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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 18:16

Desordres.jpgDESORDRES

ZOONE LIBRE (collectif de musiciens)

Circumdisc 2010/ Les Allumés du jazz


Article paru le 12 septembre 2010

 



Voilà le premier album du quartet lillois ARSIS né en 2002, composé du trompettiste Christian Pruvost, du guitariste et auteur de la plupart des compositions Ivann Cruz, de Charles Duytschaever à la batterie, et de Mathieu Millet à la contrebasse.
Cette formation appartient à la grande famille nordiste de Circum et en particulier du collectif ZOONE Libre.
Désordres est un titre tout indiqué pour désigner une déconstruction orchestrée savamment, un détournement de formes radical où la texture sonore est travaillée avec le plus grand soin  Trompette au son épuré qui s’étire sur la première partie de «Volutes sonores» pour donner aussitôt après des sons plus écorchés et acides, riffs de guitare saturés, traits énervés de contrebasse, fougueuse batterie, se fondent en un maelström d’improvisations rugueuses, fusionnant acoustique et effets électroniques.
Animés d’une irrépressible envie de partager ce flux constant d’énergie, les musiciens nous servent des pièces engagées et percussives aux sonorités brutes, industrielles dans la mini-suite qui donne son nom à l’album, avant  de se transformer transitoirement  en grooves minimalistes, et sons atmosphériques.
Il en résulte un chant profond et continu d’un groupe qui explore les formes les plus ouvertes, en des échappées libres, pas vraiment planantes, qui ne dérapent jamais avec un foisonnement de sonorités déglinguées, trafiquées et pas toujours identifiables.
D’où un son particulier, inquiétant et étrange, une atmosphère insolite, avec ces bruits parfaitement maîtrisés dans leur dérangement, qui parfois enflent au débouché d’une trompette profondément irritée ; on est au cœur d’un thriller postmoderne pour le « Tredici » final. Créateurs de ces architectures massives mais aussi fragiles,
le résultat est une musique à la trame complexe. C’est ce que l’on retiendra, ces quatre-là concoctent, à partir de sons recherchés un magma très personnel.
A  suivre …

 

Sophie Chambon

 

NB : Et toujours comme pour les disques de Circum, un bel objet à la pochette et au graphisme soignés !

 


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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 07:43

 

Julien Delli Fiori

Editions La Martinière 2010, 192 pages, 33,25 euros

 

ascenceur Pour tous les amateurs de jazz, Julien Delli Fiori a longtemps (re)présenté « Ascenseur pour le Jazz » l’émission culte que le journaliste a animé pendant plus de 20 ans sur les antennes de France Inter avant d’accepter récemment de prendre la Direction de Fip, autre radio musicale de Radio France.

Le livre au titre éponyme qu’il signe aujourd’hui qui paraît aux Editions de la Martinière est une sorte de mini dictionnaire des grandes figures du jazz, de ces personnages héroïques qui ont transmis à Julien Delli Firori la passion de cette musique. Portrait de musiciens de légende, gravés à tout jamais dans le marbre bien vivant du patrimoine jazzistique de l’humanité ! Quelques mythes

 

que pour certains, Julien Delli Fiori a eu la chance de rencontrer jusqu’à en tisser des liens amicaux au hasard des interviews et des festivals qui ont émaillé sa carrière.

 

Cassant la logique chronologique habituelle et roborative, Delli Fiori propose ici une lecture matricielle autour de quelques grands thèmes du jazz : Nouvelle Orléans, Swing, BeBop, Hard Bop, Jazz West Coast et jazz cool, Free Jazz, Jazz Fusion, Vocal Jazz, Jazz Folie, Rythm’n blues, blues, Jazz & Co ( Gypsy Jazz, Latin Jazz), Jazz now, Miles Davis, Jazz & Cinéma, Jazz Festivals. Le tour du monde du jazz en 192 pages, emballé c’est pesé et l’histoire du jazz est bouclée. Y a plus qu’à mettre la galette dans le lecteur ( les choix discographiques sont là pour ça) et le tour de diablotin Delli Fioresque est joué.

Car il ne s’agit pas de faire ici un dictionnaire du jazz mais plus d’en livrer un rapide survol, animé au fil des pages par l’écriture déliée, passionnée et bigrement synthétique de Delli Fiori dont on croit entendre la douce voix en filigrane, comme autant de spot de présentation avant que l’artiste n’attaque  sur l'antenne imaginaire son chorus annoncé. Delli Fiori écrit avec gourmandise. Offre un regard un peu décalé et toujours alerte. Avec cette passion du jazz qui donne des ailes à sa manière d’écrire.


Et l’auteur, parce que c’est l’auteur, a ici tous les pouvoirs, dont celui de tailler à la hache, de faire ses propres choix éditoriaux. Ces choix partiaux en 41 portraits en jazz totalement assumés  comme ce chapitre sur le « jazz now » par exemple résumé (ou limité) à Carla Bley, Pat Metheny, Stefano Di Battista et Jan Garbareck. Choisir ,c’est renoncer »

 

Admirablement iconographié, l’ouvrage se situe entre « beau livre » et petit dictionnaire amoureux du jazz. Des photos ultra-connues signées Herman Leonard, Le Querrec et d’autres voisinent avec des clichés plus inédits ou encore avec de superbes pochettes d’album qui viennent comme des points d’exclamation colorés sortir le jazz de son esthétique si (trop) souvent black and white.

 

Avec Julien Delli Fiori on survole en classe éco des paysages somptueux qui donneront assurément à ses voyageurs néophytes l’envie de faire quelques escales dans ces paysages du jazz, si attrayants lorsqu’ils sont vus par son hublot.

 

ma pomme

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 23:51

BDJZ052_RECTO.jpg

BD Music
Sur une idée originale de Nicolas Pothier
Sortie le 20 juin 2010
www.bdmusic.fr
www.arte.tv




La collection Bd Music fait appel à des dessinateurs confirmés ou à de jeunes talents prometteurs qui, en s’inspirant d’une figure du jazz (chanteur, instrumentiste…) composent une véritable partition, illustrée en deux cds, par les choix musicaux d’experts de cette musique…
Un petit chef d’œuvre d’humour et d’intelligence est sorti le 20 juin dernier aux éditions de Bruno Théol, consacré à deux figures emblématiques du jazz et de  la bande dessinée, Cabu et Cab Calloway.
Cabu a une connaissance immense du jazz et une véritable passion pour Cab Calloway, le maître de cérémonies du Cotton Club, chanteur, scateur, danseur, compositeur et chef d’orchestre, qui resta fidèle toute sa vie – et elle fut longue et bien remplie - au titre qui lui avait valu la gloire « Minnie the Moocher » : ayant oublié les paroles, il se livra à une improvisation jubilatoire en introduisant dans la chanson des « Hi de ho » qui allaient devenir sa signature.
Prince du « hi de ho », roi des zazous,   Cab, à la longue mèche noire, raide et tombante, fut  un personnage de la scène et de la musique noires : arrivé à New York à la fin des années vingt, quand le Savoy Ball room est le paradis des danseurs, il s’impose vite : macho, séducteur, maquereau mais aussi musicien confirmé, il fait de son corps son propre instrument, et manifeste une telle folie sur scène qu’il devient une figure de la culture afro-américaine, sophistiquée et urbaine.
La Bd nous raconte tout ce qu’il faut savoir sur ce grand « entertainer », une version scénarisée avec talent au moyen de planches très drôles signées Cabu, mises en couleur par  Wozniak (comme dans la collection de Cds qui porte le titre de Cabu Jazz dont la dernière livraison est époustouflante, Lester Young clarinettiste, Barney Kessel, Gil Evans, Art Blakey et les Jazz Messengers).
Cabu est un vrai fan de Cab Calloway tout comme Jean François Pitet qui sait absolument tout de l’artiste et qui lui a consacré un site exhaustif, en français s’il vous plaît, www.thehidehoblog.com  :  infos, anecdotes et surprises.
Il a d’ailleurs rédigé les pages très précises et illustrées de vignettes de sa collection (visiblement énorme) de la biographie de  ce ‘fou chantant’. Il est aussi à l’origine du documentaire inédit passé sur Arte le 4 juillet dernier « Cab calloway, le dandy de Harlem ».

Christian Bonnet s’est chargé avec le talent qu’on lui connaît de faire la sélection musicale et d’établir la discographie. C’est l’un des mérites  de ce numéro particulièrement soigné que de nous faire découvrir l’œuvre de Cab Calloway de 1930 à 1953 et d’insister sur son rôle à la tête de grands orchestres, tout en restant un fabuleux  vocaliste du scat.
Le deuxième CD est à cet égard absolument fantastique ! Sans être  un inconditionnel absolu de Cab, on ne peut que s’émerveiller des années passées aux commandes de cette rutilante machine de l’ère swing,  dans laquelle s’illustraient Chu Berry, Dizzy Gillespie,  dès 1939. Et en 1941, au plus haut de sa forme, l’orchestre de Calloway comptait de sacrées
pointures comme Cozy Cole, Lammar Wright, Milt Hinton… Dizzy éternel farceur et rebelle à toute discipline, se fit renvoyer lorsqu’un soir, il envoya une boulette (de trop) sur la tête du maître en train de stratosphériser. Mais on lui doit pendant son séjour dans l’orchestre de beaux arrangements et ce délicieux I beeped when I shoulda bopped,  qui résumait à merveille la position de Cab Calloway.
Si vous ne dressez  pas la tête en entendant  ce Limehouse blues endiablé, ou ce Cupid’s nightmare, si vous ne frissonnez pas d’aise avec cet envoûtant  Lonesome nights où Chu rivalise en suavité avec les plus grands ténors Ben Webster et Coleman Hawkins, passez votre chemin et abandonnez l’ idée de comprendre un jour ce que fut le jazz dans sa très grande époque…  
Donc on récapitule : une BD savoureuse et très actuelle,  un fameux petit lexique de l’argot des musiciens de jazz (d’ « alligator » à « zoot suit » sans oublier « reefer »). Une  mine d’informations avec une iconographie originales . Une sélection musicale excellente avec en final,  un époustouflant Ain’t necessarily so, un des « tubes » de Porgy and Bess : version hilarante, déjantée, où Cab, souffle, éructe, se gargarise , avec des outrances qui pourraient être comparées avec ce que fit  ( plus tard) Screaming Jay Hawkins dans le célèbre I put a spell on you . Cab Calloway, l’une des gloires avec Lena Horne du film musical Stormy Weather, allait influencer le rap, le hip hop, Michael Jackson et apparaître dans une scène d’anthologie du film de John Landis, le célèbrissime The Blues Brothers en 1980, avec Dan Ackroyd  et le regretté John Belushi.
Ce numéro de la collection Bd jazz, vraiment exceptionnel, trace un portrait attrayant et richement documenté de Cab Calloway, sans oublier l’un des aspects forts de cette période et de l’histoire du jazz, la ségrégation raciale.

Sophie Chambon

Mariage RJM 06 09 148

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 10:39

Notre confrère et ami Alex Dutilh le-blog-d-alex.jpgpublie depuis le 1er juillet son blog ,en marge de l'émission Open Jazz.

Allez y faire un tour. Ce salaud est en ce moment au festival de Montréal et vous livre tout, les avants scène les backstage et tout ça tout ça.

Y a pas à dire y'en a qu'on du pot !

Moi c'que j'en dis.......

 

Pour aller passer un moment au Qébec avec Alex : Cliquez ici, ça y est vous y êtes

 

 

C'est pas grave on va se consoler en allant découvrir la nouvelle scène jazz de Berlin au Parc Floral cet après midi.......

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:37

Plus Loin 2010

Cesario Alvim (p), Eddie Gomez (cb)

alvim

Sous ses airs de colosse mi-breton- mi-brésilien, du genre à déplacer les montagnes d’une seule main, Cesario Alvim est un tendre. Je veux dire, un vrai tendre. Un type qui lorsqu’il prend sa contrebasse se met à lui jouer la sérénade comme si c’était la plus belle des filles et qui lorsqu’il se met au piano, l’effleure avec des mots doux d’une infinie délicatesse.

Le pianiste-contrebassiste n’en est pas à sa première rencontre avec Eddie Gomez. Ce dernier, contrebassiste de Bill Evans avait en effet cajolé la grand-mère dans le trio original que Cesario Alvim avait constitué avec un autre Breton, le trompettiste Eric Le Lann en 1988.

Cette rencontre ressemble donc plutôt à des retrouvailles avec pour thème central le fantôme en filigrane de Bill Evans et la place de la contrebasse dans le jeu modal de ce dernier. Le Dictionnaire du jazz dit à propos de Cesarius Alvim que ce dernier est « l’un des premiers pianistes à avoir favorisé l’émancipation de la basse comme une surenchère mélodique à force d’exploration harmonique ». Un peu excessif mais quand même pas trop loin du propos à l’écoute précisément de cet album-là.

Le jeu d’Eddie Gomez s’y reconnaît à 10.000 lieues à la ronde à tel point qu’on a le sentiment que le propos est renversé et que Cesarius Alvim va se mettre à jouer comme Bill Evans. Mais ce dernier évite les piège d’un discours archétypal  et sur ses compositions partage l’espace mélodique et harmonique avec celui dont a pu dire qu’il était dans le trio de Bill Evans l’héritier direct de Scott La Faro. Le temps, le tempo s’écoulent alors doucement et avec une immense légèreté. Chacun alterne l’accompagnement de l’autre, avance à tout de rôle tout en se tenant la main.

On a pu entendre récemment un duo fabuleux piano/contrebasse entre Jarrett et Haden. Il s’agissait d’émotion palpable d’une formidable densité. Ici c’est une tout autre couleur où domine la retenue et où chacun ne s’insère pas dans les espaces que lui laisse l’autre mais vient en compléter la tonalité, la couleur.

Cesarius Alvim peintre à ses heures, ( il signe d’ailleurs la belle pochette évoquant la falaises bretonnes) joue dans le pastel une musique d’une immense zénitude. Eddie Gomez en apporte une profondeur rare et une fort belle résonance.

Jean-Marc Gelin

Trouvé sur le net un sublime solo de contrebasse de Cesarius Alvim sur My Foolish Heart de Eric Le lann. Chapeau à ce dénicheur….

 

Fhttp://www.onf-contrebasse.com/forum/topic2162.html

 

http://www.deezer.com/listen-3657735

 

 

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:15

ANTONIO SANCHEZ : «  Live in New York at Jazz standards »

Cam Jazz 2010

Miguel Zenon (as), David Sanchez (ts), Scott Colley (cb), Antonio Sanchez (dm)

antonio sanchez

Si vous voulez avoir une idée sur ce qui se pratique de mieux dans le jazz actuel, allez voir (ou plutôt écouter) du côté de cette nouvelle génération du jazz issue de l’immigration portoricaine, indienne etc … et forgée dans les meilleures écoles  de  musique.  C’est  une  génération  qui  possède,  bien ancrée en elle ses propres racines métissées à un jazz aussi savant que sauvage, mélangeant ses idiomes avec les patterns  traditionnels du jazz, du rythme, du swing et de la syncope.   Il  suffit  d’entendre  les  prodiges  de  Miguel Zenon, de Vijay Iyer, Guillermo Klein, Rudresh Mahantappa ou encore de David et de Antonio Sanchez ( qui ne sont pas de la même fratrie ) pour s’en rendre compte. Il y a dans leur musique et à des degrés divers, une rage de musique intacte et cristalline.

Et la magnifique idée de la part du label italien d’avoir mis la main sur la captation live d’un concert donné par le quartet d’Antonio Sanchez au Jazz Standard en 2009 en est une illustration flagrante.

Sous  la  houlette  de  ce  magnifique  batteur d'à peine 39 ans, demandé par les plus grands du jazz (trois fois primé aux Grammy Awards et membre permanent de la formation de Pat Metheny) c’est un superbe quartet powerful qui en effet, se dégage  ici.  Une réunion aux sommets de 4  immenses talents bourrés d’une énergie de tous les diables. Deux solistes poussés, portés, expulsés, balancés en l’air par une rythmique de choc qui avec Scott Colley (génial et ultra puissant) et Antonio  Sanchez  (  en trublion inventif) emporte tout sur son passage, la musique, les solistes, les spectateurs du soir, les auditeurs accrochés à leurs earphones, les cravates qui s’envolent au comptoir du bar et les pékins accrochés au zinc  pour  ne  pas s’envoler. Impossible de résister à son flot. Et s’il n’y a avait que cela ! Mais ce serait oublier cette musique pour l’essentiel composée par Antonio Sanchez, matériau qui déborde de trouvailles, multiplie les formats, enchaîne  les  séquences  de contrepoint avec des unissons furieux et laisse place à des espaces parfois ultra denses  ( les deux premiers morceaux, Greedy Silence et H & H mettent littéralement le feu) et parfois au contraire très étirés ( Ballads, The Forgotten Ones).

On  aurait  certes  pu  craindre  à l’usure face à ce double CD « live » où les morceaux durent chacun au bas mot, 17 à 20 mn. Mais il n’en est absolument rien.  Et c’est tout au contraire une sorte d’émulation perpétuelle qui nous maintient toujours  en  haleine  à  force  d’énergie  toujours redoublée. Où l’on ne sait plus trop, dans la rythmique, qui galvanise l’autre de Sanchez et de Colley. Deux saxs  (ténors et alto), époustouflants où chacun imprime sa marque et porte le témoignage  de  deux  personnalités  fortes,  deux discours pleinement affirmés. Jamais dans l’esprit d’un duel mais plutôt dans celui d’une complémentarité d’où naît la surprise de deux discours fleuves et formidablement riches. L’un c’est l’aîné, le protégé de Dizzy Gillelspie il n’y pas si longtemps, c’est le Nil majestueux et puissant débordant les plaines ensevelies et l’autre plus jeune mais déjà immense saxophoniste c’est l’Amazone et le Yang Tsé Kiang réunis.

Formidable choc de rentrée……

Jean-marc Gelin

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 19:09

ECM 2010

Tim Berne (as), Craig Taborn (p),Michael Formanek (cb), Gerald Cleaver (dm)

 

FORMANEK.jpg Il y a des disques dont on sort de l’écoute en se sentant un peu idiot. En ayant le sentiment  d’être passé à côté de quelque chose sans réellement savoir de quoi il s’agit. On sent bien, on sait bien qu’il s’est passé quelque chose de beau, de très beau mais sa forme reste difficilement saisissable. On est face à une esthétique esthétisante, un pur moment intellectuel, un  art un peu conceptuel dont on appréhende d’abord les contours avant de se l’approprier réellement.

C’est un peu ce qui se produit avec cet album du contrebassiste Michael Formanek qui signe là son premier disque ECM avec u  quartet inédit. Pour l’occasion il retrouve le saxophoniste New-Yorkais Tim Berne avec qui il a eu l’occasion de travailler souvent ainsi que Craig Taborn aux claviers et Gerald Cleaver aux baguettes. Il s’agit alors pour eux d’explorer des espaces d’improvisation  de se rencontrer, de se séparer, de faire vibrer la forme, lui donner une vie modelée comme de la pâte. Tim Berne que l’on connaît fougueux et presque free se trouve ici un peu à contre-emploi dans une musique qui n’est pas réellement la sienne mais qu’il parvient à animer. Craig Taborn quant à lui est véritablement le centre du propos bien que lui aussi soit dans un registre qui n’est pas le sien, abandonnant ici les claviers électriques pour le piano acoustique.  Un jeu égrené d’arpéges filants sur une onde invisible (Twenty Three Neo), ou bien posant les résonances d’accords graves ou encore tournant autour d’une pièce tonale (Tonal Suite) montre l’étendue d’un jeu décidemment inclassifiable.  Craig Taborn ne se réduit pas à la simple partie d’une rythmique mais en véritable co-leader aux côtés du saxophoniste. Il ne s’agit pas dans son jeu de contre-chant classique mais d’un jeu en véritable contraste. Visiblement très à l’aise avec la musique de Formanek, Craig Taborn lui apporte une fraîcheur magnifique. Dès lors les 4 acteurs de cet espace d’improvisation se concertent, se suivent parfois, martèlent les lignes, déforment légèrement les espaces dans un cadre harmonique qui reste très construit et très strict. Et c’est tou leur art de parvenir à cet ensemble kaléidoscopique dans un système plutôt contraignant.

Le résultat, pour autant, est assez conventionnel et ne surprend pas réellement. L’ouvrage n’est pas réellement difficile d’accès et reste dans le domaine des musiques improvisées. Mais il paraît parfois un peu hermétique par son aspect un glacé qui s’écoute, s’entend mais peine à imprimer durablement son empreinte.

Jean-Marc Gelin

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 08:44

 

Les DNJ seront, du 20 au 25 juillet, partenaires du très beau festival des ARENES DE MONTMARTRE.


Un concert par soir, un lieu unique en plein coeur de Montmarte, 6 soirées qui s'annoncent magiques...

 

 

 

BILLY HART / DAVE LIEBMAN / DREW GRESS / JOHN ABERCROMBIE / MARC COPLAND

le Mardi 20 Juillet 2010 à 21h00

 

 

MARTIAL SOLAL

le Mercredi 21 Juillet 2010 à 21h00

 

 

 

 

NORMA WINSTONE

le Jeudi 22 Juillet 2010 à 21h00

 

 


FABRICE MOREAU / STEPHANE KERECKI / THOMAS SAVY

le Vendredi 23 Juillet 2010 à 21h00

 

 

 

 


BRUNO ANGELINI / CHRISTOPHE MARGUET / MAURO GARGANO / SEBASTIEN TEXIER

le Samedi 24 Juillet 2010 à 21h00

 

 

 


DANIEL HUMAIR / JEAN PAUL CELEA / LOUIS SCLAVIS / MICHEL PORTAL

le Dimanche 25 Juillet 2010 à 21h00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 22:44

 

livrejazz.jpg

Editions TANA

www.le petit livre à offrir


Textes : Misterioso assistée de Pascal Anquetil, Raphaële Vidaling et Rémi Vimard

Prix 14,90 euros

 

Jazz en jeux ? En voilà une manière agréable de se détendre en se cultivant … Quoi de plus recommandé que de se procurer cet été  le guide-coffret des éditions TANA : Le petit livre à offrir à un amateur de jazz…parce qu’il connaît Charlie par coeur ?

C’est en effet le dernier-né d’une collection originale et ludique qui rend un domaine de connaissances  accessible. Une façon ludo-pédagogique d’apprendre en s’amusant, une méthode concoctée par deux éminents spécialistes du jazz et des jeux (tous les jeux) Pascal Anquetil, Monsieur IRMA et sa fidèle complice MISTERIOSO (oui, cet « homme d’esprit » est une femme), bien connue des lecteurs de Jazzman : on retrouve d’ailleurs ses grilles de mots croisés régulièrement dans les colonnes du mensuel  Jazz Magazine , sans oublier,  aux jolies éditions ZULMA, un premier opus intitulé justement « JAZZ EN JEUX ».

Ce livre s’adresse donc aux amateurs de mots croisés, de jeux de mots en tous genres, et à ceux qui aiment le monde des mots et du jazz. Nul besoin d’être spécialiste pour jouer et se divertir. Mais les jazzfans aussi feront des découvertes, retrouveront musiciens et thèmes qui ont fait l’histoire de cette musique : ils se régaleront à la lecture de cet ouvrage, car jazz et jeux vont  bien ensemble.

 Vous saurez tout, absolument tout, et même ce que vous n’avez jamais osé  imaginer sur le jazz  en feuilletant ce guide plein de fantaisie, conçu sans ordre précis mais avec érudition, esprit, bonne humeur et humour :  rébus et charades, portraits-mystères, argot des musiciens, pochettes mythiques (et pas seulement celles de Blue Note), mini-interviews de musiciens,  citations pertinentes, « fables express » selon Alphonse Allais … Sans oublier des thèmes, attendus ou non,  comme Jazz et cinéma, Jazz et architecture,  l’amour et les standards , les femmes et le jazz  (il est toujours utile d’insister sur ce point), les gangsters et le jazz , Jazz et gastronomie , les LP  les plus vendus, la carte des clubs de jazz parisiens disparus…

Enfin, vous lirez ce petit texte au titre accrocheur : « Qu’est ce que le jazz ? »

 Question à laquelle Armstrong,  un brin provocateur, répondait : Si vous me demandez ce que cela veut dire, c’est que vous ne le saurez jamais. 

Précisons encore que l’un des attraits de ce livret est la création graphique originale,  singulière et bleue de Nicolas Pruvost  (www.nicolaspruvost.fr)

Voilà un bel objet, solide et compact, unique, que l’on gardera dans sa bibliothèque ou sa médiathèque mais que l’on pourra emporter sur la plage, dans le train ou l’avion , pour ne pas bronzer idiot et passer des vacances rêvées sur le mode jazz. Alors, n’hésitez plus ! Ces jeux de jazz sont pour vous !

 

Sophie Chambon

  Mariage RJM 06 09 148

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 16:28

made-of-dust.jpg

Autoproduit – 2010

 

 

Article publié le 30 août 2010

 

Fabian Daurat (elg), Albert Marques (p), Samuel Hubert (cb), Rémi Vignolo (dr)

 

Premier cd pour ce guitariste français récemment sorti de la Berklee. Au premier abord, « Made of Dust » ne paie pas de mine, alors qu’il réserve quelques surprises. La première d’entre elles est d’entendre Rémi Vignolo,  « Ze contrebassiste » passé à la batterie, au sein de ce quartet composé de Samuel Hubert (cb) et Albert Marques au piano - deux musiciens qui sont pour votre serviteur  inconnus. La deuxième est l’espace accordé au pianiste qui a composé trois des titres - Fabian Daurat a composé les quatre autres - et dont le piano est tout aussi présent que la guitare. Enfin, Fabian Daurat s’avère être un guitariste avec une large palette de styles - de Wes Montgomery à Pat Metheny, avec la forte empreinte de George Benson – et un jeu très sobre.

Sur « Syrius », ballade composé par Daurat, le guitariste fait une entrée discrète et mesurée. Puis les vocalises, qui doublent la guitare, et son jeu rappellent le Pat Metheny group des années 80-90. Une fois cette mise en bouche avalée, Daurat pousse la chansonnette sur « Bye Bye Blackbird » et « Les feuilles mortes ». Et il s’en tire bigrement bien. On aime mieux la voix, claire légèrement naïve, de Daurat-chanteur sur « Bye Bye Blackbird » que sur « Les feuilles mortes » où le chant en français lui réussit moins associé à un petit manque d’imagination.

Sur « Call It A Day », composition enlevée du guitariste, Daurat dévoile un jeu tout en accord, initialement développé par Wes Montgomery, et une jolie maitrise de l’instrument sans éclats forcés, avec retenue poétique. Sur « Granollers » de Marques, le jeu du guitariste est à nouveau discret et voluptueux ; il laisse la part belle au pianiste dont le jeu et la rythmique rappelle « Con Alma » de Ray Bryant. En revanche, il prend la main sur « Blues #N », un blues Be-bop tout à fait classique doté d’une tension pulsatile, et emmène tout le groupe avec lui sur une très sympathique cavalcade. La rythmique complexe de « IDN » est le fait du pianiste et fait de cette pièce moderne, l’œuvre la plus aboutie du cd, sans oublier « Made of Dust ». Ce morceau introspectif à la contrebasse envoûtante et à la guitare distante est l’éponyme de l’album. La signification du titre de l'album et sa musique nous ont interpellé et nous avons demandé à Fabian Daurat de nous l’expliquer par ces mots : «"Le morceau Made of Dust porte ce nom car il est conçu comme une méditation. Il évoque ma conception de la condition humaine :  Nous sommes une poussière en suspension dans l'univers, une poussière infiniment précieuse. J'ai baptisé ainsi l'album car cette idée me guide dans mon rapport à la musique, et à travers elle, à la vie en général, ainsi que j'essaie de l'exprimer à travers chaque note."»

Avec ce premier album, Daurat surprend par une musique délicate, un jeu sobre sans bavure et de jolies compositions. Il montre qu’il sait accorder une part importante de liberté et de confiance à ses musiciens (on pense à Marques et à Vignolo à la batterie qui n’usurpe en rien sa place de batteur, au contraire son jeu est limpide et sa frappe est solide.) et pose de cette manière les fondements d’un véritable groupe.

Derrière la discrétion et l’espace, Daurat rapproche les talents et sait les écouter. Il cheville les énergies et développe avec « Made of Dust » un délicieux moment musical gonflé d’une belle âme.

 

Myspace

 

 

Jérôme Gransac


 

 

 

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