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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 17:05

Robinson Khoury (trombone), Étienne Renard (contrebasse), Mark Priore (piano), Andy Barron (batterie), Manu Codjia (guitare), Thibaud Saby (piano, piano électrique), Jules Bottin (trombone), Élie Martin-Charrière (batterie), Philippe Khoury (piano), Frédérique Brun (voix) Ensemble Octotrip (6 trombones, 2 tubas)

Sans lieu ni date

Gaya Music GAYA-049 / l'autre distribution

 

Un jeune tromboniste (24 ans) de très haut niveau, déjà entendu dans divers groupes, notamment au sein du big band du Conservatoire national supérieur de Paris, et primé comme soliste au concours de La Défense avant même d'avoir 20 ans. Bref un parcours qui faisait attendre avec une certaine impatience un premier disque. Attente comblée. Le choix pour ce disque semble avoir été de rassembler les fragments de l'histoire personnelle du musicien, autour d'un noyau central, en l'occurrence le groupe bientôt réuni sur scène au New Morning pour la sortie du disque. Plusieurs plages avec ce quintette (Manu Codjia, Mark Priore, Étienne Renard & Élie Martin-Charrière), pour décliner diverses facettes de ce qu'est le jazz aujourd'hui. Avec une constante : très grande expressivité du trombone, mais aussi qualité des compositions (Robinson Khoury signe 8 plages sur 10), et très haut niveau d'interprétation et d'improvisation, pour le leader comme pour ses sidemen. Au fil des plages, en plus des amis de la scène parisienne et du CNSM, de la région lyonnaise, ses parents : Philippe Khoury, pianiste et coordinateur du département de jazz au Conservatoire de Vienne (Isère), et Frédérique Brun, chanteuse et enseignante au même endroit. De ce joyeux mélange de liens amicaux et familiaux surgit un disque très cohérent, d'un niveau musical et artistique qui convainc absolument. En prime Ask Me Now de Thelonious Monk, traité avec une chaleur expressive digne des grandes heures du jungle style. Et un solo d'ouverture qui d'emblée place la barre dans le registre de l'excellence ; sans oublier une composition du pianiste Mark Priore, qui apporte une touche supplémentaire de singularité à l'ensemble. Et dans la plage conclusive la présence de l'ensemble Octotrip, dont Robin Khoury est un membre actif, comme pour dire le bonheur des cuivres en escadrille, avec là encore, comme tout au long du disque, finesse et musicalité. Belle réussite que ce disque qui est tout à la fois une carte de visite, une signature, et un manifeste artistique.

Xavier Pévost

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Concert en quintette (+ invités....) le 19 février 2020 à Paris au New Morning

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 12:18
CLAUDE TCHAMITCHIAN TRIO  POETIC POWER

 

POETIC POWER CLAUDE TCHAMITCHIAN TRIO

EMOUVANCE/ABSILONE

Sortie le 14 FEVRIER

Claude TCHAMITCHIAN (cb)

Christophe MONNIOT (as)

Tom RAINEY ( dms) 

www.tchamitchian.fr

Sourde, tenace confiance en l’autre! Partant du jazz sans jamais le quitter, fidèle à cette musique d’imprévus, le contrebassiste continue à creuser son chemin, en sideman dans les meilleurs groupes qui soient mais aussi en leader. Quel magnifique trio, Claude Tchamitchian constitue ici dans ce Poetic Power de son label EMOUVANCE. Il me semble, qu’il me reprenne si je me trompe, qu’il n’a pas souvent joué dans ses propres groupes avec des saxophonistes. Le choix de l’altiste Christophe Monniot est évident, lumineux et espéré! Le musicien a le souffle inventif, la concentration agile et son chant est toujours émouvant, tant il recèle de capacités d’abandon. Un effacement de soi qui aboutit à un réel dépassement, il nous entraîne loin, haut, dans ses paysages intérieurs, sculptés dans sa mémoire et sa capacité exceptionnelle à des écarts maîtrisés! Ecoutons-le dès le premier thème “Katsounine” où propulsé par la rythmique, époustouflante, il embrase notre imaginaire, sans laisser de côté des instants plus tendres et rêveurs! Beauté fluctuante, fragile et dangereuse, intermittente le long de cette errance, en six pièces, longues, amples où tous les trois se livrent à corps perdu, multipliant les détours jusqu’aux fractures: ils peuvent se perdre, mais ils se retrouvent après des envolées plus ou moins joyeuses mais libres toujours, celles que réclament un jazz vif.

Claude Tchamitchian a une écriture sur son expérience qu’il désire moins encombrée par la joliesse de la mélodie, le sentimentalisme des passions que par le cheminement précis, ouvert aux “improvista”, attentif aux rencontres, aux interactions naturelles, comme dans “une promenade en forêt”, selon les notes toujours justes de Stéphane Ollivier. Jamais on ne l’a entendu aussi décisif, déterminant dans le travail de cette rythmique impeccablement réglée : aidé du merveilleux Tom Rainey d’une précision diabolique, il nous rattache, à ces obscures forces terriennes, ce grondement sourd et jaillissant que l’on perçoit en nous, “So close, so far”.

Ancrée dans le monde sensible, ouverte aux visions et sensations, c’est la musique exposante, jamais probante d’un “power trio” qui a aussi le sens de la nuance, de l’épure. Si le titre n’était déjà pris, on pourrait parler de “poetic motion”. Salutaire et salvateur!

Sophie Chambon

 

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 16:43

Olivier Le Goas (batterie) Nir Felder (guitare), John Escreet (piano), Larry Grenadier (contrebasse)

Brooklyn, 17-18 février 2019

Challenge Records CR73493 / Distrart

 

Belle surprise en écoutant ce disque, qui effaçait une relative déception occasionnée par le précédent disque américain («Reciprocity», enregistré en 2015), où j'avais trouvé la musique un peu corsetée (manque de pratique du groupe en concert ? Manque d'engagement personnel des musiciens dans le projet musical ?). Le guitariste est le même, mais cette fois ce sont John Escreet au piano et Larry Grenadier à la contrebasse. Ce qui semble faire la différence, c'est la qualité de l'interaction, du jouage, qui nous révèle des partenaires totalement et collectivement engagés dans la musique. Par plusieurs aspects, le disque fait référence à Pat Metheny : par les titres (celui de l'album, qui évoque Off Ramp ; celui d'une plage, Light Size Dreams, qui nous rappelle Bright Size Life). Et aussi par l'esprit (la relation piano-guitare) ; encore que, à la première écoute en décembre, je me suis fait la réflexion que je préférais la liberté et l'authentique lyrisme de John Escreet à la réserve de Lyle Mays. Lyle Mays est mort quelques jours avant la rédaction de ces lignes, mais mon avis demeure, sans mauvaise conscience. Et Nir Felder est bien autre chose qu'un épigone de Metheny, même si la sonorité de l'instrument suggère parfois le rapprochement. Tout ça est très vivant, très intense, et les compositions d'Olivier Le Goas reflètent comme toujours un indiscutable sens de la forme. Avec en prime une reprise, finement élaborée, de So Long Frank Lloyd Wright , de Paul Simon, immortalisé par Simon and Garfunkel. Larry Grenadier est magistral, dans l'accompagnement comme en soliste : bref, c'est un disque hautement recommandable !

Xavier Prévost

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Olivier Le Goas jouera ce répertoire à Paris, au Sunside, le 31 mars, avec Manu Codjia, Leonardo Montana et Yoni Zelnik

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 01:01

Darryl Hall (contrebasse), Keith Brown (piano et fender rhode), Kenneth Brown (batterie), Baptiste Herbin (saxophones alto et soprano) et Chiara Pancaldi (vocal). Avril et août 2019. Space Time Records - BG1947/Socadisc.


Double retour pour Darryl Hall. Le contrebassiste américain opérant à Paris depuis une quinzaine d’années revient sur le devant de l’actualité avec un album en leader, pas moins de 20 ans après le premier, et cela est d’autant plus agréable pour le jazzophile qu’il a été récemment tenu éloigné des scènes durant plusieurs mois, pour des raisons de santé heureusement résolues.


Il reprend l’instrument en mains, pied au plancher dès le premier titre, Inner Urge (du saxophoniste Joe Henderson), avec un magnifique solo, et va démontrer tout au long de l’album qu’il est bien là, avec deux des fils de Donald Brown (l’illustre membre du groupe des pianistes de Memphis), Keith et Kenneth aux claviers et à la batterie, le saxophoniste Baptiste Herbin, (prix Django Reinhardt 2018 de l’Académie du Jazz, autre pilier du label Space Time Records) et la chanteuse Chiara Pancaldi -en verve sur un air brésilien de Caetano Veloso, Curação Vagabundo-.


 A la basse acoustique, parfois délaissée pour son homologue électrique, Darryl Hall nous délecte d’une leçon de swing bien tempéré, servie par un son ample et rond. Le répertoire choisi permet au contrebassiste d’évoluer sur plusieurs terrains, proposant des classiques (Woody’n You, Lullaby of Birdland), quatre compositions personnelles, un air de Gabriel Fauré (Libera Me) et un tube cinématographique (Pink Panther d’Henry Mancini) ... Un délice, et pas seulement pour les fans de la contrebasse !

 

 Retour assurément gagnant pour Darryl Hall.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

En concert au Sunside* le 13 février avec Carl-Henri Morrissey (piano) et Benjamin Henocq (batterie) pour le lancement du disque et les 14 et 15 au sein du quartet d’Enrico Rava et Aldo Romano avec Baptiste Trotignon (piano).

 

* Sunset-Sunside, 60 rue des Lombards, 75001-Paris, (01 40 26 46 60). http://www.sunset-sunside.com/

 

©photo & design : Philippe Levy-Stab, Jean-Philippe Guillaumont, Dolly Prann et X. (D.R.).

 

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 10:31

Marc Benham (piano), John Hebert (basse) et Eric McPherson (batterie). Novembre 2018. SteepleChase Records/ Socadisc.

 

Biotope, quel drôle de nom pour un disque de jazz !. Consultons le Petit Robert : « Milieu biologique déterminé offrant à une biocénose (ensemble des êtres vivants d’un biotope) des conditions d’habitat relativement stables ». Diantre !  Dans l’esprit de Marc Benham, il s’agit du contexte organique favorable à son développement et dans le cas précis « le jazz qui swingue, qui chante et qui rit aussi ». Vaste programme.


Écoutons l’avis de Martial Solal : « Technique, feeling, sens harmonique et invention mélodique, Marc Benham possède à un très haut niveau toutes les qualités attendues d’un authentique musicien ».  


Sa palette est large : remarqué par un hommage à Fats Waller (Fats Good-Frémeaux.2016), le pianiste a emprunté un chemin plus contemporain dans un duo avec le trompettiste Quentin Ghomari (Gonam City-Neuklang.2018).


Pour son quatrième album, Marc Benham confirme de belle manière que son respect de la tradition n’exclut pas la connaissance des courants et styles qui ont modelé le jazz ce dernier demi-siècle. Admirateur de Fred Hersch, il a « kidnappé » sa rythmique de passage à Paris à l’automne 2018 - John Hebert, (contrebasse) et Eric McPherson (batterie) - pour boucler un album en une seule journée de studio, comme ce fut la règle dans les années 50 chez Blue Note.

 


La spontanéité est au rendez-vous pour un répertoire des plus œcuméniques : d’un classique de Fats Waller (Jitterbug Waltz, cheval de bataille d’Eric Dolphy à la flute) ou d’Ellington (Mood Indigo) à des titres emblématiques du be-bop (Con Alma, Airegin) et quatre compositions du pianiste lui-même, dont Pablo, référence au label, cocktail revigorant servi en ouverture.

 

Un album concentré (moins de 50 minutes, le temps d’un set en club), qui constitue d’ores et déjà une des belles surprises de 2020.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

©photo Klaproos Art & X. (D.R.)

 

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 09:01
ROMAIN VILLET My Heart Belongs to Oscar

 

 

ROMAIN VILLET

My Heart Belongs to Oscar

Le Dilettante, avril 2019.

76 pages.

http://romainvillet.com/

Pièce pour un trio jazz, piano, basse, batterie, et un pianiste aveugle et disert”. Voilà qui est dit, dès l’introduction de ce petit livre passionnant, sorti chez Le Dilettante, en avril dernier, le second ouvrage de Romain VILLET qui comprend trois textes de longueur et d’intensité différentes.

Quant au titre, il se réfère à la chanson My heart belongs to Daddy, que reprit brillamment Oscar Peterson, immortalisée par Marylin, en 1960, dans le film de George Cukor Let’s make love, programme que suivit à la lettre Yves Montand (le Milliardaire du titre français). En fait, Romain Villet remet les pendules à l’heure, cette chanson est du grand, de l'essentiel Cole Porter, “l’un des plus grands pourvoyeurs de saucissons” de l’histoire de la musique et du jazz. Et Oscar Peterson aimait les standards plus que tout, en faisait sa matière première.

My heart belongs to Oscar est donc le texte (avec didascalies) qui accompagne la performance théâtrale et musicale du trio du jeune pianiste. On apprend tout ou presque du parcours, pour le moins original, de Romain Villet, de son authentique coup de foudre musical pour le géant Canadien, “le grand maharajah” du piano selon Duke, moins compositeur qu’improvisateur. La musique d’Oscar c’est du solide, du charnel, de la joie incarnée”, la certitude du geste, sans jamais la moindre fausse note. Petersen enchante le présent.

Romain Villet est dingue de ce virtuose du bonheur, à la discographie plus que généreuse et à la carrière impeccable. Sur scène, le pianiste se transforme en acteur, en pédagogue pour commenter avec humour ce qui va suivre, en insistant sur les fondamentaux de cette musique que l’on appelle le jazz : le swing et son essence, l’art du trio, l’improvisation.

En s'attardant sur le fait (qui lui fut reproché d'ailleurs) que Peterson n'invente rien, use de "trucs de jouage", ne fait que  retravailler éternellement les standards, Romain Villet va aussi à l’encontre d’éventuelles critiques : pourquoi reprendre Oscar Peterson, en faire l’objet de son spectacle? C'est ne pas comprendre que le seul engagement qui tienne, c’est celui du concert. Et ne rien saisir à l'histoire de Romain Villet, découlant d’une admiration passionnée, d’une obsession justifiée pour cet immense pianiste. Il ne se soucie guère de futur depuis qu’il se réserve pour la musique de l’instant. Ce miracle, sa vocation pour le piano et le jazz, il doit tout cela à Oscar et aussi ... à sa femme qui lui a fait écouter du jazz. Une révélation philosophique en un sens, qui a imprimé un sens tout autre à la vie du jeune homme,  lui a fait suivre une voie qui bifurque.

Entre deux sets porte ensuite sur la conversation, au bar, avec un interlocuteur tenace, un opposant chatouilleux, avec lequel le pianiste dialogue à fleurets mouchetés, revenant sur la fabrique de cette musique, paysage mental, état d’esprit? Et aussi sur ce que demande comme agilité d'esprit, l'improvisation, cette façon d'"habiter une structure au présent." (Barthes).

Le dernier texte développe enfin mais autrement sa conception du jazz, recensant de multiples interrogations qui démarrent toutes par Pourquoi le jazz?

Voilà pour le discours que sous-tendent trois formes d’écriture.  La forme, elle, est enjouée, rapide et ciselée, ludique avant tout. Les textes sont courts, libre explosion de mots, de jeux d’écriture qui fusent dans tous les sens, un festival d’esprit! On plaint le pauvre interlocuteur, qui, en face de Romain Villet n’en mènerait pas large, tant ses retours frappent fort et juste.

Cette écriture solaire, intense et fiévreuse ne nous donne plus qu’une envie, celle d’écouter le pianiste et son trio dans "What is this thing called love? " et "Hot house" qui ont la même grille d'accords, "There's no greater love", "People" et aussi dans ce singulier "You look good to me" que peu de musiciens osèrent reprendre après Oscar Peterson !

http://romainvillet.com/my-heart-belongs-to-oscar-a-la-tete-des-trains-77-le-29-fevrier/

Let’s face the music and dance!

 

Sophie Chambon

 

 

 

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 15:38

   Il a l’art de planter un décor, de créer une atmosphère, Laurent Marode. La preuve en fut donnée en 2017 avec ‘This way please’ (Black & Blue/Socadisc), évocation de la passion double du pianiste-compositeur pour le jazz et le cinéma.


   Il nous revient avec quasiment la même formation –Luigi Grasso cédant la place à Pablo Arias à l’alto-, un nonet qui n’est pas sans nous rappeler les groupes des années 50 de la West Coast.. Le vibraphone et la flute ne sont pas étrangers à cette couleur sonore propre à séduire les oreilles et les cœurs sensibles.


   Compositeur de nombreuses musiques de films et de pièces de théâtre, Laurent Marode propose ici un répertoire basé essentiellement sur ses propres œuvres.  « L’originalité de sa voix est immanquable, relève le trompettiste Joe Magnarelli dans le livret, mais vous pouvez entendre les influences de Duke Ellington, Oliver Nelson. »


   En moins d’une heure -une concision qui mérite d’être soulignée- Laurent Marode et son nonet offrent une leçon d’élégante délicatesse au swing bien tempéré. Un album 'Starting Soon' dont l’écoute peut commencer par le titre éponyme où chacun des neuf musiciens est présenté par la chanteuse Eboni Fondren.  

   Chaudement recommandé !

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

*Laurent Marode (piano), Fabien Mary (trompette), Pablo Arias (saxophone alto), David Sauzay (saxophone tenor/flute), Frank Basile (saxophone baryton), Jerry Edwards (trombone), Nicholas Thomas (vibraphone), Fabien Marcoz (basse) et Mourad Benhammou (batterie).  Avril 2019. Black & Blue/Socadisc.


**Laurent Marode en concert au New Morning (75010) le 29 janvier à 21 h. David Sauzay jouera le 30 janvier à 20 h 30 en trio aux Deux Magots (75006).

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 20:40

La remise des Prix 2019 de l’Académie du jazz  a eu lieu lors de la soirée de gala organisée le lundi 27 janvier 2020 au ’Pan Piper’, 2-4 Impasse Lamier, à Paris (11ème), animée par le président François Lacharme et en présence de personnalités de la musique, du cinéma et des spectacles :

 

Prix Django Reinhardt (musicien français de l’année),avec le soutien de la Fondation BNP Paribas :
HUGO LIPPI, guitariste.
Finalistes : Théo Ceccaldi (violon), Leïla Olivesi (piano, composition, arrangements).


Grand Prix de l’Académie du Jazz (meilleur disque de l’année) :
YES ! TRIO, pour l’album « Groove du Jour » (Jazz&People / Pias).
Finalistes : Avishai Cohen & Yonathan Avishai pour « Playing the Room » (ECM / Universal), et Theo Croker pour « Star People Nation » (Okeh / Sony Music).


Prix du Disque Français (meilleur disque enregistré par un musicien français) :
LAURENT COULONDRE, pour l’album « Michel On My Mind » (New World Production / L’Autre distribution).
Finalistes : Leïla Olivesi pour « Suite Andamane » (Attention Fragile / L’Autre distribution), et Louis Sclavis pour « Characters On A Wall » (ECM / Universal).


Prix du Musicien Européen (récompensé pour son œuvre ou son actualité récente) :
DANIEL ERDMANN (saxophoniste).
Finalistes : Matthieu Michel et  Hanna Paulsberg.

 

Prix de la Meilleure Réédition ou du Meilleur Inédit :
BARNEY WILEN QUARTET pour l’album « Live In Tokyo ’91 » (Elemental Music / Distrijazz).
Finalistes : Paul Bley, Gary Peacock, Paul Motian pour « When Will The Blues Leave » (ECM / Universal), Stan Getz Quartet « Getz at The Gate » (Verve / Universal).


Prix du Jazz Classique :
ALBERT AMMONS « Complete Work, Albert Ammons (1907-1949) Boogie Woogie King » ( Cafe Society / eurenie@gmail.com).
Finalistes : Three Blind Mice pour « See How They Run » (autoproduction / www.threeblindmice.fr), Evan Christopher / Fapy Lafertin pour « A Summit in Paris » (Camille productions / Socadisc), Guillaume Nouaux & The Clarinet Kings (autoproduction / www.guillaumenouaux.com).


Prix du Jazz Vocal :
LEÏLA MARTIAL pour l’album « Warm Canto » (Laborie Jazz / Socadisc).
Finalistes : Jazzmeia Horn pour « Love & Liberation » (Concord Jazz / Bertus) et Veronica Swift pour « Confessions » (Mack Avenue / Pias).


Prix Soul :
MAVIS STAPLES pour l’album « Live in London » (Anti- / Pias).
Finalistes : Kelly Finnigan pour « The Tales People Tell » (Colemine / www.coleminerecords.com), et Michelle David & The Gospel Sessions pour « The Gospel Sessions, vol.3 » (Excelsior / V2).


Prix Blues :
JONTAVIOUS WILLIS pour l’album « Spectacular Class » (Kind of Blue Music / www.jontaviouswillis.com).
Finalistes : Atomic Road Kings pour « Clean Up The Blood » (Big Tone / www.bigtonerecords.com), et Robert Randolph & The Family Band pour « Brighter Days » (Provogue / Wagram).


Prix du Livre de Jazz,  EX-AEQUO :
NICOLE BERTOLT & ALEXIA GUGGÉMOS pour « Boris Vian 100 ans » (Éditions Heredium) et CHRISTELLE GONZALO & FRANÇOIS ROULMANN, pour « Anatomie du Bison – Chrono-bio-bibliographie de Boris Vian » (Éditions des Cendres).
Finalistes : Nicolas Fily pour « John Coltrane – The Wise One » (Le Mot et le Reste) et Jean-Pierre Jackson pour « Keith Jarrett » (Actes Sud).

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 20:30

L’Académie du Jazz a couronné dans son palmarès 2019 trois artistes français qui animent la scène avec bonheur dans des registres différents : le guitariste Hugo Lippi, prix Django Reinhardt du jazzman de l’année, le pianiste Laurent Coulondre pour son album-hommage à Michel Petrucciani, et la chanteuse Leila Martial avec le prix du jazz vocal. Et c’est une figure historique de la jazzosphère, prix Django Reinhardt 1958, le saxophoniste Barney Wilen (1937-1996) qui a également été distinguée avec un album inédit enregistré à Tokyo en 1991, lors de la cérémonie de remise des prix le 27 janvier au club parisien le Pan Piper par François Lacharme, président de l’Académie du Jazz.

 

 

Le Prix Django Reinhardt (soutenu par BNP Paribas) vient récompenser un jazzman confirmé, Hugo Lippi (42 ans) remarqué l’année passée par un album en leader (‘Comfort Zone’. Gaya Music) enregistré à New-York avec une formation franco-américaine et qui s’ouvre…avec une célèbre composition de Django, ‘Manoir de mes rêves’. Né à Portsmouth, Hugo Lippi a traversé la Manche et débuté sa carrière professionnelle à 17 ans en Normandie -son premier disque en leader, en 2000, se nomme ‘Live at Yport’, petite cité balnéaire près d’Étretat- avant de participer à de nombreux groupes sur la scène européenne (dont récemment la petite formation d’Eric Legnini ou le Michel Legrand Big Band). Coiffant sur le fil le violoniste Théo Ceccaldi, il devient le sixième guitariste à décrocher le prix baptisé du nom du génial gitan depuis sa création en 1954 (après Joseph Dejean, Christian Escoudé, Marc Ducret, Sylvain Luc et Nguyen Lê).

 

 

Année du 20 ème anniversaire de la disparition de Michel Petrucciani, 2019 aura vu Laurent Coulondre rendre hommage de belle manière à cette étoile du piano jazz. Participant au concert de All Stars réuni par l’Académie du Jazz en février 2019 (Joe Lovano, Aldo Romano, Géraldine Laurent…) le pianiste-organiste a donné au printemps sa vision délicate du répertoire de Michel Petrucciani dans ‘Michel on my Mind’ (Neworld). Une prestation qui est couronnée du Prix du Disque Français de l’année.

 

 

L’audace de Leila Martial s’est révélée payante. La chanteuse qui affirmait dès 2012 vouloir « s’aventurer à la limite extrême de ce que je peux faire », l’a emporté devant deux consœurs (Jazzmeia Horn et Veronica Swift) pour le Prix du Jazz Vocal. Avec ses comparses, le batteur Eric Perez et le guitariste Pierre Tereygeol, l’ancienne élève du collège de Marciac évolue dans le groupe Baa Box aux confluents du jazz, de l’électronique et du rock alternatif (‘Warm Canto’. Laborie Jazz).

 

 

L’Académie du Jazz s’est aussi souvenue du saxophoniste Barney Wilen qui était revenu dans ses dernières années à la sonorité veloutée remarquée trois décennies plus tôt dans Ascenseur pour l’échafaud. Le Prix de l’Inédit ou de la Réédition Marquante vient saluer une captation en direct d’un concert au Japon, (‘Live in Tokyo 1991’. Elemental), où Barney, tout en décontraction, bénéficiait de la complicité d’un jeune trio -Olivier Hutman (piano), Gilles Naturel (contrebasse) et Peter Gritz (batterie)-.

 

 

Défenseur du patrimoine jazzistique, l’Académie salue également un de ses glorieux anciens, Boris Vian dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance : le Prix du Livre de Jazz est attribué ex-aequo à deux ouvrages traitant avec exhaustivité du talent protéiforme du romancier-chroniqueur-trompettiste-auteur- ingénieur : Nicole Bertolt et Alexia Guggémos, pour ‘Boris Vian 100 ans’ (éd.  Heredium/Prisma) et Christelle Gonzalo et François Roulman, pour ‘Anatomie du Bison, chrono–bio- bibliographie de Boris Vian’ (éd. des Cendres).

 


 

Le palmarès 2019 récompense par ailleurs par son Grand Prix du Disque un trio qui fit les beaux soirs des clubs de la rue des Lombards, le Yes ! trio, groupe bien soudé -25 ans de travail en commun- formé d’Ali Jackson (batterie), Aaron Goldberg (piano) et Omer Avital (contrebasse),   pour l’album ‘Yes Trio ! Groove du jour’, publié par un label français : Jazz & People.

 


Jean-Louis Lemarchand.

 

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 10:58

Jeff Seffer (clarinette basse, saxophones ténor, soprano & sopranino), Siegfried Kessler (piano, piano électrique), Didier Levallet (contrebasse), Jacques Thollot (batterie)

Paris, Le Stadium, 17 juin 1977

Souffle Continu Records FFLCD 054 / l'autre distribution

 

Belle surprise, et grand souvenir, en découvrant ce disque paru en octobre sous le label des disquaires du Souffle Continu (25 rue Gerbier, 75011 Paris). Je venais acheter, en réédition vinyle, le seul disque du groupe Dharma que je n'avais pas écouté : celui en trio, avec à la batterie un Ami regretté, Jacques Mahieux. Ce fut aussi l'occasion de découvrir les rééditions en vinyle du groupe Perception publiées par ces merveilleux exhumateurs du jazz hexagonal le plus libre. Mais en sus de ces 33 tours, déjà présents dans ma discothèque (ou en copie dans ma mémoire numérique), il y avait cet inédit, en CD. J'avais découvert Perception à Lille (avec alors Jean-My Truong à la batterie) au début des années 70, et j'avais eu plusieurs occasions de réécouter le groupe. Mais pas dans ce lieu Parisien où j'étais pourtant venu quelques fois lors des virées, en 2cv ou en 4L, qui nous conduisaient de Lille à Paris pour humer la scène jazzistique parisienne : virées qui passaient souvent par les concerts du Musée d'Art Moderne, ceux du Nouveau Carré Silvia-Monfort et du Stadium, avant de finir vers la Montagne-Sainte-Geneviève au Caveau de la Montagne, multiplex en réduction, avec du 'vieux style' au sous-sol, du bop au rez-de-chaussée, et des duos plus contemporains à l'étage. Le charter d'amateurs aussi lillois qu'impécunieux (5 passagers, voire plus, dans une petite voiture) reprenait ensuite la route, évitant l'autoroute au tarif dissuasif, pour arriver dans le Nord pour le petit déjeuner....

Bref, vous l'aurez compris, mon écoute n'est pas neutre, et même probablement est-elle partisane : j'assume.

Bonheur de découvrir cette mouture unique du quartette, avec la participation de Jacques Thollot. De quoi attiser encore ma passion, d'autant que j'ai eu le plaisir, au fil des années, de présenter sur scène les groupes de chacun d'eux. Et c'est bien de passion qu'il s'agit chez ces musiciens, et dans cette musique : passion exacerbée, audace formelle et instrumentale, folie collective qui nous vaut, me semble-t-il, d'entendre dans une plage le saxophoniste (que l'on appelait encore Jeff avant de lui rendre son prénom de Yochk'o) souffler simultanément dans le soprano et le sopranino tandis que 'Siggy' Kessler caracole au clavier, et que Levallet et Thollot poussent les feux jusqu'à la rupture d'équilibre. Compositions des trois réguliers du groupe (Jacques Thollot étant l'invité exceptionnel), et étonnement renouvelé à l'écoute de ces thèmes qui dérogent aux canons dominants de années 70. Hautement recommandable, que vous soyez comme moi contemporains de ces aventures musicales, ou plus jeunes adeptes. A l'écoute je me demande si, à un moment, 'Jeff' Yochk'o Seffer ne joue pas du taragot de sa Hongrie natale, tant ce son qui oscille entre cornemuse et cor anglais me paraît loin du sax soprano. Mais il fait partie de ces musiciens qui savent entraîner leur instrument loin de son timbre d'origine ; et peut-être aussi entends-je sous les doigts de Siggy, en plus du Fender, un Clavinet : alors mystère....

Xavier Prévost

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Sachez aussi que le Souffle Continu propose un coffret avec la réédition en vinyle des trois 33 tours d'origine, et cet inédit en CD

http://www.soufflecontinu.com/index.php?f=detail&ean=3505342611696&search=Perception

 

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