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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 08:03

sebastien_lovato_cover.jpg

Auto-produit

 

Article paru le 15 septembre 2010  

Sébastien Lovato (p, Fender Rhodes), Alexandra Grimal (ss, ts), Marc Buronfosse (cb), Karl Jannuska (dr)


 

Sortie de disque le 22 septembre au Sunset à Paris.

 

« Music Boox » est le deuxième album jazz du pianiste Sébastien Lovato. C’est lors d’une rencontre au Bar Belge à Maisons-Alfort (94) que ce pianiste discret m’a alors « confié » son album, avec une certaine humilité. Discret car il ne cherche pas à faire briller inutilement sa musique; discret car sa carrière est riche d’expériences méconnues (diverses collaborations à des projets latins, salsa, tango) qui méritent le détour (Dis bonjour à la dame, Yochko Seffer quartet).

Music Boox est inspirée d’œuvres littéraires écrites par des écrivains presque tous contemporains. D’où le titre : « Music Boox ». Les dix pièces de l’album sont de Sébastien Lovato, mise à part « I Shot the Sheriff » de Bob Marley.

Chaque page du livret illustre une composition par une couleur et quelques lignes extraites d'une œuvre en relation avec le titre de la pièce. Ainsi, « Davla » - deux versions sont sur le cd - a été inspirée par le livre éponyme de Jim Harrison, « Don Quichotte de la Mancha » de Cervantes tend la perche à « Là où la main de l'homme n'a jamais mis le pied » et « le pouvoir des chats » est un clin d’oeil à un passage tiré du « maître et la marguerite » de Mikhail Boulgakov (« le chat noir aux dimensions effrayantes, un petit verre de vodka dans une patte »)).

Il règne comme un mystère autour de cet album et sa musique. Tout est fait de frugalité: la couverture et le livret sont discrètement lumineux, la musique est en dehors de toute forme démonstrative, les compositions sont à la fois dans des registres volontairement classiques (swing bop dans le « A rebours » ; « Le pouvoir des chats ») ou résolument modernes (le syncopé « Beloved ») et les thèmes sont tout à fait éclectiques. On y côtoie des idiomes différents : ballades, groove léger, funk invisible mais présente, structures rythmiques aussi bien galvaudées que complexes, jazz parisien ou new-yorkais, latin jazz ; sans que la musique ne souffre d'hétérogénéité. Le fil conducteur est perceptible dans un au-delà avec lequel on parvient à rentrer en relation et réside peut être dans cette mystérieuse tempérance que l'on essaie avec obstination de percer. L'oreille du mélomane découvre en filigrane une musique élégante travaillée avec sagacité: « Beloved » est une petite perle et la fin de ce morceau nous fait comprendre pourquoi Lovato a fait appel à une équipe de maîtres d'œuvres-fines lames que sont Marc Buronfosse et Karl Jannuska qui savent donner à leur leader la musique qui lui correspond. C'est l'apparition de la saxophoniste Alexandra Grimal qui étonne. Dans ce contexte serein et élégant, la saxophoniste, qui ne joue pas sur toutes les pièces, emploie son langage rugueux, par endroits et par surprise, et des schémas parfois sophistiqués. Et si elle semble décolorer la musique lors de courts segments, elle assagit son discours la mesure suivante et se fond dans la musique de Lovato. Le trio ne se laisse pas intimider et lui répond œil pour œil, dent pour dent. Ce quartet n'est pas une illusion, une collaboration « one-shot » pour cet album. Le trio Grimal/Buronfosse/Jannuska a déjà éclusé quelques scènes, Lovato est voisin de Buronfosse et les deux jouent régulièrement ensemble. Depuis l'enregistrement de cet album l'année dernière, Jannuska est venu les rejoindre en concerts. « Music Boox » n’est pas un premier disque ni celui de la maturité pour Sébastien Lovato. Avant tout, c’est l'œuvre d'un pianiste délicat et d'un homme cultivé et inspiré et un album abouti.

 

Jérôme Gransac

 

 

Myspace

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 00:00

 

REGARDS CROISÉS SUR LE JAZZ

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(c) Jean-Marc Gelin

 


Martial Solal / François Jeanneau, deux musiciens qui chacun à leur manière ont écrit l’histoire du jazz en France. Chacun sur une trajectoire différente, parfois complices depuis leurs premières rencontres au Club saint germain, parfois réunis au gré de leurs formations respectives et parfois dans des univers totalement éloignés. Mais il y a entre eux une profonde affection. De celle qui se fonde sur la reconnaissance mutuelle que partagent les grands musiciens. Lorsque nous avons pris l’initiative de les réunir pour un regard croisé sur le jazz, les deux hommes ne s’étaient pas vus depuis longtemps. Quand Martial Solal est venu au devant de nous, sur le perron de sa maison, c’est avec une émotion évidente,certaine et bien réelle qu’ il a retrouvé François Jeanneau pour plonger avec lui dans quelques souvenirs de ces pages merveilleuses qu’ils ont tous,les deux contribué à écrire avec toujours tant de passion.

 

 

 

 

     

   

DNJ : Avez vous le souvenir de la première fois que vous vous êtes rencontrés ?

 

 

Martial Solal : Ce doit être au Club Saint Germain, je suppose. À l’époque nous n’étions pas nombreux et quand il y avait un nouveau musicien, un nouvel arrivant, cela se voyait tout de suite. Au piano par exemple, lorsque Arvanitas et plus tard Grailler sont arrivés, on les a très vite entendus. À chaque fois l’arrivée d’un nouveau musicien était perçue comme l’arrivée d’un concurrent de plus. On se méfiait un peu.

 

François Jeanneau : Moi je jouais avec Georges Arvanitas. Mais on a joué aussi ensemble avec Martial, Luigi Trussardi et Bernard Vittez. Avant que je sois engagé au Club Saint Germain, on venait faire le beuf avec Michel Babault, le batteur. Je me souviens qu’une fois on a joué avec toi et que tu as demandé à Michel Babault «  prends le tempo le plus vite que tu peux…. »

 

Martial Solal : Oui, on avait cette espèce de tradition de jouer, au moins une fois par soir, un morceau au tempo le plus rapide possible. Là c’est tombé sur lui. C’était des tempi sur lesquels plus personne ne joue aujourd’hui. C’était très dur à jouer et je pense que c’etait une petite vacherie que j’avais faite à Babault.

 

 

MS : on aimait tellement jouer à cette époque que les petits à côtés un peu désagréables, on ne les voyait pas vraiment. Il y avait bien ces boeufs un peu obligatoires qui duraient deux heures et qui étaient souvent très mauvais. C’était un peu un pensum. Mais c’était surtout une période où l’on apprenait, où l’on progressait par les conseils réciproques des uns et des autres, par l’écoute des musiciens qui venaient d’ailleurs.

 

   

FJ : c’était vraiment une période où l’on avait cette chance de pouvoir jouer tous les soirs. Il n’y a pas de meilleure école pour apprendre


LIRE LA SUITE.......

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 22:54

Autoproduction  http/jazz.laurentepstein.com 

Laurent Epstein (p), Yoni Zelnik (cb), David Georgelet (dm), 2010

 laurentepstein.jpg Toutes  les  chanteuses  de  la  capitale,  toutes  celles  qui  ont  l’habitude de pratiquer les jam de       « Autour de Minuit », toutes les ex du regretté Studio Des Ilettes connaissent bien Laurent Epstein. Elles ont  toutes eu  l’occasion  de savourer son immense talent d’accompagnateur, cette abnégation et cette façon discrète qu’à le pianiste de servir la musique avec autant d’apparente simplicité que d’amour mutin de la musique. Et nous étions donc quelques uns à attendre avec impatience qu’il enregistre son premier disque et qu’il se lance enfin dans le grand bain de l’édition phonographique. D’autant que ses fidèles complices, ses compagnons d’armes des premières heures sont  rompus à l’exercice.  Yoni  Zelnik  que  l’on  ne présente plus est assurément l’un des contrebassistes les plus demandé de la scène parisienne et ne compte plus ses sessions en studio alors que le batteur David Georgelet a fait le buzz cette année avec deux albums sous deux noms différents (Frix et Akala Wubé).

 

Seulement  voilà,  Laurent  Epstein  partage  avec  les  grands musiciens cette élégante humilité qui l'a toujours fait rechigner à s’exposer, à se mettre sur le devant des scènes. Pas une coquetterie de star, non plutôt la modestie des vrais gentlemen. Et c’est avec cette humilité qu’aujourd’hui c’est tout juste s’il ne s’excuserait pas de venir nous présenter son nouveau-premier album. Et pour tous ceux qui le connaissent déjà, ce que nous découvrons ici ne fait que confirmer tout le talent que nous lui connaissions déjà. Celui d’un pianiste aussi sensible que délicat dans sa façon de tourner autour des harmonies, de  chalouper  le  swing  (La Madrague), de « bopper » gourmand (That’s all), d’aller dénicher les subtilités mélodiques (un Locomotive de Monk pas si atonal que ça), et de révéler tous les atours de thèmes faussement simples mais qui, sous ses doigts coulent toujours comme une belle évidence. En toute simplicité. Il faut dire et répéter que Laurent Epstein est accompagnateur dans l’âme. Accompagnateur des autres, des chanteurs et des chanteuses, accompagnateur de la musique dont il ne cherche qu’à mettre en évidence la beauté  des  lignes  mélodiques  (enfin  un pianiste qui aime la mélodie !). Mais aussi accompagnateur de lui-même dans cette façon si subtile et suprêmement élégante de servir la musique. En toute simplicité. Il y a chez lui cette façon de s’effacer  devant  la  phrase  musicale  et  de  la  laisser  vivre.  Comme s’il voulait disparaître devant la musique, ne pas en imprimer sa propre marque, juste la jouer avec cette grâce et cette légèreté qui est comme un défi aux lois de l’apesanteur. On ne peut s’empêcher de penser qu’il partage cette apparente modestie musicale avec un Alain Jean-Marie, lui aussi grand accompagnateur devant l’éternel.

Laurent  Epstein  choisi  avec  un  goût  exquis ses compositions, passe en revue quelques standards (mais pas forcément les plus fréquents), joue quelques unes de ses propres compositions (au demeurant superbes)  avec autant de détachement élégant  que de gourmandise mutine, s’amuse même avec une chanson comme La Madrague dont il met en exergue tous les trésors cachés. Sorte de petit clin d’œil pour dire que cela n’est jamais tout à fait sérieux. Jamais trop grave. C’est que, pour Laurent Epstein , tout est matière à faire chanter le swing pour peu qu’il s’arrête un peu sur son cas.

 

Sa  musique ne réinvente jamais le jazz. Pas de ça chez lui ! Phineas Newborn, Hampton Hawes, Hank Jones, Wynton Kelly et Bill Evans lui ont forcément soufflé deux ou trois trucs de pianistes. Et d’eux Epstein a gardé cette façon de jouer, de  swinguer,  de  balancer en toute simplicité. Aucune introspection sombre chez ce pianiste-là. A la limite du modal. Il suffit d’entendre le Lullaby of leaves qu’il joue en solo pour entendre chez Epstein l’anti-pianiste tourmenté et solitaire.

 

Ses  camarades  de  jeu,  indéfectibles  amis lui offrent comme en cadeau un écrin affectueux dans lequel il s’en va chercher ses pépites, celle qu’il offre avec l’œil attendri et amoureux de ceux pour qui l’amour est justement une offrande belle et joyeuse.

Et avec cette façon de donner vie et âme à son piano, on jurerait même que pour une fois, la vraie chanteuse, c’est lui.


Jean-Marc Gelin

Ps : pour les parisiens, n’hésitez pas à aller l’entendre au Sunside le 20 septembre

 

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 12:11

akinmusire.jpg

Le jeune trompettiste Ambrose Akinmusire, nouveau petit génie de l'instrument et 1er prix Thélonious Monk 2007, vient de signer chez le prestigieux label Blue Note. Rappelons que le fameux label a compté dans ses rangs d'autres tromettistes prestigieux comme Miles, Fats Navarro, Lee Morgan ou Freddie Hubbard et tant d'autres.

 

En ligne de mire un enregistrement avec ses camarades de jeu, dont notamment le saxophoniste Walter Smith III.

 

Pour ceux qui ne le conaissent pas encore, à découvrir d'urgence sur le dernier album de la contrebassiste Linda Oh

LindaOhEntry

 

ma pomme

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 12:10

Les Victoires du jazz ont rendu leur verdict.

La cuvée 2010 a donc récompensé, vendredi 13 juillet en ouverture du festival de Juan Les Pins : 

 

 

Artiste de l’année : Médéric Collignon avec « Jus de Bocse »  

 


Révélation instrumentale : Ibrahim Maalouf

 

 

Album de l’année de formation internationale : Ballaké Sissoko et Vincent Segal

 


Album instrumental : Andy Emler MegaOctet  

   

 

             Jazz vocal ELISE CARON

 

  Elise Caron -copie-1   

     

 

 

 


Victoire d'honneur remise à George Benson,

 

 


 

 


             Les Victoires du Jazz seront retransmises en différé le 20 juillet à 22h45 sur France3.

 

 

 

 

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 22:10

 «  Harvesting semblance and affinities »

PI recordings 2010

Steve Coleman (as), Jonathan Finlayson (tp), Tim Albright (tb), Jen Shyu (vc), Thomas Morgan (cb), Tyshawn Soreu (dm), Marcus Gilmore (dm on 5), Ramon Garcia Perez (percus on 5)

 

 

 

steve-coleman.jpgIl y a dans la musique de Steve Coleman quelque chose de fascinant. De toujours fascinant. C'est un peu comme si l'on partait à la découverte d'une civilisation disparue dont on apprenait les usages et la langue. Et ce dès le début du présent album, qui ouvre comme sur une sorte de rituel ou de rite initiatique. On retrouve d’ailleurs ici l’inspiration des Rituals que l’on retrouvait dans Weaving Symbolics ( Label Bleu 2006). Et cette sensation est renforcée par les volutes vocales de Jen Shyu qui depuis quelques temps déjà accompagne Steve Coleman ( quand ce n’est pas Sarah Murcia) et dont la voix de vestale posée sur la musique est une sorte d’appel à une mystérieuse célébration mystique. Se reporter à la définition du Petit Robert,  vestale : "prêtresse de Vesta qui entretenait le feu sacré".

Mais la musique de Steve Coleman c'est aussi cette géométrie à multiples variables où les frontières entre l'écrit et l'improvisation sont instables (à l'exception des parties chantées), comme le sont aussi celles qui sont censées séparer le chant et le contre-chant au gré des combinaisons rythmiques et harmoniques. Et le lien, dans ces flottements de la forme, c'est cette formidable énergie qui circule et passe de part en part entre les musiciens.

Sur chacune des phrases vocalisées, des ramifications harmoniques se croisent portées par Coleman à l'alto ( quel son !), par   Jonathan Finlayson ( superbe) à la trompette et par Tim Albright au trombone. La rythmique quand à elle apporte une vie puissante, une sorte de force tellurique à cette fête païenne.

On ne peut que suivre Steve Coleman et entrer avec lui dans un univers totalement captivant.  Semblant s’être, débarrassé de son langage mathématico philosophique souvent (trop)  complexe, cet univers-là maintient tous les sens en éveil. On croit retrouver ce qui avait fait la force de M'base notamment. Cette force de la pulse viscéralement chevillée à la musique colemanienne.

La structure reste pourtant complexe et le système Colemanien reste fondé sur une approche systémique caractérisée par la numérotation de ses compositions laquelle renvoie à des combinaisons harmoniques et rythmiques bien définies comme autant de ramification possibles. Ce sont des systèmes a priori qui délimitent le cadre. Dans cet écheveau les voix se croisent mais se complètent aussi comme sur ce Middle of Water où les chorus vocaux sont doublés par les cuivres dans un mélange d'unisson et de contre chant vibrants. Une force vitale incroyable frémit, s'élève, vibre et plane aussi dans un univers parfois évanescent, en apesanteur comme sur Flos Ut Rosa Floruit composé par le compositeur Danois Per NÆrgard et inspiré des textes sirptuels du moyen âge, où la voix magique nous entraîne dans une sorte d'opéra entre rêve éveillé et paysage fantasmagoriques.

On connaît aussi l’importance que Steve Coleman a toujours accordé aux batteurs et à leur force d’attraction mutuelle. Il n’est que d’entendre Attila 04 , cycle de 32 mesures (sorte de rituel de clôture, danse frénétique) pour comprendre l’importance du travail d’orfèvre laissé aux baguettes de Tyshawn Sorey .

Assurément il y a un style « Steve Coleman » qui, en dépit de sa complexité, revient aujourd’hui à une forme d'épure qui relève toujours pour l’auditeur, du domaine de l'expérience musicale. Le monde de Steve Coleman nous happe et nous captive. Il appartient définitivement à ceux qui savent le conquérir.

Jean-Marc Gelin

ma pomme

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 18:16

Desordres.jpgDESORDRES

ZOONE LIBRE (collectif de musiciens)

Circumdisc 2010/ Les Allumés du jazz


Article paru le 12 septembre 2010

 



Voilà le premier album du quartet lillois ARSIS né en 2002, composé du trompettiste Christian Pruvost, du guitariste et auteur de la plupart des compositions Ivann Cruz, de Charles Duytschaever à la batterie, et de Mathieu Millet à la contrebasse.
Cette formation appartient à la grande famille nordiste de Circum et en particulier du collectif ZOONE Libre.
Désordres est un titre tout indiqué pour désigner une déconstruction orchestrée savamment, un détournement de formes radical où la texture sonore est travaillée avec le plus grand soin  Trompette au son épuré qui s’étire sur la première partie de «Volutes sonores» pour donner aussitôt après des sons plus écorchés et acides, riffs de guitare saturés, traits énervés de contrebasse, fougueuse batterie, se fondent en un maelström d’improvisations rugueuses, fusionnant acoustique et effets électroniques.
Animés d’une irrépressible envie de partager ce flux constant d’énergie, les musiciens nous servent des pièces engagées et percussives aux sonorités brutes, industrielles dans la mini-suite qui donne son nom à l’album, avant  de se transformer transitoirement  en grooves minimalistes, et sons atmosphériques.
Il en résulte un chant profond et continu d’un groupe qui explore les formes les plus ouvertes, en des échappées libres, pas vraiment planantes, qui ne dérapent jamais avec un foisonnement de sonorités déglinguées, trafiquées et pas toujours identifiables.
D’où un son particulier, inquiétant et étrange, une atmosphère insolite, avec ces bruits parfaitement maîtrisés dans leur dérangement, qui parfois enflent au débouché d’une trompette profondément irritée ; on est au cœur d’un thriller postmoderne pour le « Tredici » final. Créateurs de ces architectures massives mais aussi fragiles,
le résultat est une musique à la trame complexe. C’est ce que l’on retiendra, ces quatre-là concoctent, à partir de sons recherchés un magma très personnel.
A  suivre …

 

Sophie Chambon

 

NB : Et toujours comme pour les disques de Circum, un bel objet à la pochette et au graphisme soignés !

 


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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 07:43

 

Julien Delli Fiori

Editions La Martinière 2010, 192 pages, 33,25 euros

 

ascenceur Pour tous les amateurs de jazz, Julien Delli Fiori a longtemps (re)présenté « Ascenseur pour le Jazz » l’émission culte que le journaliste a animé pendant plus de 20 ans sur les antennes de France Inter avant d’accepter récemment de prendre la Direction de Fip, autre radio musicale de Radio France.

Le livre au titre éponyme qu’il signe aujourd’hui qui paraît aux Editions de la Martinière est une sorte de mini dictionnaire des grandes figures du jazz, de ces personnages héroïques qui ont transmis à Julien Delli Firori la passion de cette musique. Portrait de musiciens de légende, gravés à tout jamais dans le marbre bien vivant du patrimoine jazzistique de l’humanité ! Quelques mythes

 

que pour certains, Julien Delli Fiori a eu la chance de rencontrer jusqu’à en tisser des liens amicaux au hasard des interviews et des festivals qui ont émaillé sa carrière.

 

Cassant la logique chronologique habituelle et roborative, Delli Fiori propose ici une lecture matricielle autour de quelques grands thèmes du jazz : Nouvelle Orléans, Swing, BeBop, Hard Bop, Jazz West Coast et jazz cool, Free Jazz, Jazz Fusion, Vocal Jazz, Jazz Folie, Rythm’n blues, blues, Jazz & Co ( Gypsy Jazz, Latin Jazz), Jazz now, Miles Davis, Jazz & Cinéma, Jazz Festivals. Le tour du monde du jazz en 192 pages, emballé c’est pesé et l’histoire du jazz est bouclée. Y a plus qu’à mettre la galette dans le lecteur ( les choix discographiques sont là pour ça) et le tour de diablotin Delli Fioresque est joué.

Car il ne s’agit pas de faire ici un dictionnaire du jazz mais plus d’en livrer un rapide survol, animé au fil des pages par l’écriture déliée, passionnée et bigrement synthétique de Delli Fiori dont on croit entendre la douce voix en filigrane, comme autant de spot de présentation avant que l’artiste n’attaque  sur l'antenne imaginaire son chorus annoncé. Delli Fiori écrit avec gourmandise. Offre un regard un peu décalé et toujours alerte. Avec cette passion du jazz qui donne des ailes à sa manière d’écrire.


Et l’auteur, parce que c’est l’auteur, a ici tous les pouvoirs, dont celui de tailler à la hache, de faire ses propres choix éditoriaux. Ces choix partiaux en 41 portraits en jazz totalement assumés  comme ce chapitre sur le « jazz now » par exemple résumé (ou limité) à Carla Bley, Pat Metheny, Stefano Di Battista et Jan Garbareck. Choisir ,c’est renoncer »

 

Admirablement iconographié, l’ouvrage se situe entre « beau livre » et petit dictionnaire amoureux du jazz. Des photos ultra-connues signées Herman Leonard, Le Querrec et d’autres voisinent avec des clichés plus inédits ou encore avec de superbes pochettes d’album qui viennent comme des points d’exclamation colorés sortir le jazz de son esthétique si (trop) souvent black and white.

 

Avec Julien Delli Fiori on survole en classe éco des paysages somptueux qui donneront assurément à ses voyageurs néophytes l’envie de faire quelques escales dans ces paysages du jazz, si attrayants lorsqu’ils sont vus par son hublot.

 

ma pomme

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 23:51

BDJZ052_RECTO.jpg

BD Music
Sur une idée originale de Nicolas Pothier
Sortie le 20 juin 2010
www.bdmusic.fr
www.arte.tv




La collection Bd Music fait appel à des dessinateurs confirmés ou à de jeunes talents prometteurs qui, en s’inspirant d’une figure du jazz (chanteur, instrumentiste…) composent une véritable partition, illustrée en deux cds, par les choix musicaux d’experts de cette musique…
Un petit chef d’œuvre d’humour et d’intelligence est sorti le 20 juin dernier aux éditions de Bruno Théol, consacré à deux figures emblématiques du jazz et de  la bande dessinée, Cabu et Cab Calloway.
Cabu a une connaissance immense du jazz et une véritable passion pour Cab Calloway, le maître de cérémonies du Cotton Club, chanteur, scateur, danseur, compositeur et chef d’orchestre, qui resta fidèle toute sa vie – et elle fut longue et bien remplie - au titre qui lui avait valu la gloire « Minnie the Moocher » : ayant oublié les paroles, il se livra à une improvisation jubilatoire en introduisant dans la chanson des « Hi de ho » qui allaient devenir sa signature.
Prince du « hi de ho », roi des zazous,   Cab, à la longue mèche noire, raide et tombante, fut  un personnage de la scène et de la musique noires : arrivé à New York à la fin des années vingt, quand le Savoy Ball room est le paradis des danseurs, il s’impose vite : macho, séducteur, maquereau mais aussi musicien confirmé, il fait de son corps son propre instrument, et manifeste une telle folie sur scène qu’il devient une figure de la culture afro-américaine, sophistiquée et urbaine.
La Bd nous raconte tout ce qu’il faut savoir sur ce grand « entertainer », une version scénarisée avec talent au moyen de planches très drôles signées Cabu, mises en couleur par  Wozniak (comme dans la collection de Cds qui porte le titre de Cabu Jazz dont la dernière livraison est époustouflante, Lester Young clarinettiste, Barney Kessel, Gil Evans, Art Blakey et les Jazz Messengers).
Cabu est un vrai fan de Cab Calloway tout comme Jean François Pitet qui sait absolument tout de l’artiste et qui lui a consacré un site exhaustif, en français s’il vous plaît, www.thehidehoblog.com  :  infos, anecdotes et surprises.
Il a d’ailleurs rédigé les pages très précises et illustrées de vignettes de sa collection (visiblement énorme) de la biographie de  ce ‘fou chantant’. Il est aussi à l’origine du documentaire inédit passé sur Arte le 4 juillet dernier « Cab calloway, le dandy de Harlem ».

Christian Bonnet s’est chargé avec le talent qu’on lui connaît de faire la sélection musicale et d’établir la discographie. C’est l’un des mérites  de ce numéro particulièrement soigné que de nous faire découvrir l’œuvre de Cab Calloway de 1930 à 1953 et d’insister sur son rôle à la tête de grands orchestres, tout en restant un fabuleux  vocaliste du scat.
Le deuxième CD est à cet égard absolument fantastique ! Sans être  un inconditionnel absolu de Cab, on ne peut que s’émerveiller des années passées aux commandes de cette rutilante machine de l’ère swing,  dans laquelle s’illustraient Chu Berry, Dizzy Gillespie,  dès 1939. Et en 1941, au plus haut de sa forme, l’orchestre de Calloway comptait de sacrées
pointures comme Cozy Cole, Lammar Wright, Milt Hinton… Dizzy éternel farceur et rebelle à toute discipline, se fit renvoyer lorsqu’un soir, il envoya une boulette (de trop) sur la tête du maître en train de stratosphériser. Mais on lui doit pendant son séjour dans l’orchestre de beaux arrangements et ce délicieux I beeped when I shoulda bopped,  qui résumait à merveille la position de Cab Calloway.
Si vous ne dressez  pas la tête en entendant  ce Limehouse blues endiablé, ou ce Cupid’s nightmare, si vous ne frissonnez pas d’aise avec cet envoûtant  Lonesome nights où Chu rivalise en suavité avec les plus grands ténors Ben Webster et Coleman Hawkins, passez votre chemin et abandonnez l’ idée de comprendre un jour ce que fut le jazz dans sa très grande époque…  
Donc on récapitule : une BD savoureuse et très actuelle,  un fameux petit lexique de l’argot des musiciens de jazz (d’ « alligator » à « zoot suit » sans oublier « reefer »). Une  mine d’informations avec une iconographie originales . Une sélection musicale excellente avec en final,  un époustouflant Ain’t necessarily so, un des « tubes » de Porgy and Bess : version hilarante, déjantée, où Cab, souffle, éructe, se gargarise , avec des outrances qui pourraient être comparées avec ce que fit  ( plus tard) Screaming Jay Hawkins dans le célèbre I put a spell on you . Cab Calloway, l’une des gloires avec Lena Horne du film musical Stormy Weather, allait influencer le rap, le hip hop, Michael Jackson et apparaître dans une scène d’anthologie du film de John Landis, le célèbrissime The Blues Brothers en 1980, avec Dan Ackroyd  et le regretté John Belushi.
Ce numéro de la collection Bd jazz, vraiment exceptionnel, trace un portrait attrayant et richement documenté de Cab Calloway, sans oublier l’un des aspects forts de cette période et de l’histoire du jazz, la ségrégation raciale.

Sophie Chambon

Mariage RJM 06 09 148

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 10:39

Notre confrère et ami Alex Dutilh le-blog-d-alex.jpgpublie depuis le 1er juillet son blog ,en marge de l'émission Open Jazz.

Allez y faire un tour. Ce salaud est en ce moment au festival de Montréal et vous livre tout, les avants scène les backstage et tout ça tout ça.

Y a pas à dire y'en a qu'on du pot !

Moi c'que j'en dis.......

 

Pour aller passer un moment au Qébec avec Alex : Cliquez ici, ça y est vous y êtes

 

 

C'est pas grave on va se consoler en allant découvrir la nouvelle scène jazz de Berlin au Parc Floral cet après midi.......

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