-Marie.... Éric Le Lann ou Benny Golson, il est en parfaite cohérence avec la lettre et l'esprit de ce projet, qui n'est pas revivaliste, mais simplement intègre !

Xavier Prévost

Le groupe jouera le 6 avril 2016 à Paris au Sunset, le 13 mai à Bouchemaine (Maine-et-Loire) pour le festival « Bouche à Oreille », le 4 juin à Caen sur le Camion Jazz, et le 14 juin à Chemillé (Maine-et-Loire), pour le « Camilliacus Jazz Festival ».

UN EXTRAIT SUR YOUTUBE :

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 15:44
FLORIAN PELLISSIER QUINTET  «Cap de Bonne Espérance»

Christophe Panzani (saxophone ténor), Yoann Loustalot (trompette & bugle), Florian Pellissier (piano), Yoni Zelnik (contrebasse), David Georgelet (batterie) + un invité sur une plage : Leron Thomas (voix, trompette)

Heavenly Sweetness / www.heavenly-sweetness.com

Le disque se présente comme inspiré par le souvenir d'une soirée de jazz sud-africain au festival Jazz à Vienne, mais la source la plus probable de son inspiration paraît être le courant qui s'est dessiné sous le label Blue Note à l'orée des années soixante, avec Herbie Hancock, Wayne Shorter, Joe Henderson, Sam Rivers, Tony Williams, Bobby Hutcherson, Grachan Moncur III, et quelques autres. Pulsation affirmée, indiscutable sens mélodique, harmonies raffinées, délicate décontraction des interprètes.... tout ici rappelle à l'amateur un brin nostalgique cette période féconde. Et c'est manifestement une qualité, car ce choix esthétique, assumé avec cohérence, produit de beaux moments. Les thèmes sont signés par le pianiste, mais plusieurs sont aussi déclarés collectivement. À quoi s'ajoute une reprise d'un thème latino devenu un tube de Dinah Washington (What a Difference a Day Makes) chanté et joué à la trompette par l'invité, et une composition du saxophoniste-flûtiste jamaïcain Harold McNair (The Hipster, souvent échantillonné par la scène acid-jazz britannique). À signaler, entre autres belles plages, Almeria, magnifique ballade co-signée par le leader et le contrebassiste. Noter aussi une longue plage, composition collective, La Forêt des biches bleues, qui prend sa source dans une rêveuse intro du pianiste, et qui évoque musicalement l'Afrique (celle de l'Ouest plutôt que celle du Sud, semble-t-il). L'Afrique se profile encore discrètement sur certaines des plages suivantes, mais l'essentiel est ailleurs, dans une certaine unité stylistique, servie par de beaux solistes, et une rythmique féline. Recommandable, et même plus !

Xavier Prévost

Le groupe jouera à Paris, au New Morning, le 5 avril 2016

Un extrait sur Youtube

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 22:44
PIERRE PERCHAUD/NICOLAS MOREAUX/JORGE ROSSY «Fox»

Pierre Perchaud (guitare électrique & acoustique, clavier sur la première plage), Nicolas Moreaux (contrebasse), Jorge Rossy (batterie)

Poitiers, 17-18 février 2015

Jazz & People JPCD 816001/ Harmonia Mundi

Accords déroulés en arpèges et chemin harmonique sinueux : on part pour une sorte de voyage ambiant qui bifurque, vers une minute et vingt-cinq secondes, sur un tempo de jazz, et le doux balancement d'une pulsation irrépressible. Le cycle harmonique est une longue boucle qui rappelle un peu Silence de Charlie Haden, mais aucune lassitude ne s'installe, car chaque nouvelle phrase donne vie à un nouvel espace. Contrebasse et batterie ont une grande part dans la vitalité de ce déroulement, qui transforme en ductilité ce qui aurait pu n'être qu'hypnose. Et c'est la grande force de tout ce disque, qui chemine entre les compositions du guitariste et celles du contrebassiste (avec une reprise finement revisitée de And I Love Her de Lennon et McCartney) : tout se joue entre le je-ne-sais-quoi et le presque-rien, dans un territoire de raffinement sans préciosité, de subtilité sans ostentation. Du grand art en quelque sorte. La troisième plage du disque, celle qui donne son titre à l'ensemble, procède d'un jeu rythmique extrêmement élaboré, mais qui jamais ne dévoile la moindre pesanteur. On est entre orfèvres : le guitariste étonne depuis quelques années maintenant par sa maturité, sa science du son et de l'harmonie ; le contrebassiste, remarqué en 2013 pour un Grand Prix de l'Académie Charles Cros, a le goût des lignes élaborées, équilibrées, et sans tapage ; quant au batteur, Catalan longtemps exilé aux USA, faut-il rappeler qu'il a longuement accompagné Brad Mehldau avant de regagner ses pénates barcelonaises, et tâter du piano sans renoncer pour autant à la batterie. Tout cela donne un trio de très haut vol, qui nous entraîne en douceur (mais sans résistance possible) vers les confins du bonheur musical. Ce disque a vu le jour, selon la démarche du label Jazz & People, grâce au financement participatif : il est heureux que la passion des amateurs rende possible une telle réussite. En ces temps trop moroses, tous les espoirs demeurent permis !

Xavier Prévost

Le groupe jouera le 2 avril 2016 au Bravo de Bruxelles, et le 3 avril à Bouray-sur-Juine (Essonne) dans le cadre du festival « Au Sud du Nord »

Découvrir sur Youtube

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