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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 06:06

Oddjob - Institut Suédois à Paris - 26 novembre 2009

Peter Forss (b), Per "Ruskträsk" Johansson (sax, bcl), Goran Kajfes (tp), Janne Robertson (dr), Daniel Karlsson (p)

 

Dans le cadre du festival Jazzycolors, festival qui consacre les artistes étrangers des pays représentés par un centre culturel à Paris, l'Institut Suédois accueille Oddjob, ce jeudi 26 novembre 2009. Ce quintet suédois a adopté un line-up classique pour une musique originale et totalement vibrante. Oddjob, ce n'est pas un quintet de jazz avec répartition des soli. Non, Oddjob: c'est une atmosphère où on mélange habilement jazz acoustique et électro; une concoction de rêveries musicales à la Wim Wenders et d'ambiances Lounge qui côtoient les riffs des génériques des séries télévisées écrits par Lalo Schiffrin; des envolées saxophonistes à la Kenny Garrett qui s'échappent de la pesanteur de Miles; des rythmiques jungle au tribal qui flirtent avec la valse. Multi-instrumentistes et metteurs en scène sonore de leur musique, Johansson, Kajfes et Karlsson ponctuent l'esthétique d'Oddjob en modifiant les sonorités de leur instrument, jouent d'un instrument rythmique un peu inattendu et contrastent ainsi avec la force rythmique, mettent en relief les qualités singulières des compositions apparemment simples mais très efficaces par des interventions calculées. Oddjob effectue un excellent travail de texture sonore et associe à leur musique originale le côté théâtral d'un groupe décontracté et détaché. Formidable idée qu'a eu l'Institut Suédois, qui a fait mine de disparaitre en milieu d'année, d'accueillir ce groupe représentatif du jazz moderne suédois dans ces locaux! Il ressort de ce concert un halo de brillance et une envie irrésistible de revivre ce moment de béatitude. C'est peut être çà la « Swedish Touch ».

 

Pour écouter: cliquez là  et

The Big Hit:

Jérôme Gransac

 

 






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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 07:43

Jazz Icons 2009

Jimmy Smith (org, voc), Eddie McFadden (g), Charles Crosby (dr). « Jazz Icons ».  Naxos 2009.

On ne se souvient peut-être pas assez quelle star du jazz fut Jimmy Smith à partir du milieu des années ’50, n’hésitant d’ailleurs jamais lui-même à faire la promotion de son immense talent : musicien-phare de l’écurie Blue Note, en son volet le plus funky, transfuge-vedette chez Verve au tout début de la décennie suivante avec, à la clé, des hits en même temps que de purs chefs d’œuvre de swing gravés avec Kenny Burrell, Wes Montgomery ou Oliver Nelson, courroie de liaison du jazz vers le son  Motown avant de s’installer confortablement en Californie, auteur enfin d’un come-back remarqué au cours des années ’80. Ce DVD nous le présente dans une formule et sur un répertoire plus qu’éprouvés (« The Sermon », « Got My Mojo Worker » – qui permet d’entendre, ou de se remémorer, sa voix rocailleuse, « See See Rider », etc.), lors d’un concert à la salle Pleyel en 1969. Une partie de la ferveur rageuse des années ’50 s’est estompée et les choruses du guitariste Eddie McFadden, partenaire régulier de l’organiste, sont inégaux mais c’est néanmoins une prestation de belle tenue qui se déroule et qui, même si la qualité sonore pêche sur les ballades (le grand Rudy Van Gelder avait lui-même eu beaucoup de difficultés avant de réussir à capter les nuances d’intensité du son de Jimmy Smith), permet de se concentrer sur son discours harmonique (la poignante introduction de « Days of Wine and Roses ») ou sur des filiations insuffisamment approfondies (notamment, compte tenu de ce que le premier instrument de Jimmy Smith fut le piano, le phrasé petersonien de certains traits). Abordons l’aspect technique du DVD, quitte à encourir les foudres des pros de l’équipe ! Quatre cameramen opèrent ici mais doivent affronter un réel défi, celui de filmer en deux dimensions (pas de profondeur de champ vers le public ou entre les membres du trio, alignés sur un même plan). Ils s’en tirent assez bien quand ils surplombent les mains de l’organiste, dévoilant une technique qui lui était propre (sa main gauche notamment), ou bien, à la faveur de la dynamique musicale, lorsqu’ils divisent astucieusement le plan en deux (cymbale, clavier) ou, mieux encore, en associant par des surimpressions convaincantes les doigts de l’organiste et son visage inspiré et concentré. En revanche quand ils sont contraints de filmer le guitariste sur son épaule ou de dos faute (d’espace et) de travellings suffisamment amples…on souffre avec eux. A l’impossible….

Stéphane Carini.

 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 18:16


Martial Solal a été nominé aux prestigieux Grammy Awards dans la catégorie "Best Improvised Jazz Solo" pour le titre On Green Dolphin Street extrait dans l'album "Live at The Village Vanguard" paru chez CAM Jazz (harmonia mundi)


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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 11:29

   

Photos Gerard Rouy

 

 

Evocations, relectures, adaptations et hommages divers constellaient le programme des 23e Rencontres Internationales D’Jazz de Nevers. Tels ces témoignages d’admiration et de respect rendus à Syd Barrett (ex-Pink Floyd) par l’ « i.overdrive trio » (Philippe Gordiani, Rémi Gaudillat, Bruno Tocanne), à Django Reinhardt (mais pas seulement) par le « Gipsy trio » du phénoménal Biréli Lagrène ou encore à la pop music (Beatles, U2, Tears For Fears, Police…) par David Chevallier en sextet avec Christophe Monniot, Yves Robert, Michel Massot, Denis Charolles et le chanteur David Lynx. Son programme s’intitule « Is That Pop Music ? », comme si la réponse s’imposait d’elle-même : « Non, bien sûr ! », tant la précision d’horloger et l’érudition sophistiquée des arrangements, ainsi que les parties vocales de David Lynx (qui « fait »… du David Lynx !), n’incitent pas toujours à facilement identifier les mélodies d’origine. Le pianiste Jean-Marie Machado s’attaquait quant à lui — non sans humour — à l’univers musical et poétique de Boby Lapointe, à la tête de son octette Danzas augmenté du chanteur André Minvielle. S’il n’est pas le premier à faire « la fête à Boby » — souvenons-nous par exemple du projet « Round about Boby » porté par le pianiste suisse René Bottlang en compagnie du chanteur britannique Phil Minton qui n’entravait que dalle aux calembours et contrepèteries du génial farceur de Pézenas —, Machado s’est livré à un véritable travail d’orfèvre par des arrangements tendres ou décalés des mélodies souvent truculentes du scaphandrier de La Ciotat, de L’hélicon (où le merveilleux tubiste François Thuillier est évidemment le soliste principal)

à La maman des poissons ou Ta Katie t’a quitté, avec la faconde du Béarnais Dédé Minvielle et une pléiade d’instrumentistes impeccables, tels que Jean-Charles Richard dont le soprano épicé ajoute un parfum inégalable à la sauce de Lapointe. D’une manière totalement différente, la clarinettiste Catherine Delaunay a choisi d’adapter en chansons des écrits de Malcolm Lowry dans sa création « Sois patient car le loup » interprétés par le bassiste John Greaves (ex-Henry Cow, ex-National Health, etc.), ici uniquement chanteur, au sein d’un quintette superbe et délicat avec Thierry Lhiver (tb), Isabelle Olivier (harpe) et Guillaume Séguron (b). Un univers sonore et poétique extrêmement tendu, raffiné et sensible, grâce à son instrumentation singulière, en particulier dans l’association des cordes de la harpiste et du contrebassiste. De son coté, Henri Texier s’est attelé dans “Prévert Blues“ à une mise en musique de textes (choisis par lui-même) de Jacques Prévert dits ou chantés par le comédien Frédéric Pierrot




au sein de son Red Route Quartet (Sébastien Texier, Manu Codjia, Christophe Marguet). On redoutait un peu il est vrai cette mise en scène de la musique, cette « mise en jazz » des pages de Prévert, force est de constater que l’opération est une réussite incontestable, en particulier grâce au talent du comédien qui ne surjoue pas (en dépit d’accents et d’attitudes à la Gérard Depardieu). Hormis des reprises de Sanguine et (inévitablement) Les feuilles mortes (alias Autumn Leaves — sic), le chef d’orchestre a choisi les textes les plus subversifs, virtuoses et profonds du poète qui, ne l’oublions pas, écrivait dès 1932 des pièces pour le groupe d’agit-prop Octobre (qui réunissait des comédiens engagés tels que Raymond Bussières, Maurice Baquet ou Mouloudji) et qui milita pour l’émergence d’un « théâtre du peuple » dans les années précédant le Front populaire. Bref. Autre grandiose joueur de textes et chanteur de sons, l’incomparable Beñat Achiary interprète avec une folle ferveur des chants traditionnels et des chansons d’amour, un hymne aux Black Panthers et le Django de John Lewis, des reprises de Nina Simone et de Colette Magny (qui se souvient d’elle ?), un poème de Lorca, etc. Le trio “Apirilean“ qu’il forme avec l’autre Basque Philippe De Ezcurra (acc) et Ramon Lopez (dm, perc) est un trésor de profonde concentration et de duende. Enfin, le merveilleux trio “Tryptic“ (François Couturier, Jean-Paul Céléa, Daniel Humair) a choisi, lui, de revisiter le « texte » de grandes partitions classiques (Beethoven, Mahler, Britten…) avec une sensibilité et un lyrisme exceptionnels, à des années-lumière de toute tentative de « playbachisation » (suivez mon regard) du répertoire classique. Mais le festival nivernais présentait aussi bien évidemment des groupes n’ayant pas de rapport au texte (encore que…). Comme le septet à cordes hollandais “Elastic Jargon“ (violons, altos, violoncelle, contrebasse, guitare électrique) de l’altiste Maurice Horsthuis sur des compositions originales du leader (pétri d’improvisation libre, de musique contemporaine et de tentations schubertiennes), balançant entre rigueur formelle et chausse-trapes audacieuses.




Outre le quintette “Share » de Baptiste Trotignon qui met à l’avant-scène les souffleurs Tom Harrell (tp, bug) et Mark Turner (ts), tous deux en grande forme, on retiendra le trio de Belges à l’instrumentation singulière constitué de Michel Massot (tuba, tb), Tuur Florizoone (acc) et Marine Horbaczewski (cello), pour une musique totalement inclassable (et c’est tant mieux !) aux climats variés et fleuris, mettant notamment en valeur le superbe virtuose du tuba à l’imagination sans limite. Et pour conclure, osons fièrement l’affirmer : Vive les jeunes ! Le power trio Jean Louis (Aymeric Avice-tp, Joachim Florent–b, Francesco Pastacaldi–dm) offre en effet le double mérite d’enjamber sans vergogne les frontières des publics et de nourrir son inspiration dans le free jazz, le néorock hardcore (comme Zu ou Massacre) et certaines manipulations électroniques. La revanche des raisins aigres sur les figues moisies !


Photos : Gérard Rouy

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 07:47

BMC 2009

 

 

C’est un album curieusement construit que cet opus du quartet Kuhn/Monniot/Boisseau/ Marguet avec ses reliefs sur lesquels on passe et ceux sur lesquels on s’arrête. Si homogénéité il y a dans cet album il faut la voir dans le sens du collectif. D'abord parce que le quartet, qui tourne ensemble depuis quelque temps, participe collectivement au travail d'écriture. Ensuite parce que ce collectif s'exprime aussi dans cette façon "homogène" de jouer ensemble dans des configurations d'écriture assez différentes. Comme on dit, « ça tourne » merveilleusement bien, malgré l’émergence évidente de 4 personnalités bien distinctes. Il peut s’agir de cette façon qu’à Christophe Marguet d’apporter du relief à chacune des compositions. Avec une sorte de diction bien à lui, une façon de faire rouler les «  R », orfèvre dans son travail de mise en évidence. Christophe Monniot plus inégal se révèle totalement libéré et sauvage dans une fin d’album magnifique. Si l'on est un peu décus par la composition de Monniot (Have you met mystic) qui frôlait un peu l’ennui, en revanche Marguet signe un Song for Bacon absolument magistral tant dans son écriture que par la façon  qu'à Monniot d’empoigner le sax avec un « son » d’une rare densité. Lyrisme déchiré. Déchirant.  Boisseau quand à lui donne du corps à ce quartet avec un mélange de présence affirmée et discrète. Avec la stabilité et la rondeur des grands contrebassistes. Et puis dans cet album qui manque parfois de fil conducteur, il y a Joachim Kuhn qui est ici le véritable centre nerveux. Pièce centrale du dispositif. Intelligence du jeu. Brillance de ses interventions. Brillance dans le sens littéral du terme " lumière vive et éclatante". Qu’il s’agisse de ses interventions de pianiste ou de ses compositions, le contraste et la puissance qu’il apporte au discours est tout simplement magique. Un catalyseur d’énergie. Dans une fin d’album décidément bien construite,  Léo mélodie toute simple du pianiste achève le cycle de cette rencontre comme en amenant les musiciens à revenir avec plus de force à leur point de départ. Sauf qu’entre l’ouverture de l’album et sa conclusion, c’est un instant de vie et de fusion qui s’est opéré sous nos yeux. Construction efficace du temps.

Jean-Marc Gelin

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 07:38

ABRAHAM INC

Label Bleu 2009

David Krakauer (cl), Fred Wessley (tb), So Called (sampler, kyb), C Rayz Walz ( rap), Katie Moore (vc), Matthew Flowers (vc), Joshie Armstead (vc), Alicia Krakauer (vc), Sheryl Bailey (g), Allen Watsky (g), Jerome Harris (b), Michael Sarin (dm), Freddie Hendrix (tp), Brandon Wright (ts), Will Holshouer (acc), Jordan Dare (techno remis)

 



 


Alex Dutilh ****(*)

Funny funk

Abraham Inc ou le parfait exemple des limites de l’analyse musicale universitaire. Car si David Krakauer peut être plus brillant au sein de son Klezmer Madness, Fred Wesley plus groovy sur ses projets jamesbrowniens et Socalled plus délirant sur ses propres bidouillages sonores, leur association dépasse largement la somme des parties. Abraham Inc, c’est la version Grosse Pomme de notre black-blanc-beur. Un geste culturel autant que musical. Krakauer avait déjà rapproché Bechet et Naftule Brandwein, cette fois ce sont les JB’s Horns et les Klezmatics. Et ça fonctionne comme s’ils avaient grandi ensemble. Naturellement. Ça danse, ça transpire, ça jubile et ça donne du bonheur. À l’Apollo de Harlem, foule en transe : c’est la vérité de cette musique.

 

Lionel Eskenazi : ***(*)

Voici un projet musical novateur et réussi, où l’ambition est aussi humaniste, dans sa tentative de rassembler les peuples juifs et noirs des Etats-Unis. Un concept triangulaire avec des mélodies klezmer (David Krakauer), un groove Funk (Fred Wesley) et une intrusion du hip-hop  et de l’électro (So called), pour une musique à l’esprit jazzy et dansant, à la fois sophistiquée et festive. Un travail de production et de mixage impressionnant pour une « fusion » détonante et chantante. Un seul bémol : le dernier morceau marginalisé par sa dominante électro.

 

Jérôme Gransac :  *

Abraham Inc. réunit trois têtes d'affiches dans des styles musicaux bien différents (funk, klezmer, hip hop). Le but de cette juxtaposition des genres n'est pas une fusion et c'est heureux. Mis à part « Trombonik » et « Fred the Tzadik », de nombreux titres sont expédiés. Inégale, la formule navigue de la funk à traits épais, à ce qu'on aime appeler du « Klezmer Box », en finissant par un titre électro au goût mauvais qu'on pourrait nous fourguer dans une ducasse à côté du stand de merguez-frites.

 

Pascal Rozat : **

Le problème est que la rencontre promise entre le klezmer de David Krakauer et le funk de Fred Wesley n’a pas vraiment lieu. Plus qu’à une fusion, on assiste à une juxtaposition de styles : ça commence par un chorus de trombone sur fond de rythmique groovy, suivi d’un solo de clarinette venu tout droit du yiddishland, puis d’un rap qui tombe comme sur un cheveu sur la soupe… Ajoutez à cela des boîtes à rythme racoleuses et une production hyper-léchée, et vous obtenez une sorte de Saint-Germain klezmer, une musique à danser lisse et sans vrai relief.

 

Jean-Marc Gelin : *

Ok pour le concept musical de brassage des cultures entre klezmer, hip hop et funk dans une sorte de melting pot politiquement correct. Mais il faudrait un peu de musique pour que cela suscite le moindre intérêt. Autre chose qu’une boîte à rythme et un collage de pattern dont l’intérêt ne fait que s’émousser de bout en bout. Cela veut faire « genre » et ça tombe à plat. Sauf peut être sur quelques Dance floor .  Mais à l’ennui du boum boum succède le mauvais gôut revendiqué d’une fin d’album  techno bien mal léchée. A éviter absolument

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 07:59



Piano solo

Label forge

www.laforgecir.com


On a beaucoup de raisons d’aimer ce disque : François Raulin  déploie un enthousiasme communicatif pour parler du jazz et en jouer, un sens certain de la mélodie et de l’harmonie, une vraie science des arrangements. Ostinato est son deuxième album solo qu’il sort sur le label LaForge, production grenobloise avec lequel le pianiste continue un travail collectif d’improvisations.

Traversé par un désir constant de musique et de jeu, ce pianiste nous fait partager son goût des belles mélodies qui restent en mémoire comme une évidence.

Ainsi en est-il du « Lotus blossom » du merveilleux Billy Strayhorn, alter ego du Duke, compositeur de quelques uns des plus beaux standards de l’histoire du jazz, qui, sous les doigts du pianiste, devient la mélodie épurée d’un film imaginaire, minimaliste et émouvant.

Ostinato ? Une figure répétée pendant une partie ou tout un morceau, qui remplit un rôle expressif. L’album porte bien son nom, car la douce insistance, la subtilité harmonique, le choix des demi-teintes allié à un sens rythmique rigoureux et souple sont la marque de la musique de François Raulin.

Une élégance musicale irréprochable, qui gagne au fil des thèmes en intensité et en force persuasive, les tempos étant habilement alternés : d’un premier titre très doux, « Little Nemo s’éveille » où le piano cristallin commente à mi-voix, on passe sans effort à « L’appel de la forêt » précis et délié, ou à des compositions alertes, plus tendues, voire entêtantes « Ziggedi ».

Virevoltants ou obsédants, mais toujours lyriques, ces thèmes entraînent vers une intimité partagée, chez soi, ou entre amis.

Après un « roulé-boulé» très nerveux, on finit cette promenade musicale sur « Images de décembre », une ballade de circonstance où domine cette impression ouatée et floconneuse, persistante, sans éclats trop vifs, de ritournelle sous influence.

On reste avec cet Ostinato sous l’emprise de ce pianiste, et ce, pour notre plus grand plaisir. Sophie Chambon

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 07:44

 

Yorgui Loefler (g), Gigi Loeffler, Billy Weiss (rhythm g), Vincent Bidal (p), Gino Roman (cb). 29 juin / 3 juillet 2009. Le Chant du Monde / Harmonia Mundi.

Où va s’arrêter la fertilité du génie manouche ? A 30 ans, Yorgui Loeffler présente son second album, patiemment mûri et qui bénéficie d’un équilibre sonore remarquable. Il y affirme une identité  prometteuse : une cohésion rythmique à toute épreuve (« Sing Sang Sung »), un répertoire quasi entièrement original qui explore souvent des climats mêlant en d’attachantes réussites nostalgie et lyrisme (« Lui et Moi », « Bolero de Lovia »), une couleur orchestrale élargie au toucher sensible du pianiste Vincent Bidal, une maîtrise instrumentale suffisamment aguerrie pour faire passer la plénitude d’un discours flamboyant et toujours clairement articulé avant de vains excès de virtuosité. Un artiste qui a incontestablement les moyens de continuer à nous séduire tout en gardant dans ses doigts le suc de ses racines.

Stéphane Carini.

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 22:16

Collectif publié sous la direction de Francis Hofstein

Editions du FELIN

 

 

Ouvrage publié avec le concours du Centre national du Livre

Et avec la participation de la Villa TAMARIS centre d’art de La Seyne sur mer 

 

 

 


 

Les livres de jazz ont tendance à se multiplier, essayant avec plus ou moins de bonheur de changer leur angle d’approche, pour plaire à un public chagrin.

L’art du jazz vise la qualité, avec une matière dense, qu’illustre une très riche iconographie (plus de 200 illustrations). Cette nouvelle publication sur un marché en crise ne joue pas la carte d‘une histoire analytique du jazz pour amateurs éclairés, ni d’une introduction, pour néophytes, à cette musique et à son écoute. Mais les curieux comme les connaisseurs prendront plaisir à découvrir ces regards singuliers sur la création et le jazz.

Espace privilégié des esthétiques, la revue propose une réflexion ouverte sur les différentes formes d’art relatives au jazz, créant des passerelles entre elles, autour de cet objet aimé .

Ouvrir un espace décalé, oblique entre le passé du jazz, mythique et les avatars plus actuels, est l’un des objectifs du collectif, qui tricote, au fil de vagabondages savoureux,  des rapprochements inédits, s’autorise en un mot des chemins de traverse réjouissants.

 

Après la sortie, en 1991, du volume Jazz de La revue d’esthétique et dans le souvenir vivace des Cahiers du Jazz , Francis Hofstein, psychanalyste, écrivain, collectionneur (fou) d’objets de jazz ( c’est lui qui prêta un certain nombre d’objets tout à fait  exceptionnels à Daniel Soutif pour l’exposition  Le Siècle du jazz  au Quai Branly ) décida la création d’une nouvelle publication.

Lire la suite.....
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 21:37

 

"Nous sommes tous des fils d'Abraham"

 


Nous avons rencontré l’époustouflant clarinettiste américain de passage à Paris, pour la sortie de « Tweet Tweet », un album signé sous le nom de groupe : « Abraham Inc » (regroupant David Krakauer, Fred Wesley et So Called). Cette formation sera en concert le 03 décembre aux Transmusicales de Rennes et le 04 décembre à Amiens.

 

Propos recueillis par Lionel Eskenazi, le 03 novembre 2009.

 

- DNJ : Vous parlez couramment le français, vous avez eu l’occasion d’étudier au conservatoire à Paris. Parlez-nous de votre amour pour cette ville et plus généralement pour la France.

 

-D.K : J’ai passé le concours du conservatoire de Paris et j’ai pu obtenir une bourse pour venir étudier la clarinette pendant un an, c’était durant l’année scolaire 1976-1977. Je parlais déjà un peu le français et j’ai pu ainsi améliorer à la fois mon apprentissage de la langue et ma pratique instrumentale. Depuis j’éprouve toujours une sensation particulière, très sentimentale, quand j’arrive près de la gare de Lyon, car je me rappelle de mon arrivée avec ma grosse valise, j’avais 20 ans et je portais en moi toute la fragilité et l’espoir que l’on éprouve à cet âge crucial où l’on quitte l’enfance pour rentrer dans l’âge adulte.

 

- DNJ : A l’époque vous ne jouiez que de la musique classique ?

 

lire la suite de l'entretien avec DAVID KRAKAUER

 

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