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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 06:32
doigt-de-l-homme.jpg  Steeve-Laffont.jpg
  Les doigts de l’ homme : "1910" ***
Cristal records/ Harmonia Mundi
Production Lamastrock
Sortie 25 MARS 2010
Steeve LAFFONT: "Swing for JESS"  **
1 CD le Chant du monde




Le jazz manouche est devenu un  véritable filon, et cette année, le centième anniversaire de la mort de
Django ne fait que rajouter une couche. Certains guitaristes sont  des vedettes (plus ou moins médiatisées ) comme Romane, TchavoloSchmitt, les frères Ferré . Il est vrai que ce style hybride  sait s’attirer les faveurs  du public, peut-être parce qu’il renoue avec une certaine tradition et idée du jazz : du swing, de la virtuosité sur des mélodies éminemment populaires. Que demander de plus ?


Steeve Laffont pour le Chant du Monde dans un album intitulé « Swing for Jess » nous donne dans une version instrumentale réduit...

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 Sophie CHAMBON

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 19:09

TABLES D’ECOUTE

Le Mot et le Reste 2010, 199p, 20 euros

tabledecouteimage

Banlieue Bleues est, on le sait, depuis 1984 un formidable laboratoire de brassage de cultures et d’idées. Mais Banlieues Bleues est bien plus qu’un festival. Réinvestissant la Cité, Banlieues Bleues crée du lien social. On en veut pour preuve cette implication des jeunes lycéens de Seine Saint Denis que les organisateurs ont voulu organiser, les associant au plus près du festival, parcourant les classes et donnant la parole aux Lycéens transformé en journaliste avec la création par eux même d’un journal «  Secteur Jazz » en marge du festival.

Et ce sont les entretiens que ces lycéens ont réalisés pour ce journal qui sont ici retranscrit dans «Table d’écoute ». Une 50 aine d’entretiens réalisés entre 2001 et 2007. Extraits brefs mais d’une grande intelligence, d’une acuité  rare. Débarrassés de trop de savoir, débarrassé des codes des sachants, ces lycéens avec une fausse candeur mais un vrai métier (qui prouve aussi combien ils ont travaillé leur sujet) posent des questions vraies, des questions qui sondent au plus profond de l’âme du musicien. Et ces musiciens, dont tous sont imprégnés de la conscience de l’impérieuse nécessité de transmettre, se livrent avec sincérité. Jouent le jeu sans fards et avec beaucoup de professionnalisme. Et de là,  souvent surgit l’émotion vraie. La parole délivrée.

A leurs questions les musiciens répondent avec pédagogie et expliquent leur amour de la musique.  William Parker habitué à parler avec les enfants défavorisés de New York trouve le juste ton. Michel Portal raconte comment la musique l’a sauvé de la solitude. Dans les réponses des uns et des autres les mêmes inspirations, les réponses qui semblent parfois se répéter  révèlent cette part d’universalité de l’amour de l’improvisation que l’on retrouve chez les musiciens. Ce mystère de la musique qui prend parfois, comme avec Milford Graves des airs de chamanisme envoûtant. Bernard Lubat joue avec les mots. Des moments d’une force intense apparaissent au détour du livre comme cette rencontre sublime avec Seun Kuti, le fils de Fela d’où émerge un personnage incarné, un clan qui s’ouvre et se livre. Une rencontre d’une belle richesse.

À l’heure où vient de se clôturer le 27ème festival , Xavier Lemettre avec cet ouvrage nous montre l’importance fondamentale de ce travail dont on sait, forcément combien il aura laissé des traces précieuses dans la construction de ces jeunes. Ces jeunes qui par là même nous transmettent à leur tour ce qu’ils ont appris. Passent le témoin. Ce qu’ils nous donnent ici c’est une vraie leçon de musique et de journalisme.

Superbe

Jean-Marc Gelin

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 23:01

 

Such Prod 2010

Sylvain Beuf (ts), Pierrick Pedron (as), Denis Leloup (tb), jean-Yves Jung (p), Diego Imbert (cb), Franck Aghulon (dm)

 

sylvain-beuf.jpg

 

Ce n'est pas une histoire franchement originale mais c'est une histoire franchement bien ficelée. Une histoire de gars, de musiciens qui jouent tous  gravement bien et qui au delà d'être de vrais potes dans la vie, ont tous un immense respect de musicien les uns envers les autres. Sylvain Beuf au milieu d'eux les met en scène, écrit pour son groupe, arrange divinement bien pour son sextet et donne dans le neo-bop funky-revival avec une science des textures et du son collectif.

Bien rôdé après plusieurs passages sur scène, cette captation a été réalisée en live au jazz Club de Dunkerque On n'y entend pas la furia qui anime Pierrick ou Sylvain lorsqu'ils jouent en quartet. Autre chose ici où tout se passe en finesse. beaucoup de réserve de la part de ces musiciens qui se respectent trop pour chercher à s'en mettre plein la vue. Pas d'esbroufe mais une musique aussi inspirée que délicate et finement ciselée. Du travail d'orfèvre. Une précision diaboliquement sensuelle entre les glissandos de Leloup, les volutes chaleureuses de Pedron et les arabesques fortes et aériennes de Beuf. Le tout servi sur une rythmique impeccable et par un pianiste jusque là inconnu au bataillon et qui fait mieux que bien.

Délectable !

Jean-Marc Gelin

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 11:22

 

1 CD PLUS LOIN

 

www.plusloin.net

www.sophiealour.net

link

www.myspace.com/sophiealour

 

 

sophiealour.jpg

 

Les Sophie sont souvent « sages » mais dans le cas de Sophie Alour, les choses sont un peu plus compliquées qu’il n’y paraît …  A  l’écoute de ce disque inspiré, on entendrait  plutôt  une folie bien maîtrisée que l’on sent monter progressivement. Un dérèglement très contrôlé pour un album  de jazz cérébral et percutant : le formidable Karl Jannuska n’est pas étranger à la chose, mais comme il accompagne beaucoup de saxophonistes ces temps derniers…il y a  décidément quelque chose de plus ici . « OPUS 3 »  est la troisième expérience en leader de la saphoniste avec ce trio à la  rythmique efficace et parfaitement accordée ( Karl Jannuska à la batterie et Yoni Zelnik à la contrebasse ) : une interaction réussie entre les musiciens qui se connaissent suffisamment pour tenter l’expérience d’un  travail collectif où chacun prend sa place avec aisance et sans virtuosité excessive. Ajoutons que la réalisation est confiée au pianiste Eric Legnini dont on connaît le talent et le sens artistique. Un souffle de « liberté surveillée » traverse cet album où Sophie Alour explore au ténor et au soprano des compositions sinueusement intenses. Ce qui  domine en fait, c’est le son de Sophie Alour aux divers saxophones, souple mais avec de la tenue, de l’autorité même, toujours sous tension. On  ressent  une énergie farouche, et peu à peu on se retrouve hypnotisé, comme pris au piège de certaines spirales voluptueuses « Mystère et boule de gomme » ou cette « Ode à Arthur Craven ». Ce ne sont pas tant les morceaux qui sont  réfléchis, posés même, que la voie tracée qui nous conduit sûrement après 11 titres, au final  « Petite anatomie du temps qui passe ». Ce climat étrange, étrangement familier même des compositions originales, courtes le plus souvent, et le goût d’ arrangements subtils  donnent  une cohérence mélancolique à cet OPUS 3. S’il y a une certaine pudeur à entrer dans la confidence,  si on pressent que le mystère ne sera pas dévoilé, on ne se sent pas exclu. Au contraire. Le délicatement voilé  « En ton absence » sait s’insinuer jusqu’à la blessure.  « Haunted»  est un autre thème un peu fétiche sur lequel Sophie Alour revient depuis son  dernier album  au titre déjà  révélateur « Uncaged ».  De la retenue  mais une invincible détermination, ce qui nous évitera les expressions clichés de « jazz féminin », ni même « jazz au féminin ». Mais en ce moment sur la place parisienne , une génération de jeunes saxophonistes femmes et une triade en particulier (Géraldine Laurent, Sophie Alour, Alexandra Grimal) osent, chacune à leur façon,  se frayer une voie (étroite) dans un monde musical très masculin. On évitera le piège des comparaisons  :  voilà des musiciennes qui parviennent à s’imposer par un caractère bien trempé, beaucoup de talent et une musicalité alliée à un réel amour du jazz.

Sophie Chambon

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 22:00

 

 

 

On ne peut que saluer le geste. Et un sacré sens du timing ! Que Yann Martin choisisse l’album de Thomas Savy pour fêter le 100ème album du label « Plus loin » n’est  certainement pas dû au hasard. Une pierre, deux coups : sortir dans le même temps cet album magistral du saxophoniste français et s’offrir par là même une assez belle couverture médiatique. Et c’est avec le sourire des modestes que Yann Martin que nous rencontrions ce jour là dans un café de Montparnasse, savourait ce beau coup de projecteur. Rencontre avec un patron de label heureux.

 

 

yannmartin

D’abord il y a le physique qui se marie avec le caractère que l’on devine bien trempé, de ce breton (fier de l’être, comme tous les bretons) qui a volontairement choisi de se tenir éloigné de l’agitation de la capitale pour élire domicile à Rennes. Une gueule de marin qui en a vu d’autres. Physique volontaire et verbe incisif. Lorsqu’on lui demande pourquoi il ne fait aucun évènementiel à Paris pour célébrer ce centième, il fait poliment remarquer qu’un concert a justement été donné au festival « Jazz à l’étage  la Liberté » à Rennes, manière pour lui, transfrontalier convaincu, d’affirmer que le centre de la France doit se déplacer un peu hors des arènes de Lutèce. 

Mais revenons sur ce parcours impressionnant de ce label tout droit issu de l’ancien catalogue Nocturne, autre label qu’il a co-fondé en 2001. Au départ rien ne prédestinait cet hautboïste amateur à se consacrer au jazz, qu’il avoue avoir d’abord découvert par les contraintes du métier. Directeur commercial chez Media 7, il travaille avec Harmonia Mundi distributeur de quelques labels prestigieux comme Sketch (le label de son copain Philippe Ghielmetti), Enja ou Label Bleu. Quelques beaux fleurons du jazz s’il en est. A force des les côtoyer, de les défendre, Yann Martin dont ce n’était pas forcément l’univers au départ, se met à aimer les jazzmen et leur musique et décide de se lancer dans l’aventure en créant Nocturne en 2001 avant de s’en séparer en 2006 pour divergences de vues artistiques. Il fonde alors  « Plus Loin Musique » embarquant avec lui une partie des artistes et du catalogue.  Et c’est avec une équipe réduite, et une foule d’idées galvanisantes que Yann Martin se relance à nouveau dans l’aventure axée essentiellement sur la production de jazzmen français.

Aujourd’hui Yann tourne avec 40/45 artistes dont une 15aine qu’il suit depuis longtemps. Pensez que depuis le début de l’aventure, il a lancé (ou relancé)  des artistes comme Antoine Hervé, Pierrick Pedron, Pierre de Betmann, Christian Escoudé ou encore la très emblématique Elisabeth Kontomanou dont Yann Martin a très sérieusement contribué à relancer la carrière en France.

Quand on lui pose la question de ses choix musicaux, il se défend pourtant bien d’avoir un parti pris esthétique. Ce qui l’intéresse plutôt c’est de se définir comme un label généraliste investi dans des projets d’artistes. Il avoue d’ailleurs ne pas trop se reconnaître dans un label comme ECM qui lui donne parfois l’impression de reproduire le même schéma esthétique. «Ce sont les artistes qui font le label » dit-il. Sous entendu : ce n’est pas son choix d’imposer une sorte de marque de fabrique. L’idée de passer du producteur à celle du directeur artistique n’est pas réellement son truc. Certes il y a beaucoup de discussion en amont avec les artistes qu’il produit. Mais Yann s’interdit d’aller très loin dans ses préférences : «  si l’artiste est pris en main, je m’éclipse aussitôt ». Et en tout état de cause, c’est toujours l’artiste qui choisit son casting. Le principe d’artistes maisons qui tournent en sideman ou en leader n’est vraiment pas pour lui plaire.

Avec un rythme d’une 15 aine de sorties par an, Plus Loin Music reste un label à taille humaine. Yann Martin écoute d’ailleurs avec un peu d’amusement les médias parler de - crise du disque- : «  Cela ne nous concerne pas vraiment. Nous faisons de l’artisanat d’art ». S’il devait faire une sérieuse critique en revanche ce serait envers l’entreprise de banalisation de la musique qui a mené certains majors à vendre les artistes en boîtes de conserve, dans les Pubs TV, les rayons d’hypermarché ou les sonneries de téléphone. C’est là selon lui le vrai facteur déclenchant de la crise du disque.

Il n’empêche que tout artisan qu’il est, le patron du label breton n’entend pas rester enfermé dans son pré carré. Démarche qui  l’amène, dans un monde fortement mondialisé, à aller chercher plus loin, aller trouver d’autres sources d’inspiration. Et le Breton de s’évader au-delà des Côtes D’Armorique pour atteindre celle d’Outre Atlantique où il s’est construit quelques précieuses connexions. Cela fut évident avec ce fameux  album de Pierrick Pedron enregistré au studio System Two sous la houlette de Joe Marciano  gourou de Brooklyn qui présida aussi à l’enregistrement de Thomas Savy.  Car s’il y a bien une idée qui taraude un peu Yann Martin c’est bien celle de jeter des ponts entre le jazz d’ici et celui de New York dont le marché a un impact énorme et qui bien sûr possède toujours un réservoir inépuisable de talents immenses. Ce n’est d’ailleurs pas sans une certaine fierté qu’il annonce qu’un saxophoniste aussi surprenant que génial comme Rudresh Mahantappa, a fait appel à lui pour enregistrer sur son label. Sans être un découvreur à la dimension de Jordi Pujol ( Fresh Sound New Talent), Yann Martin a néanmoins jeté des connexions outre-Atlantique, à l’affût de nouveaux talents. On pense à la chanteuse Dee Alexander qui fut l’une des divines surprises présentée au Midem 2009 ou bien sûr ce «  coup de cœur » qui ne doit rien à personne avec Tigran Hamasyan dont Martin avoue qu’il est particulièrement heureux d’avoir eu le nez creux ( ou l’oreille bien avisée) en l’entendant alors que le jeune pianiste qui vivait à Los Angeles, n’avait encore du côté de chez nous aucune notoriété.

Mais en sens inverse l’idée de Yann Martin est aussi de se faire connaître aux Etats-Unis ou en Allemagne par un réseau d’attachés de presse capable d’assurer le relais. Indispensable pour éviter la claustrophobie hexagonale. C’est aussi pourquoi Yann Martin considère que son rôle s’étend bien au-delà de la production et doit inclure le booking en offrant plus aux artistes qu’il héberge. Plus loin. Et si l’on parle de la crise du disque, lui affirme que c’est aussi parce que nombre de labels n’ont pas su s’investir dans le booking de leurs artistes. Presque jusqu’à dire que le producteur a la responsabilité de faire tourner ses musiciens.

Plus en forme que jamais, le label compte bien nous réserver quelques belles surprises en 2010. Que l’on en juge par le calendrier des sorties :

 Janvier : Thomas Savy avec Scott Colley et Bill Stewart

Fevrier : Méderic Collignon

Mars : Sophie Alour / Les Frères Moutin

Avril : Antoine Hervé ( avec un DVD  comprenant ses leçons de jazz sr Oscar Peterson) / Christian Escoudé

Mai :  Emmanuel Bex et Dédé Ceccarelli

Juin :  Barry Harris ( en trio avec Philippe Soirat et Matthias Allamane)

Août : Césario Alvim avec Eddie Gomez /

Septembre : séquence découverte avec Kellyle Evans (vc) avec Marvin Sewell

Octobre : Dee Alexander ( belle découverte du label en 2009) / et surtout le sublime et très étonnant saxophoniste Rudresh Mahantappa qui vient sur le label avec son propre trio américano-franco-irlandais ( Ronan Guilfoyle et Chandler Sardjoe)

Novembre : The Cookers ( avec Bill Harper, Eddie Henderson, David Weiss, Craig Handy, Georges Cables, Cecil Mc Bee et Billy Hart) / David Weiss / et enfin Dédé Ceccarelli avec Jannick Top.

 

Si depuis le début de l’aventure Yann Martin multiplie les succès et les vraies raisons humaines et artistiques de se réjouir, il avoue sans l’avouer vraiment un petit regret : celui très rare de ceux qui s’en vont. Ainsi en est il du départ d’Avishaï Cohen pour  Blue Note ( label- grosse machine qui pour le coup fait tout sauf de l’artisanat). Mais demi-regret puisque c’est aussi la rançon de la gloire et une façon aussi de voir ses propres choix reconnus par les majors.

 

Jean-Marc Gelin

 

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 07:56

 

Sony Music 2010

robinmcKelle

 

 Allons, allons, faisons pas la fine bouche. Robin Mc Kelle se lance avec de bonnes grosses recettes dans un R&B qui balance façon Ray Charles.

N'hésitant pas dans des compositions de son cru, à rendre hommage au maître ( un Mess Around qui ouvre l'album sous forme de clin d'oeil appuyé), la chanteuse de  Rochester n'hésite pas à mouiller sinon la chemise à tout le moins le décolleté que l'on imagine ici à paillettes dans le genre des Raellettes réincarnées. Question arrangements et orchestration c'est du lourd et ça fait peut-être pas dans la délicatesse mais c'est efficace en diable. Robin Mc Kelle trouve parfois de voix de chanteuse de soul black et fait danser le populo sur de bons vieux airs de famille ( Never make a move too soon de BB King). Les cuivres meublent et balancent la sauce avec plus ou moins de conviction. Les arrangements font mouche et l'on notera dans le lot, cette réappropriation de I can't see nobody des Bee gees.

A l'heure où les majors misent sur la production de spectacle plus que sur l'édition phonographique, gageons qu'un album comme celui-là est un bon produit d'appel pour se ruer la voir dans les salles de concerts ou les festivals de l'été où à coup sûr, elle saura mettre le feu. En tous cas moi si je peux j'y courre. Y a finalement pas de honte à se faire du bien.

Jean-marc Gelin

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 06:15
logoINA.gifRetrouvez toutes les vidéos dans la rubrique "Les vidéos qu'on aime".








Interview de Stéphane Grappelli par Frank Ténot (1971)


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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 08:33

Sunnyside 2010

Chris Morrissey (cb), Michael Lewis (sax), Peter Schimke (p), Bryan Nichols (p), Dave King (dm)

 

morrissey

Certains ont peut être à l’oreille les enregistrements de ce « jeune » groupe de Minneapolis, Happy Apple qui a souvent fait débat dans notre microcosme. On y entendait alors Michael Lewis au sax (entendu ensuite dans d’autres groupes et notamment aux côtés de Michel Portal) et Dave King le batteur bucheronesque de Bad Plus. Et voilà désormais un jeune contrebassiste de 28 ans, Chris Morrissey qui s’entoure de ces deux électrons libres du jazz pour un premier album basé sur ses propres compositions. Agréable impression de sortir d’une sorte de dilemme générationnel très prégnant à New York qui nous permet de sortir des sentiers un peu trop battus et un peu trop marketés outre atlantique. C’est ici un autre jazz, un peu bricolé qui va chercher ses influences du côté de Neil Young, de Björk et qui possède la fraîcheur de ceux qui ne prétendent pas. Des mélodies poussées comme des riffs un peu hynotiques, de grands espaces qui laissent la bride lâche au soliste, un esprit un peu cow-boy et un son qui avec son côté un peu mat donne à cet enregistrement un aspect brut de décoffrage, un côté un peu sheep et garage. Jusqu’à garder intact un cri qui émerge du studio sur The Curious Habit of Harold Hill, non mixé. Vers la fin de l’album Chris Morrissey montre aussi qu’il peut se lancer à corps perdu dans un jazz un peu plus straight, mainstream. De toute évidence cette bande-là souhaite puiser dans d’autres racines américaines, vers un autre jazz. Sans être transcendante ni révolutionnaire, cette bande-là possède individuellement assez de talents pour en faire émerger une force collective irrésistible. Ils en trouvent ici le chemin

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:35

JOHN ZORN : « Mycale – Book of Angels Volume 13 » *****

Tzadik 2010

Basya Schechter, Ayelet Rose Gottlieb, Malika Zarra, Sofia Rei Koutsovitis (voc).

zorn vol 12

Depuis son lancement il y a déjà cinq ans, la série « Book of Angels » a – au gré des interprètes auxquels John Zorn confiait ses compositions – alterné grandes réussites et déceptions certaines, à l’image du dernier volume chroniqué dans ces pages. Mais cette nouvelle livraison fait plus que rattraper le coup : il s’agit sans doute du disque le plus inattendu, le plus rafraichissant et le plus excitant de toute la collection, en dépit ou peut-être à cause de son étonnante brièveté (33 minutes !). Jusque-là inconnues au bataillon zornien, les quatre chanteuses réunies ici en un quatuor a cappella donne au répertoire de Masada une orientation totalement insoupçonnée. Alors que la radical jewish music chère à Zorn se réduit parfois au recyclage de quelques formules klezmer ou orientalisantes, « Mycale » nous convie à un authentique festin de musiques du monde, où la tradition juive n’est que le trait d’union entre des folklores riches et divers. Respectivement natives de Brooklyn, d’Israël, du Maroc et d’Argentine, ces quatre New-yorkaises ont bâti une magnifique tour de Babel où le langage universel des onomatopées et des vocalises se mêle à l’hébreu, au yiddish, au ladino, au Français et à l’Arabe (c’est d’ailleurs peut-être la première fois qu’on peut entendre des textes chantés dans un disque de Zorn). Les arrangements qu’elles ont imaginés mêlent fantaisie à la Bobby McFerrin, rythmes d’inspiration africaine et influences minimalistes aux musiques orientales et à leur mélismes enchanteurs. Le quatuor est formidable de cohésion et d’unité, mais laisse aussi chaque voix affirmer sa singularité, dans des solos parfois bouleversants. C’est là sans doute la grande différence avec l’autre grand projet vocal de Zorn, le « Cantique des cantiques » présenté à La Villette en septembre dernier. Dans cette composition grandiose pour cinq chanteuses a cappella, l’ensemble vocal fonctionnait comme une sorte d’orgue humain aux intonations parfaitement pures. Ici, la voix est assumée avec son relief, son vibrato, ses aspérités, bref son humanité.

Pascal Rozat

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 23:51
peirani.jpgZig Zag Territoires / Harmonia Mundi - 2010
Vincent Peirani (acc), Vincent Lê Quang (sax), Sylvain Luc (g) sur deux pièces, Serena Fisseau (voc) sur une pièce

Premier album de Vincent Peirani. Cet accordéoniste, qui joue aussi bien avec Daniel Humair qu’avec Les Yeux Noirs ou Roberto Alagna, présente onze titres dont dix compositions originales la plupart jouées en duo avec le saxophoniste Vincent Lê Quang. La franco-indonésienne Serena Fisseau chante sur le titre "Gunung Sebatu" et Sylvain Luc est essentiellement présent sur l’excellent musette "Truc Muche" qui fait l'ouverture.
Que l’accordéoniste joue seul ou en duo, la musique ne pâtit pas de l'absence d'autre instrument. Au contraire. Peirani est un musicien complet et virtuose à bon escient au jeu compact et dansant. Un peu à l’image de l’homme-orchestre, il agrémente le chant de son accordéon par des frasques rythmiques, des vocalises envoutantes et des interventions saisissantes.

N’oublions pas son comparse, essentiel et magistral, Vincent Lê Quang sans qui ce premier album ne saurait avoir la même saveur. Le plus marquant est l’antagonisme qui règne entre les personnalités musicales de Lê Quang et Peirani. L’accordéoniste confronte son jeu enlevé à celui posé et retenu du saxophoniste : leur enthousiasme à jouer ensemble et leur maitrise créative mis en commun rejaillissent à nos oreilles et persistent tel un halo sonore.

Leur musique emprunte au blues, au musette, au jazz, au rock ainsi qu'à la musique indonésienne à qui Peirani rend hommage ici après un voyage dans le village de Sebatu à Bali. Avec maturité, Le duo passe avec allégresse de la musette désinvolte "Truc Muche" et du goguenard "Anataule ondulée" - au titre prédestiné - au mélancolique "Gunung Sebatu" et à "Still Song" à la gravité profonde.

Avec des instruments aux textures aussi différentes que riches et des pièces fortement mélodiques, Gunung Sebatu est un album que l’on redécouvre à chaque écoute et nous garantit un perpétuel voyage. Il ne fait aucun doute que Peirani est déjà un grand musicien : l'empreinte sonore que laisse sa musique à nos oreilles en est la preuve.

Pour finir, il est temps de porter notre intérêt musical le plus sérieux sur ce « nouvel » instrument qu'est l'accordéon... en tout cas celui que font renaitre des musiciens comme Peirani et Didier Ithurssary, qui brisent les frontières et bousculent les idées reçues inhérentes à cet instrument infortuné.

Jérôme Gransac

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