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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 07:21

Un article paru incidemment dans la presse économique ( Les Echos du 16/08) faisait état de la dégradation des comptes de la major britannique EMI, au point que ce dernier, après une vague de licenciement importante se trouverait dans la
quasi impossibilité, selon le journal, de rembourser son emprunt de 950 million de livres.
A peine sauvé des eaux par les ventes de Coldplay ( meilleure vente de disque dans le monde en 2008), EMI aurait néanmoins perdu trois points de part de marché pour tomber à 9.6%.

Il est vrai que, ainsi que le raconte le journal, le nouveau propriétaire , Guy Hands continue de clamer haut et fort que sa chanson préférée reste " My way". De quoi réussir la performance à faire partir en claquant la porte, pas moins que Les Rolling Stones et Radiohead.
Effectivement, quand ça veut pas, ça veut pas......
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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 10:47

Rashied Ali (01/07/1935 - 14/08/2009)



Rashied Ali vient de s'éteindre à New-York à l'âge de 74 ans.  Il était une sorte de héros. Comment en effet pouvait il, en dépit des comparatifs inévitables prendre son existence, sa part dans l'histoire du Jazz aux côtés de John Coltrane au lieu et place de l'immense Elvin Jones ? C'est qu'il fallait en avoir, si l'on peut dire, pour prendre la succession du maître des forges. Une immense confiance en soi ou une sacrée dose d'insconsience. C'est après un premier essai avorté qu'il alla en effet jusqu'à se mesurer à Elvin dans cet album, MEDITATIONS où ils jouent ensemble, se partageant ansi les deux pistes (Elvin à droite et Ali à gauche).
Voilà de quoi vous forger un caractère en acier trempé.



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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 08:28
Circum Disc
Sebastien Beaumont (g), Christophe Motury (tp), Nicolas Mahieux (cb), Peter Orins (dm)



Malgré tout la bonne volonté et l’énorme envie de jouer de ces jeunes musiciens, assurément pétris de talents, on sent bien que la difficulté qui se pose à eux est avant tout de savoir justement QUOI jouer. D'où un album qui semble brûler les étapes de leur propre propre développement, et surtout celle de la composition. Pour des musiciens habitués à la scène Lilloise de l’improvisation notamment au sein de la formidable formation «  La Pieuvre » d’improvisation soudpaintée, la trame compsitionnelle est assurément un enjeu majeur. D’où le sentiment d'entendre un album avec peu de relief. Le rock est là c’est sûr, le jazz aussi et la volonté comme le talent d'improviser aussi. Sauf que pour cette dernière matière (l’improvisation) il faut un socle solide qu’il soit harmonique, mélodique ou rythmique et qui permette au groupe ou aux solistes  de s’envoler et de créer le mouvement. A défaut de bénéficier d'une telle trame forte,  l'énergie se perd alors, les " compositions" tombent un peu à plat et chacun donne un peu le sentiment d’évoluer pour lui-même n’ayant pas réellement de projet collectif à livrer. C'est exactement ce que l'on reproche à ce premier album avec d'autant plus de regret que l'on sent poindre un talent évident. Les échappées vocales de Christophe Motury nous rappellent un peu celles de Beniat Atchiary et marquent un contraste, un relief intéressant. Pour le reste il faut se laisser aller à faire confiance à ces très bons musiciens. Ce qu'ils ont dire doit logiquement s'exprimer en concert. Courons- y
Jean-Marc Gelin 
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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 08:01

ECM 2009
John Balke (compo), Amina Alaoui (vc), John Hassell (tp), Kheir Eddine M’kachine (vl), Helge Norbakken (perc), Pedram Khavar Zamini (Zarb), sections à cordes
 
C’est à l’occasion d’une commande passée à l’automne 2006 pour le 15ème anniversaire du club d’Oslo COSMOPOLITE que le pianiste norvégien Jon Balke créa ce projet avec la chanteuse marocaine et musicologue Amina Alaoui autour des poèmes arabo-andalou du VIIIème au XVIème siècle. C’est donc d’un album que l’on range commodément dans la catégorie « world music » dont il s’agit ici. Ces poèmes en arabe ou en espagnol qui s’entendent à la période de l’inquisition exaltent l’amour, la nature et la femme dans la grande tradition des textes baroques. Il y a là un matériau forcément propice à la création d’espaces lyriques portés par la belle voix de la chanteuse marocaine à laquelle fait résonance la trompette de Jon Hassell comme une sorte de double.
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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 07:53

 Melisse 2009

Alexandra Grimal (as), Jean-Marc Folz (cl), Frederic Norel (vl), Benjamin Moussay ( claviers), Arnaud Cuisinier (cb)

 Fréderic Norel est u  violoniste encore peu connu dans le milieu de jazz. Ceux qui en suivent l’actualité et plus particulièrement ceux qui s’intéressent à la scène Strasbourgeoise, n’ont pu manquer de remarquer ses interventions dans la formidable formation de Bernard Strubber aux côtés de Eric Echampard, de Bruno Chevillon ou encore de Benjamin Moussay. Les autres l’avaient certainement un peu perdu de vue. Il est vrai que son travail a prit ces dernières années une direction qui l’a amené à travailler plus sur des univers périphériques et notamment sur les musiques de films et de théâtre...

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Jean-Marc Gelin 

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 23:21

Rencontre au sommet dimanche dernier à Marciac avec cinq guitaristes époustouflants devant un public nombreux et enthousiaste. La soirée commença avec des joutes musicales entre quatre guitaristes au style totalement différent, accompagnés d’une puissante rythmique (et notamment un Wolfgang Haffner très en verve à la batterie), se retrouvant comme par magie sur les standards de Wes Montgomery. Sur Alone together, leur joie manifeste de jouer ensemble explose, l’atmosphère sous le chapiteau de Marciac est brûlante. Dans le rôle de monsieur Loyal hilare : Chuck Loeb, guitariste « à la Pat Metheny », au style d’impro moderne mais très ancré dans la tradition du blues, à la limite de la pop et du jazz. Originaire de l’état de New York, Chuck Loeb a une carrière qui s’étale sur plus de quatre décennies. Il commence la guitare à 11 ans, se forme auprès de Dennis Sandole et Jim Hall, joue dans différentes formations parmi lesquelles le groupe de Stan Getz en 1979, Steps Ahead avec Michael Brecker en 1995 ou plus récemment Metro, un groupe de crossover entre hard bop et smooth jazz. Dans le rôle du latin lover : Mark Whitfield, guitariste « à la George Benson », au jeu tout en finesse, très délié, très élégant, un peu R&B…du vrai travail d’orfèvre. Dans le rôle du survivant : Pat Martino,  artiste à la carrière foisonnante, né à Philadelphie en 1944, il commence à jouer professionnellement en 1961. Il joue avec de nombreux artistes parmi lesquels Sonny Stitt, Chick Corea, Joe Pesci. Il commence sa carrière de leader en 1967. En 1976, à la suite d’une rupture d’anévrisme, il perd complètement la mémoire et réapprend à jouer de la guitare en réécoutant ses propres enregistrements historiques. Pat Martino est un pur guitariste be bop, dont le jeu très inventif et très riche harmoniquement rappelle celui de Wes Montgomery. Enfin dans le rôle du « less is more » (sublime Polka dots and moonbeams ): Russell Malone, surtout connu dans son rôle d’accompagnateur de Diana Krall.

 

 

Et puis vint Jim Hall…démarche vacillante, petit sourire discret, tout sauf un « guitar heroe » et pourtant… Le jeune homme de bientôt 80 ans, a été des cinq guitaristes de la soirée le plus déroutant, le plus créatif en un mot le plus moderne. Aucun effet avec sa guitare, aucune esbroufe. Son jeu est elliptique. Le plus classiques standards ressortent sublimés, transcendés. En duo avec Dave Holland (quel son à la contrebasse, ouahhhhh !), il est concentré, ses yeux pétillent de fiévreuse malice et l’on ne peut qu’applaudir à tout rompre à cette évidente complicité. Il est avec ses musiciens, en osmose, en écoute totale, il tourne presque le dos au public et pourtant il nous communique une extraordinaire énergie. « Lewis [Nash, batteur] et moi sommes aux anges d’avoir un nouveau Président. » quelques mots qui introduisent son puissant Obama’s message. Sur in a sentimental mood, en duo avec Kenny Barron, Jim Hall nous transmet une immense nostalgie. Sur Careful, Holland, Barron, Nash, Cowley sont réunis autour de Hall, dont le son devient un peu country. Sur ce morceau l’impro à deux contrebasses (Kenny Barron and Scott Cowley au top de l’inspiration) prend des accents funkie, moment jubilatoire qui arrache même un sourire au sérieux Dave Holland…Le public finit debout devant Jim Hall, le grand petit homme. Un moment de pur bonheur !

 

 

Régine Coqueran

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:56

Marciac c'est aussi l'ambiance détendue des concerts gratuits


ici le superbe close meeting de Eric Barret


Impromptu de piano devant une église à Marciac. Poétique.....





Quelques belles interviews comme celle de notre confrère de Libération,
Bruno Pfeiffer avec Jim Hall quelques heures avant son concert



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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:43




Si l'an dernier les conditions climatiques avaient conduit les organisateurs du festival à déprogrammer les frères Belmondo, il n’était en revanche pas question cette année malgré la pluie qui menaçait une nouvelle fois, d’empêcher les deux frères de venir présenter au festival de Marciac le projet qu'ils ont créé depuis plus d'un an autour et avec le légendaire chanteur brésilien Milton Nascimento. Beau projet s'il en est, se  nourrissant des magnifiques compositions du chanteur, arrangées avec soin par Lionel Belmondo. Ce soir là, à Marciac, pour accompagner ce projet les sections de cuivre qui suivent les deux frères depuis Hymne au Soleil étaient elles-mêmes accompagnées par les cordes de l'Orchestre National de Toulouse sous la direction (remarquable d'intelligence) de Jean-Pierre Peyrebelle. Ce dernier apportait à la direction de ces jeunes musiciens un soin infini, faisant preuve d’une grande compréhension de la richesse de la musique du chanteur jadis égérie de Wayne Shorter et de Joni Mitchell. 
Pourtant  la  qualité  des arrangements des frères Belmondo, que l’on avait tant aimé lorsqu’ils accompagnaient Yusef Lateef, semblaient ici mettre un peu le chanteur à l’étroit. Et c’est paradoxalement, lorsque le quintet laissait la place entière  au  chanteur,  lorsque  celui-ci un peu fatigué et hiératique, se retrouvait seul avec cet orchestre à cordes sur Milagre dos Peixes, qu'il trouvait alors d'incroyables espaces (voix entièrement libérée) et faisait pour la première fois  du  concert,  courir  un  frisson d'émotion sur le public gersois. Comme si un déclic s’était produit, c'est sur cette veine-là que l'ensemble pouvait fusionner réellement. Milton Nascimento perdant toute réserve, nous livrait dans le prolongement de sa propre musique une berceuse de Ravel bouleversante qui chavira définitivement le public de Marciac.

 

Le deuxième concert de la soirée accueillait la formation de Laurent Cugny pour un hommage à Gil Evans. On sait que son fameux big band avait déjà eu l'occasion de travailler avec le génial arrangeur dans le cadre de l'ONJ entre 1994 et 1997. A Marciac Laurent Cugny avait réunit un véritable "all star" plus ou moins inédit avec quelques vieux briscards habitués de la maison et quelques nouveaux venus dans la troupe. Une section de cuivres survitaminée offrait l'occasion de quelques chorus de très haute volée dont un Stéphane Guillaume génialement décalé, un Thomas de Pourquery impressionnant ou un de Stéfano Di  Battista moins Parkerien qu’à l’accoutumée et qui enchaînait sur deux titres composés par Laurent Cugny(Maurane dort et L'Âge de Noe) une de ces performances rare dont il a l'habitude. Malheureusement 

alors que le concert décollait réellement dans une veine où Frederic Monino, plus Jaco Pastorius que jamais, tenait une grande partie de la baraque , l'arrivée de David Linx créait une sorte de rupture qui manquait à la fois de cohérence et surtout d'équilibre dans la prise de son. On sortait un peu (hélas) de la logique " Gil Evans" pour un autre concert où, malgré les efforts du chanteur pour s'approprier l'orchestre, ses talents que l'on sait par ailleurs exceptionnels, se perdaient ici dans une masse sonore que l’ingénieur du son peinait à éclaircir. Et c’est finalement pour clore ce concert, les cuivres qui reprenaient l’ascendant sur une formidable compo de Laurent Cugny où Batista, de Pourquery et Pierre-Olivier Govin décidaient définitivement de faire sauter la baraque dans une sorte d'explosion funky  absolument irrésistible.

           






Pour finir en douceur et se remettre de ces émotions, Avishai Cohen donnait le dernier concert d'une soirée qui allait s'achever aux premières heures de l'aube (!). Changement radical de décor pour une musique beaucoup plus intime tirée d’un répertoire en grande partie inspiré de la musique traditionnelle israélienne où l'ex-contrebassiste de Chick Corea donne de la voix sur ses compositions, accompagné de l’excellente chanteuse Karen Malka. Totalement différent de ces expériences en trio, Avishai Cohen montrait là une réelle inspiration, métamorphosé par cette musique de ses propres racines.


Jean-Marc Gelin 

 

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:23




Hier, pour sa 32ème édition, le célèbre festival gersois qui finissait sa première semaine, ne faillissait pas à sa réputation d'être assurément l'un des plus hauts lieux du Jazz en Europe. Les veinards qui étaient là depuis le début s’étaient déjà régalés avec Sonny Rollins, Charles Lloyd, Jan Garbarek ou encore Jacky Terrasson et Ahmad Jamal tous deux (co)-auteurs d’une soirée paraît-il mémorable.

 

Pour ouvrir cette soirée (en trois concerts) du vendredi, c’est Daniel Humair qui lançait son Baby Boom sur les rails avec ces « jeunes » musiciens que l’on connaît bien sur le circuit et qui affichaient à Marciac une envie de jouer sans contrainte et de s'éclater avec un talent fou ! Comme le disait le batteur dans une interview publiée le lendemain dans la presse locale, foin des saxophonistes américains super starisés et « sous-Coltrane en chef », place à nos héros ! Car ceux de la dimension de Christophe Monniot et de Mathieu Donarier ne sont pas légion, on vous l’assure, tant de ce côté ci que de ce côté-là de l’Atlantique. Et il faudrait chercher bien loin pour trouver un tel collectif avec autant de talent au bout des doigts. On ne saurait donc que féliciter les organisateurs pour l’intuition d’avoir programmé ce formidable Baby boom si peu montré cette année. Pour l’occasion Daniel Humair avait choisi de modifier légèrement le format du disque en associant un invité surprise, l'accordéoniste Vincent Peirani (entendu par ailleurs dans le Pandémonium de François Jeanneau) et qui apportait à cette formation décapante (l’une des pus intéressante de l’hexagone cette année) une autre couleur, à la fois contrastée et fusionnelle. Un vent frais, émoustillant et totalement irrésistible passait alors sur Marciac. La salle leur réservait une standing ovation et l’on restait avec une formidable frustration tant on aurait voulu les garder bien plus longtemps. Assurément l’un des moments forts de cette 32ème édition.

      

 

Le Brass band de Dave Douglas ( Brass Ecstasy) qui prenait la suite pour le 2ème concert de la soirée avait donc fort à faire pour maintenir la salle à la haute température à laquelle elle se trouvait. Dans le cadre d'une formation de mini brass band que le trompettiste a réuni en hommage à celui de Lester Bowie, Dave Douglas alignait sur scène Luis Bonilla au trombone (survitaminé), Vincent Chancey au cor ( tout en nuances post bopiennes), Marcus Rojas au tuba (dans le rôle de la grosse basse inépuisable) et enfin un Nasheet Waits en état de grâce. Dave Douglas était là dans le rôle qu’on lui (re)connaît, habitué de l’exercice des hommages multiples et variés qu’il rend régulièrement aux trompettiste qui ont marqué l’histoire du jazz. Il ya deux ans Dave Douglas rendait hommage à Don Cherry sous le même chapiteau gersois. Cette année d’autres étaient conviés à la mémoire du New Yorkais. Un morceau dédié au formidable trompettiste bop, Fats Navarro se révélait peu convaincant, alors que la composition pour Enrico Rava (une magnifique construction tout en suspens) se révélait bien plus séduisante. C’est finalement à un autre trompettiste que Douglas dédiait cette soirée, son Brass Ectasy rendant ainsi hommage au Brass Fantasy de Lester Bowie. Trompettiste d'exception, Dave Douglas était alors plus à l’aise dans ses envolées lyriques que dans le lead de ses propres troupes qui manquaient alors un peu d’homogénéité et de sens du collectif. Pour finir, Dave Douglas, plutôt sympa avec le public auquel il s’adresse souvent en français, concluait son concert avec un morceau dédié cette fois à George Bush et Dick Chesney qu’il imaginait quittant la maison blanche en hélicoptère dans un moment sublimé que le trompettiste semblait savourer avec autant de délectation que d’humour (Twilight dog)




Forcément avec David Krakauer, nouvelle idole des jeunes, la salle prenait une toute autre allure pour le dernier concert tardif de la soirée. Lui aussi s’exprimait en français ( qu’il manie fort bien au demeurant) et donnait une toute autre version d'un jazz New Yorkais avec son "Klezmer Madness". On pourrait jurer qu'il prenait là, dans le cœur des moins de 20 ans la place d’un John Zorn absent cette année du festival. Comme à son habitude, le clarinettiste qui d'une autre manière perpétue lui aussi une grande tradition jazz Klezmer (celle de Naftule Brandwein), se jetait dans la bataille à 3000 à l'heure dans une débauche d'esbroufe, sorte de charge héroïque qui faisait alors un peu " pétard mouillé" et où l'on se sentait un peu entre la salle d'un mariage juif, un concert dans l'antre Zornienne de Brooklyn et/ou un festival de jazz dans le Gers (par exemple). Une bassiste,  Nicki Parrott, pas dénuée de talent tentait de faire monter une sauce qui n'impressionnait pas vraiment, jusqu'à ce que Krakauer mette dans la balance des arrangements non moins ravageurs mais bien plus intéressants. Ceux notamment qu’il réalise par ailleurs avec So-Called, montrent une facette moins stéréotypée et bien plus riche parce que totalement dépoussiérée de tous les clichés du genre. Avec une force à 100.000 volts, David Krakauer mettait le feu à Marciac en procédant à un mélange bien plus subtil de musique traditionnelle et de funk. Le jeune public de Marciac, déjà tout acquis à sa cause pouvait ainsi se lâcher complètement et danser débout dans les allées du chapiteau. Il a bien compris que ce jazz là est bigrement festif !



Jean-Marc Gelin


 

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 21:53

 

Editions CHRISTIAN  BOURGEOIS

304p, 24 euros

 

 On pourrait facilement se laisser abuser par un titre, par une image, par une première impression placée sous les auspices d’un astucieux marketing si l’on y prenait pas garde. Tenez, moi par exemple. Z’imaginez bien qu’en entrant dans ma librairie favorite, en voyant le titre «  l’église de John Coltrane », en voyant mon « Dieu » en prem de couv’, eh ben forcément j’ai pas pu résister. Couru l’acheter illico ! Parce que dans ma petite tête, Coltrane en couverture c’est forcément que ça jazz un chouia… Et puis j’avais en tête les autres fêlés, les créateurs de « l’ Eglise Africaine Orthodoxe Saint John Coltrane » à San Francisco ( non, non c’est pas une blague, elle existe et a même un sacré bon orchestre) et je me suis dit qu’il y avait peut être un rapport.

Que  nenni! Car  si le jeune romancier Néo Zélandais Chad Taylor s’intéresse un peu au jazz (en général) et encore moins à Coltrane (en particulier) c’est juste par incidence, par distraction pourrait-on dire. Dans son 7ème et dernier roman paru chez Christian Bourgeois il y est en effet vaguement question d’un fils partant à la recherche des souvenirs de son défunt père, journaliste de jazz, collectionneur invétéré de Vinyles et découvreur d’une obscure chanteuse chinoise. Dans  son errance de vieux loup solitaire ( bonjour les clichés !), notre homme, Robert Marling, « architecte désabusé » (et encore un !), semble déambuler sans que l’on sache vraiment vers quoi, rencontre des personnages auxquels on ne prête ni  attention ni intérêt, raconte son moment de vie sans que cela ne nous atteigne un seul instant. Car ce roman qui manque pour le moins d’une certaine profondeur et surtout d’une réelle trame ne va réellement nulle part, effleure tous ses sujets, n’accroche jamais l’attention. L’ensemble est écrit (ou traduit) sans style. Inodore, incolore et sans saveur, sa lecture , pour celui qui comme moi recherchait Coltrane désespérément, tourne malheureusement bien vite au pensum. Jean-Marc Gelin

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