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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 21:04

 

TIGRAN

Un film d'Adrien RIVOLLiER

Co-production Cocottesminute production / Mezzo / Lyon Capitale TV

Avec le soutien : du Fonds pour la Création Musical (FCM), de la Région Haute-Normandie, de la Procirep-Angoa, de la Fondation BNP Paribas
En partenariat avec le festival Jazz à Vienne
Productrice exécutive : Clara VUILLERMOZ
Producteur délégué : Jérôme DUC-MAUGÉ

 

 

Diffusion sur Mezzo le 23 octobre à 20h30

 


 tigran.jpg

 

 

 

 

 

Adrien Rivollier est tombé un jour en amour du pianiste Tigran Hamasyan en l'entendant jouer dans un club de la capitale. Séduit par l'incroyable maturité musicale du jeune pianiste, le réalisateur habitué plutôt aux reportages sur des sujets de sociétés trouve chez Tigran un véritable motif de fascination qu'il a voulu explorer en le suivant chez lui, au plus proche du processus créatif du pianiste.

 

C’est donc sur ses terres arméniennes que le réalisateur suit Tigran et le filme dans une sorte de quête identitaire. Respectant cette démarche lente et introspective, le réalisateur n’a pas souhaité émailler son reportage d’interviews qui auraient pu sonner comme un peu convenues. Le moment se suffit à lui-même.

Il faut alors voir ce reportage pour à la fois entrer dans cette intimité-là mais aussi pour comprendre de quelles racines se nourrit la musique du pianiste. On le suit u plus proche d’un de ses mâitre se musique, déchiffrer ensmebe des textes et partitions anciennes, rencontrer en compagnie de sa grand mère, le chantre du chant traditionnel dans un moment de transmission d’un savoir séculier. S’éclairent alors ses relations avec la tradition, avec ses aînés, avec la transmission d’un savoir séculaire que Tigran se réapproprie avec la jeunesse et la fougue de ses  27  ans.

 

 

http://www.cocottesminute.fr/tigran

 

 

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 23:27

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www.amsallem.com

Franck Amsallem (piano, vocals), Sylvain Romano (bass), Karl Jannuska (drums)

 

 

Frank Amsallem persiste et signe...avec ce second volume de chansons, très cohérent et de bonne longueur (36’50), qu’il interprète cette fois en trio, cinq ans déjà après le premier Franck Amsallem sings. Et il a raison de continuer à creuser ce sillon dans lequel il réussit, d’abord parce qu’il aime cette musique que d’aucuns pourront trouver surannée aujourd’hui, et qu’il la joue avec le cœur, sans emphase, avec tout le swing nécessaire et une extraordinaire maîtrise de l’accompagnement. Il a eu certes des prédécesseurs admirables comme Nat King Cole, Fats Waller, Ray Charles qui ont su créer un style inimitable mais même avec un filet de voix, le grand Hoagy Carmichael, auteur de chansons admirables sait nous séduire dans To have and have not par exemple chantant « Am I blue ? » avec Lauren Bacall ou un amusant « Hong Kong Blues »... Rien de mieux qu’un pianiste qui chante ou un chanteur qui sait jouer du piano, l’osmose est parfaite, les solos viennent à point nommé ; c’est toute la différence  que cette vision d’un pianiste qui sait chanter.

Voix de velours sans aller jusqu’à rivaliser avec Mel Torme ou Frank Sinatra, il charme avec ce phrasé nonchalant, décontracté, pro comme seuls les Américains savent faire sur leurs mélodies, réservoir inépuisable. Le répertoire est choisi avec soin, avec ces classiques, ces incontournables du Great American Book dont il avoue ne pas pouvoir se passer (comme on le comprend) et puis quelques perles plus méconnues de Henri Mancini (le final  est «Two for The Road ») ou Jimmy van Heusen  « The Second Time Around ». Franck Amsallem ne compose pas vraiment sauf un autobiographique « Paris remains in my heart ». Mais il est parfois courageux, car plus difficile de reprendre les chansons dont les versions antérieures sont gravées dans la cire ... Comme  ce « Body and Soul » par exemple avec lequel j’ai souvent du mal à oublier quelque version princeps.

La voix est chaude et souple, le phrasé et l’énonciation parfaitement adaptés au sujet, avec  de l’humour dans le parti pris volontairement dynamique de « Never Will I Marry ». Un peu décontenancé au départ par le rythme volontairement langoureux, on admire ensuite ce « Dindi » qui chaloupe merveilleusement, accompagné par le batteur Karl Jannuska qui peut décidément tout faire avec cet épatant éclectisme nord américain. Rebondissant et vif dans ses attaques, toujours franches comme dans « Just One Of Those Things », il maintient le temps avec Sylvain Romano à la contrebasse (écoutez les dans «How deep is the ocean») en accord avec le piano et ses envolées dynamiques.

On sait que les « male jazz singers » ont toujours plus de mal à se faire entendre mais vous pouvez suivre mon conseil, les yeux fermés : écoutez ce trio par n’importe quel temps et pourquoi pas un dimanche matin un peu « gloomy » pour reprendre quelques couleurs.

Sophie Chambon

 


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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 18:41

 

flyer_jazzsurseine_recto.jpg

Jean-Paul Sartre écrivit en reportage à New York: « le jazz c’est comme les bananes cela se consomme sur place ». Le pape de l’existentialisme, que l’on vit fréquenter les caves germanopratines, aurait matière à vérifier son jugement en ce mois d’octobre. Et pas seulement Rive gauche mais aussi (et surtout) dans le nouveau cœur du jazz parisien, les Halles, et bien d’autres lieux de la région francilienne. La troisième édition de Jazz sur Seine, initiative de l’Association Paris Jazz Club, propose en effet du 10 au 25 octobre, pas moins de 130 concerts en 25 lieux donnés par près de 500 musiciens.

Fidèle à sa volonté de développer la fréquentation des clubs, Jazz en Seine met en place une politique tarifaire étudiée avec le Pass 3 concerts (40 €) et l’Offre Découverte (10€.) destinée à un public spécifique (étudiants, demandeurs d’emplois, élèves des conservatoires et écoles de musique).

On retrouvera ces artistes animant tout au long de l’année la scène parisienne Emmanuel Bex, Thomas Savy, Pierre Christophe, Andy Emler, Nicolas Folmer, Gilles Naturel, Jerôme Sabbagh, Rémi Toulon, Leila Martial, Daniel Sidney Bechet, quelques « vedettes américaines » Al Foster, Jeff Ballard, Patricia Barber, Otis Taylor et un coup de projecteur sur les musiciens luxembourgeois …

J.-L.L. 

Programme complet sur www.jazzsurseine.fr

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 23:26

A quoi reconnaît t-on les génies ? A leur folie !

 

Moment unique avec le Superbe et Magnifique jacques Thollot qui vient de nous quitter.

 

 

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:11

 

Kakoum ! Records/ Harmonia mundi

 open

S’il n’est plus produit par John Zorn sur son label Tzadik, le saxophoniste Guillaume Perret et son  quartet électrique  continuent à nous troubler par les fulgurances d’une mélodie toujours présente  dans cet Open me plus qu’engageant, sorti chez Kaboum. Etrange performance  qui nous conduit aux portes d’un jazz/funk/rock progressif hypnotique. Une extension du champ sonore  qui  nous fait penser parfois que le saxophone est devenu guitare, tant le son est transformé en associant l’instrument à d’autres machines.  Comme si Perret voyait son bois transformé en torche électrique.

N’ayant pas eu la chance de le voir en live à la Villette, comme l’ami Jean Marc (voir son incandescent article), j’en fus réduite à la seule écoute, d’abord sur France musiques dans Open Jazz et ensuite... sur mon lecteur CD. Ce fut l’un de mes coups de cœur de cette rentrée très estivale.  Pourtant, ce n‘est pas une aventure en terre musicale complètement inconnue. Cette musique crée un espace des plus vifs, grave et dansant  à la fois avec ces bruits insolites, le travail soigné des textures, une rythmique tranchante, comme il le faut. Rappelons, comme on peut le lire par ailleurs, que le bassiste Philippe Bussonnet a joué chez Magma, que Yoan Serra était le batteur de l’Onj d’Yvinek. Quant au guitariste Jim Grandcamp, il est marqué par l’afro beat. Le résultat est surprenant, électrisant évidemment, créant de nouvelles atmosphères en utilisant  couleurs et  timbres différemment. Les thèmes ressortent avec éclat, mis en valeur par un groupe qui joue collectif, réactualise le son funky et groovy, en lui conférant une résonance quelque peu « futuriste ».   

La musique est en expansion dans ce « Brutalum » inquiétant  qui va tourner en boucle sur vos platines alors que « Voluptuous » entraîne sur les terres du jazz éthiopien. Cet album tente-t-il quelque chose de différent en franchissant quelques frontières ? Il nous semble répondre en tous les cas à ce que l’esprit du temps demande. Dès le début de l’aventure de ce quartet, la musique a trouvé ses interprètes. Souhaitons-leur que cela dure ...

 

Sophie Chambon

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 22:17

GUILLAUME PERRET & THE ELECTRIC EPIC : "Open me"
Kakoum Records 2014

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Guillaume Perret prend des allures de bête de scène et de véritable star. Avec son sens du spectacle, son public jeune, son couturier attitré, il fallait le voir à la Villette entrer sur scène ménageant ses effets, la lumière rouge sortie de son ténor se détachant du noir de la scène avant d'entrer dans le déluge sonore, entre furie nocturne et jazz new-âge exprimant bien plus que la musique elle-même, un vrai paysage sonore, sorte de ring dont on sort à la fois bousculés et exténués.
Guillaume Perret qu'il soit sur disque ou sur scène y apparait en effet comme une sorte de boxeur engagé dans une maestria fantasmagorique. Car l'essentiel est là, Guillaume Perret se consume dans ces univers magiques qu'il crée, jouant de son ténor comme d'un instrument à créer des foultitudes de sons. Guillaume Perret crée des univers qui convoquent toute sorte de sentiments poétiques et surtout incroyablement sauvages et pourtant au bout du compte,toujours domptés.
S'engage dans une sorte de suite-opéra rock de longue haleine perché très haut dans l'expression d'un véritable spectacle. C'est fait pour être fort et puissant On y entend le vent souffler dans le crépuscule, on y entend les portes grincer et des lampadaires de cristal tintinnabuler dans le manoir. Des voix de sorcières mauvaises s’incrustent dans la bande son à la scénographie très zornienne. « Open me », le titre évoque assez bien cette magic box pleine de surprises mystérieuses, poétiques et terrifiantes à la fois.
On pourra lui reprocher parfois qu'au-delà de la formidable orchestration et de sa science des arrangements, les compostions soient en elle-même parfois un peu inégales. A force de traficoter le son de son sax, il lui arrive d'avoir parfois un son de bigoudaine en goguette ( ouverture). Et de fait, pour l'avoir vu à la Villette on se dit " whaouh" et puis l'instant d'après , "mais ne serait ce pas un poil de too much ?".
Mais ce serait oublier qu’il y a chez Guillaume Perret un vrai son de groupe qui ne ressemble à pas grand-chose de connu.
Ecouter ou voir Guillaume Perret relève d’une expérience quasi sensorielle.

Celui que John Zorn vient d’approcher pour écrire une nouvelle version de ses Book of angels est bien un phénomène. Une sorte de continuateur d’un monde extrême, véritable sorcier en combustion.

Perret brûle t-il ? En tout cas, il se consume. Et nous avec.
Jean-Marc Gelin

 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 20:35

 

Cristal Records 2014

Riccardo del Fra (cb), Bruno Ruder (p), Airelle Besson (tp), Pierrick Pedron (as), Billy Hart (dms) + strings (Deutsches Filmorchester Babelsberg, Torster Scholz Premier Violon)

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Je sais bien que c’est notre boulot de journalistes de trouver les mots qui conviennent. De vous dire de quoi il s’agit. De vous raconter nos émotions. On voudrait vous parler du dernier album de Riccardo Del Fra en termes choisis, synthétiques et concis. Mais alors comment vous dire toute la beauté de cet album sans en perdre une miette.

Car cet hommage que rend le contrebassiste à Chet Baker est pour nous un monument. Pourtant : Riccardo Del Fra rendant hommage à Chet Baker : sur le papier pas un sujet très nouveau et l’on pensait qu’on allait être en terrain connu. Seulement voilà, ce que Riccardo insuffle ici, avec ses arrangements pour cordes et ses deux merveilleux solistes, est absolument renversant, bouleversant.

Il y a des albums de jazz qui possèdent ce supplément d'âme indéfinissable dont on décèle vite l'amour de leur auteur pour leur sujet. Celui que signe Riccardo del Fra est rempli d'émotion pour Chet Baker qui reste pour le contrebassiste et directeur du CNSM comme une ombre tutélaire qu'il chéri avec beaucoup de tendresse.

Chet Baker en héros hollywoodien ? Assurément ! Et va pour le cliché assumé jusqu’au bout des ongles dans cette mise en scène digne des plus grands drames des studios de Los Angeles.

Pour cela il fallait des arrangements sublimes dont le pathos est parfois revendiqué puisque c’est par lui que vient cette émotion qui vous porte parfois l’écoute au bord des larmes. Alors Riccardo Del Fra y va de ses ouvertures sublimes comme celle de For all we Kow ou celle encore de I’m a fool to want you où l’on bascule dans ce drame en technicolor. Pierrick Pedron y apporte une intensité exceptionnelle dans son jeu au lyrisme débordant. Et si c’était l’album à cordes de Pierrick que l’on attendait ? Quant à Airelle Besson, elle est brillante d’intelligence du jeu. Airelle Besson admirable en ce qu'elle ne cherche pas à faire du Chet mais qu’elle fait du Airelle Besson. Il faut l ‘écouter sur I'm a fool to want you où chacune des ses notes me transperce le coeur. Moment de pure beauté encore sur ce I remember you ralenti à l'extrême de l'extrême avec des parties de cordes qui jouent quasiment le rôle de solistes à part entière.

Soin particulier porté aux arrangements à la Gil Evans comme dans cette ouverture sombre de But not for me. Relecture brillante où les cordes viennent après un début en quintet donner une vision à la fois crépusculaire mais aussi avec un souffle ample et grandiose. Les violons arrivent et s'insinuent discrètement dans le combo avec une rare subtilité après le magnifique chorus de Pierrick Pedron sur la reprise du thème. Quelle direction !

 

C’est que Riccardo Del Fra ne cantonne pas les cordes à un rôle qui pourrait être mélo mais leur assigne un rôle aérien, genre de tapis violant sur lequel les solistes peuvent prendre de la hauteur avec beaucoup de classe. Il faut aller jusqu'au bout et écouter la coda de For Allwe know pour comprendre toute l'envergure de ces arrangements. Et puis il faut aller aussi tout au bout de l’émotion avec ce tout dernier morceau où Riccardo s’expose, met son cœur à nu, juste lui seul accompagné des cordes sur My Funny Valentine. 

 

On sort de cet album empreints d’une douce mélancolie, avec , en tête la poésie un peu désespérée de Chet Baker. Où les plus belles mélodies qu’il exaltait tant revivent ici autrement. Pour ce dernier hommage, au bord d’un gouffre bouleversant où le fantôme de Chet plane à jamais au-dessus des âmes.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 21:02

tsf-jazz.jpeg

Les anciens se souviennent de l’émission quotidienne sur une station de radio qui se nommait encore Europe n°1, « Pour ceux qui aiment le jazz ». Un demi-siècle après, les auditeurs de « la musique du XXème siècle » ne sont plus du tout exclusivement masculins, si l’on en croit une enquête réalisée par une radio fondée d’ailleurs par l’un des animateurs (Frank Ténot) de l’historique nocturne, TSF Jazz. Les auditeurs de  TSF sont à 45 % des auditrices, a révélé Sébastien Vidal, son directeur, en présentant la grille de la saison 2014-2015.

Les femmes sont aussi en studio même si Nathalie Piolé a quitté, après cinq ans, l’animation des Matins Jazz (pour Radio France), matinale désormais entre les mains d’Etienne de Villars et Mathieu Beaudou. De 10 h à 14 h du lundi au vendredi, l’antenne est  en effet assurée par Laure Albernhe et Caroline Fontanieu.

A TSF, la musique Live a toujours droit de cité avec Jazzlive, concerts retransmis de 21 h à minuit et le rendez-vous hebdomadaire du chanteur survolté Jamie Cullum (mardi à 19 h). Au rayon des nouveautés, « Le match » qui permet aux auditeurs (et trices) de voter sur les réseaux sociaux pour l’un des deux titres proposés chaque jour (version d’un même titre, « combat » entre deux chanteurs….). Le week-end, parole est donnée à deux piliers de la station, l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau (Bon temps rouler, consacrée au blues et à la soul, qui entame sa 14 ème saison) et le chroniqueur Pierre Bouteiller (voix reconnaissable entre mille et humour) avec Si Bémol & Fadaises.

Forte de son bon million d’auditeurs, la radio 100 % jazz aimerait évidemment élargir son audience. Ses auditeurs (plus de 50 % à CSP +) sont en grande majorité des franciliens… pour des raisons techniques. TSF Jazz ne dispose que de onze fréquences en régions et souhaiterait, ont réaffirmé leurs dirigeants, que le CSA lui permettre d’étendre son réseau.

Jean-Louis Lemarchand

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 18:05

Mark Turner (ts), Avishai Cohen (tp), Joe Martin (cb), Marcus Gilmore (dms)

ECM 2014

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Il faut mettre les choses au clair. Mark Turner prend depuis quelques années la dimension d’un des plus grands saxophonistes ténor actuel. Au point que l’on n’est plus réellement surpris de voir, chaque fois qu’il est impliqué comme sidemen ou comme leader, le petit chef d’œuvre pointer le bout de son nez. Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps (un an ), Turner signait avec Trotignon un album en duo qui aura été pour moi l’un des plus bel album de l’année (Dusk is a quiet place)dusk.jpg

 

Ici, celui qui apparaît comme l’un des fleurons du label de Manfreid Eicher ( le patron et fondateur de ECM), se place en grand ordonnateur d’un quartet inédit et absolument superbe. Surtout il réalise un coup de génie en s’associant à l'un des plus brillant des trompettistes actuels, Avishai Cohen. Sur le papier on crie au coup marketing tant le bouillonnant trompettiste de Triveni et d’Omer Avital semble éloigné des préoccupations esthétiques très cérébrales de Mark Turner. Et pourtant cette association des deux soufllants, c’est un pur coup de maître.

Les deux, placés côte à côte confrontent des conceptions différentes de cette musique qui se situe entre l’écriture fine et spaciale et improvisations maîtrisées tout en contraste et en complémentarité sans, et c’est cela qui est magique,  nuire a la cohésion de l'ensemble. Surtout ils parviennent à se retrouver naturellement dans le mariage des harmonies complexes et des contre-chants qui associent le timbre éclatant du trompettiste avec la douceur velouté du ténor. Les compositions très inspirées s'appuient sur une rythmique exceptionnelle au premier rang de laquelle on place le drive très riche de Marcus Gilmore ( petit-fils de Roy Haynes, c’est pas peu dire !) et la précision métronomique et ronde de Joe Martin, fils spirituel de Paul Chambers et de Scott la Faro.


Mark Turner apporte ici l’intégralité des compositions magnifiquement écrites, toutes en nuances et en envolées sensuelles. C'est du très grand Mark Turner au sommet de son art, un tantinet shorterien. Mark Turner est aussi exceptionnel dans ce sens du blues chic, du blues concertant comme dans cette improvisation de très très haute volée sur Sonnet for Stevie. Le ténor déploie ses ailes sur chacune de ses improvisations avec une sensualité du son qui évoque un Lester Young des temps modernes.

Brillantissime, Avishai Cohen (écouter notamment sur Year of the Rabbit) est capable de jouer sur tous les registres, sortant parfois des notes improbables à faire passer Freddie Hubbard pour un aimable souffleur de clairon.

Très classique dans sa forme de quartet acoustique, cet album l’est aussi dans l’esprit d’une certaine forme de classicisme contemporain. Son souci esthétique tendant à la perfection des formes et des lignes reste parfois un poil trop poli. Fait pour les grandes salles et pas bâti pour la moiteur des clubs et Avishai Cohen s'y oblige à la retenue lui que l'on aime tant voir partir en trille.

 

Mais c’est juste qu’ensemble ils bâtissent une œuvre, sérieuse et sophistiquée. C’est, à ce niveau d’inspiration, de l’art avec un grand A. Espérons seulement qu’un groupe comme celui-ci puisse s’installer dans la durée et que Mark Turner à l’instar de ce qu’il faisait avec le trio Fly, fasse perdurer ce quartet dont la dimension ne fera que croître pour s’imposer comme une référence absolue de ce jazz qui porte cette musique au comble du raffinement.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 14:28

 

Jean Baptiste Berger tenor sax & glockenspiel

Sebastien Leibundguth guitar & loop

Jerôme Klein drums

www.jeanbaptisteberger.com

cadillac-palace.jpg

Une de mes découvertes  de cet été fut le groupe Cadillac Palace, un trio sans piano (saxophone, batterie, guitare), parfaitement équilatéral. Ce qui sous entend une écoute attentive, une interaction pertinente, un sens du rythme à trois.  De plus, l’objet CD est plaisant : une jolie pochette d’un jaune subtil au graphisme délicat du graphiste rémois GMTW, qui renvoie au théâtre baroque du Cadillac Palace à Chicago, idéal pour découvrir des spectacles de Broadway...

La musique ?

Les six titres explosifs autant que mélancoliques, enregistrés en analogique représentent « ce que l’on pourrait avoir sur scène et non l’inverse, un peu comme on devait enregistrer dans les années soixante » confie le saxophoniste JB Berger.   

L’ambiance très particulière qu’installe la guitare électrique nous replace dans une esthétique rock assumée et c’est très bien ainsi… Envolée (o)rageuse dans « Fighting with D ». Les influences sont clairement à voir du côté des « guitar heros »  de Van Halen à notre Marc Ducret national. Les compositions, amples et généreuses sont toutes de la plume du saxophoniste marnais Jean Baptiste Berger qui a une double  formation classique et jazz, point commun avec le batteur luxembourgeois.

La rencontre lors de la participation au projet européen Jazzplayeurope en 2012 a cristallisé la formation du trio et scellé le début d’une belle aventure commune, réunissant « la complexité du jazz à l’efficacité de la musique actuelle ».

 « Jimmy fais moi bien »  est l’un des morceaux préférés mais à dire vrai, tout est accrocheur dans cette musique, dans le bon sens du terme : une musique de sang mêlée, mélodique, énergique, précise. Une heureuse fusion, oserai-je écrire, si le terme n’était pas trop connoté pour cette heureuse alliance, cet assemblage réussi que l’on retrouve dans le bien nommé « La somme des différences», une ballade langoureuse et subtile comme on les aime où la guitare cristalline s’ajointe au phrasé délicat du saxophone. C’est le final qui s’achève dans un souffle et aussi le titre de cet album qui résume la philosophie du projet musical des trois complices.

 

Sophie Chambon

 

 

 


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