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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 06:36

Enja Records

 



Cela en surprendra plus d’un, mais il existe encore, enfouies dans quelques greniers poussiéreux, des enregistrements de cette figure indémodable qui n’attendent que d’être révélées au grand jour. L’héritage musical de Chet Baker est géré par sa veuve, Carol Baker, et Matthias Winckelmann, le fondateur du label Enja. Les œuvres encore inédites du trompettiste sont éditées sur CD et vinyle dans la collection « Legacy », créée spécialement pour ce patrimoine. Pour la petite histoire, il y a quelques mois, le pianiste Bradley Young appelle Carol Baker et lui apprend l’existence d’un enregistrement de son défunt mari avec son trio dans un studio de Chicago. Il s’agit de bandes de toute première qualité datant de 1986, avec un Chet Baker au sommet de son art. A partir de la fin des années 70, le jazzman ne séjourne plus que rarement aux Etats-Unis, s’étant alors installé en Europe, préparant son retour outre-Atlantique. C’est par la suite, lors d’une de ses rares tournées américaines, qu’il fait escale à Chicago où Bradley Young, jeune pianiste de jazz, se présente alors à son idole. Et ce n’est qu’en 1986, quelques jam sessions plus tard, que les deux musiciens se réunissent en studio pour enregistrer en un après-midi ce recueil de standards compilés dans l’album « Chet in Chicago ». La souveraine et éternelle sérénité du trompettiste est évidemment au rendez-vous avec des improvisations omniprésentes. A ses cotés sonne une rythmique « Straight Ahead » sous les doigts du pianiste Bradley Young, du bassiste Larry Gray et du batteur Rusty Jones. A signaler aussi la présence d’un invité de marque en la personne d’Ed Petersen, donnant brillamment la réplique au trompettiste sur pas moins de 3 morceaux (« Ornithology », « Crazy Rythm » et « Sippin’ at Bells »). Chaque standards, revisités par des arrangements légèrement modernisés, sonnent comme de nouvelles compositions. « It’s You Or No One » donne le parfait exemple d’une sensibilité aigue d’un Chet Baker inimitable lorsqu’il s’agit d’Amour, avec un grand A. Avec la même verve, « We’ll Be Together Again » donne aussi le sentiment d’un retour perpétuel à l’essentiel de la vie. Puis il y a aussi ce magnifique « Solar », qui ne doit rien à Miles Davis tellement ce thème semble y être réinventé. Et pour terminer, comment ignorer l’ultra-classique « My Funny Valentine ». Il y a des œuvres qui ne disparaitront jamais de nos souvenirs. « Chet In Chicago » est une formidable ballade lors d’un bel après-midi de printemps aux côtés de Chet Baker.
Tristan Loriaut


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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 08:14
A l'occasion de la disparition de cette voix africaine d'exception, le musée Dapper souhaite lui rendre hommage au travers de 3 soirées exceptionnelles :

Jeudi 18 décembre : Miriam Makeba, l'actrice

Projection du film
Amok, de Souheil Ben Barka

Une occcasion de voir ce film engagé et rarement visible sur les écrans.
Avec Robert Liensol, Miriam Makeba, Douta Seck, Richard Harrisson.

Projection suivie d'une rencontre animée par Catherine Ruelle
Entrée libre dans la limite des places disponibles. Accès libre à l'exposition
Femmes dans les arts d'Afrique de 19 h à 20 h 30. Réservation souhaitable au 01
45 00 91 75.

- Vendredi 16 et samedi 17 janvier : Miriam Makeba, la chanteuse
 
Deux concerts exceptionnels (Programmation en cours)




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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 22:02

Blue Note Records totalise 10 nominations pour les 51st Annual GRAMMY Awards pour les artistes suivants édités par le label :


Al Green pour « Lay It Down », nominé comme meilleur album R&B, meilleure performance vocale et meilleure prise de son


Joe Lovano
 : «  Symphonica », nominé comme meilleur album de grande formation
 

Stacey Kent
 : « Breakfast on the Morning Tram », nominée pour le meilleur album de jazz vocal


Cassandra Wilson : « Loverly », elle aussi nominée dans la même catégorie

Traincha & The Metropole Orchestra : «  The Look of Love - Burt Bacharach Songbook » nominé pour le meilleur travail d’arrangement instrumental


Lester Young / Count Basie : « The Lester Young/Count Basie Sessions 1936-1940 »
[Mosaic Records], nominé au titre du meilleur album historique


Blue Note Records - 150 5th Ave - New York, NY 10011
http://www.bluenote.com/

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 06:12

 

Comment t’es venue cette idée de te présenter comme nouveau Directeur artistique de l’ONJ ?

D.Y : Pour être franc, je n’aurai jamais postulé pour le rôle de Directeur musical de l’ONJ tel qu’il existait auparavant. Cela ne correspondait pas à ce que je fait actuellement. Je suis loin d’être exclusivement dans ce type de travail musical. Mais en lisant la fiche d’appel à candidatures j’ai appris qu’il s’agissait désormais d’une nouvelle fonction, celle de Directeur artistique. Et là l’idée de mettre au point des projets, de susciter des rencontres sur d’autres terrains artistiques est quelque chose qui m’a tout de suite plu parce que c’est la prolongation de mon travail actuel. Je le fais déjà dans mes propres projets mais aussi en collaborant en tant que directeur artistique à de nombreux projets de musiciens.

 

Mais là pour le coup tu es parti de rien puisque tu as créé l’orchestre de toute pièce et par ailleurs tu as choisi de faire appel à différents arrangeurs pour chacun des trois projets ?

D.Y : Qu’il s’agisse de Vincent Artaud (pour le projet « Robert Wyatt »), d’Alban Darche (pour le projet « Billie Holiday ») ou de Benoît Delbecq (à un autre titre pour le projet « Carmen »), ce sont surtout des personnalités musicales de grand talent à qui j’ai confié le travail d’arrangement et de mise en forme et qui sont à l’écoute de mon projet. Véritable travail à quatre mains. Quand à l’orchestre, j’ai choisi de créer effectivement une formation qui n’existait pas auparavant en allant chercher de très jeunes musiciens. L’idée n’était absolument pas de créer un orchestre « tout terrain » qui réunisse les pupitres habituels mais au contraire façonner un son, créer une couleur avec eux. En ce sens on peut imaginer de générer par notre singularité des collaborations avec des univers artistiques à large spectre. Le choix de ces jeunes a donc été crucial. Et dans ce contexte chacun apporte une réelle personnalité. A tel point par exemple que moi, Vincent, Alban et moi sommes allés les voir un  par un et avons ainsi passé du temps avec eux pour

essayer de percevoir leur personnalité, de comprendre comment ils travaillaient et quel était leur univers musical. L’idée sous jacente est une idée assez basique, celle d’écrire en fonction de la personnalité de chaque musicien. Vincent a de lui-même sollicité Ève Risser afin de passer avec elle une journée en studio pour appréhender son jeu. Elle a comme tous les membres de cet orchestre un éventail de possibles incroyable. Mais ce qui m’intéresse aussi c’est de pouvoir travailler avec des gens qui ont un esprit totalement ouvert et qui ont aussi une grande culture musicale. Avec Antonin Tri-Hoang (saxophoniste alto) j’ai été impressionné qu’il connaisse autant bien Robert Wyatt que Benoît Delbecq alors qu’il n’a que 19 ans ! Cela faisait déjà partie de son univers musical. Ces jeunes là n’ont attendu rien ni personne. Ils sont organisés de manière autonome. Je les ai aussi choisi  pour leur disponibilité, leur potentiel d’évolution et leur ouverture d’esprit. J’ai d’ailleurs envie des les accompagner dans des projets plus personnels et notamment à travers de petites formes de l’orchestre allant du solo à des petits combos.

 

Concernant ce premier projet, autour du chanteur pop Robert Wyatt, comment as-tu travaillé ?

D.Y : j’étais en contact avec lui depuis quelques années autour d’un projet qui pour différentes raisons n’avait pas abouti. Je l’ai tout simplement contacté et lui ait expliqué mon idée. C’est un personnage extrêmement attachant à la fois complexe et chaleureux. Il a accepté de chanter a capella pour ce projet. Ces bandes constitueront le matériau de base de notre travail.

 

Travailler à partir de voix enregistrée a capella, c’est déjà ce que tu faisais dans ton précèdent albums avec Guillaume de Chassy ?

D.Y : Cela fait un moment que je m‘intéresse à l’idée de partir du personnage principal pour construire la narration. En ayant beaucoup enregistré en studio en tant que bassiste j’ai souvent été frustré d’avoir à jouer sans entendre la voix définitive. D’où l’idée d’inverser le processus en se servant de chaque inflexion de

 

la voix comme d’un écrin musical. Il s’agit autant d’un détournement de la matière vocale que d’un hommage à proprement parler. Il s’agit aussi d’associer d’autres artistes sur le même mode a capella et d’en faire tout un travail d’arrangement.

 

Billie Holiday, t’a-t-elle aussi confié des bandes ?

D.Y : Tu vas rire mais j’ai réussi à dénicher effectivement des bandes d’enregistrement où elle chante a capella. Je vais voir ce que je peux en faire. En tous cas le répertoire est choisi. J’ai scénarisé ce projet comme un spectacle à part entière un peu comme une comédie musicale. Il mettra en scène deux chanteurs sur lesquels j’a eu un coup de cœur : Ian Siegal et Karen Lanaud et dont l’univers est suffisamment éloigné de Billie Holiday pour imaginer qu’ils en seront une seconde incarnation

 

Quand on est un musicien du circuit avec tout ce que cela comporte d’amitiés et de réseaux, cela doit être difficile à gérer de constituer un orchestre de jeunes ? Les sollicitations doivent être fortes ?

D.Y : J’ai pris tout de suite le parti de ne pas travailler avec les musiciens qui me sont proches. Ces musiciens que j’aime et avec qui j’ai plaisir à travailler ont tous un planning, un parcours musical, des choix artistiques assumés. Et là j’avais envie de travailler à partir d’une bande totalement vierge. De me laisser surprendre et surtout de découvrir, et de faire découvrir. C’est de toute façon une démarche que je m’impose souvent. Lorsque je réalise des albums, je n’appelle pas toujours les gens que je connais. La musique c’est aussi une affaire de casting.

 

Mais là, pour créer un ONJ, partir de musiciens jeunes que tu ne connais pas, c’est un peu risqué, non ? Joueur ?

D.Y : prendre des risques, oui assurément. C’est même pour cela que je fais ce métier. Tu sais il m’est arrivé maintes fois de venir en studio avec des arrangements que j’avais écrit et que je n’ai jamais utilisé parce que je préférais me laisser surprendre en dirigeant les gens oralement et en leur laissant de fait plus de champ de proposition.  

 

A ce risque des jeunes musiciens, tu en ajoutes un autre. Celui des chocs esthétiques. Par exemple l’univers d’Alban Darche semble très éloigné de celui de Billie Holiday. C’est un contraste recherché ?

 

D.Y : en fait il ne faut pas le voir comme cela. Bien sûr que Billie Holiday fait partie de l’univers de Alban Darche, de sa culture et de son esthétique. Qu’il travaille avec Philippe Katerine ou sur la musique de Queen il maîtrise comme tous les passionnés l’histoire de la musique sur laquelle il travaille. De fait il connaît parfaitement la musique de Billie Holiday. J’ai fait appel à des musiciens dont j’apprécie le travail et en qui j’ai confiance et surtout je pense fondamentalement qu’ils ont la culture pour s’attaquer à ce type de projet. Il ne s’agit absoluement pas de les prendre à contre emploi. Peut être simplement de leur soumettre de nouveaux défis

 

Tu vas faire Carmen à l’Opéra Comique. Comment l’idée a t-elle pu se faire ?

D.Y : J’étais très intéressé par le mode de fonctionnement de cette institutuion notamment depuis la nomination de Deschamps. Après ma nomination j’ai éprouvé le besoin d’appréhender des mondes que je connaissais moins. J’ai à ce titre rencontré beaucoup de monde ( artistes, administrateurs, managers….). Parmi eux, Olivier Manteï, qui est le directeur délégué de l’Opéra Comique et que j’ai questionné pour savoir comment il gérait sa boutique. Il a tout de suite été très clairvoyant sur les enjeux et les challenges. Au terme de ce rendez vous il a alors eu l’idée de me nous confier la bande originale de Carmen, film muet de 1915 de Cecil B. de Mille. Il en a parlé à Deschamps qui a accepté le projet. Une date a été prise pour le 26 juin 2009.

 

L’ONJ n’a toujours pas de lieu propre. Où répéterez vous ?

D.Y : La recherche d’un lieu est à l’ordre du jour. Il y a des pistes sérieuses. En attendant, pour Robert Wyatt on répétera à la Dynamo. Pour Billie Holiday ce sera à Radio France. Enfin pour Carmen, logiquement ce sera à l’Opéra Comique.

 

Avec cette nouvelle fonction, tu as encore le temps pour tes propres projets ?

D.Y : Je t’avoue que cela est un engagement total très chronophage. Il n’empêche que nous avons avec Guillaume de Chassy un beau projet qui sort en février. Nous sommes allé à New York enregistrer un album avec Paul Motian et Mark Murphy. Un moment très fort de nos aventures duettistes. Je ne te cache pas que lorsque Motian nous a dit que la dernière fois qu’il avait joué avec Murphy c’était avec Bill Evans et Scott La Faro, cela aurait pu nous mettre une certaine pression. Mais la musique est ailleurs !!    Propos recueillis par Jean-Marc Gelin
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 07:32
A 82 ans, le guitaritse Jimmy Gourley vient de nous quitter. Gourley, tout est dans sn nom ! Cette façon qu'il avait Jimmy d'égrenner ses notes, cette grande classe et cette élégance jamais prise à défaut. Jimmy Gourley avec Anita par exemple. Ou avec Zoots Sims si vous préférez.
En même temps Jimmy Raney. Les deux grands de cette époque qui ont tant fait pour ce jazz du bop net de l'après bop. Jimmy Gourley vivait à Paris. L'époque aussi de René Thomas. Et Saint Germain des Prés évidemment.
Aujourdhui une pensée pour son fils Sean, guitariste lui aussi, rencontré un jour sur le plateau de Aligre FM.
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 06:05

Frank ZAPPA/ONE SIZE FITS ALL Cosmogonie du sofa

Guy DAROL 

COLLECTION SOLO 

Edition LE MOT ET LE RESTE

  La maison d’édition marseillaise Le mot et le reste a sorti une ravissante petite collection intitulée Solo qui est un vrai plaisir de lecture. Un auteur  décrit les émotions suscitées à l’écoute d’un disque, à la vue d’une pochette  ou après un concert. L’idée est séduisante, les trouvailles ou les bonheurs d’écriture multiples selon la personnalité des auteurs . Le propos peut parfois s’obscurcir, l’écriture se regarder dans un miroir, fascinée par ses propres arabesques et son propre mouvement, l’exercice de style n’en demeure pas moins fascinant Car il s’agit bien d’un moment singulier, d’une rencontre fondatrice avec une musique qui s’inscrit à jamais dans une vie. Ainsi, Anne Savelli nous présente son bonheur d’écoute des Cowboy Junkies et en particulier de la séance de the Trinity Session de 1988,  Guillaume Belhomme  dévoile ses réflexions très littéraires avec Morton Feldman/For Bunita Marcus. Cet enthousiasme ressenti,  chacun de nous, « hommes (et femmes) du commun à l’ouvrage » comme disait Dubuffet est susceptible de le faire partager à son tour. Se joue alors, nécessairement, un processus d’identification à la lecture de ces solos, petites pièces révélatrices d’une écoute attentive, passionnée.  Cette expérience bouleversante donne matière à écrire un récit composé de brefs chapitres présentant l’objet d‘étude et d’admiration : s’y développent en filigrane des sentiments très personnels, découpant une tranche de vie, un parcours qui traque l’intime et aussi de petites histoires d’amour, des  histoires de tous les jours.

Révélations parfois anodines, parfois brutales,  qui en quelques lignes explosent à la face du lecteur,qui, à son tour peut entrer en résonance. Il ne s’agit pas volontairement  d’une critique érudite, très  technique qui se veut « objective » . On a plus affaire à un travail de passionné, un portrait vivant nécessairement documenté, qui, en dépit de l’analyse originale et rigoureuse tient de l’essai, de la nouvelle. Où les digressions ne sont jamais suspectes, de réminiscences en associations d’idées, de souvenirs intimes en réflexions politiques ou poétiques sur la création et le sens de l’histoire.

Si vous en voulez une illustration des plus saisissantes, lisez l’ouvrage de GUY DAROL véritablement obsédé par Frank Zappa qui nous fait partager ici « la cosmogonie du sofa », le célèbre OSFA pour les initiés (à savoir ONE SIZE FITS ALL, réalisé en 1975).

De la pochette aux textes, Guy Darol passe en revue  de façon inépuisable  avec une maîtrise saisissante, l’histoire de l’album et surtout décrypte ce qui reste (pour lui) « l’album de l’univers entier ».

Certes on pénètre dans des zones d’inintelligibilité : le lecteur lambda n’aura pas toujours ces illuminations prodigieuses qui semblent avoir frappé l’auteur, familier de l’underground zappaïen… mais par libres associations, citations, divagations impulsives, il traque néanmoins dans cette expérience une communauté de sentiments. On découvre ici une sorte de journal intime qui ne ressemble à aucun autre, érudit et pourtant accessible, pour qui s’intéresse un tant soit peu à Frank ZAPPA. On est ému aussi de cet attachement indéfectible à un homme et sa musique. A découvrir !

Sophie Chambon

 

 

*Si on veut connaître Frank Zappa,  on peut lire Guy Darol dans ses autres livres aux éditions du Castor Astral

ou Christophe Delbrouck, l’autre spécialiste du génial moustachu ( Frank Zappa, Chronique Discographique éditions Parallèles, 1994).

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 06:03

Illusions 2008



On aurait aimé pouvoir s’enthousiasmer pour cet album. L’idée est belle.Dans la logique de son travail d’historien, Bill Carrothers ici avec Matt Turner et sa femme Peg, plonge dans la mémoire collective américaine et va chercher du coté des chansons de         Stephen Foster (1826-1864), inscrites à tout jamais dans la patrimoine musical de l’autre côté de l’Atlantique. Une image de cette amérique du XIX°, l’amérique du nouveau monde dont visiblement les trois musiciens éprouvent une certaine nostalgie. Avec mélancolie et beaucoup de tendresse pour leur sujet, ils éxhument cette musique donnant parfois un côté un peu passéiste dans lequel on ne se reconnaîtra pas forcément. Mais surtout le projet pêche par un parti pris assez incomprehensible tournant sur l’idée de leitmotiv. Ainsi la reprise plusieurs fois du même thème  ( 5 fois Mu Old Kentucy home et 2 fois Beautiful dreamer) donne le sentiment qu’il n’y avait là pas assez de matière pour exploiter à fond l’idée de base. Du coup ce thème devient récurrent et franchement lasse un peu à la longue. Cela reste joli et parfois émouvant. Mais malheureusement l’émotion des premières minutes au fil de l’album s’émousse beaucoup par la suite. Dommage
.
Jean-Marc Gelin

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 06:02

ECM  2008

Bobo Stenson (p), Anders Jormin (cb), Jon Fält (dm)

 



Il y a chez Bobo Stenson une double maîtrise. Celle du son et celle du temps. Pour ce 5ème album signé chez ECM, le pianiste bénéficie d’une prise de son tout bonnement exceptionnelle réalisée en Suisse à l’auditorium de Lugano. A tel point que l’on se sent immergé dans l’atmosphère d’un concert où l’on entendrait l’écho des notes sonner dans l’amplitude des salles de concert. Prise de son idéale donc pour ces trois musiciens qui bénéficient de superbes conditions et livrent en retour le meilleur d’eux même. Bénéficient des résonances et surtout d’une certaine spatialisation de la musique. A cette aune là, la maîtrise du temps dont fait preuve Bobo Stenson y est stupéfiante. Le temps que l’on entend ici est celui qui espace les notes, le temps de leur parcours dans l’espace. Cet exercice se révèle au travers de compositions de Stenson. Mais le pianiste avec beaucoup d’intelligence dans la direction artistique du projet va aussi chercher du côté de Astor Piazolla (superbe Chiquilin de bachin tout en nuance dans le contre temps), de Don Cherry (avec un émouvant Don’s Kora song), de Ornette Coleman revisité (A fixed goal) mais aussi du compositeur tchèque Petr Eben  avec un thème merveilleux (Song of Ruth). Avec un réel sens de a continuité et de la cohérence de jeu, Bobo Stenson semble se jouer du tempo quand il joue sur des rythmes argentins ou brésiliens avec grâce et subtilité, joue comme d’autres dansent timidement. Il y a parfois chez Stenson quelque chose des grands pianistes cubains et son interprétation nous ramène parfois à des pianistes de la dimension des Valdès auquel il parvient parfois à nous faire songer.

A ses côtés Anders Jormin écrit à la contrebasse des pages absolument splendides d’assurance, de sens mélodique, d’assise et de profondeur. Quelle entente avec le pianiste qu’il accompagne depuis de longues années ! Si l’album n’échappe pas complètement aux canons esthétiques et à un certain formatage propre à Manfreid Eicher, Bono Stenson ne s’éternise pourtant jamais et ne digresse pas. Sa musique n’y est jamais introspective. Il est grand temps que les pianistes sombres et neurasthéniques prennent un peu de cette graine là.              Jean-Marc Gelin

 

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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 21:43

UNIVERSAL JAZZ



Voici le cinquième opus studio de l'époustouflante (et originale) blueswoman. La Bostonienne a composé dix morceaux sur les onze, et s'affirme comme une vocaliste d'exception. Les enregistrements ont eu lieu au studio Sunset Sound de Hollywood avec une pléiade de stars comprenant Derek Trucks, Doyle Bramhall II, Gary Louris, Big Al Anderson et Tony Joe White. Ce dernier a co-écrit le morceau "Back to the River" avec Susan Tedeschi. La genèse du morceau-point d'orgue du disque roule à l'essence du Blues. La guitariste est allée rendre visite au Maître à Nashville. Ils ont écrit le morceau dans son studio, abrité dans un ancien hôpital qui date de la Guerre de Sécession, situé juste en dehors de la ville. Tony Joe lui a demandé de raconter sa vie. Elle a parlé des heures, découvrant notamment : “le sentiment d’essayer en permanence de rentrer chez moi, de retourner au bord de la rivière, parmi les miens.” Susan vit sur les bords de la St. John’s River à Jacksonville, en Floride, où est né son mari Derek Trucks. Ils y élèvent deux enfants. Ainsi est né “Back to the River”, le titre de l'album. Les compositions doivent beaucoup à l'inspiration de Bob Dylan, mais le disque sonne plus rock que les précédents. Singulièrement, la vedette, d'une humilité confondante (elle a déjà tourné avec BB King et Buddy Guy), ne se réclame pas du Blues. On trouvera certes des couleurs Led Zeppelin, mais pourtant loin derrière un battement lancinant à la John Lee Hooker. On trouvera aussi la classe immense de Trucks, déjà l'un des plus grands dans le genre. Son intro à la slide de « People » est tout simplement à hurler la nuit entière en regardant le ciel, et à passer en boucle dans le hall d'entrée de toutes les écoles de musique.

Bruno Pfeiffer

 

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 06:47

Universal -  



Le fondateur emblématique des JAZZ CRUSADERS revient pour un second album à la simplicité émouvante avec la vocaliste Randy Crawford. Soutenu par une rythmique que James Brown n'aurait pas reniée (Steve Gadd à la batterie et Christian Mc Bride à la guitare éblouissants), Sample déploie un Soul/Blues chargé d'émotion inattendu de la part d'un compositeur célébré pour un Groove dans les années soixante, qui a tenu le haut du pavé pendant vingt ans, et joué avec un nombre considérable de jazzmen de haut vol. Né à Houston en 1939, Sample est un enfant du Texas. De l'autre côté du Delta du Mississipi, le ciel est bas et lourd. Les nuages frôlent le sol et se posent sur vos épaules. « Là-bas, on sait ce que gémir veut dire : les gens n'ont que cela à fiche de la journée », nous a confié le pianiste pour justifier cet OVNI envoûtant qui rompt avec les nappes lassantes que son Fender Rhodes délivrait lors des concerts interminables des CRUSADERS. Dès 1961, la critique a fait comprendre que sa formation était différente. Attention aux mots. Il s'agit d'une formule diplomatique : il faut lire différente de tout le bouillonnement qui agitait le jazz. Pour Sample, Coltrane est un imposteur, Ornette un truand et le Free une hérésie. A son sens, la musique noire doit transmettre le rythme et la sensualité hérités du temps de l'esclavage. Il vante du reste sa musique, on se demande pourquoi, de n'être ni de la Côte Est, ni de la Côte Ouest, mais du Golfe du Mexique. Pas le profil d'un intellectuel, M.Sample... Les critiques ont taxé son jeu de rythme négro-primitif. « Notre formule a marché. On s'en fichait du reste »; c'est dire les soucis du bonhomme. Pourtant ce disque enveloppe et caresse. Le toucher de velours du leader vanté par Miles lors des sessions de TUTU (Miller lui avait fait enregistrer des accompagnements), fait mouche. Le son MOTOWN également, impeccable. Mais il y a quelque chose en plus, un feeling, une vibration. Sample est fou de Johnny Hodges, des sons traînants de son sax alto. Le disque s'appelle NO REGRETS, il s'agit de la version anglaise du « Non, rien de rien » de Piaf, que chante Randy Crawford. Ne surtout pas prendre cet intitulé à la lettre! En vérité ce disque est une plainte. Submergé par sa propre tristesse et ses pleurs, Sample regrette son enfance. Quand le petit Texan traversé par des fleuves entiers d'émotion, n'était pas encore dévoré par le démon du Groove assommant qu'il allait inventer.
Superbe. Bruno Pfeiffer

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