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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 16:17
JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Les Sourdines à l'huile, presque au complet, donnent l'aubade au public avant le concert

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Célébration en fanfare de la trentième édition du festival bourguignon créé en 1987 dans cette commune du vignoble de la Côte chalonnaise qui, depuis peu, développe sa spécificité de bourgogne-côtes-du-couchois.

Ici jazz et vin sont liés de longtemps. Le vibraphoniste Franck Tortiller, et son regretté père, Maurice « Mimi » Tortiller, vigneron et figure musicale de cette région, ont donné âme à ce festival, entourés d'un inépuisable vivier de bénévoles de toutes les générations. Couches a son big band amateur (qui compte trois vignerons), amicalement encadré par les amis musiciens professionnels de Franck Tortiller, le trompettiste Jean Gobinet et le tromboniste Jean-Louis Pommier notamment. La veille de mon arrivée s'est tenue, sous le chapiteau, une battle de big bands où l'orchestre local affrontait le big band Chalon Bourgogne, plus professionnel. Les échos recueillis par votre serviteur attestaient d'une formidable soirée.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Le quintette "Daïda" de Vincent Tortiller

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Le 7 juillet, c'était la soirée américaine, avec James Carter, et en première partie le quintette « Daïda » du batteur Vincent Tortiller, fils de Franck et petit-fils de « Mimi » : le festival de Couches a donc encore un long avenir devant lui. Vincent a été formé dans les conservatoires du sud de Paris, et au CMDL. Il s'est entouré de musiciens de sa génération : un formidable trompettiste, déjà repéré dans le métier, Alexandre Herichon ; un pianiste qui sait prendre des risques, Joran Cariou ; Eddy Leclerc à la guitare et Richard Metairon à la contrebasse qui complètent l'équipe avec talent. Le répertoire, composé par le batteur, le trompettiste et le pianiste, est finement élaboré, vivant, punchy et nuancé. Et deux compositions de Christian Scott, que le groupe s'avoue comme influence, on conclu un set plus que convaincant.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Pendant la balance de James Carter, les éclairagistes grimpent à l'échelle

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Vient ensuite le même soir le saxophoniste James Carter et son Organ trio, qui l'associe à l'organiste Gerard Gibbs et au batteur Alex White. Grove assuré, très soul jazz, autour des thèmes de Django Reinhardt. Comme il le faisait voici 15 ans, le saxophoniste a repris des thèmes du Grand Manouche, mais cette fois dans une approche un peu différente. Sous le titre « Django Unchained »,Il donne des versions décoiffantes (remix dit-il) de Minor Swing, Anouman, Manoir de mes rêves.... en sollicitant ses saxophones (soprano, alto, ténor) jusque dans les registres les plus extrêmes, avec toujours un à propos et un sens musical confondants. C'est vivant, généreux, et très jouissif. Après une ovation verticale du public, une version pépère de Nuages, en rappel, sera le seul moment un peu tiède du concert ; mais le trio avait beaucoup donné.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Franck Tortiller et le "All Stars du 30ème"

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Le lendemain, pour célébrer dignement les 30 éditions du festival, Franck Tortiller avait concocté le « All Stars du 30ème », rassemblant des musiciens qui tous avaient une relation personnelle, et souvent de longue date, avec le festival : Claus Stötter, Jean-Louis Pommier, Éric Séva, François Corneloup, Éric Bijon, Louis Winsberg, Yves Rousseau, Yves Torchinsky et Patrice Héral. La plupart des musiciens avaient apporté des compositions originales, anciennes ou conçues pour la circonstance. Arnaud Merlin, ami de longue date de Franck Tortiller et du festival, et aussi, outre sa qualité de producteur à France Musique, président de l'Association « Jazz en Bourgogne-Franche-Comté », présentait la soirée, introduisant chaque morceau par une anecdote sur le festival soigneusement recueillie auprès de musiciens. Moment intense, avec de belle compositions (F. Corneloup, J.L. Pommier, Yves Rousseau, Franck Tortiller.... , plusieurs signées Louis Winsberg, et une formidable pièce à tiroirs avec étourdissantes interventions percussives et vocales de Patrice Héral. Grand moment de musique intense, festive ou recueillie, ouvert par un très bel arrangement d'Yves Torchinsky sur For Tomorrow de McCoy Tyner. Et en conclusion, à ce tentet, se sont joints des solistes de la région (notamment l'étincellant saxophoniste soprano Aymeric Descharrières), puis est arrivé en renfort le groupe de jazz traditionnel « Les Sourdines à l'huile » pour un Honeysuckle Rose qui restera dans la mémoire festivalière.

Après quoi, public, musiciens et autres chroniqueurs se sont rapprochés du stand des vins pour honorer Bacchus tout en écoutant « Le Peuple étincelle », rassemblé autour de François Corneloup, pour un concert dansant qui se tenait sous le mini-cirque près de la buvette : les danseurs s'en sont donné à cœur-joie, sur des danses traditionnelles ou modernes : ultime effusion festive de la soirée.

Xavier Prévost

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 12:25
MOUTIN FACTORY REUNION  : «  Deep »

MOUTIN FACTORY REUNION : « Deep »
Jazz Family 2016 - Socadisq

François Moutin (cb),Louis Moutin (dms), Christophe Monniot (sax), Jean-Michel Pilc (p), Manu Codjia (g)

Pour une fois « compter les Moutins » ne porte pas à l’endormissement. C’est mêmee l’effet contraire.
Les frères Moutin sont de retour ( cela faisait pas mal de temps qu’on les attendait) avec un nouvel album aux accents très Metheniens en grande partie dû aux compositions signées des deux frères, mais aussi aux volutes réverbérées de Manu Codjia à la guitare.
Alors que Jean-Michel Pilc est un habitué des frères Moutin avec qui il a souvent tourné dans la période New-Yorkaise du pianiste, la présence dans cet univers très électrique de Christophe Monniot aux saxs semblait un peu plus inattendue. La connexion Humair ( Daniel) peut être.

Quelques privilégiés ont eu la chance d’entendre cette formidable formation comme par exemple les spectateurs de Jazz à Vienne (où Thomas Enhco tenait le piano).

Et ce que l’on peut vous dire mes amis c’est que ce quintet ne joue pas petits bras, petits niveaux, ras du sol. Ah ça non !
Un quintet aux couleurs d’un jazz très américain avec 5 fortes personnalités, dominé bien sûr par les frères Moutin.
dans l’équipe, côté défense, la fratrie représente pour moi ce qu’il y a de mieux en matière de rythmique. Deux frères en osmose totale. Lorsque l’un expose l’autre explose et lorsque l’un donne le tempo l’autre l’ornemente. Les frères Moutin c'est l’énergie atomique, la générosité faite musique. On les savait fusionnels on ne les distingue plus tant l’un est l’autre ! Sur ce magnifique Meddley en hommage à Fats Waller, Louis et François s’offrent un duo des familles étourdissant.
Christophe Monniot, dont on le voyait un peu comme la pièce incongrue dans le paysage. Il y tutoie les sommets. C’est en quelque sorte notre Rudresh Mahanthappa à nous. Langue de feu et feu sacré pour Monniot, en position d’avant-centre. Numéro 9 de luxe.
Quand au milieu de terrain, qui oriente le jeu et lui donne la direction, il se joue à deux , avec Jean-Michel Pilc et Manu Codjia qui allient l’acoustique et l’électrique dans une veine que ne renierait pas Metheny lui-même. Codjia c’est bien simple, il sait à peu près tout faire avec un manche et six cordes. Il libère les espaces et donne le ton.
Alors voilà, je vous le dis, l’album sort le 26 août dans les bacs.
Les chanceux pourront les voir au Havre le 23 juillet et à Marciac le 31. Quand aux parisiens ils devront attendre du 12 au 15 octobre au Sunside pour 3 soirées qui nous réservent certainement quelques surprises.
Réservez y en aura pas pour tout le monde !
Jean-Marc Gelin

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 09:31
ET HOP ! UNE ESCALE VIENNOISE

Quatre juillet : ce n'est pas aujourd'hui pour moi l'anniversaire de l'indépendance américaine, mais plus prosaïquement le jour d'une petite virée sur les bords du Rhône. Un arrêt, au sortir du TGV à la Part-Dieu, dans un sympathique petit restaurant du 3ème arrondissement lyonnais, pour déjeuner avec une amie de très longue date, puis vingt minutes de TER pour gagner Vienne et son festival. A l'affiche de la soirée : Lisa Simone, puis Randy Weston et son « African Rhythms 5tet »

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Lisa Simone « My World »

Lisa Simone (voix), Hervé Samb (guitare), Reggie Washington (contrebasse & guitare basse), Sonny Troupé (batterie)

Festival « Jazz à Vienne », Théâtre antique, lundi 4 juillet, 20h30

Lisa Simone chante, pour l'essentiel, le répertoire de son récent CD « My World » (SoundSurveyor Music). L'ambiance est changeante : folky, soul, parfois carrément rock si l'on a oublié ce qu'est le rhythm'n'blues. Sa faculté d'entrer en relation avec le public est confondante, qu'elle parle brièvement de sa mère (pour un hommage en forme de reprise : Ain't Got No I got Life ) ou qu'elle évoque la France qui l'a adoptée, et où elle renaît, pour devenir totalement elle-même. C'est touchant, profond, et musicalement jouissif. Le groupe, avec lequel elle est en parfaite empathie, porte sa musique, et la fait étinceler dans des solos éblouissants (Hervé Samb, Sonny Troupé, Reggie Washington). C'est une fête, avec des instants précieux d'émoi et de recueillement. Le public ne s'y est pas trompé, qui lui a réservé un triomphe. Et un triomphe dans le Théâtre antique de Vienne, ça fait du bruit !

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Randy Weston African Rhythms 5tet

Randy Weston (piano), « TK Blue » Talib Kibwe (saxophone alto, flûte), Billy Harper (saxophone ténor), Alex Blake (contrebasse), Neil Clarke (percussions)

Invités :

Cheick Tidiane Seck (pianos électrique et numérique, orgue), Ablaye Cissoko (kora), Mohamed Abozekry (oud)

Festival « Jazz à Vienne », Théâtre antique, lundi 4 juillet, 22h

Randy Weston, 90 printemps en avril dernier, s'est fait rare ces dernières années . C'est donc a priori une joie de l'écouter. Et l'on n'est pas déçu ! Il a choisi, pour ce concert, d'explorer majoritairement le répertoire de son disque de 1991 «« The Spirit of Our Ancestors ». Billy Harper, Talib Kibwe et Alex Blake étaient alors déjà de la partie, aux côtés de Dizzy Gillespie, Pharoah Sanders et quelques autres. Le groupe jouera plusieurs suites : African Cookbook et African Sunrise, et aussi Blue Moses, inspiré par un chant des Gnaouas, un peupe musicien que le pianiste a longuement fréquenté au Maroc. En quintette les échanges sont d'une intensité constante, et la musique se déroule avec fluidité dans un jeu de vertige. Un blues nous fera osciller de l'Afrique à l'Amérique du Peuple noir, et l'on sentira sous les doigts du pianiste son admiration pour Thelonious Monk. Et l'indispensable High Fly, véritable standard du jazz (et de haut vol), viendra conclure la session en quintette. Quand surviennent les invités, avec leurs identités musicales du Mali, du Sénégal et d'Égypte, la cohésion se perd. On passe alors de la circulation fluide des énergies entre musiciens à une sorte de défilé de solos, comme le jazz en produit parfois un peu trop. C'est sensible sur une composition de Cheick Tidiane Fall comme sur Blue Moses. Comme les solistes sont survoltés, le public marche, mais l'amateur chenu, un brin nostalgique, préfère garder le souvenir du quintette ; d'ailleurs, en termes d'horloge, c'étaient les quatre cinquièmes du concert !

Xavier Prévost

Le festival Jazz à Vienne se poursuit jusqu'au 15 juillet

Détails sur www.jazzavienne.com

ET HOP ! UNE ESCALE VIENNOISE
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 15:28
TROIS ESCAPADES au PARIS JAZZ FESTIVAL

Nasheet Waits "Equality Quartet" sur la scène du Paris Jazz Festival, au Parc Floral

Parc Floral de Paris, Bois de Vincennes

Daniel Humair Quartet, 19 juin 2016

Nasheet Waits Quartet, 2 juillet 2016

Toni Green & Malted Milk, 3 juillet 2016

L'offre est pléthorique en Ile-de France au début de l'été : festivals ou programmations spéciales dans les clubs (qui profitent du passage des tournées estivales et américaines....), festival Django Reinhardt.... et Paris Jazz Festival au Parc Floral de Paris. Le festival du Bois de Vincennes se tient chaque week-end jusqu'à la fin de juillet. Fidèle à sa réputation d'éclectisme et de diversité, il sait toujours offrir, à côté des indispensables événements « grand public » (ce que justifie la nature du lieu, à la jauge extensible par beau temps -lequel fit hélas, cette année, un peu défaut), des programmes plus pointus. Les programmations sont thématisées chaque week-end, et alternent souvent concerts « sur l'eau » (avec une barge posée sur un bassin) et prestations abritées sur la grande scène de l'Espace Delta. C'est dans ce lieu protégé des intempéries que se déroulaient les concerts ici évoqués.

Daniel Humair d'abord, au sein d'un week-end helvétique, et entouré de la jeune garde du jazz hexagonal. Ce groupe récent (une dizaine de concerts jusqu'alors), rassemble Vincent Lê Quang, Fabrice Matinez et Stéphane Kerecki. L'ambiance est sereine et le batteur, manifestement heureux d'être là, présente ses partenaires avec un chaleureux humour. Les thèmes sont issus des différentes périodes de la carrière du leader (avec une indispensable composition de François Jeanneau), le musique est vive, tendue, et chacun s'y jette avec audace, à mesure de ses talents, lesquels sont pour chacun d'eux considérables. Bref c'est une fête pour la musique, deux jours avant les festivités officielles du 21 juin !

Vient ensuite le week-end états-unien, avec le samedi une perle rare : le quartette "Equality" du batteur Nasheet Waits. Il était venu l'an dernier en sideman dans le groupe du trompettiste Avishai Cohen, ce qui a donné l'envie à Pierrette Devineau, directrice du festival, de l'inviter cette année avec son propre groupe. Le répertoire est signé par chacun des membres : le batteur bien sûr, mais aussi le contrebassiste Mark Helias (magnifique composition !), le saxophoniste alto Darius Jones (un blues torride et dévoyé, avec intro free en solo), et le jeune pianiste cubain Abel Marcel, entendu notamment au côté de David Murray. Il y eut aussi une très belle composition d'Andrew Hill, hommage suscité par l'anniversaire du pianiste-compositeur deux jours plus tôt. Le batteur, très présent par un drumming intense et subtil, joue cependant très collectif. Les solistes sont impressionnants, même si mes oreilles, comme celles de quelques amis présents, étaient irritées par la propension obstinée du saxophoniste à jouer en dessous du diapason dès que l'on allait vers le médium et le bas-médium.... Mark Helias est toujours d'une absolue pertinence, et le pianiste éblouit par la puissance de son jeu, lequel réserve aussi des espaces très nuancés. Bref, et malgré les offenses du saxophoniste au diapason, ce fut un beau moment de musique.

Le lendemain la scène de l'Espace Delta était investie par la chanteuse Toni Green, vocaliste de Memphis qui se produit régulièrement avec un très bon groupe de soul-funk nantais, Malted Milk. Ils s'étaient déjà produits voici deux ans sur cette scène pour les Victoires du jazz. Sebastian Danchin, directeur artistique du festival et spécialiste justement renommé de la musique populaire afro-américaine, est à l'origine de cette programmation. Qu'il en soit remercié ! La chanteuse «fait le show», dans la grande tradition, mais le respect de l'idiome est là, profondément ancré . Soul et funk laisseront aussi place à un blues torride, émaillé de chorus instrumentaux de la plus belle eau. Malgré le crachin obstiné qui pourrait gâcher la fête pour ceux qui n'ont pas trouvé abri sous le très grand velum, la chanteuse « met le feu » et l'incendie des âmes (le propre de la soul music?) n'est pas prêt de s'éteindre dans le cœur des spectateurs.

Xavier Prévost

Prochains week-ends thématiques au Paris Jazz Festival : Espagne le 9 juillet, Arménie le 16, musique afro-cubaine le 23, et rencontres classique & jazz le 30. Détails sur le site www.parisjazzfestival.fr

Toni Green sur la scène du Paris Jazz Festival au Parc Floral

Toni Green sur la scène du Paris Jazz Festival au Parc Floral

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 19:28
SYLVIE COURVOISIER / MARK FELDMAN / IKUE MORI / EVAN PARKER « Miller's Tale »

SYLVIE COURVOISIER/MARK FELDMAN/IKUE MORI/EVAN PARKER « Miller's Tale »

Sylvie Courvoisier (piano), Mark Feldman (violon), Evan Parker (saxophones ténor & soprano), Ikue Mori (électronique)

Yonkers, New York, 21 septembre 2015

Intakt CD 270 / Orkhêstra

En 2014, ces musiciens s'étaient rencontrés pour une résidence au Stone de New York en une série de duos, et un set en quartette. Un an plus tard, la veille d'un concert au Roulette de Brooklyn, les voici en studio à Yonkers, en quartette, et aussi pour une série de duos. Comme c'est dans cette ville que le personnage principal de Mort d'un commis voyageur , la pièce d'Arthur Miller, provoque volontairement l'accident qui lui sera fatal, les musiciens ont divisé leurs improvisations en autant de séquences dont les titres renvoient à cette pièce. Et le titre de l'album évoque ce « Conte de Miller ». Quatre plages en quartette précèdent sur le CD cinq duos. Les instruments entrent en scène les uns après les autres, dans la vigueur de l'échange, et la liberté de l'improvisation. L'attention mutuelle est palpable, l'engagement collectif total, et l'on se laisse porter de bout en bout par ce jeu parfois dangereux, toujours empathique (mais pas emphatique!). Dans les improvisations en quartette comme dans les duos la forme s'élabore, comme par magie, et l'on se prend en fin de plage à la percevoir par rétrospection, comme si tout cela s'était composé par un dessein collectif. Pour avoir beaucoup écouté, et depuis des lustres, de la musique (totalement) improvisée, idiomatique ou non, je me suis souvent fait la réflexion suivante : certaines de ces improvisations sont plus lisibles, plus accessibles, quand on les goûte au concert (ou en captation vidéo, quoique je ne sois pas friand des vidéos musicales). Mais ici on est dans l'un de ces cas, somme toute assez rares, où l'évidence musicale est telle qu'elle s'impose par la seule médiation de l'enregistrement sonore. Et je dois dire qu'avec ce disque, j'ai été embarqué dès l'abord, et transporté jusqu'à la fin de la plage conclusive. Je ne vois rien d'autre à dire que vous suggérer, vous aussi, de faire ce voyage, qui vaut vraiment d'être entrepris.

Xavier Prévost

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:52
@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Festival International de Jazz à Montreal ( 4/4)


Hier, dernière soirée à Montreal pour un programme light alors que le festival s’apprête le lendemain à recevoir un gigantesque concert en plein air de Jamie Cullum pour ce qui s’annonce être d’avance l’un des futur moment fort de cette 37ème édition.

Pour l’heure c’est dans le petit club de l’Astral que j’ai démarré la soirée avec la chanteuse de Sammois , Cyrille Aimé que j’avais eu le plaisir d’interviewer dans ces colonnes à l’occasion de la sortie de son album « Let’s get lost ». (http://www.lesdnj.com/2016/03/cyrille-aimee-let-s-get-lost.html)

@Jean-Marc Gelin
@Jean-Marc Gelin

Cyrille Aimée : un petit oiseau sur sa branche
( L’Astral - 305 rue Ste Catherine Ouest)

La chanteuse tel un petit chaperon arrive sur scène toute de rouge vêtue et met en deux tempi trois mouvements le public dans sa poche en démarrant un scat d’enfer sur Live alone and like it. Il faut dire que la chanteuse de Sammois, pays de Django a trouvé la recette de charme pour conquérir le public de ce côté-ci de l’Atlantique portée par une voix impeccable et une formation composée de formidables musicien venus tout droit du jazz manouche. Des arrangements efficaces, des chansons simples, un sens du swing et un Adrien Moignard qui à la guitare acoustique joue terrible, emballe la salle avec ses impros et trouve avec Michael Valeanu l’autre guitariste, une excellente contrepartie. La chanteuse égrène son dernier album avec cette belle chanson d’Edith Piaf (T’es beau), une belle chanson hispanisante ( sa maman est de la république dominicaine), Estrellas y duendes, puis continue avec un arrangement intéressant de Well you need’nt.
Tel un oiseau sur sa branche, Cyrille Aimée vit une vie de chanteuse libre, avec une vraie personnalité musicale. Ce petit quelque chose qui tient de l’envol du rouge gorge ou de la fauvette. Cette apparente simplicité qui n’appartient qu’à elle et qui la fait s’envoler si gracieusement

Je sort de là bien sûr, ravi et enchanté de ce moment délicieux qui, l’espace de quelques concerts nous fait oublier les tristes nouvelles venues de France. Et je poursuis sur la trace d’un saxophoniste de légende.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

James Carter déchaîné !
(Gesùs 1200 rue de Bleury)

C’est un James Carter dans une forme éblouissante qui arrive sur la scène du Gésus avec sa formation ( Morgan trio) et ses deux acolytes , l’organiste Gérard Gibbs et Alex White à la batterie. L’ombre de Django plane sur cette soirée puisque le thème du programme du saxophoniste est « Django unchained », non pas en référence au film de Tarentino mais bien en hommage au guitariste de Sammois avec un revisitation du repertoire de Django qui démarre par un étonnant "Manoir de mes rêves" totalement transfiguré.

Le multi-saxophoniste de Detroit est visiblement heureux être là et pour l’heure s’il y a bien quelqu’un qui est déchainé c’est Carter, totalement hilare sur scène, jouant avec la puissance qu’on lui connaît, dansant sur les chorus de Gibbs, riant à gorge déployée bref faisant le show !

captation youtube d'un autre concert, mais qui donne bien le ton de la soirée

Les morceaux eux, en revanche s’enchaînent avec force explosion de sax et force est de reconnaître que le son de James Carter est ébouriffant. Dans la lignée des grands ténors américains. Dans celle des David Murray, Davis S. Ware ou Maceo Parker. De cette lignée au son rauque et ultra puissant qui me fait un peu penser à Earl Bostic, ce saxophoniste au son déchiré.
Spectaculaire mais un poil ( mais alors un bon gros poil) démonstratif.
On retient quand même la formidable énergie et la bonne humeur communicative de ce concert. Un Gérard Gibbs qui prend des airs de Jimmy Smith et un Alex White surevolté.
C’est sûr ce trio envoie du lourd !


Voilà, festival terminé pour moi.

Quand je regarde ce qui attend les heureux festivaliers qui restent encore toute la semaine et cette affiche incroyable qui fait de Montreal et de son festival, la vraie capitale mondiale du jazz, je me décide d’y prendre racine tous les ans.
Parce que franchement moi j' vous l’dis : on aurait tort de se priver…..

Des becs à vous tous,
et à bientôt pour de nouvelles aventures en jazz !

Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 17:03

Hier , jour férié à Montreal et de tout le Canada d’ailleurs. Fête nationale. Mais les frenchies bossent et j’ai donc accompagné mon ami, Alex Dutilh, producteur sur France Musique de l’émission Open Jazz dans les studios de Radio Canada où il recevait le directeur artistique du festival, André Menard. L’occasion si vous réécoutez l’émission d’entendre des extraits des concerts dont je vous parlais hier et notamment cette magnifique ouverture de celui de Chris Potter qui me laisse encore chancelant d’émotion.

L’émission est à réécouter ici…..

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Petite pause déjeuner au Bouillon Blik, restaurant que je vous recommande au passage chaleureusement, au 1595 Boulevard St Laurent. Si je vous parlais du poulet de cornouailles, polenta, crevettes nordiques, bisque, poireau, champignons , asperges, pêche, romesco, amandes ce serait comme prendre un chorus sur My Favorite things !
Une tuerie !

Festival International de Jazz à Montréal ( 3/4)

Place au jazz avec mes billets en poche

Festival International de Jazz à Montréal ( 3/4)

Quand Susie Rie…..
J’ai commencé par un concert de la chanteuse Susie Arioli au Club Soda (1225 Bd Saint Laurent).
L’endroit est charmant. Entre Club de jazz et théâtre. Chaleureux. Un écrin pour la chanteuse qui se sentait visiblement comme à la maison, hyper relax et décontractée, plaisantant avec le public avec lequel elle a l’air de se sentir, comme en famille.
Une section rythmique ( p, cb, dm, g) + trois soufflants ( ts, tp, as) pour un concert de standards de jazz avec une orchestration très West Coast. On se croirait à San Francisco à un concert d’Anita O’ Day dans les années 50 avec un trompettiste à la Jack Sheldon.
Susie Arioli chante sans façons sans chichis mais avec une redoutable efficacité ( Mean to me, After you’e gone, Je bois (de Boris Vian), Lover boy etc…). Susie est une vraie show woman et
ça le fait carrément et je sors de là avec une pêche d’enfer pour aller retrouver le concert de Chick Corea.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Chick forever….
Du Club Soda à la Maison Symphonique il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement et entre les gouttes (de pluie).
Salle évidemment comble.
Chick Corea arrive sur scène accompagné de ses deux acolytes le colossal Christian Mc Bride avec sa contrebasse et le si raffiné Brian Blade avec ses cymbales.
Corea visiblement content d’être là sort de sa poche son smartphone et prend quelques photos de nous, le public. Attends Chick, si tu veux je viens te la dédicacer !
Et puis, pour s’accorder, il entreprend de faire chanter le public. Et là le premier chorus de Mc Bride est juste énorme. Et durant tout le concert, le contrebassiste va atteindre des sommets. C’est vrai que le pianiste s’accompagne souvent de contrebassistes très présent ( Avisai Cohen p.ex) et hier soir Mc bride prenait des airs et des sons de Mingus multipliant les chorus de très haute volée. Chick Corea est totalement libéré et aérien. Un morceau dédié à Miles et dont les harmonies reprennent celles de Someday My Prince will come suivi d’un Sophisticated Lady où c’est presque Corea et Blade qui se transforment en accompagnateur de Mc Bride. Pour conclure, Chick Corea nous offre un thème de Bud Powell qu’il avoue avoir écouté à l’âge de 5 ans, se désespérant alors de ne jamais pouvoir arriver à jouer aussi vite que lui.

Festival International de Jazz à Montréal ( 3/4)
Festival International de Jazz à Montréal ( 3/4)

Et puisque l’on parle de génie en herbe, j’en profite pour filer au concert du nouveau prodige du jazz venu tout droit d’Indonésie, le (très) jeune pianiste Joey Alexander.

Joey Alexander, ou le prodige incarné

J’étais en effet assez curieux de découvrir pour la première fois ce tout jeune pianiste de 13 ans dont je vous avais parlé dans ces colonnes (http://www.lesdnj.com/2015/05/joey-alexander-my-favourite-things.html). C’est assez drôle de penser que Joe Alexander, lorsqu’il n’est pas un pur génie du piano va, comme tous les enfants de son âge… l’école . Et il faut le savoir qu’il ne peut venir jouer que durant les vacances scolaires ( !!). Ma première émotion de la soirée fut donc de découvrir sa maman venue s’asseoir juste à côté de moi. La voir ainsi, s’installer dans le public avec une délicate discrétion pour se transformer ensuite en fan absolue de son génie de fiston, enregistrant tous ses morceaux avec soin, se levant presque à chaque chorus, s’émerveillant lorsque Joe s’adresse au public avec des mots choisis, bref cachant avec tact une immense fierté m’a franchement touché. Au deuxième morceau elle se tourne vers moi et me dis avec enthousiasme, là où on pourrait la croire blasée : « c’est My blues, un morceau que Joe a composé lui-même ».
Pour le reste c’était bien sur un concert hallucinant : Résolution ou Giant steps de Coltrane, Summertime, It might be Spring etc…..
Joe Alexander fait montre ( déjà !) de beaucoup de métier.
Sa science de l’improvisation se passe de mots. Elle s’accompagne d’une immense créativité dans chacun de ses chorus où il déploie une énergie décoiffante. Alors qu’au début du concert ( certainement le trac) il semblait attaquer doucement le clavier, la suite devint assez échevelée martelant ainsi le piano d’un jeu en blocks chords et mettant le feu dans le public. Pour ma part si je suis totalement bluffé par la très grande maturité de son jeu et de toutes les intentions qu’il met dans ses interventions, par son lyrisme autant que par les reliefs qu’il met dans son jeu j’ai été un peu frustré de ne pas l’entendre jouer de ballades. Du coup cela était un poil démonstratif (mais heureusement il ne s’Hiromise pas) tout en restant dans une intelligence du jeu exceptionnelle.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Finalement il commence à se faire tard.

Je rentre à mon hôtel tout en prenant le temps d'absorber toutes les musiques qui me viennent des scènes de la rue.

Le coeur de Montreal bat et vibre.

Moi aussi

@Jean-marc Gelin

@Jean-marc Gelin

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 17:11

Polyfree. La Jazzosphère et ailleurs. (1970-2015)

Sous la direction de Philippe Carles et Alexandre Pierrepont

Collection Contrepoints

Editions Outre mesure

352 pages, 25 euros.

www.outremesure.lfi.fr

Il est enfin arrivé, l’ouvrage polyphonique sur la libre jazzosphère de ces dernières décennies. Voici le collectif de 29 auteurs dont les textes ont été réunis par deux spécialistes des musiques affines, Philippe Carles et Alexandre Pierrepont. Le premier s'est illustré avec Jean Louis Comolli qui signe d’ailleurs une postface définitive, en écrivant le fameux Free Jazz, Black Power (1971). Le second, inventeur de la formule Le champ jazzistique, dans le livre du même nom (2002) aux éditions Parenthèses est un actif « propagandiste» de cette musique, n’hésitant pas à lancer une passerelle, voire un pont par-dessus l’Atlantique avec les tournées du Bridge en particulier).

La quatrième de couverture exprime l’urgence de ces mouvements libertaires dont nous pouvons encore saisir aujourd’hui la « mémoire d’attaque », pour promouvoir un jazz, «objet de désir et mode de penser ».La seule maison d’édition sérieuse, capable de s’atteler à des sujets aussi pointus et de livrer un ouvrage de qualité, qui fera date, est évidemment OUTRE MESURE, dirigée par Claude Fabre.

Une préface qui déjà indique « le sens » à suivre : « Continuités, déplacements, brisures », une chronologie formidable, qui donne tout son relief à cette musique, en fait ressortir le « vif », quatre parties qui structurent tout en déconstruisant. Sans oublier comme toujours, un index précis, des biographies et discographies soignées. Un éclairage sans ambiguïté sur cette traversée du jazz, une chronique des principaux événements liés à son expression, à sa géographie des anciens et nouveaux territoires, une étude sociologique, économique... sans omettre d'emprunter les chemins de traverse. Cette « utopie de combinaisons exogènes » observe l'éclatement des musiques traditionnelles aux musiques électroniques, les confluences avec le rock...

Le lecteur se plaira à suivre ces pistes, comme dans un jardin aux sentiers qui bifurquent, à se pencher plus sérieusement sur les principaux représentants, les figures majeures, des voix prophétiques de l’AACM à Anthony Braxton, de Julius Hemphill à Steve Coleman, William Parker et John Zorn. On ne pourra rester indifférent aux chères Tendances hexagonales décrites subtilement avec l’expérience de Xavier Prévost qui oeuvra inlassablement sur France Musique à en découvrir les nouveaux écarts. La pertinence et la fermeté des analyses de spécialistes ( philosophes, musicologues, journalistes, programmateurs, psychanalystes...) offrent des ngles d’approche d’une diversité réjouissante (de la place des femmes dans le jazz, soit la longue marche, contribution attendue de JP Ricard au titre magnifique, à la thématique féconde de l’improvisation, sans négliger le silence à l’œuvre ou la batterie à toute épreuve).

On comprend vite que le jazz est moins un genre musical qu’un univers de référence qui a embrasé l’Europe des années soixante-dix, conquis le Japon sans oublier l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Ainsi, les différentes contributions soulignent les transformations, l’aspect protéiforme du jazz, ce formidable lanceur d’alerte, refusant d’en figer les traits dans un portrait définitif. On prendra plaisir à lire cet ouvrage de qualité, en l’attaquant par le petit bout de la lorgnette, selon son seul désir, ou à le consulter comme un ouvrage déterminant, un « must » détaillé et précis, qui laisse ouverts les champs d’exploration d’une musique qui n’en finit pas d’être à côté, dans la déchirure du temps.

Sophie Chambon

 Ma Playlist (suite)
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 16:47
Ma Playlist de l'été (II) : Polyfree. La jazzosphere et ailleurs...

Pour accompagner des vacances bien méritées, deux conseils de lecture

GARRISON FEWELL

De l’esprit dans la musique créative (Outside Music, Inside Voices)

Traduction de Magali Nguyen The

Edition Lenka Lente

Voilà un bouquin absolument étonnant de par la thématique choisie : aborder la pratique de l’improvisation et le quotidien de musiciens singuliers, ignorés du commun des mortels qui ne s’intéressent pas à la jazzosphère, par le filtre assurément opaque de la spiritualité ! Un sujet brûlant dans cette époque troublée, confuse, qui développe un chaos « fin de civilisation » plutôt qu’une émergence de nouveaux concepts.

Ce qui est particulièrement émouvant, c’est que l’auteur de ce livre, Garrison Fewell, compositeur et guitariste professionnel ( qui a joué notamment avec John Tchicai, Roy Campbell, Steve Swell, Cecil Mcbee ) a réuni patiemment les témoignages de musiciens américains pour la plupart, figures emblématiques du free jazz et de l’improvisation libre, en leur posant cette question : Comment les valeurs spirituelles guident-elles les musiciens improvisateurs dans leur art aussi bien que dans la vie ? Sujet qui le hantait d’autant plus que la maladie l’avait frappé, qu’il croyait en cette affirmation d’ Albert Ayler « Music is the healing force of the universe » et qu’il est mort depuis la parution de l’ouvrage.

Selon un dispositif précis, il interroge 25 musiciens de jazz sur leur pratique et rencontre avec la spiritualité. Sur la page de gauche, une photo pleine page de Luciano Rossetti qui ouvre sur l’entretien, qui porte toujours un titre éclairant.

Hormis les deux Européens (ce n’est peut être pas anodin), le batteur néerlandais Hans Bennink et la pianiste suisse Irène Schweitzer qui ne se reconnaissent pas dans une démarche empreinte de forte spiritualité, la plupart se tournent vers un ailleurs œcuménique, au-delà des religions traditionnelles, comprenant la pratique de l’improvisation dans un mouvement plus large qui oriente leur vie (« S'abandonner à cette force génératrice » pour Mathew Shipp, « être ouvert à l’imprévu »pour Myra Melford, savoir que le blues est à l’origine de tout (Oliver Lake), trouver une sortie (Henri Threadgill), atteindre l’infini par cette force mystérieuse et universelle ( Joe McPhee), "Improviser c’est composer" pour Joelle Léandre ) . Comme le souligne justement Ed Hazell dans la préface, le véritable esprit de la musique ne résiderait--il pas dans ce besoin vital de se connecter ?

On relèvera dans cette série d’entretiens que l’on peut lire à son gré, selon l’humeur et la prédilection envers certains musiciens, un florilège savoureux qui donne envie de rentrer dans le vif du sujet.

Ce livre s’adresse à tous les amateurs (convaincus) de jazz libre et aux néophytes tout simplement intéressés par l’influence du spirituel dans l’art...

Sophie Chambon

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 14:47
@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin


Décidément pendant le festival, cette ville s’est installée dans le jazz. C'est bien simple, il y en a partout autour de vous. Et pour tout le monde.

Pérégrinations du matin.

Au détour d'une déambulation qui m'amène à entrer dans un centre commercial, ce sont les enfants qui sont conviés à la fête pour une Petite Ecole du Jazz bien réjouissante.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Un peu plus loin ce sont des fanfares ou des orchestres de rue qui prennent place dans le quartier, entre deux concerts et lui donne presque des airs de Nouvelle-Orléans.
De la musique non-stop....

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Conférence de presse à la Maison du festival où André Menard, le directeur du festival récompense du prix Bruce Lundvall le travail du producteur JIM WEST, fondateur du label canadien Just in Time ( Kenny Wheeler, Oliver Jones, Myriam Alter, Cecil Mc Lorin etc….). Petite séance sympa en toute intimité. Où André Menard se souvient de l'époque où Diana Krall franchissait pour la première fois les portes de ce festival, morte de trouille et d'une timidité confondante.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Puis les choses se mirent à démarrer avec un premier concert en plein air d'un jeune trompettiste anglais que je ne connaissais pas, Matthew HALSALL. Approche très coltranienne ( jusqu'à intégrer une harpiste dans sa formation) pour une musique modale qui révèle ce jeune talent de la scène britannique. Ca ne décolle pas vraiment mais peu importe , il y a du monde et je surprend le jeune trompettiste certainement impressionné de se retrouver là, sortir son smartphone pour prendre une photo du public.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Pas trop le temps de lésiner car je dois vite filer à la Maison Symphonique pour retrouver le célèbre Jazz at The Lincoln Center Orchestra dirigé par Wynton Marsalis. Le soyeux de cet orchestre, l'intelligence de la direction du trompettiste, la beauté des arrangements et l'excellence des solistes en font ( évidemment pourrait t-on dire...) l'un des plus beaux big band dans la plus tradition.

Le répértoire y est très Ellingtonien ( ça tombe bien il paraît qu'il y a des gens de la famille du Duke dans la salle). De quoi se lécher les babines avec un Braggin in Brass ( 1938) ou encore une belle compo de Strayhorn, Isfahan ( 1967) sur laquelle l'altiste, la montagne Sherman Irby se transforme en monument de pure tendresse et de douceur incarnée.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Festival International de jazz à Montreal ( 2/4)

Je file ensuite pour ce qui va être pour moi le premier choc de ce festival, le concert énorme de CHRIS POTTER !!!

Avec Joe Martin à la contrebasse et Marcus Gillmore à la batterie, le saxophoniste de Chicago donna hier soir un concert à sa dimension : immense !

Si Chris Potter affirmait durant ce concert avoir été très largement influencé par Johny Hodges, c'est surtout et évidemment à Sonny Rollins que l'on pense en l'entendant.

Le continuateur du maître. Le fils prodige.

Un son gravé dans le roc, projeté avec une puissance et une énergie hallucinantes, un placement rythmique hors du commun. Avec Potter c'est 1000 variations en une seule phrase, passant du staccato au légato et du forte au piano dans un seul et même geste.

Et tout y passe. Un superbe thème de Police, un blues ultra rollinsien, un thème de Hodges

et au final une conclusion échevelé sur Ask me Now ( Thelonious Monk) que Potter avait entendu Joe Henderson jouer plusieurs fois. A coup sûr l'élève était là, sur le point de dépasser le maître.

Et s'il est des "saxophone colossus" , assurément la claque que nous a mis Chris Potter hier soir, montre qu'il fait partie de la clique des très très grands.

Festival International de jazz à Montreal ( 2/4)

Finalement pour me remettre de mes émotions je termine la soirée Place Heineken où tous les soirs après minuit la légende du folk song québecois, le guitariste Jordan Officer ( vous vous souvenez le disque avec Susie Arioli http://www.lesdnj.com/article-2126454.html ) donne à l'endroit des airs de bar country où les cow-boys viennent boire de la bière et jouer des coudes.

Totalement décalé dans le contexte mais tellement bon !

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

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