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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 17:13

Irène Schweizer (piano), Hamid Drake (batterie)

Nickelsdorf (Autriche), 26 juillet 2019

Intakt CD 363 /Orkhêstra

 

Un disque pour célébrer les 80 ans (c'est bientôt) de la pianiste, et un dixième volet de ses rencontres en duo avec des batteurs pour le label Intakt : Pierre Favre (3 CD), Louis Moholo, Günter Sommer, Andrew Cyrille, Han Bennink (2 CD), Joe Baron, et cette fois Hamid Drake (avec qui elle avait déjà enregistré en trio). Ce fut d'abord un concert au festival Konfrontationen de la Jazzgalerie de Nickesldorf, haut-lieu de l'improvisation. Les amateurs de free jazz peuvent l'avoir oublié, ou simplement l'ignorer, mais Irène Schweizer a commencé vers la fin des années 50 par le Boogie et le Dixieland. Et cela ressurgit, avec les libertés qui s'imposent, par exemple dans la plage 3,The Good Life, et trois titres plus loin avec une sorte de blues-balançoire un peu à la manière de All Blues. Mais l'essentiel est ailleurs : dans la folle énergie, dans le côté aventureux, dans le dialogue permanent avec Hamid Drake. Parfois on entend que Monk lui revient en mémoire, avec son cortège de dissonances et de brisures rythmiques. Et la mélancolie se glisse aussi, stimulée par le doux fracas du batteur, lequel dans une autre plage va prendre l'initiative et entraîner la pianiste sur d'autres chemins, pas moins aventureux. On sent qu'ils jouent et qu'ils jubilent, et le disque se termine par un hommage à Johnny Dyani, dans l'esprit des tourneries obsessionnelles que goûtait fort le contrebassiste-pianiste. Un concert qui défile comme un rêve : un beau moment de complicité partagée.

Xavier Prévost

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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 16:55
Le Mans, 2003.

J’ai rencontré Horace pour la première fois à la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence pour les concerts d’Albert Ayler et de Sun Ra en 1970. J’étais tout jeune photographe (accrédité par Nord Matin) et c’est lui qui est venu me parler, nous avons sympathisé immédiatement. Il était un peu plus âgé que moi, de la génération de photographes comme son copain Philippe Gras, Jacques Bisceglia, Thierry Trombert, Guy Le Querrec… Puis je l’ai revu l’année suivante au Festival international de jazz d’avant-garde au Château des comtes de Gand où il était venu avec Philippe Carles, le jeune nouveau rédacteur en chef de Jazz Magazine. Moi, j’avais une accréditation de Jazz Hot mais, là-bas, j’ai fait une interview de Han Bennink (ma première interview) et je l’ai tout naturellement proposée à Philippe Carles qui, évidemment, était très intéressé. C’est comme ça que je suis devenu collaborateur de Jazz Magazine pendant une quarantaine d’années. J’ai fréquenté de plus en plus de festivals en tant que photographe et rédacteur, où Horace était présent, des années 70 aux années 2000.

 

Nancy 1972. Nos premières virées aux NJP.

 

Nous sommes devenus de bons camarades, tous deux amateurs de bonne chère. Je me souviens de lui aux premières éditions des Nancy Jazz Pulsations (souvenance émue d’une dégustation de « bourru » de champagne dans une brasserie de Nancy, je buvais assez peu et ce délicieux breuvage se sirotait comme du jus de fruit. Grosse migraine pour moi le lendemain !). À la Fondation Maeght, j’avais alors un appareil photo Porst (?) que m’avait offert mon père et j’étais fasciné par le Pentax Spotmatic à vis d’Horace, depuis j’ai toujours acheté des Pentax à vis, d’occasion dans des magasins, et même à Jean-Jacques Pussiau qui vendait le sien, pendant ma période de photographe « argentique ». Par la suite, nous nous sommes souvent croisés aux festivals d’Antibes, d’Angoulême, de Mulhouse…

 

Quelque part entre Antibes et Paris, à la campagne chez des amis à lui, 1975.
Mulhouse 2004. Une de ses photographies avait été choisie pour l'affiche du festival.

Horace était un râleur, un gueulard, il gueulait contre la société et le gouvernement (comme moi, il était très à gauche), contre les piges de Jazz Magazine qui n’étaient pas assez élevées, c’est lui qui a réussi à persuader Frank Ténot d’augmenter les piges photos, un peu plus tard je suis allé voir Ténot pour lui demander d’augmenter les piges écrites. Horace était très intransigeant sur le plan des droits d’auteur, à une époque où il convenait d’être plus « arrangeant »… Je savais qu’il  avait « couvert » Mai 68 à Paris et qu’il avait fondé un collectif de photographes, Boojum Consort, formé de sympathisants d’extrême-gauche.

 

Le Mans, 2003.
Mulhouse, 2001.

Mais Horace était un faux dur, je m’en suis rendu compte quand je lui ai demandé un jour, à propos d’une de ses photos de John Coltrane où le micro est juste devant le saxophoniste, pourquoi il ne s’était pas déplacé pour éviter le micro, il m’a simplement avoué qu’il n’avait pas osé. C’était un grand fumeur de Gitanes et il ne crachait pas sur la bouteille.

 

Mulhouse, 2002.
Mulhouse, 2007.

Sur le tard, venu s’installer de Paris dans un bourg dans le Morvan (il était voisin de Daunik Lazro) où il s’était construit un site internet un peu « vieux style », il était fauché et était devenu plus taciturne, semblant avoir perdu confiance en lui sur le plan de sa photographie, d’autant plus qu’il était atteint d’un double glaucome…

 

Mulhouse, 2001.
Mulhouse, 2008.

 

Trop isolé dans le Morvan, épaulé par son amie Manon il émigra à Decazeville dans l’Aveyron il y a trois ou quatre ans. Je ne l’ai plus jamais revu, il m’a appelé un jour au téléphone à ma grande surprise, agréable conversation de septuagénaires… Le 16 avril, dans une salle d’attente de l’hôpital de Montauban, il a fait une chute et heurté le chambranle d’une porte, provoquant un traumatisme crânien au niveau de la tempe et un coma sans issue. La perte d’un vieux camarade est toujours source d’une grande tristesse. Chienne de vie.

 

Gérard Rouy (Texte et photos)

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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 09:18
SLEEPER TRAIN   CHESNEL/CHIFFOLEAU/LOUSTALOT/PASQUA

SLEEPER TRAIN

François CHESNEL (p)/ Frédéric CHIFFOLEAU(cb)/ Yoann Loustalot (tp, bugle)/Fred PASQUA(dms)

BRUIT CHIC 2020 /Inouïe

www.sleepertrain.fr


L’argument de cet album Sleeper train est séduisant : qui a passé du temps, voire beaucoup de temps en train, imagine aisément les heures d’attente, souvent interminables pour parcourir ces trajets de plusieurs centaines de kilomètres d’une étape à l’autre. Sleeper train est une réflexion sur le temps « élastique », déclenchée par un avion manqué lors d’une tournée du groupe en Russie, et d’un voyage en train couchette de seize heures pour se rendre au concert suivant . D’où une certaine empathie avec les musiciens en regardant la photographie de couverture. « Le temps est élastique. Avec un peu d’adresse on peut avoir l’air d’être dans un endroit et être toujours dans un autre. » Merveilleux Jean Cocteau qui a toujours le bon mot.

Sur le site du groupe, un quartet né en 2018 avec un premier album Old and New Songs, on peut se faire une idée des concerts de cette tournée à Nijni Novgorod, Kazan, Samara. Des noms qui font rêver, qui débutent le parcours du Transibérien entre Moscou et Pékin. D’où un traditionnel mongol "Ekh ornii magtaal" car on comprend que s’égrène ainsi un parcours musical qui s’ajuste à toute une géographie des transports, pas vraiment amoureux, plutôt affective, qui va de la Russie au Japon, saute d’un continent à l’autre jusqu’en Amérique, Nord et Sud, via La Réunion avec l’hypnotique “Mangé pour le coeur”.La vieille Europe n’est pas oubliée,“Tam Lin” n’est pas oriental, c’est  le titre du guitariste anglais d’Ozma, Tam de Villiers, “Child 39” qui nous emmène aux confins de l’Angleterre sur les Scottish borders.

Cet album constituerait une bande son parfaitement adaptée à un trip dans la Russie profonde, désespérément vaste. Ou n’importe où : c’est la musique d’un film rêvé que le groupe parvient à réaliser. Tous les thèmes (aucune composition du groupe) sont arrangés, revus, si ce n’est corrigés par la pâte spécifique de cette formation sensible, qui recrée une musique qui n’appartient qu’à eux. Le quartet arrive à recréer les images de ce “rail movie”, ou plutôt les contournent tout en restant dans la même perspective horizontale. Que trouve-t-on dans leur Sleeper Train ? 9 titres qui s’étirent sur un peu moins d’une heure, installant un climat crépusculaire, une musique de la prairie, ou de la steppe. Au fil des étapes, le voyage acquiert de la consistance : la trompette et le bugle de Yoann Loustalot savent à merveille envelopper de brume la force du souvenir. Comme dans le deuxième titre, la composition la plus longue étirée, aux accents davisiens “le chemin vers Izumo”. Curieuse composition par ailleurs aux nombreuses ruptures de rythme qui, dans un couchant crépusculaire évoque ensuite davantage un western, concédons Les sept samouraïs plus que les Sept mercenaires. Mais on se sent davantage au pays du Soleil levant avec l’avant-dernier titre “Koruda bushi”, une splendide ukiyo. On est désorienté, perdu et pourtant  protégé dans un temps floconneux et une cartographie floue de destinations qui se substituent les unes aux autres. Ainsi, la ballade "Sanza triste" du Camerounais Francis Bebey renvoie-t-elle à la "Samba triste" du guitariste brésilien Baden Powell? Ou à la saudade avec la clôture de l’album, la chanson “Gente Umilde” de Vinicius de Moraes et Chico Buarque. 

Le piano de François Chesnel, découvert il y a longtemps avec le normand Petit label, à la couverture cartonnée et à la ligne graphique spécifiques, est le partenaire idéal, lyrique sans trop d’effusion, contrepoint à la tristesse du soufflant. Le drive de Fred Pasqua est soutenu, énergique, jamais spectaculaire mais tellement efficace et porteur; la contrebasse de Frédéric Chiffoleau, est active en sous main assise à l’envol du soufflant reconnaissable dans cette tonalité jamais éclatante comme d’autres trompettistes qui se poussent vers le ciel, entretenant des volutes parfois compliquées, interminables. Alors que Yoann Loustalot joue avec le silence qu’il maîtrise, maniant suspension et retrait, chuchotement, effacement harmonisant ses propres déséquilibres à la recherche d’élans lumineux et d’horizons éclatés.

Un album que l’on aime car il nous fait voyager dans l’imaginaire du groupe, et il n’est plus tellement question de tourisme. Rien ne ressemble vraiment à l’idée musicale que l’on se fait des airs de folklore et traditionnels tant ils sont plongés ici dans une lumière noire, riche en nuances….

Sophie Chambon

 


 


 

 


 


 


 

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 10:30

Vijay Iyer (piano), Linda May Han Oh (contrebasse), Tyshawn Sorey (batterie)

Mount Vernon (New York) décembre 2019

ECM 2692 / Universal

 

Un nouveau trio du pianiste, et un disque surprenant : presque classique, entendez le classicisme du trio de jazz moderne (équilatéral, interactif, fondé sur l'écoute mutuelle), et pourtant pétri des libertés musicales qui ont accompagné le parcours de Vijay Iyer depuis ses débuts phonographiques au côté de Steve Coleman, voici plus de 25 ans. Le disque est porté, tout à la fois, par une grande ambition esthétique et par un désir de rester en phase avec le monde tel qu'il est, en l'occurrence la dure réalité états-unienne, avec ses démons immémoriaux qui briment les minorités. La première plage, Children of Flint, est à cet égard, très révélatrice : le pianiste évoque les enfants de cette ville, non loin de Detroit, où les problèmes sanitaires et sociaux mettent à mal la jeunesse afro-américaine, son intégrité et son avenir. Rien qu'une évocation, mélange de mélancolie et d'énergie. Pas un manifeste, juste une création musicale mue par le sens, un sens qu'elle n'expose pas, mais dont elle suggère la teneur, entre tensions et mouvement. Le thème suivant, Combat Breathing, avait été composé pour accompagner une intervention au moment de la première vague du mouvement Black Lives Matter, en 2014. Les thèmes du pianiste sont le fruit de vingt années de composition, ici rassemblés en une œuvre originale qui accueille aussi une version hardie et très renouvelée de Night and Day de Cole Porter, et Drummer's Song, un thème de Geri Allen qui fut pour Vijay Iyer tout à la fois un mentor et une collègue bienveillante. Toutes les compositions mettent en jeu l'énergie, et la recherche d'une densité rythmique qui porte et emporte les lignes mélodiques comme les choix harmoniques. Ce trio est d'un vigueur et d'une pertinence musicales impressionnantes. Augury, plage méditative en solo qui sollicite toutes les ressources de l'instrument, complète ce formidable ensemble.

Xavier Prévost

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 18:27

Yaniv Taubenhouse (piano), Rick Rosato (contrebasse), Jerad Lippi (batterie).

Sear Sound Studios, New-York. 14 janvier 2020. Fresh Sound.

Jeune talent promu par le label Fresh Sound depuis 2014 ('Here from There'), le pianiste Yaniv Taubenhouse nous propose le troisième volet d’une série baptisée Moments in trio. Dans ce format des plus classiques, le groupe constitué avec Rick Rosato (contrebasse) et Jerad Lippi (batterie) déploie une aisance séduisante et swingante  qui n’interdit pas, loin de là, une expression poétique.

Le trio nous emmène sur des chemins (pour reprendre le titre de l’album) propices à la flânerie et à la rêverie. Le leader évoque dans ses compositions (7 sur les 10 titres présentés) des moments particuliers de la vie (les bouchons de la circulation, la prière, la forêt…). Sa reprise de standards tels que ‘You’d Be So Nice To Come Home To’ (Cole Porter) et ‘Boo Boo’s Birthday’ (Thelonious Monk) permettra aux spécialistes de jauger (et juger) ce pianiste israélien diplômé à Tel Aviv et installé depuis une décennie aux Etats-Unis.

 

Un album à déguster.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

©photo Dan Balilty.

 

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21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 14:18

Wes Montgomery (guitare), Hans Koller (saxophone alto), Johnny Griffin & Ronnie Scott (saxophones ténors), Ronnie Ross (saxophone baryton), Martial Solal (piano), Michel Gaudry (contrebasse), Ronnie Stephenson (batterie)

Jazzline Classics D 77078 / Socadisc  (CD + DVD Blu-Ray)

Hambourg, NDR

studio 12, 28 avril 1965 (répétition, DVD Blu-Ray 5 titres)

studio 10, 30 avril 1965 (concert, CD)

 

Pas vraiment inédit si l'on considère que 8 des 10 titres du CD avaient déjà été publiés en CD voici un peu moins de 30 ans sous les labels Philology et Musica Jazz. Mais d'une part cette édition, officielle, est techniquement plus soignée, et d'autre part on y trouve une composition très brillante de Martial Solal, Opening, et en dernière plage une reprise en rappel du concert de West Coast Blues , thème qui se trouve aussi au début du CD. En outre le DVD de la répétition, deux jours plus tôt, est bien inédit, sauf peut-être le dernier titre, apparemment déjà publié en vidéo (Green Line VID Jazz 39), mais je n'ai pas eu l'occasion de le vérifier.... Et il semblerait (si j'en crois le site de Noal Cohen), qu'il subsiste encore du concert huit titres inédits, dont On Green Dolphin Street (thème fétiche de Solal), dont il y a une époustouflante version, également en trio, dans le DVD de répétition.

La répétition comme le concert sont à géométrie variable, du trio à l'octet. Fin mars 1965 Wes Montgomery était à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, en quartette avec une autre rythmique, plus Griffin en invité sur quatre titres. Il existe une trace de ce concert en plusieurs éditions. La répétition filmée le 28 avril de la même année est donc le tour de chauffe du nouveau groupe. Wes Montgomery a fait une série de concerts au Ronnie Scott's à Londres courant avril, dont il existe des traces phonograhiques en quartette, et le batteur de ces enregistrements, Ronnie Stephenson, est le seul à figurer au rendez-vous de Hambourg. La répétition, filmée pour la série 'Jazz-Workshop' de la Norddeutscher Rundfunk, fait entendre un groupe déjà en pleine osmose. Et le concert, sur le CD, a le bon goût de ne pas nous resservir les mêmes improvisations. Bref c'est du très bon jazz, vivant et collectif. La qualité de l'édition et le niveau de la musique rendent ce CD-DVD plus que précieux.

Xavier Prévost

 

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21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 13:34
 MY CAT IS AN ALIEN/ PHILIPPE ROBERT     FREE JAZZ MANIFESTO

 

 

MY CAT IS AN ALIEN/ PHILIPPE ROBERT

FREE JAZZ MANIFESTO

 

Editions Lenka Lente Home / Editions Lenka lente

 

Free Jazz Manifesto de My Cat Is An Alien & Philippe Robert / Editions Lenka lente

 

En couverture de ce tout petit livre qui se glissera partout, SUN RA est une figure idéale pour évoquer une liste de 169 disques de free jazz, établie à trois voix, en anglais et français, par des connaisseurs de ces musiques libres, engagées, expérimentales. Le Français Philippe Robert (Agitation frites chez Lenka lente), animateur entre autre du blog Merzbo-Derek, a déjà publié des anthologies essentielles sur la Great Black Music. Derrière le mystérieux My Cat Is An Alien, se cache un tandem italien, Maurizio et Roberto Opalo, deux frères musiciens, artistes visuels et expérimentateurs de “Spiritual Noise” Même si nos trois complices font reposer leur choix, forcément subjectifs, sur la sensibilité, leur expertise n’est pas à mettre en doute.

Sélectionner autant de titres était une mission acceptée, tout à fait possible pour nos auteurs, dont l’angle d’attaque dresse une fresque originale en empruntant des chemins de traverse, des voies plus marginales, plus “underground”. Une autre histoire, moins glorieuse et surtout moins récupérée par le business des labels.

L’intérêt de cette liste alphabétique et non chronologique est de définir en quelques phrases l’essence de la musique du groupe choisi. Exercice périlleux mais impeccablement réalisé, le texte en français étant complété par la version anglaise!

C’est que les “grands” disques ont souvent une histoire, quand la musique était au centre d’une aventure intense, souvent personnelle et surtout rebelle. Certaines décennies comptent plus que d’autres : sur les cent soixante neuf références, les années soixante et soixante-dix surtout sont prédominantes, «parenthèse enchantée» sur le plan artistique, époque brûlante, très dure socialement et politiquement. L’un des plaisirs de ce livre est donc de réveiller une nostalgie latente. La réalité et les préoccupations de l’époque envahissent le décor : lutte pour les droits civiques, sexe, drogues mais par dessus tout, créativité intense.

Les auteurs replacent les pièces souvent manquantes, voire oubliées, explorant le spectre de la musique Free. Un parcours atypique pour une musique qui ne l’est pas moins. Une fois ce postulat de départ admis, on se laisse conduire, même si on est loin de connaître tous les musiciens cités. Se détachent des "bizarres" qui firent  parler d’eux depuis les lisières où ils s’étaient réfugiés. Des pistes nouvelles sont ainsi ouvertes à notre curiosité : Hartmut Geerken Amanita,  William Hooker Sextet, Stephen Horenstein, Griot Galaxy, G.L. Unit du free jazz suédois, Orangutang, Kaoru Abe Trio.

Il n’y a tout de même pas que des inconnus, puisque l'on retrouve  l'Art Ensemble, Albert Ayler (Holy Ghost ), Amiri Baraka, Gato Barbieri/Dollar Brand, Anthony Braxton,, Willem Breuker, Han Bennink, Marion Brown, Dave Burrell…Il y a même des évidences comme Carla Bley/Paul Haines ( le pharaonique Escalator over the Hill, évidemment, 1971) et des attendus, mais pas forcément avec le disque le plus connu : Coltrane figure avec Interstellar Space, ABC Impulse, enregistré cinq mois avant sa mort en 1967. Pour Sonny Rollins, c’est le Complete live at the Village Gate, de 1962, réédité en 2015, essentiel pour marquer la naissance du free jazz. Un jeune Joe Mc Phee autoproduit Trinity en 1972, alors qu’un autre de ses disques a été refusé par Blue Note! D’Ornette Coleman, nos amis retiennent Body Meta, en 1978, invention du free funk. Pour Archie Shepp/Philly Jo Jones, ils choisissent America, 1970, avec ce commentaire très juste “Aussi free soit-il, Archie Shepp n’oublie jamais blues et spiritual, seule manière d’honorer, entier, le chant originel afro-américain”. Michel Portal n’est pas oublié, pas pour le Châteauvallon 1972,  mais pour Our Meanings and Our Feelings, Pathé, 1969.

Quelques femmes tout de même sont dans la liste : Annette Peacock, Linda Sharrock (avec son mari!), Alice Coltrane with strings et la seule Française, Colette Magny (Répression au Chant du Monde, 1972) . Deux curiosités, les disques de François Tusques Alors Nosferatu combina un plan ingénieux et Occupé de Michel Potage, enregistrés respectivement en 1969 et en 1977, referont surface (tout arrive) en 2019 et 2011!

Ce petit guide éclaire ainsi assez précisément l’un des formidables mouvements musicaux du XXème siècle. Et les marges finissent par rejoindre leur centre, puisque dans cette musique free, on finira par relier  paritairement les électrons libres aux groupes plus connus qui ont marqué l’histoire de cette musique.

 

Sophie Chambon

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 11:24

Un concert à huis clos au Studio de l'Ermitage pour l'émission 'Jazz Club' de France Musique, et pour présenter un nouveau répertoire, intitulé 'Après Z', et que l'on espère entendre en public (si la pandémie fait relâche....) fin mai dans la Nord, fin juin en Vendée et fin juillet dans la Nièvre

http://www.surnaturalorchestra.com/-Apres-Z-

SURNATURAL ORCHESTRA

Léa Ciechelski (flûte, voix), Clea Torales (flûte, saxophone alto, voix), Basile Naudet (saxophone alto), Morgane Carnet (saxophone alto), Camille Sechepper (saxophone alto, clarinette), Jeannot Salvatori (saxophone alto, cavaquinho, voix), Guillaume Christophel (saxophone ténor, clarinette), Nicolas Stephan (saxophone ténor, voix), Morgane Carnet (saxophone baryton, effets), Pierre Millet (trompette, bugle), Julien Rousseau (trompette, mellophone, euphonium), Antoine Berjeaut (trompette, bugle), François Roche-Juarez & Hanno Baumfelder (trombones), Judith Wekstein (trombone basse), Boris Boublil (claviers, guitare), Fabien Debellefontaine (sousaphone), Ianik Tallet (batterie), Sven Clerx (percussions)

Paris, Studio de l'Ermitage, 17 avril 2021, en direct du France Musique

L'après-midi commence par une répétition, avant de faire la balance du son pour la sonorisation du plateau et la diffusion radio : c'est un nouveau programme, et de surcroît les concerts de ces derniers mois ont connu bien des annulations de crise sanitaire. Toutes et tous sont à 100% dans l'urgence de l'instant. On répète des compositions assez différentes, signées par les membres de l'orchestre (c'est un VRAI collectif). Les harmonies sont tendues, et la voix doit se poser sur des sections dont un membre, parfois, à oublié le diapason, et la référence du synthé est impitoyable. On sort l'accordeur électronique, on se recale, et c'est reparti. La balance se superpose à la répétition : on s'arrête pour peaufiner le son d'un instrument ou d'une section. Et puis il y a débat sur les détails : le consensus règne dans cette musique dont Max Roach disait, paraît-il, qu'elle était «la seule démocratie réalisée».

Il y a des changements de place et de micro selon les titres, et pour répéter la composition qui terminera le concert (la seule issue du répertoire précédent, le disque «Tall Man Was Here», paru voici quelques mois) il faut regrouper autour d'un micro stéréo sept instrumentistes devenus choristes. Tout est prêt pour le concert.

Yvan Amar, qui va présenter dans quelques minutes le direct sur l'antenne de France Musique, précise à l'auditoire forcément peu nombreux (les équipes du son, du lieu, et quelques 'professionnel(le)s de la profession' qui sont aussi souvent des amis) que nous sommes autorisés à applaudir. Nous ne nous priverons pas de ce privilège, et manifesteront notre enthousiasme (il sera bien réel !). Yvan Amar 'prend l'antenne' (selon l'expression consacrée). Il est au bord du plateau. Les musiciens sont répartis, en cercle, là où habituellement se trouve le public de l'Ermitage. Pendant qu'il parle les musiciens rient, font entendre un brouhaha concerté. Puis Camille Sechepper parle, dit un texte au nom de l'orchestre. «On est bien à la radio....». Il parle du plaisir à s'adresser à un public par la voie des ondes. Du refus de la vidéo, qui est en train de devenir le medium dominant de la musique, faute de concerts.... Progressivement la parole se fond dans la musique, qui va prendre le pas jusqu'à une entrée fracassante du tutti, engagé dans une marche d'une énergie farouche. Solo de ténor de Nicolas Stephan, puis le sax alto de la compositrice de cette pièce, Clea Torales, va déchirer l'espace dans les lointains, avant l'entrée en scène de la flûte de Léa Ciechelski, et du cavaquinho (petite guitare portugaise à 4 cordes) de Jeannot Salvatori. Puis des synthés surgit le thème suivant (La couronne tombe, de Camille Sechepper), avec assaut par vagues des autres instruments, ensuite par pupitres, dans un ensemble concertant, dirigé façon sound painting, et mis en espace de manière onirique par le percussionniste. C'est harmoniquement tendu, dense et riche, un peu comme Wagner (en moins pompier peut-être : je sens que je vais encore me faire des amis....) au pays de Centipede (mais eux ils étaient 50, le Surnatural affiche 18 instrumentistes). Puis brusquement on bascule, biguine ou calypso, avec appels de trombone et nouvelle effervescence, pour atterrir dans les rythmes et les accords du Sacre de Stravinski (interprétation très personnelle du chroniqueur, dictée à la fois par ses obsessions et par la pauvreté de ses références dans la musique savante....). Le thème suivant est une chanson mélancolique, Pop Oslo, musique de Pierre Millet sur un texte de Betty Jardin, dans la voix de Jeannot Salvatori. Par son lancinement la chanson progresse vers une beauté presque sépulcrale qui me rappelle l'album «A Genuine Tong Funeral» composé par Carla Bley pour Gary Burton à la fin des années 60. Ce ne sera pas la dernière fois au cours de ce concert que je penserai à cette fameuse compositrice.... Maintenant c'est Après Z, composé par Nicolas Stephan. Le titre est l'emblème choisi par l'orchestre pour désigner un nouveau programme, et c'est l'intitulé global de la série inaugurée par ce concert à huis clos radiodiffusé. On entre par un solo déchiré d'alto par Basile Naudet, soutenu par la section de sax puis par un tutti qui avance inexorablement, porté par une section rythmique (sousaphone, guitare, percussions et batterie) d'une fermeté non dépourvue de souplesse.

Les notes en boucle se dissolvent en autant de fragments quand revient la ligne des cuivres, qui me donne cette sorte de vertige que provoque chez moi le premier mouvement de la Musique pour cordes, percussion et célesta de Bartók (encore une de mes obsessions....), et la tromboniste basse, qui s'est déplacée au cœur de la section de sax, nous conduit vers un retour conclusif du sax alto. Un départ en binaire très appuyé écourte la désannonce (comme on dit à la radio) d'Yvan Amar. C'est Whistling Kid, composition de Boris Boublil, effet bulldozer, mais paré de subtils détails, solos très engagés d'Antoine Bergeault puis de Cléa Torales. Ça roule, comme une obsession pesante à marche forcée, que va suspendre une fin abrupte et libératrice. La composition suivante est du trompettiste que l'on vient d'écouter en soliste : Funny Kids , avec rythmes changeants et solo par la flûte virevoltante de Léa Ciechelski. La musique et son caractère collectif ravivent dans ma mémoire le souvenir de 'Centipede', l'orchestre de 50 musiciens rassemblé en 1970 par le pianiste britannique Keith Tippett : liberté festoyante et audace. C'est tissé d'éclats et d'éclairs de divers instruments, et une fin abrupte nous conduit directement à l'ultime moment du concert : Tall Man Is Dead, fragment du concert-spectacle opératique Tall Man Was Here, œuvre collective créée en 2018, enregistrée et publiée en 2020. Cette séquence est signée par Nicolas Stephan et Clea Torales. Le saxophoniste en sera le récitant et le chanteur. Les cuivres sur un mode choral sont rejoints par le saxophone alto, puis surgit le chœur. Le chant est hyper expressif. L'énergie va croissant. Ma mémoire convoque les sensations éprouvées à l'écoute, sur disque dans les années 70, et beaucoup plus tard sur scène, d'Escalator Over The Hill de Carla Bley et Paul Haines. Decrescendo vers une sorte de chant d'espoir, Yvan Amar 'rend' l'antenne qu'il avait 'prise' une heure plus tôt. Et le concert se termine quelques instants plus tard. Applaudissements chaleureux des présents, émus par l'intensité musicale de ce moment. Quel plaisir que d'assister à l'émergence sur scène de ce nouveau programme : un rodage qui est déjà une vraie réussite. Vive la création collective, et longue vie au Surnatural Orchestra, qui depuis 20 ans nous étonne et nous emballe !

Xavier Prévost

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Le lien de réécoute sur France Musique 

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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 13:14

Clovis Nicolas, Français basé à New York depuis plus de 15 ans, et Michael Formanek, Californien du New Jersey qui enseignait à Baltimore dans le Maryland, ont en commun de publier ces temps-ci un solo de contrebasse. Pour Michael Formanek, ce n'est pas une première : il avait tenté l'exercice en 1998 avec «Am I Bothering You ?» sous étiquette Screwgun Records, le label de Tim Berne. L'Américain va bientôt avoir 63 ans, le Français affichait tout récemment 42 printemps, et s'ils côtoient des familles esthétiques différentes, leurs disques ont en commun, entre d'autres critères, le goût de l'immersion dans l'instrument et ses multiples langages.

CLOVIS NICOLAS «Autoportrait (solo)»

Clovis Nicolas (contrebasse)

New York, septembre 2020

Sunnyside SSC-4117 / Socadisc

 

Clovis Nicolas a commencé à travailler sur ce projet de solo en septembre 2019, avant la pandémie du Coronavirus 19 donc, mais il lui a fallu attendre un an pour le concrétiser. Maturation pendant une période compliquée, mais finalement éclosion d'un objet rêvé depuis que Clovis Nicolas avait assisté, à Marseille, à un solo de Dave Holland. Après une première esquisse, c'est lors d'une rencontre avec le contrebassiste et producteur Daniel Yvinec que le projet a pris forme, jusqu'à sa réalisation. Le disque commence par une sorte de partita , intitulée After Bach pour bien signifier la référence : un univers où la musique et l'instrument sont indissolubles. Au fil des plages Hot House de Tadd Dameron, immortalisé par Gillespie et Parker, et donné ici dans le dépouillement essentiel d'un univers où la ligne mélodique et les accents ne font qu'un ; et aussi Line Up de Lennie Tristano, autre paradis de l'accentuation et de la syncope, sans oublier Lady Bass, course folle du bassiste qui est sa propre section rythmique. Et puis une version très inspirée, et très libre, du célèbre Body and Soul, emporté très loin de ses bases comme le fit naguère Coleman Hawkins. À quoi s'ajoutent des compositions personnelles qui toutes creusent le sillon de la singularité de cette aventure en solo. Plus loin Solitude d'Ellington, comme un chant de mélancolie profonde, puis un hommage de Clovis Nicolas à sa mère qui l'encouragea à poursuivre sur la voie de la musique. Belle surprise aussi que Jubilate Deo, où le solo de contrebasse précède, comme en miroir, la version pianistique de Kendall Durelle Briggs qui fut pour le bassiste un professeur d'harmonie à la Juilliard School. Pièce maîtresse de l'ensemble : Four Steps, premier thème élaboré à la naissance du projet et bel hommage à Dave Holland qui l'inspira. Et pour conclure retour au standard avec Everything Happens To Me, traité avec une sinuosité amoureuse. Très bel autoportrait que cette déambulation dans les multiples facettes de la contrebasse, du jazz.... et de la musique, tout simplement.

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=d-q1-P573uI

MICHAEL FORMANEK «Imperfect Measures»

Michael Formanek (contrebasse)

Baltimore, 10 septembre 2017

Intakt CD 359 / Orkhêstra

 

Pour Michael Formanek, le projet a été conçu, et enregistré avant la pandémie. Le déclencheur fut le moment où le contrebassiste mettait fin, courant 2017 et après de nombreuses années, à son activité d'enseignant à temps plein au conservatoire de Baltimore. Comme il l'explique dans le très éclairant livret du CD, la plupart des pièces sont improvisées, certaines totalement, d'autres conçues à partir d'une esquisse, mais sans partition. De longues improvisations, d'environ une vingtaine de minutes, élaguées et montées pour réaliser le disque. Et tandis que le contrebassiste jouait, son ami le peintre et illustrateur Warren Linn dessinait ; ses esquisses retravaillées donnèrent ensuite des œuvres graphiques qui illustrent la jaquette du CD et son livret. Démarche singulière donc, qui combine le surgissement de l'instant et l'élaboration a posteriori. Le disque commence par Quickdraw, qui peut s'entendre à la fois comme faire un croquis rapide ou dégainer prestement. Bref on est dans le vif du sujet : l'improvisation croquée par le peintre-dessinateur. Après cet incipit très vif, une mélodie lente et profonde, On The Skin, à fleur de peau, s'aventure aussi dans des méandres musicaux qui déjà nous entraînent loin de nos repères. Puis c'est un voyage aventureux dans des modes de jeu, à l'archet ou en pizzicato, qui font parler l'instrument sur le terrain de l'expressivité autant que de la densité musicale. Torrent rythmique ou mélancolie chantante, toutes les facettes de l'instrument, et de la musique, sont dévoilées, avec l'ardeur d'un artiste pour qui la maîtrise instrumentale n'est qu'un moyen de tutoyer les sommets. Et pour conclure The Stand, qui nous ramène aux fondamentaux de l'instrument dans le jazz : belle escapade solitaire dans les immenses possibilités de la contrebasse. Et belle réussite !

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Bandcamp

https://michaelformanekintakt.bandcamp.com/album/imperfect-measures-2

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15 avril 2021 4 15 /04 /avril /2021 17:33

Joseph Bijon (guitares), Benoît Keller (contrebasse), Clément Drigon (batterie)

Chalon-sur-Saône, août 2020

Ark MO 117406 / Inouïe Distribution

 

Plaisir de retrouver ce trio, entendu au festival 'Jazz à Couches' en 2019. Et plaisir toujours d'écouter les deux jeunes musiciens (le guitariste et la batteur) épaulés par un bassiste qui a une vingtaine d'années de plus qu'eux, et participe pleinement à leur enthousiasme créatif. Il ne signe qu'une composition quand ses partenaires s'octroient le reste (à l'exception du sublime Falling Grace de Steve Swallow). Mais sa présence est forte dans cette entreprise musicale résolument collective. On entre dans le disque par une plongée folky dans ce qui pourrait être l'Ouest états-unien tel qu'une vision fantasmatique et culturelle nous le donne à rêver. On ne peut s'empêcher de penser à Bill Frisell, et aussi à certains groupes scandinaves qui cultivent cette liberté de faire chanter une sorte de mélancolie qui chatoie dans les lignes des guitares et dans le jeu subtil du tandem basse-batterie. Et bien avant de découvrir la reprise de Steve Swallow (l'avant-dernière plage) on sent vibrer cet esprit qui conjugue lignes mélodiques et chemin harmonique dans le scintillement d'une sonorité douce et d'une basse chantante. Puis sur sa composition Benoït Keller nous gratifie d'une très belle intro bluesy, et c'est l'esprit du blues qui flotte ensuite sur le trio. La guitare chante, rit et pleure d'un même geste musical, tandis que la batterie donne une sorte de lancinement retenu : magnifique d'intensité expressive ! Tout le disque est à l'aune de ces contrastes, parfois très vifs, mais toujours négociés avec une grande délicatesse. Beau disque, lyrique et subtil. Quand il se termine, on jurerait que la guitare rêve de musique écossaise, en une sorte de procession flamboyante. Et juste avant, Falling Grace nous a délivré la quintessence du message : la musique est un don d'une divinité qui ne serait, peut-être, que la beauté.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube 

Plus de détails sur https://arktrio.fr/

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