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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:18

JJJ Susanne Abbuehl: « Compass »

ECM 2006

 

 

 

 

 

 

Avec ce deuxième opus, la chanteuse suisse néerlandaise, Susanne Abbuehl affirme un peu plus son singulier style fait de mots chuchotés, de sons distendus, de notes en suspens, de silences expirés. Elle ouvre tout en légèreté et sensualité un espace où le temps n’est plus une contrainte, où le chant traverse les êtres.  Avec l’auditeur, elle crée une subtile intimité. Un éloge à la lenteur pour mieux toucher notre âme. Le dialogue inspiré des deux clarinettes de Michel Portal et de Chritof May (que l’on regrette de ne retrouver que sur deux morceaux), l’accompagnement religieux et parfois trop sage de Wolfert Brederode au piano ou le jeu aérien de Luca Niggli à la batterie et aux percussions, transcendent un peu plus la poésie de son chant. Son précédent album « April », une véritable perle, sorti en 2001 chez ECM, était un patchwork de chants indiens, de poèmes d’E.E Cummings et de morceaux de Carla Bley, un tourbillon d’émotions et de sons, tout en retenue. Ici, il y a une plus grande unité artistique. Elle nous balade entre jazz et folk songs, du côté de chez Joyce, Berio, Sun Ra, Chick Corea, Feng Meng-Lung, un poète de la dynastie Ming. Ses arrangements comme ses compositions sont dépouillés et sont construits sur des systèmes cycliques : la répétition et le retour du même. Inspirée par ses maîtres, Jeanne Lee et Prabha Atre, qui lui a transmis le chant indien, elle réinvente son propre langage. Un rien mystérieux. Preuve en est cette très personnelle interprétation de « Black is the color…» à mille lieux de l’interprétation free et dramatisée de Patty Waters ou le magnifique «Flamingos Fly», autrefois chanté par Jeanne Lee accompagnée de Ran Blake. Ses confidences nous ensorcèlent jusqu’à l’emprisonnement. De guerre lasse, nous l’abandonnons avant la fin de l’album, pour y revenir plus tard avec la même béate admiration.

 

 

 

Régine Coqueran

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:17

JJJJSébastien Jarrousse / Olivier Robin Quintet : « Tribulation »

Aphrodite records - 2006

 

 

 

 

 

 

Titre éponyme, la première plage donne le ton. Dès la première note, le quintet de Jarrousse et Robin nous jette dans un hard bop fiévreux et tumultueux guidé par un climat énergique.

Les tribulations musicales de Jarrousse et Robin traduisent une détermination esthétique précise quand aux chemins choisis pour cet opus.  En effet,  les influences se font immédiatement sentir : on entend des phrasés propres à Kenny Garrett chez l’altiste Olivier Boge et une atmosphère coltranienne dans le sax ténor de Jarrousse. Sur « Au bout du rouleau », le style posé de Jarrousse rappelle cette particularité chez Steve Grossman.

 Disons le sans ambages, les premières choses qui frappent à l’écoute du cd sont une très sérieuse envie de jouer de la part des musiciens et une joueriez à l’américaine terriblement efficace qui assène un swing tranchant. L’homogénéité et la constance esthétique et artistique de l’œuvre et la sincérité de la musique sont telles que l’on croit que les pièces sont toutes des premières prises enregistrées « straight ». Sans excès, et peut être légèrement sur la réserve pour Jean Daniel Botta à la contrebasse plus musical que ses comparses, la section rythmique piano/contrebasse/batterie est très cohésive et responsable de cette jouerie qui tourne comme une horloge suisse, en particulier sur les morceaux enlevés. On retient en particulier le drive sûr et swinguant de Robin. Soutenus par la rythmique, les saxophonistes ne sont pas en reste. La masse sonore qu’ils dégagent et les arrangements de Jarrousse rendent leur jeu incisif et éclatant à tel point qu’ils sont les deux locomotives de ce train à grande vitesse Si la rythmique s’emploie à ne jamais relâcher la tension, Emil Spanyi retient toute notre attention. Son accompagnement est très riche et novateur en particulier par ses accents sur les temps forts qui terminent les phrasés du batteur et l’engagent sur de nouvelles idées. Sur à peu près tous les morceaux à tempi up, la complicité entre Spanyi et les deux saxophonistes est palpable tellement le jeu d’accompagnement du pianiste est peuplé de répons et d’à propos tout en conservant une densité de jeu à la Mc Coy Tyner.

 Pour ses chorus, Spanyi s’appuie beaucoup sur la force rythmique du batteur. Il dispose ainsi de tous les repères nécessaires pour libérer une énergie lumineuse et épanouie et un discours qu’on déguste la bouche ouverte. Toutes les compositions et arrangements sont de Jarrousse. On devine une ferme maîtrise du métier de la composition chez le saxophoniste qui parvient à combiner habilement mélodies et fulgurance.

 Dans un style qui date mais avec une modernité surprenante, ce quintet peut le crier haut et fort : le bop est en pleine forme !

 Jérôme Gransac

 

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:14

JJJJ  Erik Friedlander « Prowl » 

 

 

Cryptogramophone 2006

 

 

 

 

On peut remercier William Russel qui lui a donné son « 1er vrai violoncelle », et les « papotes » qu'ils ont taillées ensemble chez Buster's ou dans Bourbon Street. Erik Friedlander en a tiré l'art "d'entre-potes" et un goût malicieux de l'impro plein d'images inspirées. « Mon but est de créer une musique la plus concise et concentrée possible puis de faire confiance au groupe au moment fort du jeu... » Il continue ce bon pari dans ce 2ème album du groupe : "Prowl" qui rôde en effet dans les sphères colorées de l'Afrique avec un petit détour clin d’œil à la New Orleans in "A Closer Walk With Thee"(la surprise!). Mais Topaz (du nom du quartet) c'est aussi beaucoup le sens du voyage dans la recherche d'une culture essentielle. Un genre de synthèse finement assimilée, ouverte, qui nous raconte des histoires de différentes régions Africaines à travers, par exemple, les rythmes spécifiques "d'un coucou démonté" venu de la forêt de Guinée où les traditionnels djembes sont habilement substitués sauce Topaz (Howling circle), ou encore dans l'ouest Africain Agaya (Anhinga), en Kundabigoya (Prowl) et en Djolé (Rain Bearers). Des noms qui sonnent et déjà annoncent une teinte, une ambiance, un rythme particuliers.

 

 

Belle énergie oui soutenant cette musique d'une étrangeté  fascinante qui met en valeur la complicité des musiciens, leur spontanéité cohésive à l'atmosphère délicate. Stomu Takeishi à la basse est présent "just' c'qui faut" mettant un petit accent moderne à ce joyeux mélange de genres pendant que Satoshi Takeishi fraternalise aux percussions. Puis du violoncelle dans le jazz voilà qui est suffisamment rare pour interpeller! Et quand la clarinette (ou le saxo alto) de Andy Laster vient doucement se mêler à l'unisson

 

 

d'Erik (Anhinga) c'est...chouète (pour changer du coucou!). On y retrouve d'ailleurs un petit accent funky de son premier groupe qui ajoute de l'éclectisme au déjà bel éventail d'univers de ce groupe. Après les hennissements obsessionnels du "cercle mugissant", on passe à une balade printanière, puis on revient à l'obsession du rôdeur, et de nouveau un doux cheminement scandé, au crescendo palpitant et ainsi de

 

 

suite on cahote dans ces fantaisies troublantes qui mêlent coquinement à l'art de l'impro celui de l'intrigue. Très intéressant.

 

 

Anne Marie Petit

 

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:14

JJJJ LAURENT DE WILDE : « Present »

 

 

 

Nocturne 2006

 

 

 

 

 

 

La langue française est bourrée de pièges trompeurs et si nous avions manqué de vigilance nous aurions sans hésité parlé d’album de « variétés ». Mais assurément il y aurait eu confusion, misunderstanding, gourance sur toute la ligne en somme. Nous lui préférerons donc la notion d’éclectisme qui nous semble mieux coller à la très grande richesse de cet album. Album dans lequel le pianiste de surprises en surprises nous laisse d’un bout à l’autre de l’ouvrage scotché à la plage suivante avec une sorte de plaisir frénétique.

 

 

 

Laurent de Wilde qui vient de passer ces 6 dernières années dans les sphères de la musique électro dans laquelle il n’y a pas si longtemps il jurait avoir trouvé son meilleur vecteur d’expression  (son dernier groupe « Organics » en était la parfaite illustration) fait ici un retour gagnant au tout acoustique.  Sans pour autant qu’il ne s’agisse d’un retour en arrière. Bien au contraire car Laurent De Wilde a grandi au passage, s’est nourri d’une nouvelle approche du clavier, s’est imprégné des nouveaux pianistes apparus ces dernières années de part et d’autre de l’atlantique, a emprunté aussi à de nouvelles musiques. Il en résulte un fondu enchaîné dans lequel De Wilde nous ballade dans ses musiques entre swing, blues, free, reggae. L’album démarre à un très hauts niveau avec les deux premiers thèmes qui sont des adaptations de ce qu’il faisait en électro : The Present était dans l’album «  Time for change » -2000 et Move on dans « Stories » - 2003. On comprend alors que le maître mot, le fil conducteur, la base irréductible pour De Wilde c’est le groove sous toutes ses formes. Il peut s’agir d’un swing ternaire sous toutes ses formes comme dans Move on où De Wilde s’amuse faire passer le morceau par tous les stades allant jusqu’à accélérer/ralentir les tempos à volonté. Dans un thème plus posé comme Fleurette africaine où l’on sent poindre rythmiquement et structurellement des univers svenssonien, De Wilde comme une seconde nature en revient toujours au groove et lui impose une pulse à l’africaine d’où émergerait bien un Randy Weston. Entre autres. Sur Quiet but not quite joué au départ sur quelques notes simples ponctuées par des battements d’horloge De Wilde crée de larges espaces sonores puis tel un démolisseur s’emballe, les remplit frénétiquement et s’ingénue à tout déstructurer comme l’aurait fait un pianiste free pour en revenir finalement à la structure lente. De Wilde se permet ensuite une incursion du coté du reggae dans un thème joué en hommage à Ernest Ranglin, chantre jamaïcain de la guitare reggae et avec qui le pianiste a eu l’occasion de jouer (One for Ernie), puis nous entraîne dans un club aux allures techno funk totalement irrésistible. Dans un fondu enchaîné tout cela finit par un bon gros blues ultra facile dans lequel il n’est certainement pas question de se faire du mal.

 

 

 

Et l’on comprend que ce travail suppose une rythmique impeccable capable de s’adapter à tous les univers, sorte de pâte à modeler que le pianiste triture sans cesse pour lui donner formes et couleurs multiples. Darryl Hall contrebassiste d’exception nous fait entendre au moins une dizaine de son à son instrument au gré des univers explorés.

 

 

 

Certains reprocheront alors peut être à De Wilde son côté zapping et touche à tout. Mais s’il est vrai que le pianiste brasse large dans l’histoire récente de la musique il a le mérite de donner un sérieux coup de jeune au piano jazz sans jamais ennuyer et sans oublier jamais ce que le jazz doit au swing, éternel point de ralliement de cet album. Et De Wilde nous en apporte ici une savoureuse et torride illustration.

 

 

 

Jean Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

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3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 10:09

PATRICK ARTERO : tirage de portrait

 Après trente-cinq ans de gourmandes et fiévreuses expériences autour de la salsa, du jazz, de la musique antillaise, du reggae, de la variété, Patrick Artero nous a régalé l’automne dernier avec sa première oeuvre personnelle en hommage au cornettiste Bix Beiderbecke, immédiatement récompensée par l’Académie du Jazz. Bix, Artero le découvre à l’âge de l’apprentissage alors qu’il étudie la trompette au lycée de musique de Sèvres.  Bix, c’est quelqu’un qui lui parle, un être tourmenté, quelqu’un qui a traversé pleins de choses qu’il a vécu. En 1975, il incarne déjà Bix  dans un film de Jean-Christophe Averty pour la télévision, une sorte de prémonition de ce projet qui inaugure superbement sa discographie. Ce projet il. Musicien voyageur et curieux, Artero multiplie les expériences et les performances. En 1969, il rejoint le groupe mythique de jazz New Orléans des Haricots Rouges. Entre 1973 et 1977, il joue tous les soirs au Slow Club avec Michel Attenoux. Cette période est déterminante dans sa carrière car il rencontre toutes les stars du jazz français, parmi lesquelles Claude Bolling, Marc Laferriere, Guy Laffitte, Martial Solal, René Urtreger. Il participe également à l’Anachronic Jazz Band et au Jazz Five de Raymond Fol avec André Villeger. Au début des années 1980, il se passionne pour la Salsa. A partir de 1984, il est de toutes les aventures musicales africaines et antillaises, ou presque, de Kassav à Touré Kounda. Les  années 1990 marquent son retour au jazz, surtout en big bands. Il nous prépare dit-on pour 2006 une surprise avec Vincent Artaud aux arrangements chez Nocturne, label avec lequel  il a signé un contrat d’artiste. Nous en salivons d’avance. En attendant, il ne cesse de réinventer sur scène l’univers bixien accompagné d’un quatuor à cordes ou en quartet (Laurent Courthaliac au piano, Matthias Allamagne à la contrebasse et Mourad Benhamou à la batterie). C’est dans cette dernière formation qu’Artero se produira le 21 octobre au NEW MORNING. Il nous fait ce mois-ci l’amitié de répondre à notre questionnaire-type. 

 

 

 

Régine Coqueran

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Pourquoi le jazz ?

 

 

 

Patrick Artero : « Parce que c’est la forme d’expression musicale la plus libre et qui permet de véhiculer dans  l’instant ses sentiments propres sur un schéma soit harmonique ou rythmique ou bien mélodique, donné avec son instrument. Politiquement ce serait une certaine idée de l’anarchie qui serait contenue…Je suis assez sensible à la notion de Liberté……. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Quelle est votre principale influence musicale ?

 

 

 

P.A : « Je pense que c’est la vie sous toutes ses formes ainsi que toutes les musiques qui s’y rattachent qui sont ma vraie source. Je vous parlerais donc de voyages et de rencontres, donc d’émotions, de douleurs plus ou moins physiques, psychiques, de la peur, de l’angoisse, mai aussi du bonheur amoureux, de la joie de vivre, la naissance et bien sûr la mort ! Mais j’ai commencé cette influence musicale par le son de la trompette de Louis Armstrong……puis aussi, quelques notions de musique dite Classique. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Qu’aimeriez vous transmettre ?

 

 

 

P.A : «  Si j’avais à transmettre quelque chose, ce serait surtout une certaine idée de la liberté, par rapport à ce monde qui est en pleine mutation. Il y a un roman de Francis Marmande sur l’alternance des triomphes et les débâcles aussi profonds les uns que les autres, d’un torero, qui en ont fait une légende…comme une image de la grandeur et de la peine des hommes en liberté. Il y a évidemment cette chanson de Jacques Brel intitulée «  La Statue » qui reflète bien ce que je peux ressentir au sujet de cette transmission.  En fait, je me sens bien dans une peau de troubadour qui va, comme les chiens, renifler un peu le c.. des autres.  Je me crois volontiers d’un naturel curieux et gourmand…jusqu’à l’extrême parfois……. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Croyez vous à une révolution possible du jazz et existe-t-il de nouvelles expériences qui vous intéressent ?

 

 

 

P.A : « Pour ma part, la révolution doit être permanente ou bien elle meurt…. Donc, forcément la musique suit, ou bien influence le cours de la vie. Si nous prenons la musique de Jazz comme exemple, (avec sa conception du swing au sens véritablement le plus large du terme), elle ne peut évoluer que si elle garde son aspect révolutionnaire, en faisant appel  à l’être humain et lui seul pour sa création sur l’instant. Le reste (rythmique, harmonique et mélodique) est  le regard de ce même être humain sur le monde actuel.

 

 

 

Les nouvelles expériences font partie intégrante de cette révolution. Certaines meurent, d’autres survivent !

 

 

 

 En ce qui me concerne, il m’est difficile de travailler avec des éléments que je ne maîtriserais que partiellement, mais cela ne veut pas dire que je m’interdis cette voie. Le tout doit être d’une logique par rapport à moi-même. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Sur une île déserte qu’emporteriez vous ?

 

 

 

P.A : « Pour un court séjour, ma brosse à dents et quelques livres, pour un temps plus long je rajouterais ma trompette, mais pour un temps définitif je demanderais à mon épouse de bien vouloir réfléchir à l’idée de venir partager cette solitude ….. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Pouvez-vous rédiger la dédicace de votre prochain album

 

 

 

P.A : « …….Pépé, Fattier, Luis, Rolph, l’Orannais…C’est à vous que j’ai pensé…… »

 

 

 

 

 

 

DNJ : Pouvez-vous citer 3 artistes que vous détestez ?

 

 

 

P.A : « Non, mais je déteste la connerie sur toute ses formes…Mort Aux Cons !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Quel est l’artiste avec lequel vous rêveriez de jouer ?

 

 

 

P.A : « Il y a tellement de rencontres à faire…ou bien qui n’ont pas pu se faire……. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Qu’est ce qui vous fait lever le matin ?

 

 

 

P.A : « Le réveil, les enfants pour l’école, le p’tit déj, la matinée très longue puisque levé tôt….. Pendant longtemps,…..très longtemps dirons nous je n’ai pas été du matin…Je me rattrape. »

 

 

 

 

 

 

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 10:04

MARTIAL SOLAL : entretien avec Xavier Prevost

 INA - Éditions Michel De Maule – 263p.

+ 1 DVD-CD Rom interactif

 

 

 

 

 

 

Ce livre d’entretien de Xavier Prévost avec le grand maître du piano jazz français qu’est Martial Solal est une oeuvre qui fera date.

 

 

 

 

 

 Outil pédagogique exceptionnel il se présente sous la double forme du livre et du DVD Rom. Ce dernier est la reprise filmée des entretiens publiés dans le livre avec une formule interactive qui permet à l’auditeur- lecteur de passer de l’un à l’autre tout en gardant la continuité du discours. Découpé en séquences et doté d’un moteur de recherche le DVD Rom permet de faire des recherches par mots clefs et d’accéder ainsi directement  à la séquence filmée où ces mots sont évoqués au cours de l’entretien. Il s’agit donc d’un outil de recherche indispensable qui devrait faire date dans ce genre d’édition.

 Sur le fond le format de ces 9 heures d’entretien (rien moins que 8’’54 pour être précis) permet une rencontre de grande tenue qui ne contente pas de mettre Solal en position de raconter sa carrière et son œuvre (ce qui est quand même le cas sur la première moitié passionnante du livre) mais aussi de la faire réagir sur des grands sujets transverses liés à la musique ( l’apprentissage, la composition, l’enseignement et la transmission, l’improvisation, le statut social de l’artiste). Ou encore de le regard Solal porte sur les grands pianistes de jazz d’hier et d’aujourd’hui.

 Ce qui frappe avant tout au cours de ces entretiens, c’est la très grande honnêteté intellectuelle avec laquelle Solal s’est livré à l’exercice. Radical refus de toute langue de bois. Homme sans concession aucune, Solal est un homme de jugements tranchés. Sévère sur bien des points. Il a par exemple des idées bien précises sur ce qui relève du jazz et ce qui n’en relève pas. Le jazz Rock ? « Ce sont des parenthèses, il faudra rejuger tout ça dans plusieurs dizaines d’années. Ces aventures là ne seront pas considérées comme des évolutions du jazz » (P.109). Le Free jazz ? « je n’étais pas favorable au côté bidon, je ne connais pas de mot plus élégant pour dire que n’importe qui pouvait faire n’importe quoi, y compris Ornette Coleman » (p.106)

Particulièrement sévère (ou exigeant) avec ses contemporains, certains en prennent pour leur grade. Et non des moindres : Keith Jarrett ? « J’aime tout ce qu’il fait lorsqu’il cesse de jouer en solo. Le solo n’est pas à la portée de toutes les bourses » (p.185). Même Portal avec qui il joue souvent a droit à une amicale vacherie «c’est extrêmement difficile à dire mais je pense que Michel aborde le jazz comme une passion, il brûle de passion pour le jazz, il est formidable pour ça mais j’ai du mal à admettre qu’il ait compris vraiment l’histoire du jazz » (p.155).

Mais sur son étagère on trouvera quand même beaucoup de monde depuis Art Tatum à Joachim Kuhn en passant par Mc Coy Tyner ou Manuel Rocheman (son ancien) élève ou Jean Michel Pilc. Parmi les personnes qui on beaucoup compté pour Solal et dont il est longuement question dans le livre on trouve aussi des personnalités immenses à la construction musicale et intellectuelle un peu similaire : son grand maître André Hodeir et dans une moindre mesure Lee Konitz avec qui il a joué souvent.

Solal ne renie aucune influence et même les revendique (« on naît forcement d’un père »). Il affirme simplement qu’aujourd’hui et depuis très peu de temps il  sait enfin jouer du piano. Son œuvre est réputée difficile et c’est sans concession qu’il juge le public qui ne le comprend pas : «  En général les gens qui vous disent – j’admire ce que vous faîtes mais cela me laisse indifférent, ça ne me touche pas-, je leur dis « mais c’est votre problème, c’est votre culture qui n’est pas suffisante, vous ne pouvez pas accéder à tel type de culture si vous n’avez pas franchi d’abord les étapes culturelles » (P.112). Jugement sévère et clairvoyant et qui a le mérite d’éviter le politiquement correct. C’est le moins que l’on puisse dire.

Solal avec son exigence absolue en matière musicale fait néanmoins un petit clin d’œil à ce  public ignorant lorsqu’on lui parle de son association avec les frères Moutin : « les frères Moutin sont merveilleux. Ils ont tout pour plaire. Je vais enfin devenir un pianiste commercial grâce à mes beaux accompagnateurs »

 Sur la place du jazz dans l’histoire de la musique, l’homme qui a créé le Dodécaband  et qui a composé des œuvres majeures comme Suite en Ré bémol pour quartette de jazz a une réflexion monumentale : « je pense que le jazz pour passer la rampe des siècles, devra posséder, de plus en plus, un répertoire d’œuvres importantes, et pas des petits thèmes prétexte à improvisation » (p.62). Puis plus loin «  le jazz pour durer devra laisser des traces qui ne sont pas des traces seulement de musique improvisée, mais de musique écrite, d’une certaine durée »

 Réalisés dans sa maison à Chatou par Xavier Prévost (Producteur et journaliste sur France Musique et grand connaisseur de l’œuvre Solalienne), ces entretiens permettent au Maître de prendre son temps et d’entrer en profondeur (mais pas toujours) dans les sujets abordés.  Si l’on peut être parfois dérangés par certaines redites (forcément en 9 heures on se répète fatalement) ou par le côté name dropping que lui impose Xavier Prévost à certains moments ( les continuels « et untel vous en pensez quoi ? » finissent par lasser), on est en revanche passionnés par le discours que l’intervieweur suscite chez Solal dès lors qu’il est question de choses comme la composition, l’improvisation, l’apprentissage de la musique, l’exigence par rapport à soi même, ou la maîtrise technique ( « la technique a pour avantage de vous laisse jouer ce que vous voulez, au moment où vous le voulez, sans brider votre imagination. La technique devient un gage de liberté, à condition d’être une liberté surveillée » p.200). Et c’est avec une infinie patience et un art consommé de la pédagogie, que Solal revient toujours à l’explication didactique. Avec la façon extrêmement posée de celui qui a acquis la certitude de l’expérience, il nous donne avec des mots très simples de lumineuses leçons de musique.

 Rares sont les ouvrages consacrés à des musiciens vivants qui permette une telle profondeur de champ, une telle place laissée au temps, une telle dynamique dans la conduite de l’entretien qui permet un tel éventail des thématiques et des sujets abordés. Cet ouvrage passionnant à plus d’un titre possède une admirable construction, un plan précis et une très grande cohérence d’ensemble.

 Et rares sont les artistes qui acceptent avec autant d’honnêteté intellectuelle de répondre ainsi sans aucun détour aux questions qui pourraient sembler anodines en apparence. Martial Solal n’enseigne plus. Ne donne plus de master class. Mais accepte gracieusement de recevoir chez lui quelques disciples pour leur prodiguer les conseils d’un sage. Car il fallait de la part de Solal une grande clairvoyance sur son propre statut pour se permettre une telle liberté de penser. La conscience pleinement assumée du vieux sage. De celui qui sait bien que ce statut est celui d’une véritable légende vivante du jazz.

 Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 08:21
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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 08:20
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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 07:41

 

Ces petits airs de printemps qui flottent dans l’air, ces terrasses de café qui commencent à se remplissent, ce soleil qui devient un peu plus chaud tout cela nous fait penser que le jazz va reprendre quelques couleurs. C’est la saison des festivals qui commence un peu partout depuis Saint Germain des Prés jusqu’au pommiers de Normandie en passant par les rives de Tanger jusqu’aux abords de Constantine. Et pourtant si l’on en croit la table ronde organisée par L’Afijma il y aurait tout lieu de s’inquiéter. Certes les festivals de jazz sont passés d’une 30 aine en 1984 à plus de 500 aujourd’hui.  Pourtant la part des fonds publics destinés à ces festivals est en constante diminution. Les DRAC n’octroient plus d’aide et il n’y a même plus de dossiers de subventions. Seules subsistent les aides à résidence. Alors, que L’AFIJMA organise une table ronde sur le thème : « Quelle  politique nationale pour le jazz », voilà qui est salutaire. Même s’il y aurait quand même beaucoup à dire sur le discours de fond et sur le choix des participants.

Mais finalement même s’il faut rester vigilant ce que nous constatons de notre côté c’est l’extraordinaire vitalité de la musique que nous défendons. Beaucoup de signes pour lesquels les pouvoirs publics n’y sont pas pour grand-chose, se multiplient de façon encourageante. Cristal qui fête ses dix ans vient d’ouvrir une première boutique récemment, les albums pleuvent et l’on se délecte d’entendre Gérard Badini qui sort aujourd’hui l’un de ses meilleurs albums, Philippe Ghiemetti que l’on croyait exsangue depuis la vente de Sketch nous revient pour de nouvelles aventures avec Minium et des talents nouveaux apparaissent comme Géraldine Laurent à qui nous donnons la parole dans ces colonnes.

Alors, ne boudons pas notre plaisir en ces premiers jours de mai. Le printemps du jazz s’annonce en effet plus fleuri que jamais.

 

 

 

 

 

 

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Published by Jean marc Gelin - dans Editorial
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11 mai 2006 4 11 /05 /mai /2006 07:29

 

Géraldine Laurent , celle que l’on attendait

 

Il y n’y a pas si longtemps que cela, à peine un mois dirais je, personne ou presque n’avait entendu parler de Géraldine Laurent. Presque personne en effet sauf les oreilles avisées de Claude Carrière (Jazz Club) qui traînent toujours au bon endroit et qui avaient bien repéré la jeune femme. Un Jazz Club enregistré à la Fontaine fut le véritable déclencheur de ce qui allait devenir en quelques jours le phénomène  Géraldine Laurent. Telle une traînée de poudre, il ne fut plus question que de la jeune femme. Jean Louis Chautemps, auditeur passionné de cette retransmission prit aussitôt sa plus belle plume pour adresser une magnifique déclaration d’amour à Jazzman, se battant la coulpe de ne pas avoir su reconnaître le génie (ce sont ses termes) lors de son passage au conservatoire  de Niort. Un autre m’en parla dans un club un soir. Puis Jean Michel Proust, des trémolos dans la voix déclara que illico presto il allait lui donner la scène du Duc un Lundi par mois.  Bien décidé à savoir de quoi il retournait nous allâmes donc l’entendre  rue des Lombards. Et là mes amis, ô vous qui pensiez que le sax en jazz en était trop souvent aujourd’hui réduit à gens qui jouent vite des gammes montantes et descendantes et terminent par des hurlements furieux, vous auriez eu si vous aviez été là le même choc que moi. Dolphy était là. Ornette Coleman soufflait dans le même sax que Paul Desmond et Jackie Mc  Lean se tenait là juste derrière et Rollins venait de troquer son ténor pour un alto.

  

Rencontre avec la saxophoniste que l’on attendait…..

 

D’où viens tu  Géraldine Laurent ?

 GL : Je viens de Niort. Cela fait 6 ans que je suis sur Paris mais je travaille beaucoup en province ce qui fait que souvent les gens pensent que je n’habite pas Paris. C’est à Niort que j’ai débuté mon parcours. Au conservatoire j’ai commencé par le piano classique. Mes parents écoutaient beaucoup de classique. Il faut dire que mon père est musicien et enseignant en musique. Il est spécialisé en pédagogie musicale pour les enfants (NDLR : son père, Jean Laurent est l’auteur d’un ouvrage intitulé «  La Tradition orale enfantine et l'éducation musicale à l'école »). Donc la musique a toujours été présente dans ma vie. Mais bon le piano j’en ai fait deux mois au conservatoire et j’ai ensuite pris des cours particuliers. Puis j’ai arrêté et je ne me suis mise au saxophone que vers 12/13 ans. J’ai vu l’orchestre du conservatoire de Niort, le big band et là ça m’a fait bizarre, je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais cela a sonné comme un appel au jazz. Je crois avoir hésité un instant entre le sax, la trompette ou le trombone. Et du coup j’ai commencé l’année d’après au conservatoire à une époque charnière où il y avait les premières classes de jazz qui s’ouvraient. Et il se trouve que mon prof venait du jazz. Du coup j’ai commencé à écouter mes premiers disques de jazz à cette époque.

 Lesquels ?

 GL : J’en ai pris deux à la médiathèque mais c’était du genre à ce que je me dise «  si c’est ça le jazz ! ». En fait j’avais commencé par un disque de Dolphy et un double album live de Coltrane. Et là j’avais le sentiment d’avoir à me forcer un peu. Pas du tout le déclic. Mes oreilles n’étaient pas encore préparées à ça. Mais avec mon prof on a continué et il nous a rapidement mis en situation de jouer. Pas des trucs de fin d’année. Non de vrais concerts avec des vrais pros. Du coup je suis rentré dans un groupe avec Sylvain Cathala et d’autres saxophonistes plus âgés que moi qui n’avais que 16 ans. Et puis après avoir passé mes examens de fin d’année j’ai alors arrêté le sax. Je faisais 2mn par semaine à tout casser. Et j’ai arrêté pendant 4 ans.

Tu connais les raisons pour lesquelles tu as rejeté l’instrument ?

GL : Je ne sais pas trop. Je sais par contre que je me suis fait mal sur l’instrument. C’est un apprentissage physiquement douloureux. Comme tous les instruments à vents. Heureusement maintenant je n’ai plus ce rapport là avec le sax. C’est devenu un plaisir total. Bon j’ai quand même passé mon DEM et j’ai essayé de jouer à gauche  droite dans les groupes que je trouvais.

 A Ce moment là tu n’as pas eue envie de te consacrer à l’enseignement toi aussi ?

 GL : Justement à cette période là j’ai effectivement un peu enseigné pendant 2 ans mais j’ai arrêté parce que ce sont des responsabilités énormes et il fallait que je choisisse entre l’enseignement ou la pratique. Je sais bien que ce n’est pas incompatible. En plus, nous les musiciens on en a besoin financièrement. En plus moi l’enseignement musical ce n’est pas quelque chose qui ne me vient que de mon père. C’est de génération en génération que la famille compte des enseignants en musique. Mais simplement moi, je ne m’en sens touts simplement pas capable. L’enseignement demande une exigence à laquelle je ne suis pas certaine de pouvoir répondre. Enseigner c’est une responsabilité énorme.

 A quel moment as-tu décidé de quitter Niort ?

 GL : En fait je tournais un peu dans la région (surtout à la Rochelle ) mais je n’avais pas beaucoup de travail. Et pour être dans la réalité du jazz il fallait que je monte. Pourtant j’ai appris plein de choses en province. Mais comme il y a moins de monde en province il y a une cohésion bien plus forte entre les gens avec qui tu joues. Mais dans le même temps tu tournes un peu toujours avec les mêmes.

 Comment cela se passe quand on arrive à Paris, pour tourner, trouver des gigs, se mettre dans la connection des jazzmen parisiens ?

 GL : Déjà trouver des gigs ce n’est pas mon truc. Je ne sais pas trop faire. Mais bon j’avais des copains déjà installés comme Yoni (Zelnik) ou David (Georgelet). Et j’avais monté mon quartet avec eux.

 

 

 Avec qui joues tu actuellement ?

 GL : Je tourne notamment avec le Time Out Trio qui est composé de moi-même, de Yoni Zelnik à la contrebasse et de Laurent bataille à la batterie. Mais là c’est une réunion, ce n’est pas sous mon nom. Mais j’ai un autre trio sous mon nom avec Hélène Labarrière à la contrebasse et Eric Groleau à la batterie.

 Récemment tu as été invitée aux Lundi de Caratini. Tu le connais depuis longtemps ?

 GL : Pas du tout. En fait il avait écouté ce fameux concert sur France Musique et il a eu envie de m’inviter. Et j’étais ravie parce que c’est quelqu’un dont  j’ai toujours admiré son travail.

 Cela devait être particulièrement stressant

 GL : En fait je stresse pour tellement de choses ! Même par exemple lorsque je joue à la Huchette où je fais danser les gens. J’adore ça. Je joue dans un autre style bien entendu, un peu plus New Orléans (pas complètement quand même, on ne se refait pas !) et j’y prend un grand plaisir mais en stressant quand même.

 Quelles sont tes influences

 GL : Sur ma platine il y a forcement Eric Dolphy mais surtout Sonny Rollins. Parker et Coltrane évidemment dont je repiquais les chorus. Ou alors Paul Desmond aussi. Ou bien encore des chorus de Bill Evans que je reprenais pour le sax. Et en ce moment je suis totalement passionnée par Dolphy.

 Tu écoutes quoi en ce moment ?

 GL : En fait je n’écoute pas grand-chose. Mais j’entends des trucs épatants lorsque je sors. Même si je sors rarement. Parmi ceux là je suis vraiment émue par le batteur Dré Pallemaert. J’adore son jeu. Mais en ce moment j’écoute peu car je me consacre beaucoup à mon travail.

 Tu composes beaucoup. Dans quel esprit écris tu ?

 GL : Je ne sais pas trop, faut écouter. Il y a une certaine forme de construction des morceaux. Par tableaux. Je construis des morceaux comme des standards mais avec des reprises et des ostinatos. Ça reste ternaire mais quand même un peu free. Mais bon pour les gens qui aiment le free, c’est bop et pour les gens qui aiment le bop c’est trop free. Et à côté de cela j’adore jouer les standards pour avoir le plaisir de les structurer. J’adore les quartets de Miles avec Shorter ou encore l’esprit qu’il y a chez Mingus avec Dolphy.

 Tu composes comment ?

 GL : Juste un peu sur ordinateur mais juste pour m’amuser. Sinon je travaille au piano. Il m’arrive de travailler à la table sans rien. Mais en ce moment je n’ y arrive pas trop. C’est la page banche et je n’arrive pas à me forcer.

 Si un label venait te voir pour enregistrer tu préférerais y mettre quoi : tes compos ou des standards ?

 GL : Les deux absolument. Mais je ne ressens pas la nécessité d’enregistrer même si je sais que c’est la quadrature du cercle : jouer pour enregistrer et enregistrer pour jouer. C’est la loi du genre e je sais que je dois en tenir compte. Dans l’idéal j’aimerai surtout faire un album en public. J’aime cette idée de prise de risque.

 Aujourd’hui tu as trouvé ta formation idéale ou est ce que tu as des idées d’autres formats ?

  GL : Le format actuel me va bien. J’aimerai quand même un peu revenir un peu au quartet. Ramener u instrument harmonique. Et puis j’adore le piano !

 Des projets d’enregistrement ?

 GL : Non pas encore mais je sais bien qu’il va falloir que je m’y mette un jour. Pour l’instant mon seul album c’est celui auquel je participe avec Christophe Joneau. Mais c’est quelque chose de très stressant là aussi. Le retour du son c’est un truc terrible.

 

Tu arrives à accepter l’idée de te consacrer exclusivement au jazz, au détriment d’autres musiques comme le classique par exemple?

 GL : Si je le faisais j’irais dans un conservatoire car je trouve cela très difficile. En plus en sax il n’y a guère que le répertoire contemporain et je trouve cela très dur. Je le fais au piano parce qu’il y a le texte qui m’aide pour cela. Mais au sax s’il fallait que je m’enferme dans une partition je serais totalement perdue. En fait tout mon apprentissage vient essentiellement du travail d’oreille.

 Tu joues exclusivement de l’alto ?

 GL : Eh oui ! D’abord parce que je n’ai pas de soprano et le ténor cela me fait trop mal au dos. Et pourtant mon influence c’est plutôt les joueurs de ténors comme Rollins. Et puis peut être aussi par pragmatisme financier. C’est David Georgelet, l'ex- batteur de Yun Sun Nah qui m’avait revendu son sax et depuis je l’ai toujours. Mais maintenant que j’arrive à me sentir libre avec l’alto, pas question d’en changer. Même s’il m’arrive de l’oublier souvent (bel acte manqué, non !)

 Comment tu perçois cette arrivée soudaine sur le devant de la scène ?

 GL : En fait tout est parti du festival de Calvi où Claude Carrière m’a entendu un jour. Moi je ne les connaissais pas mais j‘ai fait le beuf comme on me l’avait demandé. C’est parti de là. Sinon il faut leur demander à eux. Mais je suis très touchée par le retour et l’écoute qu’ils ont de mon travail. Mais je vivais aussi avant ce fameux Jazz Club.

 Tu signes pour une série au Duc des Lombards ?

 GL : Oui effectivement, Jean Michel Proust me laisse un Lundi par mois.

 

 

 Propos recueillis par Jean Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Interviews
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