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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 08:06

SOL*.  Neue Meister/Art Musique. Sortie le 5 juin.
Pascal Schumacher
(vibraphone, glockenspiel, organelle).

 

Un album en solo à écouter en solitaire ou entre potes autour d’un apéro retrouvé. Vibraphoniste expérimenté, Pascal Schumacher nous offre un disque idéal pour goûter aux joies simples de la liberté en cette nouvelle ère post-confinement. Le déclic s’est produit en 2018 pour le musicien luxembourgeois lors d’un concert à Salzbourg où il avait été invité à se produire en solo ; « Dans ces moments-là, tu peux être entièrement créatif, tout est permis, tu n’as pas besoin de te cantonner à ce qui a été écrit ou joué à l’avance. »

 

Enregistré dans le temps d’avant, SOL* sied parfaitement au temps d’après. L’envol est assuré avec ces exercices solaires délivrés par un artiste seul face à ses trois instruments, vibraphone, organelle et glockenspiel. Les percussions font bon ménage avec le clavier électronique, dégageant des nappes de sons aériens propres à la méditation.

Le musicien luxembourgeois propose quatorze oeuvres dont la plus longue n’approche pas les 6 minutes et la plus brève, 59 secondes. Il en a composé la quasi-totalité, à l’exception d’une chanson du japonais Ruyichi Sakamoto (Tearjerker) et de Tubular Bells, tube des années 70 du britannique Mike Oldflield.
Bon pour planer !

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

Concert au Mudam (Luxembourg) le 5 juin à 21 H Retransmis sur Facebook et par Art District Radio :
https://www.facebook.com/events/305257070472405/

 

 

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 21:48

Benjamin Moussay (piano solo)

Pernes-les-Fontaines, janvier 2019

ECM 2659 / Universal

 

Le pianiste ose le solo, qui plus est sous un label qui vit d'historiques prestations solitaires au début des années 70 : Paul Bley, Keith Jarrett.... Et nous lui savons gré de s'être ainsi jeté à l'eau en évitant la gueule du loup. Que de chemin parcouru depuis le Concours Martial Solal en 1998, jusqu'aux groupes de Louis Sclavis (et ceux, moins exposés, mais pas moins essentiels, de Bernard Struber, Marc Buronfosse, Sylvain Cathala ou Frédéric Maurin....) , en passant par les duos avec Claudia Solal. Au fil des ans et des collaborations, très diverses, Benjamin Moussay a maintenu un cap d'intégrité et d'exigence qui ne se démentira pas ici. Du franchement tonal, avec résolution appuyée, jusqu'aux escapades presque sérielles, il cultive le goût du mélodique et du lyrisme autant qu'un certain sens de l'aventure. Certains y entendent la marque du producteur d'ECM, Manfred Eicher. Ce peut être sensible sur certaines plages, encore que, depuis 40 ans, certaines couleurs du piano solo mises en exergue par le label munichois se soient universalisées ; elles puisaient d'ailleurs parfois leurs sources dans des esthétiques antérieures : je ne fais pas allusion ici au piano classique des débuts du vingtième siècle, mais plutôt à l'influence de musiciens comme Paul Bley ou John Coates Jr sur ce qui serait caractéristique du 'piano ECM'. Un manière en somme de dire que ce disque doit être écouté pour ce qu'il est : un très bon disque de pianiste-compositeur-improvisateur, qui parcourt très librement l'histoire comme l'intériorité. Bref, selon moi, une indiscutable réussite.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=qMmfkL1XHiE

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«Savez-vous bien que je puis à peine, sans attraper le vertige, regarder par-dessus ce petit promontoire» ('Une descente dans le Maelstrom', in Histoires extraordinaires, Edgar Poe, traduction Charles Baudelaire)

Photo ©Stéphanie Griguer pour ECM

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 21:39

BENJAMIN MOUSSAY : «  Promotoire »
ECM 2020
Benjamin Moussay (p. solo)

C’est pour le jeune prodige, jadis repéré par le Maître Martial Solal, une sorte de consécration puisqu’il s’agit de son tout premier album pour le label prestigieux de Manfreid Eicher, ECM. Ce qui signifie, il faut bien le dire, une sorte de consécration lorsque l’on est pianiste et que s’offre à vous la voie de l’exercice en solo, voie consacrée par d’autres géants du piano et dont le nom va côtoyer dans le catalogue du label Helvétique celui de Keith Jarrett, Nick Bärtsch, François Couturier, Sylvie Courvoisier, Marilyn Crispell, Andrew Cyrille, Tord Gustavsen, Vijay Iyer, etc…)
On imagine la pression qui a dû peser sur les épaules du pianiste français pour cet enregistrement pour lequel il lui a fallu apporter ses propres compositions dans le studio de La Buissone et s’installer devant les touches noires et blanches pour une prestation qui est certainement la plus intime, celle où il est question, seul face à son instrument, de se raconter soi-même. De livrer un part de soi-même.
Celui que d’aucuns nomment «  le sorcier des claviers » se retrouve à se fondre dans l’esthétique ECM, au piano acoustique. Esthétique dans laquelle il faut entrer. Et ce n’était pas le propos de se laisser aller ici à des géniales digressions atonales auxquelles le pianiste nous a habitué. Il faut entrer dans le cadre. Dans la charte.

Il ne faut pas le prendre comme un renoncement de Benjamin Moussay à une part de lui-même, comme un assagissement de sa géniale folie mais au contraire comme l’opportunité de sortir du cadre dans lequel il aurait pu se trouver enfermé. Et c’est au contraire une grande liberté que de pouvoir montrer ainsi de lui, un tout nouveau visage.
Ce visage est bien sûr un peu introspectif.  L’exercice l’oblige. Où l’on  découvre un Benjamin Moussay sombre, noir presque. Où chacune de ses phrases est emplie d’une forme de profondeur qu’il va chercher souvent dans les basses de son piano. Il y a bien sûr chez le pianiste cette part de romantisme et cet héritage qui lui vient de Debussy et de Ravel sans lequel bon nombre de pianistes de jazz ne seraient pas ce qu’ils sont ou ont été. Parfois fantaisie, souvent sombre, la musique de Benjamin Moussay digresse. Emporte dans le flot des idées qui s'écoulent sous ses doigts entre écriture et improvisation. Parfois aussi romantique et mélancolique (Promontoire ou Horses). Martial Solal dit de lui qu’il joue juste, ni trop ni trop peu. Et c’est ainsi qu’il faut entendre cette forme de minimalisme sur Villefranque ou sur Sotto Voce où Benjamin Moussay laisse à la musique le temps de la respiration lente.

Oui, Benjamin Moussay joue une musique de l’imaginaire où les flottements harmoniques ont cette force onirique qui enveloppe. Une musique presque ectoplasmique et volante. Envoûtante.
Jean-Marc Gelin

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 22:02

Samuel Blaser (trombone), Marc Ducret (guitare)

Rio de Janeiro, septembre 2013

Blaser Music BM002 / https://samuelblaser.bandcamp.com/album/audio-rebel

 

Pour inaugurer une série de nouveaux albums, Samuel Blaser publie un enregistrement issu de sa tournée brésilienne en duo avec Marc Ducret voici près de 7 ans. Les deux musiciens avaient alors déjà plusieurs années de collaboration, dont des traces sur CD. Avec ce duo, enregistré dans un studio (le bien nommé Audio Rebel....) qui est aussi un lieu de concert, c'est le triomphe du premier jet, comme un manifeste inscrit sur le fil du rasoir.... Dès la première plage, la musique sort des limbes pour se déployer dans un échange torride, où la vive intelligence musicale et le goût du risque sont en constant dialogue. Difficile de dire où s'établit la frontière entre l'écrit et l'improvisé (d'ailleurs, y a-t-il une frontière ? En est-il besoin ?). Et il en va de même au fil des plages, entre les compositions de Samuel Blaser (4 sur 7 plages) et celle de Marc Ducret (3 donc, incluant des retrouvailles émouvantes avec L'ampleur des dégâts et L'Ombra di Verdi). C'est dans ce genre de circonstance que le chroniqueur prend (reprend) conscience de ce qu'il est difficile de rendre compte, que ce soit par la tentative (forcément vouée à l'échec) de décrire tout ou partie de la musique, ou de son déroulement, de ses accidents magnifiques, de ses saillies et de ses plages faussement apaisées. Reste à parler (pauvrement, forcément pauvrement), de ses émois, de ses étonnements, de ses émerveillements. Voilà un bel aveu d'impuissance. Bref étonné, conquis, émerveillé et transporté je fus, et demeure, à l'écoute de cette aventure sonore dans laquelle je vous souhaite de plonger. Je vous invite même instamment à vous y jeter, à cœur perdu ; il vous restera le corps, ce qui pour les sensations et le émotions demeure l'essentiel. Immergez-vous dans ce disque qui constitue indubitablement une Œuvre à part entière.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr des autres albums publiés dans la même série au cours des prochaines semaines en suivant ce lien

https://www.samuelblaser.com/albums

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Le son et l'image sur YouTube  

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 13:20
SWEET DOG    PUISSANCE DE LA DOUCEUR

 

 

SWEET DOG

PUISSANCE DE LA DOUCEUR

Sortie digitale 4 MAI 2020

MUSEA RECORDS

 

4 JUIN 2020 CONCERT SUR AD LIB TV à 19H

C’est la toute dernière parution du trio SWEET DOG créé en 2015 par trois personnalités affirmées, leaders par ailleurs, qui se retrouvent dans un triangle équilatéral, pour une séance folle de totale improvisation dans laquelle ils se sont jetés à corps perdu. Le saxophoniste ténor JULIEN SORO (découvert sur Big 4, dans le duo Schwab & Soro), membre de Ping Machine et par là même, du nouvel ONJ emmené par Fred MAURIN, intervient avec ARIEL TESSIER ( batterie) et PAUL JARRET ( guitares). S’ils ne sont que 3, il arrivent à une puissance orchestrale impressionnante : il y avait déjà quelque chose d’étrange dans le nom du groupe, en porte-à-faux avec les masques grimaçants de chiens fous de leur photo de groupe.

Le titre d’ailleurs mérite explication, car à l’écoute des 10 titres, récupérés sur de longues séances d’enregistrement live, on ressent la puissance de cette musique libérée, déchaînée même à laquelle les effets électroniques débridés sur “Danse des lucioles”, “Flying Guitar on the Dark Side” confèrent un son très particulier, sale parfois, grésillant, Mais hormis certains titres plus délicats, comme la balade étrangement plaintive, hypnotique et lancinante qui porte le nom de l’album, la douceur ne semble pas vraiment au rendez-vous pour qualifier la qualité d'une musique de rage et de fureur, parfois proche comme dans “Hana-bi”_ autre référence au film ultra violent du japonais KITANO.

Qu'entend on au juste? Un magma convulsif, un chaos tout à fait organisé cependant dans des finale au cordeau! Sinusoïdes d’une guitare électrifiée, drive permanent de la batterie survoltée, chant du sax ténor au beau timbre parfois désaccordé, mêlé au souffle, un travail précis sur les textures et les sons plus ou moins bruts!

Alors? Une réponse vient peut être de l’ouvrage d’Anne Dufourmantelle, philosophe et psychanalyste qui travaillait, avant sa tragique disparition, sur ce concept de douceur, à ne pas ranger hâtivement dans le sucré, voire le mièvre, le féminin! La douceur selon elle est en effet une dynamique qui porte la vie, une résistance à l’oppression politique, sociale, psychique, un combat contre le cynisme actuel. Faire un pas de côté, réfléchir, “dire non” ce qui est aussi une façon de revenir à la vie, à l’envie! On comprend ainsi mieux ce qui se dégage de ce projet engagé des trois membres de Sweet Dog!

Cette musique se révèle impressionnante à l’écoute mais gageons qu’elle fut aussi surprenante pour les musiciens eux mêmes qui devaient, selon la loi de l’improvisation, faire surgir ce qui advient hic et nunc! En tous les cas, on souscrit au programme!

 

Sophie Chambon

 

 

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 22:41

Enzo Carniel (piano, piano préparé, piano électrique, synthétiseur, électronique, enregistrements de terrain, conception sonore), Marc Antoine Perrio (guitare, électronique, conception sonore), Simon Talleu (contrebasse), Ariel Tessier (batterie)

Meudon, 19-20 septembre 2019

Jazz and People 820001/ Pias

 

Plaisir de retrouver un pianiste-compositeur que j'écoute avec un vif intérêt depuis maintenant 5 ans. Disque étonnant, qualifié ici ou là de concept-album, pour signifier qu'un univers imaginaire trame le projet musical. C'est que le musicien aime à faire émerger la musique dans une sorte de dramaturgie où le souci de la forme va faire advenir la musique. C'était déjà le cas lorsque j'assistais, en 2015, à son récital de fin d'année au Conservatoire National (CNSMD de Paris) chroniqué ici. C'était encore le cas quand, deux ans plus tard, j'écoutais le groupe 'House of Echo' sur la scène du studio 104 de Radio France (compte rendu en suivant ce lien), quelque temps avant la sortie de son disque «Echoïde». Chaque fois un parcours s'installe, un déroulement s'impose, un récit se déploie, mais c'est toujours la musique qui parle. Le récit musical émerge d'un paysage sonore, fait de sons concrets et de traitements électroniques, d'où va sourdre par vagues successives de la «musique de musicien, entièrement faite à la main», comme aimait à le dire l'Ami Jacques Mahieux. C'est à la fois prospectif, avec une tendance à l'abstraction lyrique, et simultanément totalement sensoriel, et d'une certaine manière sensuel. Le recours à la technologie n'empêche nullement cette musique, et son architecture générale, de révéler un caractère profondément organique. Bref c'est intrigant, passionnant, et pour tout dire totalement abouti.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

 

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 17:53

Robin Finker (saxophone ténor, clarinette), Benoît Delbecq (piano, synthétiseur basse, boîte à rythmes), Sylvain Darrifourcq (batterie, cithare électrique)

Budapest, 30 juillet-1er août 2018

BMC Records CD 272 / Socadisc

 

Un projet -une musique- d'une totale singularité. Ce qui frappe, c'est la forte identité de chacun des membres du groupe. Ils opèrent habituellement dans des univers assez différents, et jouent ici «sans que leur identité initiale respective se trouve dissoute, l'autonomie de chacun étant de la sorte préservée, aucune hiérarchie ne s'instaurant au cours de leur relation» comme l'écrit très justement Ludovic Florin dans le livret du CD. J'entends dans ce disque comme une déconstruction / reconstruction permanente. La métaphore du 'gué profond' (deep ford), et le consentement qui nous est donné par le titre de l'album pour traverser à cet endroit précis, tout cela nous inviterait à suivre un chemin, en (très) bonne compagnie. Lecture légitime, pertinente, efficiente. Mais mon imagination vagabonde m'entraîne ailleurs, à l'écoute du labeur de cette édification. L'Art est aussi un Artisanat, l'artiste doit se colleter avec la matière sonore. Je pense à Monk en solo, au combat que se livrent à chaque mesure la pensée et le geste, matière et mémoire.... Mon imagination m'entraîne encore ailleurs, et me rappelle que le latin classique appelait transgressio  le franchissement, la traversée, que le latin ecclésial (Saint Ambroise, évêque du quatrième siècle) s'empressa de transformer en lui donnant le sens de faute morale.... Heureusement pour nous l'Art et les Artistes font du franchissement des lignes une magie prospective, et aussi une éthique, qui fonde une esthétique. Les règles sont ici transgressées, avec une créativité plus que féconde : tension des rythmes, jeux de sons et d'intervalles, élaboration de formes aussitôt remises en jeu par l'interaction du groupe. Car c'est ici un artisanat collectif, chaque son, chaque note, chaque nuance apporte sa cohérence à ce tout fragmenté, en déséquilibre permanent vers un horizon où la certitude et le doute seraient un seul mot. Le résultat nous remue, nous remet en question. L'ordre esthétique, rythmique, harmonique, est certes source de plaisir. Mais dans la tension, dans le saut de l'ange -surtout quand cet ange est un peu démon-, réside la jouissance esthétique. Et oui, ce disque est intensément jouissif, et c'est une pure merveille....

Xavier Prévost

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Six mois environ avant d'enregistrer le disque, le trio jouait à l'Opus Jazz Club de Budapest. Un extrait dans la vidéo ci-dessous

https://www.youtube.com/watch?v=DRm2Skhijkk 

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 17:28

Stefan Orins (piano)

Attiches (Nord), 12-14 mars 2019

Circum-Disc microcidi 016 / https://www.circum-disc.com/stefan-orins-summers-hopes/ & Les Allumés du Jazz

 

Grand plaisir de retrouver le pianiste Stefan Orins, cet homme doublement du Nord (la Suède, dont sa famille est originaire ; le département du Nord, où il est né, et où il vit, dans les plaines du Pévèle). Il est cette fois en solo, dans une œuvre d'intériorité sinueuse qui nous entraîne loin de notre quotidien et de nos références esthétiques dominantes. Douze improvisations, inspirées par une peinture de Patricia Jeanne Delmotte, un artiste avec laquelle il entretient un dialogue musique/peinture depuis plus de dix ans. La toile est reproduite sur la jaquette du CD. Le disque est une libre déambulation du pianiste, conduite par les impressions ressenties à la contemplation du tableau. Tous les langages musicaux et pianistiques sont convoqués (de Paul Bley à Cecil Taylor en passant par Debussy ou Scriabine, et bien des musiques d'ailleurs, si l'on veut hasarder des références forcément inadéquates....), dans une absolue liberté, débridée et cependant attentive à chaque allusion, à chaque rebond. Une très belle expérience de musique libre, ou plutôt de musique élaborée en toute liberté. C'est un véritable expérience musicale et sensorielle dans laquelle il faut s'immerger : le voyage vaut le détour, les émotions et plaisirs esthétiques sont au fil du chemin.

Xavier Prévost

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https://stefanorins.jimdofree.com/

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 10:42
REMI GAUDILLAT SEXTET                 ELECTRIC EXTENSION

REMI GAUDILLAT SEXTET

 

ELECTRIC EXTENSION

Premier Double Album

Label Z PRODUCTION www.zproduction.org

INOUÏE DISTRIBUTION

www.remigaudillat.com

https://www.remigaudillat.com/sextet

https://youtu.be/iuqf-XBNFMU

 

 

Une séduction immédiate, envoûtante et durable dès le premier thème qui ouvre justement l’album “Envol”. A mesure qu’enfle le volume sonore, on entre dans les terres d’ un jazz électrifié, proche du rock, d’un rock progressif même ( la pochette magnifique évoque ces paysages lunaires, irréels des maquettes de Roger Dean qui illustra les albums de YES). Rien de très surprenant puisque le trompettiste/bugliste leader Rémi Gaudillat s’est interessé à Syd Barret dans I-overdrive trio et sur une commande de Daniel Yvinek s’est attaqué aux chansons de la popstar David Bowie avec Possible(s) quartet.

Ils sont six dont 4 soufflants aux couleurs orchestrales et timbres précieux qui pratiquent un jazz chambré à l’alambic en“improfreesateurs”, rompus à la pratique de l’écriture contrapuntique et à l’improvisation. Le souhait de ce quartet de souffleurs atypique (sans saxophone) (deux trompette/bugle, une clarinette basse et un trombone ) est de sonner comme un orchestre de chambre, non à cordes mais à vent. Une fanfare de chambre poétique... en somme! Une magnifique alliance de souffles croisés qui survolent l’ensemble soutenu par une solide et puissante rythmique de guitares enflammées ( superbe solo sur “electric extension”, titre éponyme de l’album ).

Le jeu du sextet ainsi formé est bluffant, réunissant émotion, intensité et fluidité.Une inaltérable énergie, vite communicative, court sur les 8 titres amplement développés pour nous embarquer dans le voyage intérieur du leader Rémi Gaudillat qui a composé et écrit les arrangements avec chorus, soli foisonnants sans oublier des impros travaillées.

Ça déménage en de furieuses montées dansantes, mais propose aussi un répit tout provisoire quand survient  une clarinette basse qui exhale un souffle mystique sur “du clair au sombre” ( encore des couleurs et des nuances comme sur la palette d’un peintre), d’ une force insolite à un chant mélancolique.

S’ils font toujours preuve de la même virtuosité formelle, l’énergie créatrice de cette musique se laisse transformer en une voluptueuse dynamique qui ouvre tout un champ de possibles. Le temps est comme suspendu dans certaines formes vives, ouvertes, avec des ambiances qui évoquent même le chant des baleines, comme si la musique était en connexion avec la nature et l’environnement!

Vers le derniers tiers de l’album, interviennent fort habilement des invités, les clarinettes élégantes et virevoltantes de Louis Sclavis sur “les illusions" magnifiques” et sur le final “derrière la buée” des cordes, celles du quatuor Seigle qui déposent leur plainte, une élégie douce que bercerait la mer qui se retire.

Voilà bien un album magnifique, une musique fervente assez idéale pour ces temps sombres et agités du (dé)confinement!

Sophie CHAMBON

 

 

 

 

 

 

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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 22:32

 

CHRISTIAN MC BRIDE : «  the movement revisited – A musical portrait of four icons »
Mack avenue 2020
Christian Mc Bride (cb), Steve Wilson (as, fl), Todd Bashore (as), Ron Blake (ts,ss), Loren Shoenberg (ts), Carl Maragui (bs), Michael Dease, Steve Davis, James Burton (tb), Doug Purviance (btb), Lew Soloff, Ron Tooley, Franck Greene, Freddie hendrix, Darryl Shaw (tp), Warren Wolf (vb), Geoffrey Keezer (p), Tereon Gully (dms), Alicia Olutuja, J.D Steele, Sonia Sanchez, Dion Graham, Vondie Curtis-Hall,  Wendell Pierce, Voices of the flame (vc)
 

 

 

C’est quasiment une œuvre opératique à laquelle se libre le contrebassiste Christian Mc Bride, autour du thème de la lutte pour les droits civiques des afro-américains (comme on dit). Pour se faire, Mc Bride a choisi de rendre hommage à 4 grandes figures iconiques de la lutte des noirs américains : Rosa Parks, Malcom X, Mohamed Ali et enfin Barak Obama.
Chaque pièce leur est dédiée et est précédée par la lecture d’un texte mythique de (ou au sujet) de ces personnages historiques dont il est question de faire un portrait musical.  Et lorsque ces textes sont lus, ou plutôt remarquablement interprétés, la musique est là pour renforcer le propos. Et c’est toute la beauté et surtout la grande puissance de ces textes qui parlent de la liberté, de la fierté, noire, de l’humanité et surtout de l’engagement individuel et, au final collectif.
Ce portrait de ces 4 grandes figures qui correspondent chronologiquement à différents moments musicaux, c’est aussi une exploration de  la grande musique populaire noire américaine. Si l’album se termine par le fameux Yes we can, il se termine finalement par une interrogation sur la poursuite de ce combat dans cette amérique dont on peut se demander quelle sera demain la prochaine figure emblématique de ce combat que, hélas continue encore aujourd’hui.
Le contrebassiste, Christian Mc Bride qui réunit ici une grande formation s’inscrit sur les traces d’un de ses illustres prédécesseur, Charles Mingus. Et l’orchestre répond aux mêmes exigences d’engagement que celles que demandait Mingus lui-même à ses collistiers. Il y a certes moins d’humour incisif, moins de sarcasmes que dans l’œuvre du contrebassiste de Nogales (Arizona) mais la même urgence à dire, la même expressivité forte et puissante. Les solistes sont au rendez-vous, terriblement concernés par le propos.
Quel propos d’ailleurs ? Il est ici politique bien sûr. Il concerne l’égalité des droits. Mais il porte en lui sa part d’universalité.
Et surtout, dans cette Amérique encore raciste et réactionnaire, il est terriblement d’actualité. 
L’ouvrage, en tout cas, ne manque pas de souffle.
Jean-Marc Gelin




 

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