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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 06:12
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Musea Records (label Great winds)

 

Myspace

 

Sébastien Paindestre (cl), Joachim Florent (cb), Fabrice Theuillon (ss), Antoine Paganotti (dr)

 

 

Depuis 1995, Radio Head bénéficie d'une aura de popularité : son rock progressif est reconnu aussi bien par le public que par la profession. Mis à part quelques titres entendus (le plus souvent tirés d’ OK Computer) et répétés par tous les médias puis quelques écoutes rapides de leurs albums les plus connus, je connais peu Radio Head. Mais ça tombe bien : Amnesiac quartet lui rend un hommage réussi. Le quartet du pianiste Sébastien Paindestre - dont le nom fait référence à l'album Amnesiac de Radio Head - n'est pas la première formation à s'essayer aux reprises des morceaux du groupe anglais (sur cet hommage, il joue cinq de ses titres). Le cinéma, les séries américaines, la publicité utilisent sa musique; des musiciens de tous horizons la réinterprètent, comme le pianiste classique Christopher O'Riley; d'autres l’étudient comme  le compositeur français de musique contemporaine Jean-Philippe Goude. En revanche, Amnesiac quartet est le premier groupe instrumental dédié à la musique du groupe. Si ses membres officient dans le milieu du jazz, ils jouent par ailleurs dans des formations à tendances progressives voire « hors sillon » (Magma, Rigolus, Surnatural Orchestra ...). Et c’est sans doute leurs expériences diverses qui assoient une entente idéale au sein du groupe. A aucun moment il ne tente de jazzifier Radio Head. Au contraire, il exploite le support musical riche, fait de circonvolutions mélodiques et rythmiques, en se servant du jazz comme creuset et en s’écartant du canevas habituel chorus-thème-chorus pour se rapprocher des schémas utilisés dans le rock progressif. La matière musicale et sa forme, ainsi travaillées, sont organiques; l'équilibre entre les instruments est harmonieux et les musiciens profitent d’un large espace de liberté pour laisser voguer leur lyrisme soutenu . Au final, cette coloration sied parfaitement au label de musiques alternatives et progressives Musea Records puisqu’il a accueilli Amnesiac quartet en son sein.

Sur chaque pièce, le thème est omniprésent, sous-jacent à la musique. Les longs chorus développent des schémas aventureux, sans excès, mais obsessionnels avec une densité glissante qui ne se détend pas. On a l'impression que chaque chorus dépose une brique qu'un autre va chasser, comme s’il était lessivé par le flux de notes. Plus encore, l’instrumentiste chorusseur focalise l’attention et semble diluer la présence de ses comparses : comme le passage du flou au net, au sens photographique du terme.

Il en résulte une musique sereine et allongée avec des pièces qui pourraient s'étendre à l'infini. La musique semble suspendue, est énigmatique et côtoie les atmosphères de groupes comme Yes ou Genesis. Cette esthétique assumée est originale et sonne européenne. La qualité de cet hommage en appelle d'autres à venir pour poursuivre l'aventure de l'Amnesiac quartet.


Jérôme Gransac

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 07:56

Initiative intéressante , le Sunset lance à paris une opération "hors les murs" en se démultipliant à l'Alhambra et au théâtre Traversière. de nouveaux lieux de jazz à paris.

A quand le Sunside en province ?


9/4 : Tigran Hamasyan Quintet à L’Alhambra
Ben Wendel – saxophones ; Nate Wood – batterie ; Sam Minaie – c.basse ; Areni – vocal ; Tigran Hamasyan - piano



30/4 : Médéric Collignon “Jus de Bocse”auThéatre Traversière

Pour la sortie de l’album  “Shangri Tunkashi-La” chez Plus Loin

Concert à 21h - Entrée 28/25 euros

Médéric Collignon - cornet de poche, bugle, voix, claviers ; Frank Woeste – Fender Rhodes ; Frédéric Chifoleau – c.basse ; Philippe Gleizes – batterie

Mederic Collignon 2009                                                                      photo : Ph Levy-Stab

 

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 07:22

Django 100  ****(*)

DJANGO 100

Angelo Debarre, Boulou et Elios Ferré, Romane (g) + invités : David Reinhardt, StocheloRosenberg, Noë Reinhardt, Chriss Campion (g) etc. Mai 2009. Sphinx Distribution.

Comment a débuté l’anniversaire du centenaire de la naissance de Django Reinhardt, le plus grand guitariste que le jazz ait compté et l’un de ses créateurs les plus féconds, les plus populaires et les plus étincelants ? Mal, très mal…les revues spécialisées sont à la peine, multipliant les erreurs, les références paresseuses et parfois douteuses, bien moins à l’aise lorsqu’il s’agit d’honorer le génial manouche que d’encenser et de monétiser l’icône davisienne…Alors que reste-t-il ? Mais les musiciens tout simplement !!! Et cet album le prouve avec un swing, une intelligence musicale, une solidarité inter-générationnelle époustouflants ! Disons-le tout net : après Django – qu’on ne peut comprendre que si l’on saisit que la musique et la fulgurance de la pensée de la musique, chez lui, ne faisaient splendidement qu’un – il faut trouver le moyen d’arranger sa musique (c’est-à-dire de pénétrer aussi patiemment que brillamment dans son univers) pour rendre audible et élégant un discours actuel mais qui lui reste fidèle. Le résultat est ici largement atteint : choix hyper-soigné du répertoire (qui privilégie les compositions les plus intéressantes de la deuxième partie de sa carrière), qualité des arrangements (de la douceur presque édénique de l’introduction de « La Marseillaise » - dont le titre initial de contrebande : « Echoes Of France » est ici abandonné - contrastant avec la solennité de la version princeps ; tempo beaucoup plus posé, et adéquat au demeurant, de « Douce Ambiance », truffé d’acidités harmoniques), vision orchestrale de l’ensemble, soin extrême apporté à la production, tout mérite d’être loué. L’ensemble et notamment les deux premiers tiers de l’album frappent par la qualité virtuose et presque parfaite de l’exécution, une puissance spontanée alliée à une concision obligée, la flamboyance partagée, la cohésion, la facétie (évidente dans « La Marseillaise », merci Boulou !), l’implacable souplesse de la « pompe » rythmique. Mieux, les interprètes ne font pas assaut d’individualisme conquérant mais ils s’accordent en permanence sur un discours collectif passionnant, n’étouffant rien de leurs styles respectifs et traçant au surplus des passerelles astucieuses avec des univers parents : de ces accents funky qui irriguent le superbe « Appel Indirect », rappelant l’admiration qu’un George Benson a souvent dite pour Django, de l’introduction de « Manoir de Mes Rêves » évoquant le feeling d’un Philip Catherine, baptisé « The Young Django » par Mingus, et plus essentiellement encore de ces passages de relais généreusement ménagés vers les générations nouvelles ou confirmées : Stochelo Rosenberg, Noë Reinhardt, Chriss Campion et, à mon sens, le plus prometteur d’entre eux (toucher, musicalité), David Reinhardt, interprète d’un superbe  « Nuages » conclu en un très bel effet par les bribes radiophoniques de la version d’origine, le tout couronné par une mega-chorale (qu’Eddie Louiss aurait appréciée) reprenant l’incontournable « Minor Swing » ! On l’aura compris : un très beau château, soigné en ses agencements subtils, précieux et vigoureux dans sa substance plurielle. On vous l’avait dit : les musiciens, les musiciens ! Avant tout !           

 

Stéphane Carini.

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:29


Blue Note 2010

onishi

Junko Onishi (p) Yosuke Inoue (cb), Gene Jackson (dm) + Reginald Veal (cb), Herlin Riley (dm)

A 43 ans Junko Onishi n’est plus tout à fait une inconnue. ON peut même dire que cette pianiste japonaise, lointaine émule de Tshiko Akiyoshi accumule titres de noblesse et les signes de reconnaissance. On parle à son sujet de «  virtuose » ou de « phénomène » avec l’allant et l’enthousiasme de ceux pour qui les liners de Blue Note, sa maison de disque font office de révélation divine pour candides. L’écoute de ce nouvel album en trio ne devrait assurément pas apporter de démenti. Le phénomène Junko Onishi est bien, comment dire…. Phénoménal !  A tel point que cette livraison qui surfe sur résolument sur une vague « bebop revival » (grande spécialité au pays du soleil levant qui compte tant de pâles

imitateurs de Toshiko Akiyoshi), ne laisse de nous impressionner à la première écoute. La pianiste n’y hésite pas à rentrer dedans, à mordre dans le vif et Junko Onishi propose ici avec autant de puissance que d’allant une lecture un peu stéréotypée du trio jazz rendant au passage des hommages appuyés à Art Tatum ou à Bud Powell ( tiens encore la marque de Toshiko Akiyoshi !) en passant dans des moments d’accalmie par Amhad Jamal.  Ce qui en soit n’a rien de novateur. Sans rien enlever d’ailleurs rien au plaisir assez jouissif d’une écoute qui semble familière et où tous les repères du trio jazz sont bien en place : sens du groove, talents de l’improvisatrice qui se ballade dans la grille avec une stupéfiante aisance, trio qui fonctionne à merveille. On adore absolument, la rapidité de sa main droite cette vélocité un peu vaine et surtout la musicalité de ses improvisations d’une grande cohérence et qui sait rendre facile à l’écoute les détours pourtant structurellement complexes qu’elle emprunte.

 

 

On  aimera  donc  forcément  et  sans  risque son interprétation des standards ( Smoke gets in your eyes par exemple) ou encore cette entreprise plus audacieuse pour le coup qui l’amène à entreprendre «  par la face Nord » des thèmes d’Eric Dolphy réputés peu faciles. Dans un morceau comme Musical moment la pianiste puise dans d’autres références et se fait un peu moins démonstrative, sortant heureusement des clichés bop.

Mais il y a chez Onishi une sorte de peur de manquer, de peur du vide qui l’entraîne très vitre à revenir au  jeu serré, peu espacé qui ôte toute place au non dit et au silence. Un peu comme l’antithèse du piano moderne qui ne trouverait sa légitimité que dans un come back aux anciennes valeurs. Alors, dans cet exercice où la pianiste emplit l’espace avec puissance et énergie, il faut à ses compagnons beaucoup de talents pour trouver leur place et imposer leur propre dynamique à une pianiste pourtant survitaminée. Grâce à leur talent, ça marche et l’on parvient à suivre cet album sans un instant d’ennui.  Le Bop revit sous un autre jour et l’on suit cette parenthèse musicale à la fois ravis, séduits, enchantés et bluffés mais aussi totalement épuisés par ce qui s’apparente parfois à un tour de force.

Jean-marc Gelin

 

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 06:04
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Interview de Thelonious Monk (1969)


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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 20:56
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Nous avons rencontré au mois de janvier la chanteuse et comédienne Elise Caron pour parler de sa brillante année 2009 (l’album « A Thin Sea of Flesh », le film « Un Soir au Club » et sa collaboration au « Midnight Torsion » d’Eric Watson) et aussi pour qu’elle nous dévoile ses projets en cours pour 2010.

Propos recueillis par Lionel Eskenazi le 13 janvier 2010.

DNJ : Tout d’abord j’aimerai que l’on parle de l’album « A Thin Sea of Flesh » publié au Chant du Monde au mois d’avril 2009. Tu l’as co-signé avec le musicien Lucas Gillet. Qui est-il ?

 

E.C : Je l’ai connu par son père Bruno Gillet qui est compositeur de musique contemporaine et que j’ai rencontré en 1981. J’ai souvent collaboré avec Bruno qui a écrit plusieurs choses pour moi. Je me rendais fréquemment à leur domicile et lorsque j’ai rencontré Lucas pour la première fois, il devait avoir 12 ans. Puis Lucas, vers l’âge de 17-18 ans, a commencé à composer à son tour (paroles et musiques) et m’a souvent convoqué pour de fréquents enregistrements à domicile où généralement j’avais à peine le temps de déchiffrer la partition !

DNJ : J’ai remarqué que la plupart de tes projets tournent autour de textes littéraires. Comment t’est venue l’idée de chanter sur des poèmes de Dylan Thomas ? J’imagine que c’est un écrivain que tu apprécies ?

E.C : C’est une idée de Lucas Gillet, c’est lui qui a initié ce projet, il a choisi les textes et écrit la musique. Je ne connaissais pas spécialement la poésie de Dylan Thomas avant cela, mais j’ai bien aimé la profondeur de ces textes, j’ai d’ailleurs essayé de les traduire moi-même et je me suis aperçu que souvent les mots choisis avaient plusieurs sens et pouvaient donner plusieurs significations à la phrase. C’est vrai que je suis souvent associée à des projets littéraires (Sade, Pavese, Poe, Rilke et bien d’autres…), j’aime chanter des textes puissants car ce sont à chaque fois des mini-histoires, des mini-drames, des choses fortes à interpréter.

DNJ : Comment s’est passé l’enregistrement ?

Lucas Gillet m’a confié un rôle d’interprète, c’était assez précis et difficile, car la musique était déjà enregistrée et il fallait que j’arrive à placer ma voix par-dessus. Nous n’avions pas beaucoup de temps et c’était assez frustrant de ne pas avoir pu travailler avant l’enregistrement. Je n’arrivais pas toujours à obtenir ce que je voulais car je ne pouvais pas aller au-delà de la dynamique existante. J’ai dû faire un nombre incalculable de prises pour arriver au résultat que l’on entend sur le disque.

DNJ : Comment définirais-tu cette musique ? Penses-tu que ce sont des chansons pop ?

E.C : C’est de la pop contemporaine mais ce ne sont pas des chansons. La structure des poèmes a été conservée, ce qui fait que l’écriture est basée sur la mélodie, nous ne sommes pas dans un système couplet-refrain, nous sommes dans l’extension permanente de la mélodie. Le côté pop est intéressant, car la musique est presque antinomique avec l’image sonore que l’on pourrait avoir des poèmes de Dylan Thomas. C’est beaucoup plus léger que ce que ça raconte.

DNJ : C’est vrai que les adaptations musicales des textes de Dylan Thomas sont souvent plus graves, plus sombres, je pense en particulier à « Words for the Dying » de John Cale. Connais-tu cet album ?

E.C : Non.


 DNJ : Avec « A Thin Sea of Flesh », nous sommes dans une musique pop très produite, une musique fabriquée en studio, ce qui nous éloigne complètement du jazz et de l’interaction musicale immédiate.

E.C : Oui, c’est un travail de studio particulier qui n’a pas grand-chose à voir avec les enregistrements de jazz où l’on fabrique la musique ensemble. Il y a tout de même un morceau que nous avons joué complètement live (« The force that through the green fuse »), c’est un duo entre ma voix et la flûte de David Aubaile, où il se passe du coup quelque chose de différent, il y a des fluctuations vocales qui sont peut-être plus naturelles. Lorsque nous jouons ce projet en concert, il est forcément beaucoup moins « fabriqué » et c’est passionnant de pouvoir le chanter en live, où je peux donner plus d’épaisseur à ma voix et où je suis entouré de six musiciens. Nous serons d’ailleurs le 13 avril prochain au Studio de l’Ermitage à Paris.

DNJ : Avez-vous avez eu du mal à convaincre une maison de disques pour ce projet plutôt atypique ?



LIRE LA SUITE DE L'INTERVIEW.......

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 15:20
THE JAZZ BIRDS
jazzbirds

Original Sound DeLuxe

Cristal Records /  Harmonia mundi

Quelle idée lumineuse de consacrer un album de cette jolie collection Original Sound Deluxe aux « Jazz birds » !  C’est bien entendu à Claude Carrière que l’on doit cette réalisation ingénieuse : dans ses notes de présentation parfaites, toujours érudites et brillantes, il  explique que « les oiseaux ont toujours eu leur place dans l’imaginaire des musiciens de jazz ». Aussi pourquoi ne pas illustrer ces libres volatiles, par quelques titres appropriés de musiciens de jazz ? Ceux-ci se sont toujours inspirés des oiseaux  pour s’envoler au-delà des grilles ! Honneur à « l’oiseau en chef »  du jazz , Charlie Parker, THE Bird, qui aura droit à quatre titres qui couvrent quelques illustrations du  champ sémantique du mot « oiseau ».

Mingus s’applique à une « reincarnation of a love bird » , un thème complètement fou mais admirable, joué dans « la tonalité pourrie de Sol bémol mineur » nous précise Claude Carrière. On se rend vite compte qu’il s’agit de quelque chose d’unique, un morceau de bravoure… « L’oiseau méritait bien ça ! »

Ce joli numéro décline également la  thématique sous un angle ornithologique en nous faisant découvrir le flamand le plus caressant qui soit (l’orchestre de Duke Ellington avec Paul Gonsalves qui joue encore mieux de son saxo-ténor que de coutume), l’alouette et le loriot  (Hoagy Carmichael, le compositeur de « Stardust » et de « Georgia » ) un formidable « Mambo del Crow »- le corbeau- de Shorty Rodgers and his giants (ah  qu’ils étaient chanceux ceux qui pouvaient entendre dans les années cinquante les Shorty Rodgers, Shelly Manne, Jimmy Giuffre).

 Les chanteuses, doux oiseaux de paradis ne peuvent être oubliées :  Sarah, « divine » dans l’immortelle « Lullaby of Birdland » ,  Ella swingante à souhait dans « Hot Canary » mais aussi  CarmenMc Rae, Julie London et « l’épatante » (Claude Carrière a raison) Anita O’ Day dans « Watch the birdie ». On aurait juste  pu rajouter à cette liste éblouissante ‘the voice’, alias  Sinatra  qui se serait fait un plaisir de proposer à toutes ces dames  «Come fly with me».

Tout est dit. Il faut décidément acheter les albums de cette collection et faire le tri dans la foule de rééditions bâclées, tout à fait dégoûtantes.

 

 

The BASS MASTERS

ORIGINAL  SOUND DELUXE

1 CD

Cristal records / harmonia mundi

bassmasters

Autre thème plus classique mais non moins passionnant The Bass Masters.

Claude Carrière nous entraîne cette fois  à la poursuite des contrebassistes qui ont fait connaître cet instrument. 

On se plonge dans le livret, véritables pages de l’histoire du jazz et la musique fait le reste.

C’est à un véritable bain de jouvence que Claude Carrière  nous convie depuis les origines du jazz à la Nouvelle Orleans.Les amateurs les plus coriaces (et les plus éclairés)  trouveront matière à découverte dans cet album qui montre un vrai travail de publication, la relecture de toute une époque, au travers d’extraits  incontournables :« Pitter Panther Patter » de Duke Ellington avec le révolutionnaire Jimmy Blanton qui donna son autonomie à l’instrument, ou le regretté  Scott La Faro  dans « Chasing shadows » qui  changea définitivement la façon d’entendre la contrebasse, sans oublier Charles Mingus « Mingus fingers » chez Lionel Hampton .

Mais la sélection judicieuse fait aussi découvrir des formations oubliées ou quelque peu négligées:   John Kirby dans l’orchestre de Teddy Wilson avec Billie Holiday chantant  « Eeny Meeny Miney Mo »; Milt Hinton (à la longévité tout à fait exceptionnelle), merveilleux dans « Pluckin the bass » chez Cab Calloway ; un Français , Pierre Michelot dans le quartet parisien de Dizzie Gillespie en avril 52 ; Leroy Vinnegar,  adepte de la « walking bass » dans le trio de Sonny Rollins.

 Voilà une mise en jeu du corps et du plaisir  avec 20 extraits : une collection intelligente pour ceux qui voudraient se familiariser avec le jazz, mais aussi ceux qui aiment cette musique et qui apprendront toujours quelque chose. Une compilation  bien faite par de vrais spécialistes du jazz.

 Indispensable et fort utile.

 

Sophie Chambon

 

 

 

 

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 15:17

ECM 2010


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Ce nouvel album de François Couturier est d’abord celui d’une prise de son absolument exceptionnelle,enregistré dans le studio de Lugano par Stefano Amerio qui réalise là comme souvent un travail remarquable de restitution du son dans l’espace dans lequel il se propage. Un peu comme si nous étions plongés là en plein cœur d’une salle de concert, entendant d’indicibles craquements du parquet, à l’affût des résonances des graves tournant dans une dimension spatio-temporelle saisissante. On oublie là tout effet de numérisation pour pénétrer dans la magie de la création avec une profonde zénitude. Car avec une telle prouesse technique, la musique de François Couturier peut s’exprimer avec profondeur et gravité dans cet album qui est peut-être le plus personnel qu’il ait réalisé depuis longtemps. On a encore en tête le précédent qui rendait un hommage au réalisateur russe Andreï Tarkovski (1932), « Nostalghia, Songs for Tarkosvsky » – ECM 2006, hommage qui se prolonge ici puisque le titre de cet album est une pièce justement dédiée au réalisateur russe. Mais il s’agit ici d’un piano solo, exercice de l’impudeur où il est question d’un face à face avec soi-même. C’est alors tout un patrimoine musical qui est convoqué ici. Un patrimoine qui rend vaines les distances entre classique et jazz, entre écriture et improvisation même si on admettra comme postulat de base que les références de Couturier sont plutôt classiques. De celles qui le conduit à inviter parfois Chopin et surtout Bach comme figure très prégnante de son identité musicale comme dans « L’intemporel » par exemple. Mais il y a des références plus modernes et l’on pourrait presque entendre parfois un clin d’œil à son camarade de jeu de chez ECM, Keith Jarrett. La musique de Couturier pourra bien être qualifiée d’introspective si l’on veut. Il faut l’accepter comme telle. On suit ce voyage intérieur avec l’intérêt d’un géographe passionné qui passerait en revue des paysages défilant et variés, de montagnes escarpées et de plaines désertes. Elle est là, la poésie de Couturier, celle d’un architecte en paysage. Architecture aussi subtile que fragile. On pense parfois à un fabricant de mobiles instables où l’un des éléments de l’improvisation peut faire bouger l’ensemble du système pour en redéfinir une nouvelle forme. La musique de François Couturier s’égrène alors et passe comme les gouttes de pluie le long d’une vitre observée dans l’intimité des intérieurs préservés des rudesses de l’automne. Sans tristesse et sans mélancolie. Dans le spectacle fascinant de la création musicale et de l’imagination fertile de son auteur. Jean-Marc Gelin
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 07:11

Laborie jazz 2010

Laurent Robin : Batterie Vincent Laffont : Fender RhodesBenjamin Moussay : Orgue Hammond

 

laurent robin

 

Le moins que l'on pouvait attendre s'agissant de l'album d'un batteur... c'est qu'il groove. Et, effectivement cet album là groove sur un parti pris esthétique clairement assumé : celui d'une pop jazz très électrique  dans le prolongement du meilleur de la néo pop anglaise (est-ce d’ailleurs totalement un hasard si l'album se conclut par un God Save the Queen pas si incongru que ça ?). Pour cette occasion Laurent Robin a choisi de s’associer à une formule de trio originale en réunissant uniquement deux claviers, l'un au fender et l'autre à l'orgue, chacun alternant respectivement le rôle de soliste et l'autre prenant la ligne de basse au gré des climats voulus plus ou moins électro, plus ou moins groovy. Du coup, Laurent Robin crée un « son » assez original et assez riche qu'il parvient avec un drive un peu tendu et sec à nervurer à souhait.Comme s’il compensait par son drive le moelleux des claviers électriques. Ça tourne alors en boucle sur une musique assez smoothie, parfois lunaire et parfois presque psychédélique dans un univers entre Bd et Lounge. Très bien conçue sur le plan de sa direction artistique elle s’appuie aussi sur un très gros travail de post prod qui rend le résultat plutôt convaincant. L'on ne peut manquer d'être séduit par le travail des deux claviers qui se complètent et s'entrelacent à merveille, tous deux magnifiques solistes au demeurant. Musique riche dans sa "mise en son" et en même temps une musique qui, ne rechignant pas sur des postulats de base assez « easy listening » se rend volontairement accessible, jeune et osons le mot, "populaire". Ce qui dans n’est pas ici un gros mot mais renvoie au groove, à la danse et même à l’envie de chanter. Quelques passages vocaux achèvent justement d'ancrer cette musique dans un autre parti pris, celui de la mélodie toujours présente en filigrane. Alternant les pièces courtes et les pièces plus longues, Laurent Robin recherche une esthétique originale. Dans certain cas, cet ancrage résolu lui donne un côté un peu froid, mais dans d'autres la magie de l'easy listening opère. Sans transcender pour autant. Mais pas sans charme non plus. Jean-Marc GELIN

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 06:28
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Bêtises sur le jazz


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