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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 21:44

ECM 2009

TordGustavsen

Et si c'était là l'album de trop. L'album de commande-type. L'album-par-an-qu'il-faut-absolument-faire-si-tu-veux-avoir-des- engagements-Coco.

Passons sur le graphisme de l'album et sur la photo de Tord Gustavsen façon Jack Bauer ou NCIS. pas très intéressant si ce n'est qu'elle ne démontre que le souci absolu du formatage. Restons plutôt sur un album bien décevant dans lequel on peine à trouver la moindre idée. Tout se passe comme si le pianiste compositeur, qui  s'exprime plus au titre du second que du premier, n'avait pas grand-chose à dire. En tous cas rien de notable. Alors, pour compenser cette grande absence d'inspiration il fait appel à  Kristin Asbjornsen, une chanteuse détonante par rapport aux voix nordiques, une sorte de Tom Waits mais en fille. Une voix déchirée qui s'entendrait bien à chanter le blues si Tord Gustavsen avait bien voulu lui en servir une louche. Mais, à force de mise en retrait le pianiste en devient difficilement audible et donne le sentiment de s'ennuyer un peu lui même.

Toujours dans les méandres vaporeux qui marque l'esthétique du label, l'album n'en finit pas de se perdre et de nous lasser. Pas un seul moment où l'attention se trouve happée sauf peut être dans un début d'album bien trompeur que la suite malheureusement ne parvient guère à égaler. Ca traîne et ça s'effiloche de minute en minute. Car tout est markété, bien trop markété et laisse finalement bien trop peu de place à la musique. A force de ne pas vouloir prendre de risque Tord Gustavsen prend au contraire le risque de voir ses plus grands fans se déliter.

Jean-Marc Gelin

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 05:34
emehntett-re.jpg

Ëmëhntëhtt-Ré – Seventh records – 2009







Ëmëhntëhtt-Ré est le dernier opus de Magma, après l'énigmatique KA premier cd studio depuis 20 ans. Ëmëhntëhtt-Ré est une suite de quatre pièces composées il y a près de quarante ans par le leader incontesté au sein de Magma: Christian Vander, auréolé de mystères, poète cosmique et créateur de génie. Après quarante de vie, Magma reste une musique naturelle au sens fondamental du mot nature; à la fois belle et sauvage. Celle qui émeut et qui heurte.
Dès les premières notes et mots en Kobaïen par le maître en personne, une batterie magistrale et le velouté magnifique de la force vocale, le ton est donné: on retrouve le Magma de la grande époque, celui de Konstarkoz et Theusz Hamtaahk. A l'instar de KA, Ëmëhntëhtt-Ré est enfin disponible après des années de maturation. Une version de cette suite en quatre pans faisait de temps en temps irruption en concerts: on se souvient de la version chantante, dispensée en moins de quatre minutes, en 1992 par les Voix de Magma à Douarnenez. De plus, la deuxième partie de la suite est connue des amateurs (« Zombies » de Attahk). Ëmëhntëhtt-Ré, troisième volet de la trilogie Köhntarkösz, est une oeuvre lyrique et vocale qui creuse une fois encore l'ornière chère à son compositeur: l'exubérance rythmique et les ostinatos mélodiques. Ëmëhntëhtt-Ré se positionne au confluent de l'œuvre de Vander, au regard de la diversité du Magma d'aujourd'hui, et intègre l'expérience Offering. En effet, Ëmëhntëhtt-Ré se rapproche de la solennité d'Afïieh d'Offering à l'image de la pochette pharaonisante. Par ce côté excessif, Magma se caricature. Mais le noyau dur a exorcisé Magma et fait tombé les quelques murs décrépis en renouvelant l'équipe – on pense entre autres au talentueux pianiste Bruno Ruder – au bénéfice de la dynamique de jeu. De plus, au regard de la discographie, Magma a étendu l'importance du spectre vocal: Vander est très présent vocalement et les choeurs portent haut un élan gospel sur la deuxième partie de la suite (on se souvient de « Spiritual » sur le sous-estimé et iconoclaste Attahk). Ëmëhntëhtt-Ré est une œuvre mure qui semble faire la jonction symbiotique entre les diverses expériences de Vander au profit d'un Magma fringuant et toujours jouissif. Mais seul le Kreun Kormann connait la suite...
Jérôme Gransac



 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 05:47

Blue Saphir 2009

CHK.jpg

Raphaël Chamboulet (p), Denis Hénault-Parizet (cb), Rémy Kaprielan (dm), Nicolas repac (g), Jennifer « hawa » Zonou (vc)

 « CHK » du nom de Chamboulet (le pianiste), Hénault-Parizel (contrebasse) et de Kaprielan (batterie). CHK du nom de ce jeune et nouveau trio venu de Lyon primé à l’unanimité par le jury du Concours National de Jazz de la Défense en 2008.

« Slow Motion » comme l’intitulé d’une longue marche très épurée. Chez CHK le sens des long travellings musicaux convoquent l’imaginaire. Les paysages évoqués défilent lentement, magnifiquement nus. Les silences y sont denses. Le jeu, pas expansif laisse respirer l’espace. Et s’il ne s’agissait que de faire tourner quelques motifs, il n’y aurait là rien de très intéressant. Nous serions alors dans le non-jeu. Mais ces trois-là parviennent à donner à leur musique une vraie expression émotive. La puissance d’une insondable tristesse. « Slow motion » s’entend alors comme une lente déambulation empreinte d’une mélancolie douce-amère dont on sort parfois de manière inattendue. Avec la même langueur Fidelia nous emmène du côté des Faubourgs de Buenos Aires alors que, I beg you s’entend comme un plan fixe sur les longues routes américaines, chanté avec déchirure par la voix cassée de Jennifer «  Hawa » Zonou.

C’est avec beaucoup de métier que CHK s’est aventuré dans l’aventure d’un premier album et c’est avec un réel savoir faire qu’il a été enregistré et mixé. Un peu à la manière de ce que l’on a l’habitude d’entendre du côté des trios d’Europe du Nord et l’on pense bien sûr à Svensson et E.S.T dans ses motifs hypnotiques et rêveurs.

Et dans cette longue errance poignante du trio il y a une densité palpable. Celle de la musique lente et des silences mesurés et le trio remarquable de cohésion avance au même rythme et se meut d’une même âme et défilent les paysages perdus et l’évocation d’un ailleurs inaccessible et de cette longue et lente marche. Cette lenteur douce et prégnante qui flotte au-delà de la musique.

Jean-Marc Gelin

 


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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 05:46
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Les DNJ vous proposent des extraits vidéos de l'offre Jazz de ina.fr.
L'index des artistes présentés sur ina.fr est .

Retrouvez toutes les vidéos dans la rubrique "Les vidéos qu'on aime".





Gary Burton, "Chega de saudade", 1971







Don Byas, "Tea For Two", 1955


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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 06:04
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Les DNJ vous proposent des extraits vidéos de l'offre Jazz de ina.fr.
L'index des artistes présentés sur ina.fr est .

Retrouvez toutes les vidéos dans la rubrique "Les vidéos qu'on aime".





Stan Getz, "Dum! Dum! Dum!", 1971

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 18:24
john-coltrane.jpgCeux qui n'avaient pas pu assister à la représentation du texte de Emmanuel Dongala au Tarmac de La Villette en 2006 peuvent dès à présent du 7 au 24 janvier courir voir ce formidable spectacle au Grand Parquet à Paris.

Interprété par le formidable Adama Adepoju qui sert remarquablement le texte de Dongala ( lire aussi "Jazz et Vin de Palme") il est soutenu par un  superbe trio coltranien avec Sébatsien Jarrousse, Jean daniel Botta et Olivier Robin.

Un texte déchiré dit avec la conviction du jazz chevillée au corps. Une musique qui brasse Coltrane, tout Coltrane avec une réelle incandescence qui prend de John Coltrane l'esprit et l'âme.
Nous étions alors sorti de cette représentation en espèrant qu'elle pût avoir une suite car,  vous l'avez compris nous avions eu un vrai coup de coeur à l'époque.  Quand le théâtre rencontre le jazz....

Gageons qu'en ce débit d'année vous le partegerez tous avec nous.











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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 05:37
logoINA.gif"Bêtises sur le jazz" par Grosso et Modo

Retrouvez toutes les vidéos dans la rubrique "Les vidéos qu'on aime".











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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 07:46
 Par Stéphane Carini

anitaoday.jpg 

 

Les chroniqueurs de jazz, qui adorent – et c’est normal – se procurer les secrets de fabrique (et de coulisses) de leur musique préférée n’expliquent quasiment jamais comment ils écrivent leurs textes (est-ce d’ailleurs l’une de leurs préoccupations majeures ?). Même si ce n’est pas sa visée première, le présent article tente de rompre avec cette habitude : outre le lien très clair qu’il établit entre son sujet et une période de la propre vie de l’auteur, ses convictions personnelles aussi, précisons qu’il a été écrit le dimanche 1er novembre 2009 en un quart d’heure environ, après le deuxième visionnage du volume de la collection « Jazz Icons » consacré à Anita O’Day (chroniqué à part dans les DNJ), à la brasserie « Le Carrefour », à l’angle de l’avenue Secrétan (19ème), sur une nappe en papier juste après déjeuner vers 15H30…Le texte a été rédigé d’un jet et dans le désordre, ce pourquoi il est truffé jusque dans son titre de quelques chiffres qui dévoilent la succession des paragraphes et des  thèmes qui ont scandé sa graphie.



(3) J’aime tout d’Anita. Le galbe de ses mollets, le magnétisme de son visage, l’orbe de sa bouche qui découvre ses dents supérieures trop en avant, sa démarche sur scène, qu’elle se plante face au micro, jambes écartées, buste splendidement rejeté en arrière ou qu’elle esquisse un pas de danse (son premier métier) toujours imparablement juste de sensualité, ses bracelets, ses bras nus ou à l’inverse gantés (jusqu’au poignet ou encore au-delà du coude, trop usé), qui miment chinoisement le phrasé ; (1) son exubérante versatilité vestimentaire – qui ne dit qu’une chose : la constante rigueur de son élégance pour affirmer non l’apparence du corps mais sa signature essentielle : sa voix – et sans doute aussi sa volonté de vivre son judicieux caprice du moment. 


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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 23:40

1 CD ECM/Universal – 2009

Stefano Bollani (p), Jesper Bodilsen (b), Morten Lund (dm).

bollani.jpg On avait laissé Stefano Bollani à Rio de Janeiro où, entouré de musiciens brésiliens, il revisitait avec délectation la tradition du choro et de la samba (« Carioca », 2008). Quelques mois plus tard, voilà qu’on le retrouve dans les studios d’ECM, flanqué d’une rythmique danoise. Le contraste entre les deux disques est bien à l’image de ce brusque changement de latitude, qui laissait craindre le choc thermique. Là où « Carioca » était dansant, vivifiant, sensuel, extraverti, « Stone In The Water » propose une musique toute en retenue et finesse. Trop ? Sans doute. Je ne voudrais pas faire de l’anti-ECMisme primaire, mais il y a tout de même quelque chose d’un peu déprimant à voir un artiste à la personnalité aussi affirmée que Bollani accoucher d’un album en tout point conforme aux canons esthétiques (aux diktats ?) du label munichois. Tout y est : la subtilité du toucher, les silences nimbés de réverbération, la contrebasse économe au son rond et ample, le drumming tout en subtilités et frissonnements « motianesque »… À croire que le pianiste italien a remisé son tempérament fougueux dans le frigo de Manfred Eicher. Au final, une musique terriblement jolie, assez froide et désespérément ennuyeuse. Il ne reste plus qu’à espérer que Stefano nous revienne la prochaine fois avec un opus plus ensoleillé.

Pascal Rozat

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 18:49

Palmetto records 2009

Mattwilson.jpg


 A priori rien de nouveau dans ce quartet pianoless du batteur de Knoxville Illinois, Matt Wilson. Un esprit furieusement libre navigant entre les effluves Rollinsiennes et Colemaniennes avec des soufflants héroïques et une rythmique d’enfer qui manie le post bop avec un dynamisme revigorant. Les soufflants justement, parlons en. On avait déjà repéré l’altiste Andrew D’Angelo déjà entendu au côtés de Jim Black, de Chris Speed et de Kurt Rosenwinkell. D’Angelo ou la fureur de l’alto poussée à la limite de la rupture. ( exceptionnel sur Celibate Oriole) On connaissait moins en revanche et c’est un tort le saxophoniste ténor New Yorkais, Jeff Lederer qui forme avec son camarade un numéro de duettistes à entrecroisements multiples. Dans cet exercice un peu iconoclaste, les musiciens ne manquent pas d’humour et affichent un réel plaisir à jouer et à improviser avec un sens de l’engagement total. Une musique qui joue sur la puissance avec une réelle complicité dans le swing pourrait on dire. A preuve ce Two bass It , fleuron du bebop qu’ils prennent avec modernité et respect de la tradition. Leur énergie collective s’exprime dans une sorte d’expression brute du jeu réduit à sa forme primitive, presque tripale adossée à un son naturel et sans tripatouillage . On pense parfois aux heures furieuses de L’AACM si leur univers n’etait pas iconoclaste.

C’est aussi plein de contrepoints, de contrechants, de lames acérées qui s’entrechoquent (Getting friendly) sur des gros rythmes binaires . Presque une session spontanée qui dégage une bien belle fraîcheur. Entre bebop, funk ( Area man) et groove leur musique en tous cas y est toujours joyeuse et facétieuse.

Jean-Marc Gelin

 

 


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