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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 16:21

 

Sortie le 14 février  BEE JAZZ059

Bee Jazz/ Abeille musique distribution

www.janlundgren.com

Jan-Lundgren---The-Man-In-The-Fog.jpeg

 

Une fois de plus, nous nous trouvons confrontés à la volonté d’un pianiste de « se faire » un  piano solo, de se colleter à cet exercice de style qui va bien plus loin... et qui le laisse seul et nu face à son instrument, ses démons ou vertiges.

Je ne connaissais pas  vraiment ce pianiste  suédois qui fut dans sa jeunesse (il a 46 ans) un joueur de tennis  émérite avant d’entreprendre de sérieuses études classiques. Une fois de plus, le mirage du jazz, l’attraction et terrible attirance envers cette musique prit le dessus....mais pas seulement puisque le riche  folklore de son pays natal se retrouve aussi dans son inspiration. La seule composition originale qui donne le titre de l’album est doucement  insistante dans la mémoire. Bon présage. Et la suite ? Nous écoutons des compositions classiques comme la ballade de Fauré  « Après un rêve » qui se prête à un arrangement délicat et stylé, une version du magnifique thème de Jerry Goldsmith  pour le film culte de Polanski Chinatown que les cinéphiles connaissent aussi parce qu’il est l’indicatif de l’émission de Thierry Jousse, Ciné Song, le jeudi soir  sur France musiques. Cet album continue à nous surprendre avec ce dernier  titre qui renvoie à une nostalgie bienvenue : « Tack för Allt » semble  profondément inspiré de la musique de The Fox du compositeur-pianiste argentin Lalo Schiffrin.  On acquiesce ainsi de titre en titre en suivant le disque d’un bout à l’autre sans se lasser, embarqué dans l’univers musical  de cet artiste qui, sans être vraimentoriginal,  est attachant et installe un climat propice à la méditation et la rêverie. A suivre ! [i]   



[i] Qui inspira d’ailleurs la pub d’une marque de collants très célèbre. Mais qui a aussi quelques liens avec le thème oulipien de Roland Kirk.

 

 

Sophie Chambon

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 07:14

 

Une décennie, 1947-57, en 20 cd

 

coffrets-perspective-VOGUE-2.jpg

Une exposition à la BNF en 2011 était venue rappeler le rôle majeur du label Vogue dans la diffusion du jazz au lendemain de la seconde guerre mondiale.  Fondé par un trio de fans, Léon Cabat, Charles Delaunay et Albert Ferreri, Vogue aura dix ans durant, 1947-57, enregistré le gratin du jazz de l’époque, avec un esprit d’ouverture louable, à Paris mais aussi à New-York. Ces témoignages sonores nous reviennent aujourd’hui sous la forme d’un coffret de 20 cd, reprenant 35 albums originaux, qui bénéficie d’une discographie détaillée et d’un livret bien documenté signé Anne Legrand, spécialiste de Charles Delaunay et co-commissaire de l’expo de 2011.

Un rapide survol permet aussitôt de constater la richesse dans la diversité de la sélection présentée. Pour les amateurs de « live » les concerts enregistrés à Pleyel en 1948 (le troisième donné en ce mois de février) par le big band de Dizzy Gillespie –un des chocs de l’après-guerre, révélant le be-bop et les rythmes cubains aux parisiens- et six ans plus tard sur la même scène par le quartet sans piano de Gerry Mulligan ; pour les fans d’exploration sonore, le trio de Martial Solal et le Jazz Groupe d’André Hodeir  en 1953 ; pour les fondus de « typique » Lalo Schiffrin dans des airs brésiliens…

Le jazz français est à la fête avec les deux stars de l’époque, Django Reinhardt (sans Stéphane Grappelli alors mais avec Hubert Rostaing) et Sidney Bechet (dans ses « tubes » Petite Fleur, Dans les rues d’Antibes, Le marchand de poissons) et les jeunes pousses qui ont pour nom Barney Wilen (17 ans), Jean-Louis Chautemps, Pierre Michelot.  Une mention spéciale pour Henri Renaud, que l’on entend à de nombreuses occasions à Paris comme à New York comme interprète (au piano), compositeur et leader de groupe, et par ailleurs initiateur de plusieurs séances - une avec Monk en solo, une autre avec Clifford Brown, une troisième avec Roy Haynes… Excusez du peu !

Au-delà de ce florilège de vedettes des deux côtés de l’Atlantique-on ajoutera ainsi Lee Konitz, Mary Lou Williams, Gigi Gryce, Oscar Pettiford, Lionel Hampton…-, l’intérêt du coffret Vogue réside-comme souvent dans ces compilations-dans la (re)découverte de musiciens qui mériteraient une plus grande notoriété : c’est le cas par exemple du guitariste belge René Thomas et du pianiste Jimmy Jones, enregistrés chacun en 1954. Un bon demi-siècle après, cette plongée dans le patrimoine s’avère bien revigorante et confirme la justesse de l’oreille de l’équipe artistique de Vogue.

 Jean-Louis Lemarchand

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 23:04

 

bojan.jpg

Cruel dilemme en cette soirée hivernale, entre les concerts de Marianne Faithfull & Bill Frisell et celui de Bojan Z à l’Espace Sorano de Vincennes. Finalement, mon attrait pour le piano Zolo de Bojan Z et pour la confortable salle de Sorano est le plus fort.

D’un délicat « Full Half Moon » en Zintroduction à un Zémouvant « On a Turquoise Cloud » en final, bel arrangement de cette composition de Duke Ellington, Bojan Z nous a tour à tour Zému, Zemporté mais aussi bousculé, côté jazz-rock oblige ! Bojan Z a ainsi essentiellement déroulé les morceaux de son dernier album solo sorti il y a un an, « Soul Shelter ».

Alternant entre le clavier d’un superbe piano Fazzioli et le clavier de son Rhodes « customizé » Bojan Z montre qu’il est aussi à l’aise dans le romantisme que dans l’énergie jazz-rock, mais c’est surtout lorsqu’il met simultanément la main gauche sur le piano et la main droite sur le Rhodes que son plaisir et le notre aussi sont les plus Zintenses ! N’oublions pas la touche balkanique, dûe aux origines de Bojan Z, présente sans excès comme quelques points de couleurs posés de-ci de-là sur la toile de la partition.

La formule du solo rend nos oreilles très attentives à cette expérience et aucun spectateur n’en ressort Zindifférent.

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 22:46

 

Cristal 2013

David Enhco (tp), Roberto Negro (p), Florent Nisse (cb), Gauthier Garrigue (dm)

 

david-enhco.png

 

Parmi les très bonnes surprises de ce début d’année il y a de belles choses qui sortent en France. Nous vous parlerons bientôt du dernier album en duo du contrebassiste Diego Imbert avec le guitariste Michel Pérez ou encore du superbe album du saxophoniste Samy Thiebault qui vient de signer un grand disque ou enfin de cet album de Stéphane Chausse totalement surprenant.

Mais pour l’heure c’est le jeune trompettiste David Enhco qui retient toute notre attention avec cette « Horde » qui arrive en déboulant  sur nos platines. On connaît bien la fratrie Thomas et David Enhco et l’on sait que ces deux jeunes–là sont tombés dans la musique et même dans le jazz étant tout petits. Il y avait chez eux matière à talent.

Celui-ci éclate au grand jour avec cet album du trompettiste.

Car David Enhco impressionne carrement. Ce garçon a la gnack bardée d’un son terrible ! Certains disent qu’il ressemble au Dave Douglas du debut. Ce n’est pas peu dire. David Enhco semble avoir tellement écouté les autres tromepttistes qu’il parvient aujourd’hui à s’exprimer dans des regsitres très différents tout en restant sur un seul instrument, la trompette  laquelle il reste fidèle de bout en bout de l’album. Entendez par registre, non pas une diversité de styles car la garçon garde en tous points sa cohérence et sa ligne conductrice avec un album jazzy de belle facture. Entendez plutôt la variété des sons qu’il déploie sur l’instrument et la palette de son expressivité. Impressionnant : trilles enchainées et puissantes, aigus suraigus, chaleur du timbre, harmoniques riches et attaques surpuissantes, le garçon sait tout faire. Ajoutez à cela une certaine science de l’improvistation, rapide ou lente, l’exaltation de la mélodie et un placement ryhtmique à toute épreuve qui lui permet de balancer le groove. Une leçon  !

N’allez pas pour autant croire au petit génie qui y serait démonstratif de ce qu’il sait faire. Car David Enhco entourré d’une bande de fameux n’oublie pas au passage de livrer des compositions magnifiques. Nota bene : même si l’une des plus belles étant par ailleurs signée de Roberto Negro (Old toy)

On ne reste pas insensible au charme de cet album qui révèle déjà un tout grand. Si les codes ne sont pas bouleversés, si le genre n’est pas bousculé, il nous permet à tout le moins de voir chez David Enhco une sorte de passion à vif qui s’exprime de manière presque romantique.

Le talent à l’état pur. Eclatant comme un joyau dans son écrin.

 

Jean-Marc Gelin 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 22:39

 

Such Prod 2013

Michel Perez (g), Diego Imbert (cb)

 diego-imbert.jpg

Il y a quelque chose de très Chet bakerien dans cette musique intime où l’on entendrait presque la voix du chanteur s’inscrire en filigrane sur des thèmes qui certes ne sont pas tirés du répertoire (puisqu’ils ont été composés par les deux hommes) mais s’en inspire largement.

 

C’est classe et élégant dans cette fabrication complice de la musique au coin du feu, à l’heure de pas d’heure, lorsque l’effervescence est retombée et que restent seuls deux amoureux de la musique qui, au lieu de se parler, jouent ensembles. On sait que Diego Imbert qui tint il n’y a pas si longtemps la contrebasse aux côtés de Bireli Lagrene est particulièrement à l’aise avec les guitaristes. Peut-être d’ailleurs est-ce là qu’il a attrapé le virus des mélodies que les cordes font chanter avec l’agilité féline des grands crooners. Alternant les rôles tour à tour, les deux hommes  échangent, conversent amicalement, se partagent l‘espace acoustique. Ils font sonner la musique au chaloupement délicat et à la bossa légère.  Michel Perez y cultive le sens de la phrase et du « mot » juste. Entendez de la note débarrassée de tout superflus pour que seule l’essentiel soit dit. Le guitariste qui a traversé l’histoire du jazz aux côtés de partenaires aussi prestigieux que Johny Griffin, Hank Mobley ou Kenny Clark a un sens du lyrisme jamais démonstratif qui me fait parfois penser à Tal Farlow. Irresistible.

Et c’est avec une vraie douceur que l’on traverse cet album de part en part ; embarqués dans une sorte de poésie tendre. La subtile harmonie de ceux qui s’entendent et partagent tout.

Jean-Marc Gelin

 

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 23:54

 

ECM 2012

Chris Potter (ts, ss , clb), Craig Taborn (p), David Virelles (prepared piano, celeste, harmonium), Larry Grenadier (cb), Eric Harland drums

 chris-potter-the-sirens.jpg

C’est  du  grand  Chris  Potter que l’on retrouve dans ce nouvel album paru chez ECM.

A  42 ans le gamin de Columbia s’impose aujourd’hui comme l’une des figures les  plus  impressionnantes  du  sax  ténor.  Celui  que  l’on  connaissait impétueux  et irrésistible sur des albums déjà mythiques comme le superbe « Follow  the red line », accède, en signant chez ECM à une sorte de maturité impressionnante.  Là  où l’on entendait un génie débouler à fond la caisse, on  entend  désormais  la vraie profondeur d’un discours. Qu’il s’agisse du

ténor  ou  de   la  clarinette  basse sur laquelle il prend de plus en plus

plaisir  à  jouer. On entend toujours chez lui  (écouter Wine dark Sea) les révérences  qu’il  voue  à  Michael  Brecker  dont  il  est l’un des grands suivistes  (  au  point  d’avoir  joué  longtemps  sur  un Selmer lui ayant appartenu).  Mais  il y a maintenant une autre dimension chez Chris Potter.

Comme  si, ayant définitivement dompté l’instrument ( i tant est que l’on y parvienne  jamais),  Chris  Potter  mettait son talent au service d’un vrai propos  musical qui se traduit tant par sa science de l’écriture que par la dynamique  d’un  groupe  qu’il  crée et dont se nourri en retour. Ainsi par exemple  sa  complicité avec un Craig Taborn qui est ici fondamental, comme si  Chris  Potter  avait  trouvé  dans  le  pianiste, son double parfait en complémentarité mais aussi en contraste. Craig Taborn en véritable magicien

sort   ainsi   très  vite  d’un  rôle  d’accompagnateur  classique  et  son

association  avec David Virelles fait merveille comme sur ce Wayfinder très surprenant  dans leur manière de façonner un son envoutant. Il est un peu à Chris Potter ce que Jason Moran est à Charles LLyod par exemple.

A  l’entame  de  l'album on est immédiatement saisi par le son de sax juste énorme  et  une  mécanique  rythmique  qui se met immédiatement en place et place  la barre très haute. Quelle puissance du discours ! Une stature à la dimension  des  très  grands. Chez Chris Potter il y a (et c’est parfois ce que  certains  lui  reprochent – voir dernière chronique dans Jazzmagazine) une  sorte de véritable leçon d’histoire du ténor. Entendez par là, non pas les  tenors  de  velours  mais les incisifs, les puissants, les tranchants, ceux  qui jouent la ligne droite à haute pression. Il lui arrive parfois de donner  dans  une inspiration très coltranienne comme sur The Sirens  où il ouvre  le  morceau  avec  un passage admirable à la clarinette basse (vieil instrument  des  années 20 sur lequel il joue depuis plusieurs années) dans un moment d’envoutement total, de suspension du temps avant de reprendre le ténor  dans  une  sorte  de  mystique  coltranienne  particulièrement.  Cet exercice  là  apparait  cependant  un  peu  convenu comme un exercice quasi obbligé  dans  la  maison  de  Manfreid  Eicher. Mais la référence de Chris Potter,  il  ne  fait pas l’oublier a longtemps été celle de Sonny Rollins.

Référence  dont  il  se détache aujourd’hui peu à peu mais à laquelle il ne peut  s’empêcher de rendre un hommage comme sur ce Kalypso (forcément !) où il reprend pour son compte les idiomes du maître.

S’appuyant  sur une rythmique exceptionnelle d’où émerge un très grand Eric Harland  et  un Larry Grenadier pas moins exceptionnel (il faut écouter son chorus fascinant à l’archet), Chris Potter au-delà du name dropping de ceux qui  fondent  son  identité  de  saxophoniste  et  par delà ce qui pourrait laisser  penser  à un exercice de style, signe au contraire un grand album.

Le  gamin  de  caroline  Du  Sud  ne prend pas de l’assurance puisque cette absolue  confiance en son jeu a toujours été sa marque de fabrique. Mais en revanche  avec  «  the Siren » le saxophoniste entre dans la quarantaine en

prenant   de   l’épaisseur,   de   la  profondeur  de  champ  et  s’isncrit

définitivement  dans la cour des très grands ténors, dans le panthéon d’une histoire toujours recommencée.

Jean-Marc Gelin

 

Wayfinder avec Joe Martin à la cb et David Virelles au piano.

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 22:20

 

 

Subatomic particle homesick blues

Ben Goldberg (clb), Joshua Redman (ts), Ron Miles (tp), Denin Hoff (cb), Chess Smith (dms), Scott Amendola (dm)

2008 Bag Production Records

 BenGoldberg1.jpg

Unfold Ordinary Mind

Nels Cline (g), Ellery Eskelin (ts), Rob Sudduth (ts), Ben Gildberg (clb, cl), Ches Smith (dms)

2012 BAG Production Records

 Unfold_Ordinary_Mind_-_new.jpg

 

Sortie simultanée dans les bacs de deux albums de Ben Goldberg enregistrés à 5 ans d’intervalle.

Belle occasion pour ceux qui ne connaissent pas encore le clarinettiste Ben Goldberg de découvrir sa musique et ses talents de compositeur. Ceux qui sont des habitués de la planète zornienne ont déjà eu l’occasion de l’entendre à ses côtés. Et avant même l’éclosion de Masada, Ben Goldberg s’inscrivait déjà dans cette tendance de la Radical Jewish Culture avec son New Klezmer Trio, il y a plus de 20 ans déjà.

Depuis, l’eau à coulé sous le pont de Brooklyn et Ben Goldberg poursuivant notamment son travail aux côtés de Myra Melford s’est détaché de cet aspect-là pour s’ouvrir à toutes les formes de jazz. Parfois même aux limites d’un rock un peu ésothérique.

Mais dans ces deux albums que nous présentons ici, ce que l’on découvre avant tout c’est sa manière de détourner sa passion pour la musique classique et pour les études de Bach et de venir ici s’appuyer sur un matériau focalisé sur le contrepoint.

Dans le premier album (« Subatomic particle homesick blues »), c’est au jazz straight façon Brass Band et New-Orleans qu’il applique ce modèle d’écriture en s’appuyant notamment sur le son superbe de Ron Miles ( Evolution, Possible). Mais comme Ben Goldberg est plutôt du genre à jouer le syncrétisme , ce jazz n’est pas si classique qu’il en a l’air et cette affaire-là tourne aussi à la musique plus funky comme Ethan Song dans laquelle Joshua Redman, abandonnant son staut de super star du jazz évolue, on le sait comme un poisson dans l’eau. Avec une pêche magnifique et une banane jusque-là Ben Goldberg propose, contrairement à ce que le titre de l’album pourrait faire croire, un album lumineux et parfaitement optimiste.

Certes avec ses couleurs matinées de rock plus lourd ou carrément de pop, sur « Unfold Ordinary Mind » la guitare de Nels Cline apporte dans ce second album sa part d’ombre et d’obscurité au paysage. Cline y prend alors le rôle de Ron Miles alors que la partie de sax occupée 5 ans auparavant par Joshua Redman est ici partagée par Ellery Eskellin et Rob Sudduth. Ben Goldberg y est un peu plus cantonné à un rôle de bassiste qu’il exerce à la clarinette basse essentiellement ( mais quel son , nom d’un petit bonhomme !). Plus éthéré sans être pour autant psychédélique, Ben Goldberg s’inscrit dans une mouvance alors plus moderne allant même parfois, avec un brin de second degré jusqu’au kitsch ( comme sur Xcpf) avant que le thème, à la base presque insipide n’évolue naturellement et ne se fonde dans des nappes plus électriques.

Dans les deux cas, soutenus admirablement par un Ches Smith transformé en caméléon, Ben Goldberg nous donne une leçon de musique et d’expression collective.

Dans son mouvement alerte et dans cette forme de langage interactif Ben Goldberg démontre de quoi le jazz d’aujourd’hui se nourrit.

Jean-marc Gelin

 

 

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 17:49

lesdoigtsdelhomme-copie-1.JPGMumbo Jumbo- Les Doigts De L’Homme ( Lamastrock-l’autre distribution)

 

Du cœur et de l’énergie, ils en témoignent en permanence les musiciens du groupe Les Doigts de l’homme, cinq comme les doigts de la main : Olivier Kikteff (guitare, oud, banjo), Yannick Alcocer (guitare), Benoit Convert (guitare),Tanguy Blum (contrebasse), Antoine Girard (accordéon).

Ils ont conquis leurs lettres de noblesse sur le terrain, la scène, avec plus de cinq cents dates à ce jour et déjà quatre albums depuis 2003. Leur dernier album, 1910, au titre évocateur de la date de naissance de Django Reinhardt, leur avait même permis d’obtenir une tournée aux Etats-Unis. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Nous n’avons pas affaire ici avec une de ces formations qui ont surfé sur la vague manouche.


Cette formation à base de cordes s’est bâtie sur des fondements divers donnant naissance à une mosaïque musicale aisément reconnaissable, signe d’une authentique personnalité. Le leader, Olivier Kitkeff, s’est nourri de la culture burkinabe, évoluant dans le groupe de Bilaka Kora, tout autant que de la musique celtique. Avec son comparse des premières heures, Tanguy Blum, ils se sont aussi aventurés sur les terres éloignées mais qui ne leur sont pas étrangères, les Balkans, le Brésil. Ces influences se retrouvent dans Mumbo Jumbo, voyage dépaysant où l’auditeur est traversé alternativement par la mélancolie, l’insouciance, la rêverie. Un véritable moment de bonheur, tout simplement.

Jean-Louis Lemarchand
  
 www.lesdoigtsdelhomme.com
En concert : Montgenèvre (05) le 6 février,

St-Etienne (42) le 21 février,

Clermont-Ferrand (63) le 22 février, 

Paris-New Morning le 26 février,

Festival de Samois sur Seine(77) le 30 juin

 Vienne (38) le 2 juillet.

 

Un extrait vidéo : "Blue Skies" de l'album 1910

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:45

 

Et voilà, comme le printemps qui revient tous les ans ou comme le Beaujolais nouveau ( mais en bien meilleur), la 7ème édition de "Jazz De France" concoctée et cuisinée aux petits oignons par Pascal Anquetil, auteur par ailleurs d'une très intéressante enquête sur le(s) public(s) de Jazz.

 

Ce petit livre rouge est un outil indispensable pour les amateurs et les professionnels du jazz qui y trouverons là 6000 fiches et plus de 20.000 contacts.

 

Le gratin du jazz, cuisiné de main de maître......

 

 

jazz de france

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 23:33

PUJ

 ParisJazzUnderground.jpg

 

On suit toujours avec plaisir aux DNJ le devenir des membres talentueux et fort sympathiques du collectif PJU (deux saxophonistes, deux guitaristes, un contrebassiste, un batteur).  Leur dernier opus, éponyme du nom du groupe, commence par un titre merveilleux, comme on les aime, ce « Moon Woman »  construit sur un crescendo vrillant à souhait, déstabilisant, composition du guitariste Romain Pilon qui met particulièrement en valeur les saxophones d’Olivier Zanot et David Prez, sur la batterie exacerbée de Karl Jannuska. Suivent deux compositions plus « calmes » de l’autre guitariste du groupe, Sandro Zerafa, qui prolongent cet effet d’ « inquiétante étrangeté » que l’on ressentait dès l’ouverture. La marque distinctive du PJU, ne réside-t-elle pas dans ce son toujours très pur, élégant, cette chaleur de son de timbres patinés, la complicité réelle qui s’entend du début à la fin de l’album ? Le tandem rythmiquede  Karl Jannuska et Yoni Zelnik, particulièrement créatif, propulse les souffleurs qui marient leurs impressions, belles effusions fécondantes, « drippings de son » sur un « Pollock » énergique (on n’en attendait pas moins pour un hommage au grand peintre de l’ « action painting » ). Un album qui sait être offensif dans ses contrastes dynamiques, ses foucades rythmiques comme dans ce « Stealth » enthousiasmant ; ou à l’envi, élégiaque, à moins que ce ne soit rêveur, dans l’entrelacs d’autres thèmes  comme « For F. Mompou », « PJU Blues », longuement fouillés, joués avec fluidité et délicatesse. Il y a du rêve, des couleurs souvent grisantes et aussi cette touche de mélancolie qui vous atteint très directement au coeur. Voilà pourquoi l’on aime ce collectif attachant aux voix aussi singulières qu’affirmées. Une certaine idée du jazz qui n’est pas pour nous déplaire… N’hésitez pas à  aller les écouter s’ils passent près de chez vous.

Sophie Chambon    

 

                                                   

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