Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 11:02

Crédit photo : Frt Photo / artwork : Jean-François Santarelli

 

Carine Bonnefoy (composition, arrangements, direction, piano), Jean-Michel Charbonnel (contrebasse), André Charlier (batterie, percussions), Frédéric Favarel (guitare), Claude Egea (trompette, bugle), Jean-Jacques Justafré (cor), Damien Verherve (trombone), Stéphane Guillaume (saxophones soprano & ténor, flûte), Stéphane Chausse (saxophone alto, clarinette, clarinette basse), Nelly Lavergne, Déborah Tanguy, Manu Domergue (voix), Johan Renard, Antoine Delprat (violons), Séverine Morfin (alto), Jean-Philippe Feiss (violoncelle), Shankar Kirpalani  (basse). Invités sur la dernière plage : Laura Littardi, Nathalie James, Georges Bloch (voix)

Videlles (Essonne), sans date

Music Box Publishing CB 004 

disponible en téléchargement sur les plateformes depuis le 8 février 2019

distribution à partir d'avril 2019 : Music Box Publishing / Socadisc

 

Un nouveau disque, et un nouveau projet qui prolonge le travail entrepris au début des années 2000 avec le Metropole Orchestra des Pays-Bas (concert au dans la salle Olivier Messiaen de Radio France en novembre 2004, sous la direction de Vince Mendoza, publié sur disque en 2007 «Outre-Terres/Overlands», Cristal Records). Après cette expérience en compagnie d'un effectif impressionnant (53 musicien-ne-s, dont 26 cordes, plus 6 solistes invités), le Large Ensemble prolonge l'aventure avec un effectif (relativement) plus modeste : 17 instrumentistes. Ce sera le disque «Tribal», enregistré en 2009 et publié l'année suivante.

Aujourd'hui l'effectif demeure, avec beaucoup des personnes impliquées depuis le début du Large Ensemble. L'une des sources d'inspiration musicale perdure, depuis Outre-Terres : l'origine polynésienne, par sa mère, de la pianiste-compositrice née à Toulon. On retrouve les grands espaces, les traversées océaniques, la pulsation des musiques du monde alliées à celles du jazz. Mais l'inspiration semble libérée des entraves de la mémoire pour se projeter dans une expression du présent, où la sensualité fait jeu égal avec l'ambition artistique. Bonheur des mélodies, turbulents méandres de l'orchestration, fine écriture pour le quatuor à cordes, liberté et inspiration des solistes : tout y est. On sent que les instrumentistes engagés dans le projet le sont pour la qualité de l'écriture, où ils puisent le terreau fertile de leurs improvisations. Et comme dans les précédents disques, les voix apportent une couleur singulière, quelque chose de lumineux qui exacerbe encore le lyrisme. Chaque plage poursuit le mouvement collectif qui paraît lier indissociablement la compositrice-pianiste et ses partenaires. Et après une respiration percussive signée André Charlier, c'est un final en apothéose où le chœur surgit des lignes et des acords du piano, ultime revendication d'un lyrisme réaffirmé. Belle réussite que ce disque qui rejoint dans sa réalisation l'idéal qui présidait au projet.

Xavier Prévost

.

Le Large Ensemble célèbrera ma sorte de ce disque par un concert le mercredi

février à 20h30 au Bal Blomet, Paris XVème.

http://www.balblomet.fr/events/todaytomorrow/

Partager cet article
Repost0
13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 21:54

 

PIERRE de BETHMANN Medium Ensemble «Volume 3, Todhe Todhe»

Pierre de Bethmann (piano, piano électrique), Stéphane Guillaume (flûte, saxophone ténor), Sylvain Beuf (saxophone alto), David El-Malek (saxophone ténor), Thomas Savy (clarinette basse), Sylvain Gontard (trompette, bugle), Denis Leloup (trombone), David Patrois (vibraphone, marimba), Simon Tailleu (contrebasse), Karl Jannuska (batterie)

Paris, 10-11 juillet 2018

Aléa 011 / Socadisc


 

Ils étaient douze pour le précédent album («Exo, volume 2», chronique sur le site en suivant ce lien). Exeunt voix, cor et tuba, bienvenue au vibraphone/marimba, et au format tentet. Ce disque et son programme concluent deux années de résidence au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines. Changement de nomenclature, mais aucun renoncement au projet musical : un dialogue tendu entre les instrument(iste)s et l'orchestre. Tendu et exigeant, aventureux, très libre dans sa rigueur compositionnelle. Deux CD distincts, deux histoires d'apparence autonome qui cependant tissent des liens l'une avec l'autre. Ce qui semble prévaloir, c'est l'amour des solistes (et tous sont de grands solistes), immergés dans un déroulement subtilement directif : on n'est pas comme chez André Hodeir dans l'improvisation simulée, mais plutôt dans l'impro balisée : le contexte musical paraît guider chacun sur un sentier où il excelle et va s'épanouir.

CD1, on part sur un rythme marqué, et trompeur. La ligne mélodique est fragmentée, les timbres se mêlent et donnent de l'épaisseur au propos, attisant les tensions. Survient le piano qui, comme souvent chez Pierre de Bethmann, se garde bien de dérouler des valeurs rythmiques prévisibles : tout ça raconte déjà des histoires, plusieurs scénarios dont on peut penser qu'ils vont s'offrir une partie de cache-cache, et s'évertuer peut-être à nous égarer.... Je ne vais pas vous détailler le contenu de chacune des 4 plages du CD 1, et des 5 titres du CD 2 : je n'en ai ni la compétence musicologique, ni le courage. Sachez simplement que cette musique finement élaborée déploie des couleurs qui vous toucheront même si vous n'en élucidez pas tous les mystères, et que l'on est face à un disque qui va (peut-être) livrer ses secrets écoute après écoute. C'est le propre d'un art accompli.

Xavier Prévost

.

Présentation du CD sur YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=1hAmsk15_B4

Le groupe jouera le vendredi 15 février à 20h30 au Stduio de l'Ermitage, à Paris

Partager cet article
Repost0
12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 18:20

 

Enrico Pieranunzi (piano), Thomas Fonnesbaek (contrebasse)

Copenhague, 14-15 juillet 2017

Stunt Records STUCD18012 / Una Volta Music


 

Dans la production assez abondante (entre 2017 & 2018 j'ai vu passer 6 ou 7 disques) de notre pianiste italien préféré, cette petite perle, importée en France depuis la fin de l'automne : un duo piano-contrebasse capté dans un club de Copenhague, le Gustav's Bistro. Ce qui frappe d'abord, au delà du titre de l'album, et du thème éponyme, c'est que l'esprit de la valse est présent presque en permanence : même quand le thème est à quatre temps, ça balance encore comme une valse, qu'il s'agisse d'un standard ou de l'une de nombreuses (sept) compositions du pianiste qui émaillent l'album. Le dialogue avec le bassiste est permanent, et subtil, l'intensité constante, l'interaction tendue et presque palpable, tout respire le bonheur de jouer tout en restant absolument concentré sur la musique, la musicalité, l'ambition d'élaborer l'objet sonore dans les règles de l'Art qui font que c'en devient une œuvre. Bref une vraie réussite artistique, et un bonheur d'écoute, come ce fut, semble-t-il, un bonheur à jouer pour les duettistes.

Xavier Prévost

.

Sur Youtube, le même duo à Rome en 2018

https://www.youtube.com/watch?4&v=J5-FbRz2bog


 

Partager cet article
Repost0
12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 15:31

Défricheur et vulgarisateur, André Francis, qui vient de disparaître le 12 février à Paris dans sa 94ème année, aura «soufflé dans les trompettes de la renommée pour faire connaître le jazz en France»  (Le Dictionnaire du Jazz , Ed. Robert Laffont) pendant plus de sept décennies. «Je suis au service du jazz ou plutôt des jazz, tellement ces musiques sont diverses», nous confiait-il en 1996, peu avant de quitter Radio France après un demi-siècle d’activités trépidantes de producteur pour la radio publique.

 

Loin de partir pêcher à la ligne, ou de se consacrer à son autre passion, la peinture (il exposait depuis 1954), le Mr Jazz de Radio France (et de son ancêtre l’ORTF) et de ses 7000 concerts avait d’ailleurs témoigné de sa passion œcuménique dans une œuvre encyclopédique, réalisée avec l’acousticien Jean Schwarz, les Trésors du Jazz (dix cd de 1898 à 1951) sortis en 2002 et enrichis en 2010 par la période 1951-59, ensemble monumental (1677 titres) intitulé «La Grande histoire du jazz» (Le chant du Monde/Harmonia Mundi). «Je voulais mettre en évidence la progression de cette vague musicale qui a bouleversé nos conceptions musicales au XXème siècle» (in Jazz Magazine).

 

Dans ses choix artistiques-les émissions sur les ondes de l’ORTF dès 1947 ( à 22 ans), les concerts programmés à la Maison de la Radio et ceux retransmis des festivals- André Francis aura joué la carte de la diversité du jazz, des formations traditionnelles aux groupes libertaires du free. Avocat fougueux du jazz, «musique bâtarde, le plus vivant des arts sonores», l’ancien élève de l’Ecole des arts du spectacle de la Rue Blanche aimait les musiciens qui ont choisi «un langage de vérité». Lui-même ne mâchait pas ses mots pour dénoncer la world music («la plupart du temps, une nouvelle cuisine sonore sans chef») ou la tendance à l’intellectualisation menant à un jazz «intellichiant» (sic). N’allez pas pour autant en déduire que celui qui fut emballé par Dizzy Gillespie à Pleyel en 1948 se montrait réfractaire au changement et à la mondialisation de cette musique «bâtarde qui ne s’est jamais coupée de ses racines populaires».

 

Héraut de tous les jazz, André Francis fut un auteur multimédia avant l’heure. S’il répugnait à l’usage des nouvelles technologies (portable et ordinateur), il a défendu le jazz sur tous les supports : la radio en tout premier lieu dès 1947 mais aussi la télévision avec des concerts devenus mythiques (John Coltrane à Antibes en juillet 1965 pour 50 minutes de Love Supreme), le disque (1ère intervention avec l’enregistrement d’un album en solo de Thelonious Monk à Paris en 1954) et enfin l’édition avec un ouvrage Jazz (290 pages) publié en 1958 (Ed Le Seuil) et traduit en une dizaine de langues.

 

Premier président de l’Orchestre National de Jazz, sa passion musicale se concrétisa également par son implication jusqu’à ces dernières semaines, dans la vie de l’Académie du Jazz. Avec André Hodeir, Boris Vian, André Clergeat, Frank Ténot, entre autres, André Francis œuvra à la création en 1954 de cette association qui en toute indépendance récompense chaque année, aimait-il à souligner, «les porte-parole de la musique qui respecte au mieux la liberté créative et l'expression directe». Esprit libre, se tenant au courant des dernières nouveautés, il ne manquait pas l’occasion de donner son avis, toujours vert, parfois vif, lors de nos réunions de bureau. Ses appréciations très personnelles figurent aussi dans ces dizaines et dizaines de carnets et cahiers où le producteur commentait minutieusement les milliers de concerts qu’il avait programmés et présentés de cette voix si facilement reconnaissable avec un drôle d’accent anglais. Un trésor sonore qui témoigne de l’engagement d’André Francis pour «la plus populaire des musiques savantes».

Jean-Louis Lemarchand, membre du bureau de l’Académie du Jazz

.

André Francis-Bio express-

1925 (16 juin) : naissance à Paris XIVème

1947 : première émission de radio à la Radiodiffusion française (ancêtre de la RTF, puis de l'ORTF, puis de Radio France), au Club d'Essai. Premier concert de jazz organisé à Paris.

1954 : membre fondateur de l’Académie du Jazz dont il était toujours membre du bureau.

1958 : Jazz, publié aux Editions du Seuil.

1975-1997 : responsable du Bureau du Jazz à Radio France (bureau dont il était la puissante agissante depuis les années 60), 7000 concerts programmés.

1970-1979 : directeur artistique du festival de Chateauvallon (Var)

1980-1993 : directeur artistique du Festival de Jazz de Paris

1986 : premier président de l’Orchestre National de Jazz

Années 2000: directeur artistique du festival Orléans Jazz

2010 : La grande histoire du jazz, avec Jean Schwarz : quatre coffrets de 10 cd portant sur la période 1898 à 1959. Le Chant du Monde/Harmonia Mundi.

2019 : 12 février, décès à Paris XVème.

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 10:07
STEVE POTTS Avec la collaboration de MICHEL EDELIN           BUCKET OF BLOOD

STEVE POTTS  Avec la collaboration de MICHEL EDELIN

BUCKET OF BLOOD

MEMOIRE DE JAZZ

Mise en forme des propos de Steve POTTS avec des textes additionnels de Michel EDELIN

EDITIONS LENKA LENTE, 2019.

 

http://www.lenkalente.com/product/bucket-of-blood-de-steve-potts

A venir : Jazz club vu du bout du bar le 22 Février 2019 au Comptoir, à Fontenay sous bois   https://www.fest.fr/jazz-club-vu-du-bout-du-bar-612401.html

Ce petit livre sensible et élégant se lit d’une traite et le titre français résume parfaitement son propos. Il est tendu autour de la trajectoire du saxophoniste alto, soprano, et flûtiste, Steve Potts né à Colombus (Ohio), en janvier 1943, ( il a juste cinq ans de moins que son ami et maître Charles Lloyd). Il a très vite été fasciné par le jazz et les musiciens, Buddy Tate étant le cousin de son père. Il raconte certains épisodes de sa vie de jazzman, d’abord aux Etats-Unis, où il côtoya les plus grands ( Eric Dolphy, Sam Rivers, Larry Coryell, Chico Hamilton, sans oublier Coltrane, Miles Davis, Herbie Hancock, Ron Carter qui lui enseigna l’harmonie, Wayne Shorter ) puis en France où il s‘est installé dès 1970, fuyant la guerre du Viet Nam qui ne le concernait pas et la ségrégation, si active dans son pays. Il avait envie d’autres horizons et il rencontra les Américains expatriés ou de passage, joua ainsi avec l’Art Ensemble de Chicago. Les Parisiens qui fréquentaient le club mythique des Sept Lézards, aujourd’hui fermé, auront eu la chance de l’entendre jouer dans diverses formations, la plus célèbre étant celle de Steve Lacy, avec lequel il entama une fructueuse et durable collaboration dès 1977; mais il dirigea aussi son propre quartette, enregistra relativement tardivement en leader avec Richard Galliano, Jean-Jacques Avenel, Bertrand Renaudin, anima des ateliers avec Sophia Domancich, Simon Goubert et Michel Edelin.

 

Steve POTTS est aussi un remarquable conteur qui a trouvé une oreille attentive et amie, celle d’un musicien complice, pour recueillir ses confidences, soir après soir, apres les gigs, aux Sept Lézards. Le flûtiste Michel EDELIN montre un vrai talent d’auteur, une authentique habileté pour “enregistrer” souvenirs et anecdotes savoureuses. Il a une écriture pénétrante qui sait aussi tenir l’émotion à distance même quand il s’agit de sujets graves. Ce livre devient ainsi le témoignage d’une époque, évoquant la ségrégation et le racisme, plongeant dans les démons toujours actuels de l’Amérique, évoquant le mode de vie et les problèmes d’addiction des jazzmen. Tous deux parlent sans complaisance mais avec grande justesse du public qui n’a pas du talent tous les soirs, des patrons de club peu honnêtes, des amateurs soi-disant éclairés et des critiques.

 

On apprend page 63 l’origine du titre anglais du livre “Bucket blood”, devenu l’indicatif de Steve Potts:“Dix huit notes. Seulement dix huit notes qui animent la mèche de l’improvisation libre”. Une activité à risque sans aucun doute. “Dans chaque ghetto noir des USA, il y avait des boîtes où des gens allaient faire la fête, des soirées trop arrosées qui se terminaient par des bagarres… Quand la femme de ménage passait la serpillière, le seau était plein de sang.”

 

Steve Potts parle avec beaucoup d’humilité de la musique : esprit d’ouverture, honnêteté intellectuelle, simplicité, sens du groupe. Un esprit de famille auquel il croit fermement d’où le nom de son quintet Steve Pott & Family. Il revient souvent sur le danger des étiquettes dans le jazz, à l’origine de ruptures tout à fait artificielles, détruisant une progression naturelle, organique avec quelques accélérations dues à des musiciens particulièrement créatifs et audacieux. Sait-on qu’il ya passage de relais et non rupture? Jackie McLean est l’un de ses héros avec Dolphy et ce point, moins anecdotique qu’il y paraît, peut expliquer le choix de la maison d’édition Lenka Lente de dresser ce portrait émouvant et juste de Steve Potts, après deux ouvrages sur Dolphy et McLean justement!

Sous le charme, on se laisse conduire par ce texte, construit en une succession de fragments, composition de courts chapitres sans titre, reprenant le rythme d’une conversation échangée, soir après soir. Riche de toutes ces histoires, la langue ludique, inventive, poétique souvent, interroge sur la fonction de cette musique et ceux qui la pratiqu(ai)ent.

Bucket of blood, à découvrir pour ceux qui aiment le jazz et encore plus les jazzmen.

 

Sophie Chambon

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 02:14

A 30 ans, Baptiste Herbin inscrit son nom au panthéon du jazz français en s’adjugeant le prix Django Reinhardt (1) du musicien de l’année 2018 décerné par l’Académie du Jazz et qui lui a été remis le 9 février lors d’une soirée marquée par un concert-hommage à Michel Petrucciani à l’Auditorium de la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt.


Le saxophoniste (alto et soprano) rejoint ainsi les 13 artistes pratiquant l’instrument du facteur belge Adolphe Sax qui figurent au palmarès du prix prestigieux depuis sa création en 1954, à commencer par le premier lauréat, Guy Lafitte, mais aussi les quadragénaires Géraldine Laurent, Pierrick Pedron, Emile Parisien, Stéphane Guillaume.

©photo Michel Vasset.

L’année 2018 aura bien été celle de la consécration pour Baptiste Herbin, actif sur la scène parisienne depuis une décennie.  En l’espace de quelques semaines, on l’aura ainsi entendu au Bal Blomet participer au quatuor de saxophones Fireworks (avec Jean-Charles Richard, Vincent David et Stéphane Guillaume) et présenter au New Morning son dernier album, ‘Dreams and Connections’, (le premier en leader pour le label indépendant Space Time Records de Xavier Felgeyrolles) où il démontre virtuosité, fougue et éclectisme (be-bop, hard bop, musique classique, airs brésiliens).


Dévoilé par François Lacharme, son président, le palmarès 2018 de l’Académie du Jazz récompense également par le Prix du disque français, ‘Left Arm Blues’ (Jazz&People/Pias), du trompettiste Fabien Mary : huit compositions du leader et un standard (All The Things You Are)  interprétés par un octette  comprenant trois saxophones dans une couleur « années 60 ».

©photo Marina Chassé.

Deux artistes déjà au firmament de la jazzosphère complètent le noyau dur du palmarès de l’Académie du Jazz : le pianiste Kenny Barron qui remporte (avec une confortable avance) le Grand Prix de l’Académie du Jazz pour ‘Concentric Circles’ (Blue Note-Universal), donné en quintet (Mike Rodriguez, trompette; Dayna Stephens, saxophones; Kyosho Kitagawa, basse, et Jonathan Blake, batterie) et le chanteur Kurt Elling, Prix du jazz vocal pour ‘The Questions’ (Okeh-Sony Music) où le baryton de Chicago s’interroge sur l’état du monde et pousse la romance avec élégance.

©photo Anna Weber.

Les lecteurs des DNJ retrouveront aussi dans le choix de l’Académie du Jazz deux créateurs ayant eu les faveurs de nos colonnes : le tromboniste suisse Samuel Blaser, Prix du musicien européen (‘Early in The Morning’. Outhere) et, last but not the least, Martial Solal - primesautier à 91 ans à Gaveau en solo le 23 janvier dernier et dans Histoires Improvisées, sorti à l’automne chez JMS - distingué par un Prix Spécial pour l’ensemble de son œuvre.


Jean-Louis Lemarchand.


Pour consulter le palmarès complet, rendez-vous sur le site de l’Académie du Jazz.
(1)Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas

Partager cet article
Repost0
9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 10:35

Bex-Catherine-Romano, ce trio apparu dans les clubs voici deux belles décennies n’avait jamais enregistré … « C’est donc naturellement que nous avons décidé de produire cet enregistrement* (réalisé en décembre 2017) sur notre jeune label » précise Stéphane Portet, le « boss » des clubs parisiens Sunset-Sunside.

 

 

La formule nous rappelle des souvenirs personnels des années 60 quand Wes Montgomery officiait à la guitare avec Melvin Rhyne (orgue) et Paul Parker (batterie). Mais là, il n’est pas question de leader. Les trois mousquetaires se sont équitablement partagé les plaisirs de jouer. Chacun est d’ailleurs venu avec trois compositions dont nous retiendrons un titre évocateur de souvenir personnel pour chacun des compères : Il Piacere’, pour Aldo, (un roman de Gabriele d’Annunzio), ‘Letter from my mother’ pour Philip (un classique du jazzman belge) et ‘La belle vie pour Maurice’, pour Emmanuel (coup de chapeau à Maurice Cullaz, ami des jazzmen et président de l’Académie du Jazz, prédécesseur direct de Claude Carrière).

Un album tout en spontanéité, un cocktail de swing et d’émotion à déguster sans modération.

*Emmanuel Bex (orgue), Philip Catherine( guitare), Aldo Romano (batterie). La belle vie. Enregistré en décembre 2017. Sunset Records/L’autre distribution.

Concert de lancement de l’album le 22 mars au New Morning (75010)

Partager cet article
Repost0
8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 22:49

 

Stéphane Mercier (saxophone alto & flûte), Francesco Bearzatti (clarinette & saxophone ténor), Mauro Gargano (contrebasse), Fabrice Moreau (batterie)

Le Pré Saint-Gervais, 1-2 juillet 2013

iOSA / en téléchargement numérique https://maurogargano.bandcamp.com/album/born-in-the-sky et sur les plateformes

 

Ce pourrait être très prioritairement un disque de (contre)bassiste, mais c'est plus encore un disque de groupe, et de musiciens (au pluriel). Manifestement le souci de Mauro Gargano aura été de privilégier le groupe, CE groupe, pour mettre en évidence l'importance du choix des partenaires dans la réalisation de CETTE musique. La basse assure l'ouverture, une esquisse de mise en scène, mais c'est le surgissement des mélodies, soutenu par un drumming finement dramaturgique, qui installe la musique. À chaque nouvelle étape (le thème suivant) les souffleurs exposent une ligne, souvent asse mélancolique, avant de se donner des libertés de solistes. La conception est assez concertante, et l'on est bien pourtant en pleine pulsation jazz. La contrebasse est en constant dialogue, les lignes des instruments à vent sont fines et souples, et quand vient pour la basse le moment d'un solo, c'est toujours en interaction avec le groupe. C'est un grand travail d'orfèvres, orfèvres inspirés : grande réussite que ce disque qui voit le jour (pour l'instant seulement ?) en téléchargement numérique ; Chapeau à tout le groupe !

Xavier Prévost

.

Mauro Gargano jouera avec un nouveau groupe, Nuages, au Babilo, 9 rue du Baigneur, Paris 75018, le mercredi 13 février 2019 à 21h

Nuages, avec Matteo Pastorino, Giovanni Ceccarelli & Patrick Goraguer 

Partager cet article
Repost0
6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 22:42

ECM 2019
Joe Lovano (ts), Marylinn Crispell (p), Carmen Castaldi (dms, perc)

Il y a parfois, et souvent dans le jazz, des moments magiques marqués sous le sceau des rencontres. Pour sceller ses retrouvailles avec le label ECM, Joe Lovano s’associe à la pianiste Marylinn Crispell et la percussioniste Carmen Castaldi pour une rencontre au sommet.
Que dire si ce n’est qu’il n’est question de rien d'autre que la magie de faire de la musique ensemble en improvisant tout de bout en bout à partir d’un matériau de base apporté par le saxophoniste. Il fallait être en osmose. Etre en emphase. Il fallait de l'écoute. Savoir ensemble mesurer l'espace et le remplir en se laissant mutuellement respirer. Il fallait du temps. Ce temps qui pour ces trois magicien(ne)s leur indique où ils doivent commencer et où finir ensemble.
Et puis il y a le son, éternel de Joe Lovano au ténor qui, comme toujours est une sorte de caresse mélodique. Créateur de l'instant, Joe Lovano vous enveloppe dans la chaleur de ses volutes. Tournant autour d’une phrase. Laissant reposer pour mieux repartir. Emmenant le souffle où il l’entend avec une sorte de calme digne d’un maître zen, loin de toute agitation. Sa musique a des airs méditatifs qui, à certains moments font penser aux exercices solitaires d’un Anthony Braxton.
Cette musique intimiste, ses accolytes savent l’écouter et la servir là où les sentiments effleurent l’âme. Et oui, il faut effectivement beaucoup d’écoute pour illuminer les silence et s’inscrire dans l’espace et les interstices.

Cette musique créée sur le vif est à la fois mystérieuse et envoutante.

Jean-Marc Gelin

 

Partager cet article
Repost0
6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 09:46
JAMIE SAFT STEVE SWALLOW BOBBY PREVITE       YOU DON’T KNOW THE LIFE

JAMIE SAFT STEVE SWALLOW BOBBY PREVITE

YOU DON’T KNOW THE LIFE

Rare noise records/Distribution France DIFFER-ANT

www.rarenoiserecords.com

https://jamiesaft.bandcamp.com/track/you-dont-know-the-life

 

 

Iconoclaste et visionnaire, Jamie Saft se tourne avec ce nouvel album, vers une autre formule, explorant ainsi sur le mode électrique la vision du trio classique orgue, basse, batterie, reprenant la tradition en l’aménageant, avec des compositions originales, des improvisations collectives et des reprises de thèmes populaires américains qui lui sont chers.  Toujours sur le label Rarenoise records, après Blue Dream sorti en juin 2018 et son Solo a Genova en janvier 2018, le claviériste qui joue cette fois de l’orgue Hammond, de l’orgue Whitehall, ainsi que de la Baldwin Electric Harpsichord, s’est entouré d’une fine équipe, le bassiste Steve Swallow et le batteur Bobby Previte, superbe rythmique rompue à tous les styles. Ce n’est pas leur premier album en trio, car en 2014, ils avaient déjà créé The New Standard et en 2017, ils remirent ça avec Loneliness road, preuve d’une alchimie indiscutable entre eux.

Si Jamie Saft apporte le matériau, il laisse à ses complices une grande autonomie, dans des échanges qui prennent alors tout leur sens. Ça commence très intensément par une version plutôt déstabilisante de Bill Evans “Re: Person I know” que j’ai quelque difficulté à retrouver tant il est revisité. Le second titre est beaucoup plus enveloppant “Dark Squares”, on change encore de mood avec “Water from breath”. Ne s’agit-il pas, en fait, d’un retour vers le futur, vers “une danger zone” psychédélique, une ambiance hybride où jazz, rock et même soul se rejoignent, portés par le son indiscutable de l’orgue électrifié? Progressivement, on s’acclimate,  moins désorienté, avec les images oniriques, célestes du doux et lancinant "You don’t know the life” qui commence comme à l’église, mais sans les chants du gospel.

Jamie Saft réussit tout de même le tour de force de sortir l’orgue du contexte et de lui donner une autre vie. S'il produit beaucoup de matière avec ces timbres et alliages singuliers entre orgues et harpe électrifiée ( “The break of the flat land”), Bobby Previte est absolument impérial, faisant monter la tension, se renouvellant constamment aux baguettes, martelant les tambours ou cinglant les cymbales.

L’album est subtilement construit avec un "acme" enivrant et totalement planant qui donne son nom à l’album.  L'intérêt est d' enchaîner une succession de compositions énergiques, fluides, plus ou moins intenses et rapides, sans jamais savoir où ces trois virtuoses nous entraînent.

Il n’est pas innocent de finir par deux standards, précieux, quelque peu dépoussiérés, surtout "Moonlight in Vermont”, d’autant que Saft a choisi cette fois d’enregistrer dans un studio mythique, celui créé par l’ingénieur du son, Walter SEAR, à Manhattan, temple de la production musicale où s’attardent encore les ombres de chers disparus Bowie, Lennon, Lou Reed et l’empreinte de vivants, non moins aimés, Wayne Shorter, John Zorn… Si “Moonlight in Vermont” reprend  des couleurs, le délicieux "Alfie" du génial Burt Baccharach, est impeccablement tenu jusqu’à la note finale.

Un CD des plus séduisants, hautement recommandable qui vise haut et loin. C’est la marque des très grands.

Sophie Chambon

 

 

 

Partager cet article
Repost0