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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:53

JJJJ STEPHAN OLIVA: “ Miroirs”

Minium 2006

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:52

JJJ NICO MORELLI: “ Un [folk] atable”

Cristal 2006

C’est un album étrange et pour le moins surprenant que livre ici Nico Morelli. Originaire des Pouilles, cette région d’Italie aux traditions rurales très fortes, il s’est inspiré de la Pizzica , danse ancestrale qui a donné naissance à la Tarentelle.  Cette danse fondatrice d’une identité culturelle était conçue comme une véritable thérapie censée guérir les personnes atteintes de graves troubles psychiques et qui, selon la croyance populaire pensaient avoir été mordues par la Tarentule (d’où son nom). Danse effrénée, frénétique issue des rites animistes et des cérémonies païennes, cette danse s’apparentait plutôt à d’autres cultes de possession, sorte d’exorcisme, danse à finalité thérapeutiques qui comportait une dimension de « transe » chez ceux qui, considérés comme « Tarentulés » devaient danser des heures durant au rythme de la pizzica.

Choc des cultures ou continuité ? Parce qu’il est aussi pianiste de jazz et que cette danse traditionnelle fait partie de son patrimoine culturel, Nico Morelli entreprend ici de faire le lien entre ces deux musiques dans un album dont la première des qualités est l’originalité et l’audace du projet. Mais ce n’est pas la seule. Parce qu’il s’agit d’une musique effrénée et incontrôlable Morelli nous donne à entendre une musique d’une énergie incandescente dans laquelle, avec ses immenses  qualités d’improvisateur il parvient à y insérer le jazz à merveille. Et il faut avoir cette musique ancrée dans ses propres gênes pour s’y glisser aussi naturellement. Car les hommes chantent des phrases incantatoires, dont la force et la violence nous plongent dans une esthétique inconnue. Ce qui donne prétexte à Nico Morelli comme dans ce Contropizzica à se livrer à une improvisation hallucinée à la frénésie aussi puissante que virtuose. Et parce que cette esthétique nous est culturellement étrangère elle se fait presque dérangeante au premier abord. La voix que l’on peut entendre sur Abbasci’A  où le chant disgracieux est avant tout folklorique, perturbe parce qu’il est aux antipodes des codes esthétiques du jazz qui nous sont plus familiers. Des morceaux comme Mena Man Mo’ ou Pizzica Strana peuvent aussi heurter. Leur esthétique doit être cherchée dans une approche plus contextuelle que dans notre attente mélodique normative et suppose pour l’auditeur d’avoir les clefs de ce chant, d’accéder aux codes culturels qui permettent d’en déchiffrer l’intensité. Et c’est donc avec une incroyable science de l’harmonie et de l’improvisation  du jazz que Morelli nous ramène sur nos terrains mieux connus. Dans certains morceaux comme dans ce Lesson 4, les références folkloriques ont totalement disparues il ne s’agit plus que de jazz mais on est alors plus frappés par la continuité que par la rupture de l’ensemble. Frappés par les connexions de ces musiques entre elles.  Ce qui n’est pas toujours le cas car si l’album peut donner ce sentiment de cohésion, c’est paradoxalement  à l’intérieur même des morceaux  que l’on a le sentiment désagréable que la fusion des deux musiques se fait parfois de manière un peu tranchée donnant ça et là l’impression de zappper de l’une à l’autre (comme dans Contropizzica ou dans Yes O Sol ).

 

 

Dans un très beau final de cet album résolument festif  Morelli conclut l’album avec un magnifique Auralba où le dialogue entre la guitare et le piano apparaît alors comme un moment d’apaisement. Comme une sorte de douce guérison après la danse épuisante.
Jean-Marc Gelin

 

 

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:50

JJJ BRAD MELDHAU: « The house on the hill »

 

Nonesuch 2002

 

Brad Mleldhau (p), Larry Grenadier (b), Jorge Rossy (dm)

 

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:47

JJJ Le Monde de Kota : « Murmures »

 

 

Olivier GOULET - harmonica ; Stéphane MONTIGNY - trombone ; Julien OME - guitare ; Guido ZORN - c.basse

 

Le Monde de Kota c’est quatre musiciens : Olivier Goulet (harmonica et voix), Stéphane Montigny (trombone), Julien Omé (guitare) et Guido Zorn (contrebasse). Ils se sont rencontrés en 2003 dans la classe de jazz du CNSM dirigée par le contrebassiste Riccardo Del Fra.

 

Un soir ils dînent ensemble, sortent leurs instruments et jouent. Satisfaits du résultat et surtout conscients qu’ils ont tous les quatre la même démarche, ils décident de continuer. Les choses vont alors très vite : premier concert à Paris en novembre 2003, puis au Centre Georges Pompidou et à la Cité de la Musique en première partie de Mac Coy Tyner…, participation à de nombreux festivals (Marcoussis, Gif-sur-Yvette,…), Premier Prix du Jazz Hoeilaart Intern’l Contest en Belgique pays de Toot Thielmans.

 

« Murmures », entièrement autoproduit, est leur premier disque ; il ne comporte que des compositions originales, sans doute une volonté des quatre musiciens de créer un « monde » qui soit le leur. Et il faut reconnaître que c’est réussi.  

 

Certes tout n’est pas parfait : certains morceaux s’étirent un peu, l’influence du « Quartet Azur » de Texier avec Glenn Ferris est parfois trop présente (mais comme influence il y  pire). Ce qui fait l’intérêt de ce disque, c’est la constante recherche de sonorités, de timbres particuliers qui se mêlent avec bonheur et souvent avec originalité. Chaque titre est conçu comme un conte où chacun y va de sa petite histoire sans pour autant nuire à l’ensemble. On sent le plaisir que ces musiciens ont à jouer ensemble (plaisir très palpable quand on les écoute en « live ») et à triturer leurs instruments pour en tirer des sons nouveaux..

 

Bref, s’agissant là d’un premier disque, c’est plus que prometteur et l’on ne peut que se réjouir de cette recherche sonore.

 

 

Michel Grillot

 

 

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:45

JJJJ BRUNO ANGELINI SOLO : "Never Alone"
Minium 2006

 

 

Bruno Angelini (p)

Quand Angelini(e) tout va.
Où il est question d'une re-visite de standards qui ont marqué le parcours personnel de différents musiciens.
Lorsque Philippe Ghielmetti lui a tendu une liste de morceaux tirés de "The Newest Sound Around" par Jeanne Lee et Ran Blake, Bruno Angelini a d'abord répondu << non, c'est impossible de faire ça.>> Puis son ami Stephan Oliva lui présente le projet comme une forme de << psychanalyse musicale >>.  L'homme s'enthousiasme. L'idée vertigineuse de s'appuyer sur un univers musical ancré dans une conscience collective pour en faire émerger un nouveau, approprié aux souvenirs précis de notre existence, a de quoi séduire, certes, mais se risque à la confiture de respect itératif et donc à la déconfiture!
Pour réussir un tel pari, il faut de la bouteille et le doigté qui va avec... Bruno se lance. Le piano se fait divan; divin!  A l'arrière de la pochette, une photo de Bruno en lévitation inspirée : en solo, il n'est << jamais seul >> ça s'voit, très habité. Nous sommes tous des héritiers; lui transcende les airs des autres. On connaît mais on reconnaît à peine tant le pianiste réharmonise subtilement. C'est l'univers personnel du musicien qui apparaît là (délicate attention que cette confidence) entraînant des émotions esthétiques variées et profondes. Il vient chez soi, proposer comme des portraits à la beauté poignante. La rencontre est réelle, complètement originale. Il y a de l'éclat dans cette musique là, tour à tour d'une folle délicatesse, troublante, presque éthérée "Where Flamingos Fly", impressionniste et sautillante "Seasons In The Sun" ou délicieusement dissonante quand il
propose un Summertime incontournable à la montée envoûtante et à la fin suspendue (éternelle?) Et souvent l'ange fredonne son inspiration cathartique, c'est torride...Sur "Sometimes I Feel Like A Motherless Child",
Bruno reprend le thème d'un Summertime percussif, douloureux par le grincement du piano aux cordes pincées et frappées. Étonnante version aussi à peine identifiable d'un Blue Monk plongeant dans un autre univers; bouleversant "Left Alone" aux accents de Thomas Newman (l'inoubliable compositeur du film American Beauty)...les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette musique indécemment sensorielle.
Chacun répondra à ces standards avec son histoire. Celle de Bruno est un enchantement, savoureusement moderne, tonique, sensible et passionnant qui met (attention!) en état de haute ébullition.
Donc, disais-je, quand Angelini(e) tout va!

 

 

Anne-Marie Petit

 

 

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:37

Bordeaux Jazz festival 2006, le bon cru ?

Aimer le jazz c’est apprécier cette musique d’affirmation, de liberté qui tout en faisant la part belle à l’improvisation ne se réduit pas à cette seule urgence. C’est le credo de Philippe Méziat, directeur heureux de ce Bordeaux Jazz Festival dont la sixième édition a rencontré un vif succès, auprès d’un public bordelais et régional, désormais acquis. Le public se laisse guider, quand il ne connaît pas, faisant confiance aux choix très personnels du directeur artistique du BJF, qui relèvent d’un engagement authentique et d’une connaissance approfondie de cette musique dans ses évolutions les plus récentes.

 

 

« La surprise est  donc au rendez-vous, mais elle n’est pas certaine .Si on y va quand même, ce n’est pas uniquement parce que les tarifs des concerts le permettent. On y va parce que c’est l’un des bonheurs qui nous restent. Consommer n’est pas un bonheur, découvrir c’est déjà mieux,  se risquer à prendre ce qui advient et qu’on n’attendait pas, voilà qui fait bondir ! »

Mederic Collignon

 

(photo : Bruce Milpied)

 

 Ces  phrases de l’éditorial auguraient de la fréquentation qui allait suivre aux Chartrons, un quartier original du Port de la lune, qui abrite aujourd’hui, non loin des anciens chais  bordelais, la Halle des Chartrons, l’un des lieux  les plus expressifs du jazz et des musiques « affines ».

 Un festival sous le signe de l’éclectisme le mieux compris, avec des thématiques heureusement choisies. Ainsi,  l’un des moments forts  déclina « Jazz et opéra »  le jeudi soir : Mederic Collignon présentait son inénarrable Jus de Bocse sur le Porgy and Bess déjà revu par Miles Davis sur les arrangements de Gil Evans de 1958 . Le spectacle furieux du trompettiste chantant, rehaussé par l’adjonction de quatre cors d’harmonie, dirigés à la perfection, obtint pas mal de suffrages. C’est que le caractère détonant, la personnalité intriguante, pour ne pas dire dérangeante, les excès du personnage talentueux , il est vrai, sont une véritable révélation pour un public non averti.

 Mais l’émotion avait été à son comble  en première partie de soirée, avec  la Vie de Bohême, présentée par l’ Italian Trio, composé  du pianiste Dave Burrell , entouré du trompettiste Giovanni Falzone et de l’ altiste Paolo Botti, musiciens à la présence incroyable.

 Une première version de cette « œuvre » revisitée par le pianiste existait sur un album sorti en 1969, en plein délire free. Philippe Méziat  eut la bonne idée de lui redemander, lors d’un séjour récent à New York lors du festival Visions, une nouvelle approche : après un blues classiquement amené, vinrent successivement  le premier duo  (« Che gelida manina », « Mi chiamano Mimi »), la valse de Musette ( « Quando m’nvo soletta per la via »), un choral de marche et le duo final de Rodolphe et Mimi. 45 minutes de musique lumineuse et inattendue,  un moment inoubliable, pure recréation  qui devrait tourner sur les scènes ou les festivals jazz.

 Programmateurs, n’hésitez plus !

 Il y eut un autre temps fort, lors du final, le dimanche soir avec le « Klezmer Madness » de David Krakauer. Le klezmer est la musique de célébration traditionnelle des juifs de l’Europe de l’est, importée aux Etats-Unis par les vagues successives d’immigrants entre 1880 et 1920. Comme dans les films de Woody Allen, ou  les meilleurs sketchs de Jerry Lewis, on se partage entre nostalgie et allégresse, rire et larmes.  Après son tube « Klezmer à la Bechet », hommage à deux maîtres contemporains de l’instrument, le créole Bechet  et le Klezmer Naftulé Bradwein, David Krakauer travaille les chants et revisite certains rites de la tradition hassidique, comme les interminables  mariages où  les poètes chantent des couplets de mise en garde  aux futurs époux… Si le caractère joyeux de cette musique de danse est affirmé, souffle aussi  un vent d’innovation dans ce « revival », un soin tout particulier à réinterpréter les standards de cette musique : garder l’inflexion de la langue yiddish dans la musique, préserver son caractère ornemental, mais aussi sortir le klezmer du musée. Parlant un français impeccable, le clarinettiste partage son héritage culturel, de bon cœur et en toute humanité,  entouré d’un noyau de musiciens qui modernisent  le répertoire : ainsi le groupe accueille la guitar-héroïne Sheryl Bailey, aussi calme que David Krakauer est enjoué, un accordéoniste sensible et mélancolique (Will Holshouser), un invité rappeur, le DJ So called, qui intervient à propos, scandant avec entrain et humour (y compris en yiddish) le chant des klezmer, ces musiciens de la rue.

 Si le formidable batteur qu’est Michael Sarin  accompagne idéalement le délire klezmer, il est aussi pour beaucoup dans l’attraction du Frank Carlberg quintet. Ce fut vraiment un concert délicat où s’illustra ce batteur phénoménal que l’on n’entend guère sous nos latitudes, inventif, précis et… imprévisible. Entouré de deux musiciens français qui se connaissent bien, l’altiste Guillaume Orti  et le contrebassiste aux machines Olivier Sens, le couple du pianiste d’origine finlandaise (à la voix étrange, étranglée, quasi synthétique quand il explique sa démarche) et la chanteuse Christine Correa  reprit des poèmes de la Beat Generation ainsi que des textes plus récents d’Alan Ginsberg , toujours étonnamment prophétiques. Scansion originale et  sens prosodique rares pour dépeindre la folie du monde. Un très joli rappel enfin, sur une composition du contrebassiste,  « tristanienne » d’inspiration, qui convenait particulièrement à l’expressivité de Guillaume Orti.

 Les Bataves étaient à l’honneur au BJF 2006 avec deux ensembles grands formats tout à fait originaux : le BBB, entendez «Bik Bent Braam », croisement inespéré en France, d’un big band « classique » et d’une formation déjantée, bravement free comme en dirige Willem Breuker . Du « middle free » si on veut avec des morceaux de bravoure à l’unisson pour les cuivres et aussi des solos que chacun  prend de bon cœur dans la plus belle tradition, comme le souffleur allemand Frank Gratkowsky. Le trompettiste américain Herb Robertson, toujours facétieux,  sort de sa musette des  instruments minuscules qui ressemblent à des jouets, trompinette et divers appeaux. La rythmique est dans le ton, alliage décalé entre un batteur tristement lunaire, un Buster Keaton replié sur ses fûts  et un contrebassiste, très près du pianiste, qui tira un solo poignant sur une seule corde.

 bik ben braam - wilbert de joode - frank gratkowski

(photo : Brice Milpied)

Autres Hollandais, volant littéralement sur un tapis de cordes, l’ensemble à géométrie variable des jeunes  musiciens du  JARGON de Maurice Horsthuis enthousiasma le public par les  mélodies du chef, altiste de formation, la virtuosité de l’exécution, jazzifiée par une guitare et contrebasse alertes.

 Sans surprise mais remportant un succès mérité, le trio énergique de Bojan Z avec l’impeccable Rémi Vignolo et le fougueux Ari Hoenig  fit vibrer la Halle le vendredi soir, sur le programme de son dernier album Xenophonia, alors que le groupe  TTPKC et le marin, sélectionné pour le Jazz Migration de l’AFIJMA,  devait constituer une vraie découverte pour beaucoup.

 Pour notre part, nous avions été séduits lors du Tremplin Jazz d’Avignon où ils furent tout de même devancés par le quartet belge de Pascal Schumacher. Autre esthétique, autre musique. Heureusement récupérés par le label Chief Inspector, TTPKC put sortir son premier album, un opus risqué, à l’écriture foisonnante, aux thèmes bâtis sur une architecture complexe : une musique superbe, intense, sans beaucoup de respiration, accrocheuse malgré ses aspérités, qui fait voyager sans se prévaloir d’une trop grande folklorisation. Une instrumentation originale pour un groupe qui ne l’est pas moins : un trio de saxophonistes accompagné d’un batteur qui n’a pas oublié d’écouter Jim Black.

 Une dégaine marrante que celle du  marin du groupe, le baryton  présentateur Sylvain Tamalet, l’imperturbable ténor Han Sen Limtung, le batteur Antonin Leymarie, au faux-air d’Antoine de Caunes, et enfin le compositeur de beaucoup de titres, le remarquable altiste Adrien Amey. Les titres plutôt drôles apparenteraient  le groupe à la veine « non sense » des Monty Python de la grande époque : ces électrons libres tout excités, développent  des tonalités étranges, créant un climat planant qu’entrecoupent des ruptures de rythmes et d’atmosphères.      

 

A moins que la source de toute cette jeune génération de libres improvisateurs n’aille voir outre-manche du côté d’Evan Parker ? Autre excellent choix de programmation, l’avant-dernier concert du festival donnait la parole à ce génial défricheur, sopraniste et ténor anglais, toujours aussi impressionnant dans son approche spontanée de l’instrument, toujours renouvelée depuis la grande époque des seventies  ( voir la liste extraordinaire de ses participations de Von Schlippenbach au « Globe Unit » sans oublier Peter Brotzmann, Paul Lytton, Anthony Braxton …).

Rejoignant les maîtres de la musique d’improvisation européenne, il tint en haleine un public conquis, se jouant de la technique de la respiration circulaire dont il maîtrise tous les effets,  sans abuser des stridences et autres déviations de l’improvisation pure, créant toujours une mélodie fine et affûtée avec des changements de registre si rapides que l’on croit entendre des sons simultanés.

Le BJF 2006 a tenu ses promesses : un festival en liberté, entraînant et innovant, au-delà de tous clivages d’époque ou de style : surprises, émotion,  et gaieté débridée (Sina & Stucky les deux Valaisannes et leur café-théâtre décapant),  dérapages vraiment productifs. Tout cela dans une ambiance heureusement détendue autour des tartines et autres collations (huîtres d’Arcachon) que servaient les bénévoles soudés et visiblement heureux de participer à cette fête. Alors  il ne reste plus qu’à attendre 2007… vite…

Sophie Chambon

 

 

 

 

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 00:01

JJJJ CHRISTOPHE WALLEMME:  “Namaste “

Nocturne 2006

 

 

 Autant le dire d’entrée, ce disque est remarquable, je dirais même difficilement contournable, pour qui s’intéresse de près au jazz actuel, de création.

 

 

D’abord par la qualité du line up. Le noyau dur du projet Namaste comprend, en plus du leader et contrebassiste Christophe Wallemme, des solistes de premier plan : le saxophoniste et multi-instrumentiste Stéphane Guillaume, ce brillant souffleur jouant aussi bien ici de la clarinette, de la flute, que du soprano ; Manu Codjia (guitare), Stéphane Galland (batterie), et Stéphane Edouard (percussions indiennes et divers instruments éthniques). Avec pour invités : Nelson Veras (guitare), Matthieu Donarier (sax ténor et soprano), Prabhu Edouard (tabla, kanjira), Minino Garay (cajon, caxixi, palmas, vocals) et Thomas de Pourquery (sax alto et soprano). Excusez du peu. Mais cet album n’est pas une simple conjugaison de grands talents… Un gastronome vous dirait qu’un plat digne de ce nom ne comporte pas que de très bons ingrédients, mais surtout un savoir-faire abouti, une volonté, une idée directrice… Il y a de fait une véritable alchimie entre ces musiciens, qui semblent portés par le lyrisme du maître de cérémonie, insufflant à l’ensemble une sorte de supplément d’âme. Il suffit d’écouter le début du premier morceau pour s’en convaincre : beauté du thème et des timbres, intelligence de la mise en place et de l’orchestration… Superbe ! Et la suite ne déçoit pas, loin de là ! Tout coule de source avec naturel, brio, élégance… Deux guitaristes ? Cela pourrait vite tourner à une joute stérile, comme on en rencontre trop souvent... Or il n’en est rien. Leur virtuosité respective n’est plus à démontrer, on se concentre sur la seule musique et l’auditeur n’en perd pas une miette… L’électro-acoustique nylon de Nelson Veras complète à merveille le timbre électrique de Manu Codjia, donnant à entendre, notamment dans les ballades, de fort subtils entrelacements mélodiques… Un mot sur le son de Codjia, qui en son clair (non saturé) est reconnaissable entre mille, signe d’un grand de la six cordes : une esthétique proche de Bill Frisell dans son aspect « étheré », cristallin, son contrôle de la dynamique et du volume, la raréfaction des notes… Bref cela respire, fraîcheur et musicalité atteignent des sommets ! Veras n’est pas en reste, on retrouve son « balançao » unique dans les intros, son phrasé très fluide et inspiré… Tous deux apportent une véritable couleur aux superbes composition du leader, parfaitement épaulées par les anches inventives et bouillonnantes, les percussions. Notons qu’il n’y a dans ce disque aucune reprise, du moins de l’univers jazz… (seule concession en forme de bonus track, une étonnante Javanaise, celle de Serge Gainsbourg, très chantante par ailleurs… l’Orient, encore !). Si toutes les compositions sont réussies, captivantes, leur auteur a de surcroît eut le bon goût de ne pas choruser systématiquement, mais de tenir discrètement la barre de main de maître, assurant un groove parfait, afin de mettre en valeur la mélodie, l’énergie de l’ensemble, ses partenaires… Bravo ! Ses soli n’en ont que plus de charme et leur concision fait davantage penser à une dentelle sonore qu’aux marteau-slappeurs de certains bassistes ‘fusion’ (sic !)… C’est qu’il est question ici de poésie, d’invitation au voyage, voire d’initiations… Dans « Namaste » aussi bien que « Tandoori groove » la pulsation devient danse, transe jubilatoire et débridée. Cela ferait en effet parfois penser à une sorte de « Sacre du printemps » à la sauce orientale… On ne se plaindra pas auprès d’un bassiste de savoir pimenter ses œuvres ! L’Inde dévoilée dans ce disque relève d’un folklore imaginaire, échappe aux clichés du genre, on sent une approche à la fois personnelle et sincère… Au fil de l’écoute le climat des pièces semble gagner en intensité, jusqu’au titre « Réflection », à l’atmosphère plus âpre et énigmatique, dans laquelle Codjia nous offre un solo d’anthologie, avec cette fois une distorsion rauque, incandescente… Dans cette plage, on est très proche des heures de gloires d’une autre formation drivée par un tandem de choc : le fameux batteur-percussionniste Trilok Gurtu et le guitariste américain David Gilmore… Pour une fois soyons un peu chauvin : vive la France  ! On le serait à moins…

 

 

Namasté veut dire bonjour en indien, et on a surtout une très bonne, une grande écoute…

 

 

Ce projet semble né sous une bonne étoile, je le recommande sans réserve à tous les mélomanes, qui sauront sûrement en apprécier les multiples éclats…

 

 

Jean-Denis Gil

 

 

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Published by Jean Denis Gil - dans Chroniques CD
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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 07:59

Sophie Chambon devant un mur de CD qu'elle a intégralement chroniqué

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Published by sophie - dans les fous des DNJ
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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 11:32

Un chroniqueur ( Jean Pierre Foubert) s'amusant bêtement avec des ballons de baudruche au lieu d'écrire une chronique qu'on lui a demandé depuis 6 mois .....

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Published by Jean marc Gelin - dans les fous des DNJ
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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 11:32

Un chroniqueur s'amusant bêtement avec des ballons de baudruche au lieu d'écrire une chronique qu'on lui a demandé depuis 6 mois .....

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Published by Jean marc Gelin - dans Editorial
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