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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 22:06

 

Black and Blue record 2014

Laurent Marode (p), Ronald Baker (tp), David Sauzay (ts), Sarah Lancman (vc), Fabricio Nicolas (contrebasse) et Grégory Serrier (batterie),

 elephant-walk-web.jpg

 

Ce n'est pas la révolution du genre. N’empêche ça fait du bien par où ça passe. Le pianiste Laurent Marode signe ici un album de standards assumant à fond le fait qu'il n’y a absolument aucun mal à jouer ces bons vieux saucissons du moment qu'on les joue avec amour et qu’on les joue bien. Et de fait, Laurent Marode sait y faire. On est en terrain connu. On entre en toute confiance dans cette musique. On reconnaît les murs, le papier peint et la moquette, on reconnaît les meubles qui n’ont toujours pas vieilli et l’on prend doucement son pied dans cette demeure chaleureuse. Cette maison blue c'est celle du jazz des années 50, du hard bop et du swing qui groove un max.

Le trompettiste Ronald Baker et Sarah Lancman (lauréate du Montreux Jazz festival 2012) apportent leur voix qui ma foi se marient plutôt bien sur une langoureuse et simplissime version de Misty. David Sauzay comme toujours joue terrible de chez terrible, y est admirable dans cette connaissance de ce patrimoine jazzistique. On le croirait sorti tout droit d'un club de jazz new Yorkais, du Smalls ou un truc dans le genre. Il faut dire que le saxophoniste excelle dans ce swing tout en souplesse, en délié et en suave sensualité. On l'entend avec plaisir sur Wrap your trouble in dreams glisser sur le tempo et les harmonies. Quand à Ronald Baker, exilé en nos contrées, il est comme un poisson dans l'eau dans cette musique de l’après-bop où les maîtres comme Lee Morgan ou Kenny Dorham ne sont jamais très loin. Laurent Marode groove et swingue à merveille et la rythmique fonctionne aussi à la perfection.

C'est typiquement le genre d'album à mettre sur sa platine lorsque l'on a pas de courage de sortir en Club et que l'on veut inviter un combo dans son salon.

Rien que pour soi.

C’est peut être cela que l’on appelle le luxe.

Jean-Marc Gelin

 

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 11:32

 

 

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Sortie le 20 mai 2014  / Concert le 24 juin 2014 au Café de la Danse - Paris

Concert à Jazz sous les Pommiers le 29 mai

Outnote records / Outhere distribution

 

La Nouvelle Vague en France fut une période d’effervescence culturelle pendant laquelle le cinéma français, a exploré brillamment de nombreux styles musicaux : be bop, swing, jazz, classique, musique symphonique, et chansons. « C’est un peu le reflet d’une époque, celui d‘une industrie qui reformate la musique écrite pour le cinéma en fonction du marché » écrit  le musicologue Stéphane Lerouge dans le catalogue de la formidable exposition de la Cité de la Musique Musique et cinéma, le mariage du siècle ?  A l’époque des yéyés, sortirent en 45 tours sur le label Philips, beaucoup de musiques des films de la Nouvelle Vague.

Cette période fascine nos musiciens de jazz actuels et c’est au tour de Stéphane Kerecki de se pencher sur ces thèmes, après le travail abouti de Stephan Oliva dans Vaguement Godard. Le contrebassiste explique fort bien que la démarche des cinéastes de la Nouvelle Vague rejoint celle des musiciens de jazz dans une recherche éperdue de liberté. Voilà qui permet d’associer dans une ronde ophülsienne,  cinéastes et musiciens aussi originaux que Jean Luc Godard, François Truffaut, Louis Malle, Jacques Demy, Michel Legrand, Georges Delerue, Miles Davis, Antoine Duhamel. Car ces musiques, toutes singulières, témoignent de ce désir de liberté accordé à chaque compositeur. De plus, la fonction de la musique au sein des films prend de l’importance, dans une nouvelle perspective, structurante, et peu illustrative.

 Dans le Nouvelle Vague du quartet de Stéphane Kerecki,  les thèmes ont été peu arrangés, dans une volonté délibérée de les saisir à vif, comme des matériaux bruts que chacun des complices du contrebassiste s’approprie à son gré. Le pianiste John Taylor qui a enregistré en 2011, Patience (chroniqué aux DNJ)  en duo avec Stéphane  Kerecki, est à nouveau de la partie avec un piano impressionniste et doux, le batteur Fabrice Moreau, élégant et précis, le saxophoniste Emile Parisien au soprano, particulièrement sobre sur tout le disque, entourent  le contrebassiste leader. 

 La musique référence du mouvement de la Nouvelle Vague est celle d’Ascenseur pour l’Echafaud de Louis Malle, expérience innovante d’improvisation enregistrée sur les images mêmes du film par le quintet « historique » de Miles, en 1957. Le quartet de  Stéphane Kerecki  joue gros en s’attaquant à « ces » thèmes de film noir mais le résultat est probant, et puis c’est la loi du jazz de se frotter à des relectures, aussi périlleuses soient-elles. On aimerait leur demander quelle a été leur approche. Le jazz comme performance est sans doute la manifestation d’une musique générationnelle, en accord avec cette modernité cinématographique. Pour Godard [1], trois  thèmes sont repris, parmi les plus célèbres, comme des passages obligés : ainsi en est-il de « Ferdinand » (Pierrot le Fou), ce thème d’Antoine Duhamel qui, une fois entré dans la tête n’en finit pas d’y tourner, retourner. On se régale avec la suite de Martial Solal pour  A bout de souffle  (l’émouvante Jean Seberg vendant  sur les Champs Elysées, le New York Herald Tribune).  Martial Solal raconte dans Ma vie sur un tabouret  (Actes Sud) qu’il a utilisé «un ensemble de jazz modulable du sextet au big band et un orchestre avec cordes et bois » pour « deux thèmes très courts, presque identiques dans la forme, mais l’un allant du grave à l’aigu et l’autre inversé ». Enfin, comment oublier le générique, l’ouverture et «Camille»dans Le Mépris de Georges Delerue, thèmes emblématiques, devenus génériques d’émissions?

A chaque fois, le thème est rappelé, pour mémoire, repris avec des variations sur lesquelles les musiciens se détachent avec fluidité, d’autant que les musiques originales s’y prêtent, mélodiques sans être mièvres, lyriques, troublantes. Le jazz y trouve sa place par l’époque, le style, le rythme et se coule admirablement dans cette matrice : on peut réinterpréter, broder des variations, s’éloigner, créer du neuf à partir d’un petit motif de rien du tout, trituré, désossé, amplifié. Comme des funambules, les musiciens se lancent avec une audace contrôlée, effectuent des figures fragiles mais libres, tournent, virevoltent avant de se « récupérer » sur le thème. On peut être particulièrement sensible à l’effort du quartet de jouer avec la patine, le grain, le tempo de l’époque. Les yeux fermés, les images d’un film imaginé défilent, d’autant que les échanges et la complicité intenses donnent  vie et sens à ce qui constitue la véritable B.O d’un film imaginaire recréé par et pour l’auditeur. Le quartet a réussi l’impossible avec la création d’une suite continue, harmonisée et organique. Il aura fallu  cinquante ans pour  que naisse une musique cohérente qui rassemble, rattache, enveloppe ce mouvement cinématographique fondateur. 

NB : Certaines chansons de Serge Rezvani ou de Michel Legrand sont dans la mémoire collective, la ritournelle  « Le tourbillon » de Jules et Jim, portée par la voix de Jeanne Moreau, ou  les « tubes » éternels du film  Les Demoiselles de Rochefort ? 

Jeanne Added a choisi de reprendre avec un accompagnement délicat « La chanson de Maxence» (rappelez-vous de Jacques Perrin en marin peroxydé, doublé par Jacques Revaux), qui inspira à Bill Evans une version sublime en 1977, « You must believe in spring ». C’est peut-être sur ces thèmes chantés- elle reprend aussi la chanson d’Anna Karina [2] dans Pierrot le fou « Jamais je ne t’ai dit que je t’aimerai toujours »- que nous émettrions quelque réserve, tant la marge de manœuvre de la chanteuse Jeanne Added est mince. 

Sophie Chambon

 

[1] Nous nous sommes amusés à réécouter en parallèle le piano d’Oliva qui reprend ces 3 mêmes thèmes dans son album Vaguement Godard chez Illusions

[2] Jeanne Moreau a également repris cette chanson ...

 

 

 

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Published by Sophie Chambon - dans Compte-rendus de concerts
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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 08:08

 

Out Note Records 2014

Émile Parisien (ss), John Taylor (p), Stephane Kerecki (cb), Fabrice Moreau (dms) + Jeanne Added (vc)

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Emile Parisien se trouve ici au centre d'un dispositif particulièrement soudé et inspiré jouant autour des thèmes du cinéma de la Nouvelle vague. Avec un art consommé de l'arrangement, Kerecki reprend les grands thèmes du cinéma de la nouvelle vague qui, on le sait flirtait déjá pas mal avec le jazz. On y retrouve donc Godard ( avec Alphaville - Paul Misraki ou Le Mépris - Georges Delerue, Pierrot le Fou - Antoine Duhamel), jusqu'à Jacques Demy et Michel Legrand et finalement Miles D'avis pour Ascenceur pour l'Echafaud.

Dans cette entrepris l'association Parisien / Kerecki fonctionne à merveille, tous les deux étant particulièrement bien placés pour exhaler les mélodies et leur donner parfois un caractère un peu grave. Il y a de fait beaucoup d'intensité dans cette musique là. Mais si Émile Parisien est effectivement au centre, au coeur de la musique, Kerecki parvient a créer autour de lui une force collective impressionnante dans l'intention qu'elle donne à la musique, dans le soutien rythmique et harmonique.

Jeanne Added apporte une touche particulièrement émouvante sur La Chanson de Maxence ( You must believe in spring) avec toute sa fragilité gracieuse ou encore sur Pierrot le Fou.

Une version sublime d'Ascenceur pour l'Echafaud, très inspirée est portée à très haut niveau par le quartet. On est toujours impressionné par la puissance du discours d'Emile Parisień impressionnant de puissance et d'aisance mélodique, maître absolu de l'improvisation comme sur cette autre version de Pierrot le Fou de très haute volée. Sur Tirez sur le pianiste, le trio fusionne à merveille parvenant à porter la musique à haute incandescence.

Sur les 400 coups c'est la complicité entre Kerecki et John Taylor que nous avions connu lors du précédent album qui semble prendre le dessus.

 

Il manquerait  pourtant à cet album un petit quelque chose. Pas un truc qui renverse la table mais quelque chose qui s'inscrive dans l'émotion, dans un peu plus de suavité. On croit l'approcher avec la version très émouvante de La mariée était en noir d'une admirable sobriété.

 

Ce qui est surtout intéressant c'est que, au gré des morceaux Kerecki varie les formats et met en évidence telle ou telle association instrumentale qui donne ainsi à l'album une grande richesse de climats et le rend passionnant de bout en bout.

 

Jean-Marc Gelin

 

 

 

Jean-Marc Gelin 

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 12:47

Neuklang 2014

Juan Camilo Villa (basse) et Miguel Altamar (batterie), elle invite Rhani Krija (percussionniste de Sting entre autres) et le trompettiste Joo Kraus.

 marialy.jpg

Sacrée découverte que cette pianiste cubaine. On sait bien qu'elle vient d'un pays où la maîtrise du piano est une chose si sérieuse qu'elle est souvent l'apanage des hommes. Voire une question de transmission de père en fils. Un pays où les maitres du clavier sont immenses et nombreux depuis Chuco et Bebo Valdes en passant par Gonzalo Rubalcabba, Omar Sosa, Harolp Lopez Nussa etc.....

Avec sa pochette racoleuse montrant la jeune femme dos nu et dessous affriolants on pouvait craindre au produit purement marketing. Et ce que l'on découvre est au contraire une grande pianiste de jazz matinée de rythme cubains. D'un Cuba que la pianiste à pourtant quitté dès l'âge de 20 ans pour vivre en Allemagne puis en Australie mais dont elle conserve l'empreinte génétique fortement imprimée.

On découvre alors une jeune femme jouant avec une rare intelligence, sans esbroufe une musique swinguante mais aussi et surtout pleine d'inventions rythmiques ou harmoniques. Jamais consensuelle et toujours alerte dans ses propositions, dans ses choix toujours inattendus et parfois décalés. On sent chez elle une énorme culture du jazz qui a dû aussi bien se nourrir des maîtres cubains que de Monk ou, plus près de nous, d'un Jason Moran. Toujours ancrée dans la musique cubaine mais en la relookant complètement à l'instar de ce tube, El manisero maintes fois entendu et ici totalement réinventé. Le cubain amené au jazz ou alors l'inverse à l'image de Afro-blue détourné en une Cuban suite impressionnante de savoir-faire. On pense parfois à Jamal avec ses stop chorus, ces silences intégrées à la pulse. Elle joue avec beaucoup de grâce et d'élégance, avec une rare compréhension de la mise en valeur du "texte". Marialy Pacheco s'amuse avec les rythmes et avec les phrasés, égrènne les triolets ou fait résonner les harmoniques. Mais elle ne tombe jamais dans une caricature et varie les plaisirs. Il faut l'entendre jouer avec les espaces sur El Manisero à la manière d'un Ahmad Jamal utilisant les silences comme autant de respirations sur un tapis de grive sous-jacent.

Marialy Pacheco à31 ans n'est pourtant pas une révélation si l'on en juge par ses 5 albums précédents et par son premier prix de piano solo gagné à Montreux. Elle était simplement passée au travers de nos radars. Il était grand temps de réparer cette injustice et de faire découvrir au public français une très grande pianiste à venir.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 09:51

 

SCHWAB SORO

Label Neuklang / Distribution Abeille musique

www.neuklangrecords.de

www.schwabsoro.com

 soro.jpg

Voilà un album que vous ne regretterez pas d’avoir glissé dans votre lecteur après l’avoir écouté. Ce Schwab Soro, sorti sur le label Neuklang, témoigne de l’échange lumineux entre deux musiciens qui ont trouvé à s’accorder. Si le contrebassiste Raphael Schwab et le saxophoniste Julien Soro  se connaissent depuis quelques années, depuis le CNSM jusqu’au groupe du guitariste Fred Maurin, Ping Machine, ils ont décidé de travailler un projet plus personnel, dans ce duo atypique (encore que....), configuration parfaite qui  sert une certaine idée de l’improvisation dans une aventure non dénuée d’humour et de poésie.

Les compositions, hormis le  « Confirmation » de  Charlie Parker dont ils se tirent fort bien, ma foi, sont de Raphael Schwab, courtes dans l’ensemble, d’une écriture bien dessinée, aux arêtes vives. Les lignes de basse indiquent la voie à suivre, comme sur le formidable «Marche vers l’avant» sur lequel Julien Soro s’envole, tout en finesse et en « approches », comme le titre du même nom où les deux complices  racontent une histoire... de rencontre. Avec le charme de l’inattendu, des ruptures de rythme, de ton, des brusques emballements qui font place à des caresses. A moins que ce ne soit l’inverse.

Prétextes à duos ? Exercices de style ? Plutôt une approche sensible qui déploie  l’étendue de leur talent et leur nécessaire complémentarité. Aucune autre contrainte ne semble les animer que celle d’avancer dans une dynamique commune, de se risquer dans le jeu et l’interprétation, dans la cohérence de leur parcours musical. Il en ressort  un travail épuré, un son tranchant, vif et prenant. Sur le fil  (des cordes) ou dans le souffle. Mais ça danse aussi dans  la bien nommée  «Sarabande» ou encore dans « La valse-farandole» qui  s’éloigne vite des poncifs du genre pour tourner vers autre chose justement, avec même un soupçon inattendu de swing.

Incroyable subtilité de ce duo attentif à élaborer une musique fluide et accessible, où le chant mélodique est vainqueur. La contrebasse grave, charnue, puissante et  le saxophone alto, envoûtant, incisif ou impétueux, conversent sans hiérarchie, dans une suite de déclarations limpides et complexes à la fois.

Un univers sonore complet, habité, dans lequel on entre avec délice à chaque  nouvelle écoute. Avec ses pleins, ses déliés, ses aspérités, et suffisamment de surprises pour nous tenir en haleine. Assurément, un duo mémorable!

NB : On est également sensible au clin d’œil humoristique des illustrations de Quentin Schwab qui ornent la pochette, très « ligne claire » .....

 

Sophie Chambon

 

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Published by Sophie Chambon
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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 21:56

 

L’Association Grands Formats qui regroupe des big bands dénonce la disparition du Centre d’Information Jazz et salue le travail effectué par Pascal Anquetil et ses collaborateurs, dans l’éditorial de sa dernière newsletter titrée « On ferme !». En voici le texte intégral :


« Malgré un mois d’avril plus que chargé, une information de premier ordre n’a pas échappé à Grands Formats : l’arrêt des missions des centres d’information spécialisés de l’IRMA, sur décision de son Conseil d’Administration et du Ministère de la Culture.

Fini le Centre d’Information Jazz pour ce qui nous concerne. Outil indispensable s’il en est pour tous les acteurs du jazz, et les autres. Depuis trente ans, vaillamment porté par l’emblématique Pascal Anquetil, le CIJ était le seul dispositif spécifique à nos musiques.
Il était le centre névralgique qui a favorisé le développement de l’information de terrain, a impulsé une mise en réseau des activités/connaissances des lieux, des structures, des professionnels, a contribué au maillage territorial des initiatives les plus diverses en rapprochant les différents acteurs régionaux et/ou nationaux, ce fut le lieu d’une mémoire vive des faits, des questions et des analyses courant dans le milieu et un instrument de documentation précieux à travers les éditions successives de son guide-annuaire du Jazz en France notamment... bref il fut le primordial vecteur qui a permis de mieux connaître et faire reconnaître les spécificités du monde du jazz, face à la grande nébuleuse fourre-tout des musiques actuelles, ce qui n’était pas une mince affaire.

Grands Formats ne pensait pas devoir saluer l’immense œuvre de Pascal Anquetil (et de ses divers collaborateurs dans le temps) lors de son éviction et de celles de ses confrères. Nous en demandons excuse ici !
Rien de réjouissant s’annonce avec les logiques économiques de filière présidant aujourd’hui à tous les discours“rationalisateurs/modernisateurs“ de refontes décidées ici et là, pour de vraies/fausses économies...

Bref, quels intérêts cela sert-il réellement, et quelle place sera laissée au jazz et aux musiques improvisées ? Qu’adviendra-t-il de toutes les archives et de l’indispensable base de données de Jazz de France ? Et surtout, derrière tout cela, cette nécessaire question : quelle diversité musicale sera demain laissée au regard de tous ? »




 



 

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Published by Jean-Louis Lemarchand
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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 15:53

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Me revoilà lundi 12 mai 2014 au cafe OTO pour le concert du batteur sud-africain Louis Moholo Moholo avec son quartet de longue date.

Quartet de longue date certes, et collaboration avec ses musiciens hors des murs du quartet. Jason YARDE est le saxophoniste also, ténor et soprano aux accents parfois coltranien pour le côté dramatique, le contrebassiste anglais John Edwards, et le pianiste anglais Alexander Hawkins.

Entouré d'une communauté sud-africaine de Londres, joyeuse et respectueuse de la musique du quartet, et de nombreux aficionados de la musique de Johnny Dyani et Chris Mc Gregor à la grande époque de son big band au son nouveau: le Brotherhood of Breath - duquel Louis Moholo Moholo faisait partie intégrante, le grand batteur nous a tous régalé.

C'est la deuxième apparition de Moholo au cafe OTO; la première avait fait le bonheur du lieu et la presse s'était empressée d'en dire du bien : "an evening of dramatic and emotional jazz of the highest quality" (London Jazz News). 

C'est aussi le retour que je veux en faire. Le premier set s'accorde un premier morceau construit en suite décalée/free qui emprunte largement des passages de la musique traditionnelle sud-africaine, puis un deuxième morceau plus court qui nous a montré un groupe solide et vibrant. Une musique profonde et sincère. L'humanité des quatres hommes rejaillit.

Le deuxième set est dédié aux reprises. Classiques, comme "What a Wonderful World" à la sud-africaine et investie (Jason Warde au tenor). Sud-africaines, comme "Ithi Gui" de Johhny Dyani (aussi appelée "Appear" sur son album Afrika) ou "You ain't gonna know me cos' you think you know me"; morceaux jouées par le Brotherhood of breath de Chris Mc Gregor. Sans être certain, je crois avoir reconnu aussi "Ass Jive Boer" de Dyani. Quel plaisir, quelle joie d'entendre la salle entière entonnée les mélodies, d'abord chantées/vocalisées/onomatopées par le quartet !

Avant la fin, le chanteur anglais, fou un peu, Phil Minton fait une apparition dans le public pour l'accompagner dans ses vocalises. Puis moins de deux minutes après être arrivé, il part. On lisait dans ses yeux de l'émotion et de la joie qui disaient quelque chose comme: "That's what I needed tonight".

 

JG

 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 07:36

                 

                     ou ci-gît le CIJ (1984-2014)

 

 

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Par un communiqué publié sur son site le 23 avril 2014, l’Irma annonçait la suppression, pour raisons économiques, des trois piliers fondateurs de la structure, ADN de l’association, à savoir le Centre

Pascal Anquetil © JB Millot

d’information du jazz, le Centre d’information du rock et le Centre d’information des musiques traditionnelles : « Le conseil d’administration de l’Irma vient d’entériner l’arrêt de ses missions spécifiques aux esthétiques (centres d’information spécialisés) pour se concentrer sur ses services transversaux (formation, édition, ressources, outils en ligne). Cette restructuration économique affirme sa volonté de se positionner dans la réorganisation du dispositif d’intérêt général d’accompagnement de la filière ». En guise de remerciements pour le travail accompli par les centres d’info, le communiqué tenait quand même à préciser :

 « Unanimement, les membres du conseil ont tenu à saluer le travail réalisé par les responsables des centres d’information spécialisés et à indiquer combien ces missions ont participé à la structuration des différents secteurs des musiques actuelles. »

 

Conséquence première : le Centre d’Information du jazz ne fêtera pas son 30e anniversaire. Et à compter de fin mai 2014 n’existera plus

 

C’est en effet en janvier 1984 que le Jazz Action Paris Ile-de-France (qui répondait au drôle de sigle nasal de « Japif ») prenait le risque et le pari de créer, avec l’aide de la Direction de la Musique et de la Danse du Ministère de la Culture, le Centre d’Information du jazz. En un bel élan militant, cette association regroupait depuis 1982 des photographes (Horace), journalistes (Alex Dutilh, Franck Bergerot), musiciens (Didier Levallet, Sylvain Kassap, Jean-Jacques Birgé),  agents (Martine Palmé, Corinne Léonet) et autres acteurs passionnés qui souhaitaient en pleine effervescence jazzeuse faire bouger la cause des musiques improvisées à Paris et bien au-delà du seul cercle francilien. L’organisation en 1985 du « Salon européen du jazz »  (dont l’administrateur n’était autre que…Michel Orier) en est la preuve. Laurent Goddet, ancien rédacteur en chef de Jazz Hot, fut missionné par le Japif pour imaginer et animer, dans les locaux du Cenam, un centre d’information et de ressources dédié exclusivement aux acteurs et amateurs de jazz. Un an et demi après, suite à sa brutale disparition, on me passa le flambeau. Ce fut la chance de ma vie : transformer ma passion en profession et servir tous ceux qui comme moi aiment le jazz, tous les jazz.

 

En 1988, le Cij devint un département à part entière du Cenam. Cette « cenamisation » eut pour conséquence principale d’officialiser la structure et d’assurer par là la pérennité et l’avenir de sa mission. A la suite de la liquidation du Cenam, il y a 20 ans, en 1994, un autre anniversaire, le CIJ s’alliait au CIR et CIMT pour donner naissance à l’Irma. Cette fusion, pas évidente au départ, s’est révélée à l’usage très fructueuse et complémentaire. Exemple ? Le CIJ y a gagné un réseau très performant de correspondants en région. Il a aussi pu profiter du savoir faire éditorial du CIR pour la publication de guide-annuaires.

 

La clef du succès de l’Irma pendant 20 ans a résidé dans le partage œcuménique et intelligent d’une base de données commune que chaque centre d’information a pu nourrir et enrichir grâce à son propre réseau, sa propre histoire et ses propres acteurs. Loin de se fondre et de s’oublier dans le mélange indifférencié des « musiques actuelles », chacun des trois centres d’information a ainsi pu en toute liberté garder son autonomie et son identité propres aux musiques qu’ils représentaient avec passion.

Conclusion : « l’intérêt général » passe aussi et d’abord par l’intérêt particulier bien compris et professionnellement expertisé !

                                

                       Le guide-annuaire « Jazz de France »

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Qu’il paraît  loin le temps où toutes les fiches cartonnées du Centre d’information du jazz étaient rassemblées dans des boites en bois et consultées par des musiciens en herbe qui passaient des journées 51 rue Vivienne à recopier les coordonnées d’agents, labels, écoles, festivals de jazz. Beaucoup sont devenus aujourd’hui connus et amis. Depuis ces temps héroïques, la révolution informatique a heureusement triomphé.

A preuve, le succès éditorial de « Jazz de France ». Publication phare du CIJ, « Jazz de France » a vite trouvé sa « clientèle » (musiciens, agents, diffuseurs, journalistes, etc.) et s’est imposé comme un outil indispensable pour tous les acteurs du jazz en France. Depuis l’an 2000, grâce à sept éditions successives (une tous les deux ans), ce guide-annuaire a eu pour ambition de proposer la photographie la plus exacte du jazz en France.

 

Cela grâce à l’entretien quotidien et quasi obsessionnel d’une base de données qui aujourd’hui comprend 5900 fiches totalement réactualisées en mai 2014.

A savoir : 2800 fiches artistes et groupes, 57 collectifs. Mais aussi plus de 2000 fiches « Spectacle » dont 410 scènes de moins de 400 places, 390 salles de plus de 400 places, 300 associations, 611 festivals (un record !), 41 tremplins et concours et 178 agents et tourneurs.

Ce n’est pas tout. « « Jazz de France », c’est aussi 340 fiches « Media » dont 105 fiches « journalistes ». Dans la rubrique « Musique enregistrée », on recense aujourd’hui 240 fiches dont 170 labels indépendants et 22 distributeurs. Quant à la formation artistique, on dénombre aujourd’hui 245 écoles de musiques publiques ou privées qui dispensent, sous diverses formes, un enseignement de jazz.

L’anticipation d’un tel palmarès eut été inimaginable il y a 30 ans.

 

 « Jazz de France » avait (puisqu’il faut désormais employer l’imparfait !) pour objectif affirmé d’offrir une sorte d’état civil le plus à jour possible de la population des musiciens de jazz qui n’a cessé en l’espace de 30 ans d’augmenter de façon exponentielle  (500 en 1984, 5000 aujourd’hui ! combien demain ?). Soit, comme j’aime à le répéter, « un travail de fourmis pour recenser des cigales ».

Travail de Sisyphe, la réactualisation d’une base de données comme celle du CIJ est une œuvre sans fin. « Work in progress » devrions-nous dire. Comme sur le métier à tisser de Pénélope, le jazz se fait, se défait et se refait depuis ses origines sans discontinuer, son paysage ne cesse aussi de bouger et de s’enrichir de nouveaux acteurs. Des labels s’arrêtent, d’autres prennent le relais ;  des agents changent et des écoles éclosent ; des  clubs ferment, des festivals naissent ; des musiciens émergent, d’autres disparaissent ou abandonnent le « métier »…C’est la loi du genre.

 

Que va devenir, avec la disparition du Cij, cette base de données laissée brutalement en jachère ? Qui va l’enrichir et l’expertiser en repérant au détour d’un club, un tremplin, un festival, un concours ou une sortie de disque, les nouveaux acteurs du jazz en France ?

Le travail du CIJ était d’abord de faire gagner du temps à tous ceux qui cherchaient des informations indispensables (et jusqu’alors disséminées et éparpillées) pour s’accomplir dans leur parcours professionnel.

 

                                             CODA

 

C’est une évidence : le Centre d’information du jazz n’aurait jamais existé si en 1981 la DMD, sous la direction éclairée de Maurice Fleuret (dont on ne dira jamais l’importance qu’il a eu pour la reconnaissance et la « légitimation » des musiques improvisées dans notre pays), ne s’était pas dotée d’un nouveau service : la Division de l’Action Musicale.  « Cette décision d’une grande importance, écrivait alors Maurice Fleuret, traduit un changement profond dans l’histoire de l’administration culturelle en France. En effet, pour la DMD, toutes les formes d’expression musicale sont désormais égales en dignité…. ». Cette philosophie militante est-elle toujours d’actualité en 2014 ?

 

Pendant 30 ans, j’ai vécu des jours heureux à la tête de ce poste d’observation privilégié qu’était celui de responsable du CIJ. Parce qu’il autorisait et favorisait une proximité exceptionnelle avec tous les acteurs de la vie du jazz en France, dans une relation simple et directe dans laquelle les questions d’argent et de pouvoir n’étaient jamais engagées.

J’ai pu ainsi accompagner, dès leurs débuts, dans leur travail de structuration, les différentes fédérations qui aujourd’hui représentent les divers secteurs du monde du jazz. Ainsi les premières réunions fondatrices de l’Afijma ont eut lieu dans les locaux du Centre d’information du jazz, au Cenam, rue de l’Escot. J’ai aussi participé, dès sa création à Tours, à de nombreuses assemblées générales de la Fédération des scènes de jazz. Pour mémoire, je rappelle que les Allumés du jazz sont nés à la suite de l’opération « La Maison du jazz Made in France » que le Cenam a pu pendant cinq ans organiser au Midem, grâce à l’aide du Ministère de la culture, pour permettre aux labels de jazz indépendants de participer à ce marché international du disque et de l’édition musicale et de trouver une distribution hors de nos frontières. Aujourd’hui, en tant que président du Jazz Club de Dunkerque, je suis membre de la l’Association Jazzé Croisé (AJC), nouvelle mouture de l’Afijma. N’oublions pas que depuis de nombreuses années, en tant qu’administrateur, je participe aux destinées de l’Ajon afin de défendre la seule « institution » que le monde du jazz ait su en trois décennies se donner, à savoir l’Orchestre national de jazz.

Enfin (et c’est le titre de gloire dont je suis le plus fier) j’ai été, dès sa fondation au New Morning en 1992, élu par les musiciens, membre du conseil d’administration de l’Union des Musiciens de jazz (UMJ) pendant plus de quinze ans. C’est, à mes yeux, la meilleure preuve que le Cij était reconnu par ses principaux acteurs, à savoir les artistes, comme un outil utile et nécessaire. Ce n’est donc pas un hasard si c’est de la part des musiciens eux-mêmes que je reçois aujourd’hui le plus de témoignages de sympathie et de messages de désolation d’apprendre la fin soudaine du Cij.

 

J’abandonne aujourd’hui ma fonction d’« entremetteur du jazz » sans aigreur ni amertume, mais avec le vif et profond regret de ne même pas pouvoir transmettre le flambeau à un(e) jeune pour continuer cette mission que je crois toujours très utile à un milieu foisonnant, inventif, talentueux et généreux que je ne vais pas lâcher pas pour autant dans mon autre vie à venir. 

Keep on swinging !

 

Pascal Anquetil

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 15:04

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Je me doute que plus d'un d'entre vous se demande: "hmmm cafe OTO, qu'est ce donc?"

Qui plus est, où se situe ce café qui accueille Drake et Parker - aka la paire télépathique de la musique improvisée - en son antre !!

Pour lever le doute, ce n'est pas un nouveau lieu parisien ni le dernier club en vogue à Poulben en Morbihan. Le Cafe OTO se situe à Dalston dans le greater London à l'est de Camden (station Dalson Kingland de l'overground londonien). Tenu par un couple de japonais, il ressemble à plus d'un titre aux Instants Chavirés de Montreuil dans le 93 (dites "neuf-trois"). Déjà la programmation est "similaire": musiques libres et improvisées, free, en tout cas décalées (Eugène Chadbourne s'y est présenté il y a 15 jours avant son passage aux Instants fin avril).

Comme aux Instants, l'endroit a la particularité d'accueillir son public avec des tarifs bas (10£). Enfin, il semble profiter de l'aide de bénévoles ou apparentés et afficionados pour fonctionner dans l'interactif et convivial. Ce qui différencie le cafe OTO est que la salle est plus grande que celle des Instants et la bière au bar bien moins variée!

Ceci étant dit, le concert que je suis allé voir ce 7 mai a attiré beaucoup de monde. En France, on ne s'en étonnerait pas. En revanche, à Londres ville de choix pour la musique progressive, Drake et Parker sont assez mal connus - disons, moins bien qu'à Paris - mais suffisemment pour faire salle comble.

La paire Drake/Parker était accompagnée par le jeune saxophoniste américain John DIKEMAN qui réside à Amsterdam. Autant le dire tout de suite, j'ai trouvé ce soufflant au style rudimentaire et brut assez peu convaincant: fort criard, dans la veine du vénéré Ayler mais sans étincelle à mon goût mis à part un tremolo émouvant sur le dernier morceau du deuxième set. Mais il est assez compréhensible que le jeune homme est peiné à trouver les clés pour entrer dans la tête de la paire rythmique tellement Drake et Parker se côtoient msur scène depuis des décennies. Rendons grâce.

En revanche, la paire Drake/Parker a une fois de plus fait vibrer la salle déjà bien achalandée en fans ou amateurs avertis. Dikeman est plus accompagnateur que leader dans le trio. Pris dans son mouvement d'énergie, il passe à côté du dialogue de Drake et Parker. 

Côté amusant dans ce contexte, la paire Drake/Parker a usé de "trucs" pour accrocher et "plaire" à un public anglais qui ne les connait pas forcément: petite discussion rythmique à deux, groove lancé par Parker largement bonnifié par Drake... histoirede faire danser la tête plutôt que les jambes. Deux sets et trois morceaux: le premier dans la veine free improvisé sur le premier set d'une durée de 50 mn. Le deuxième set commence par un duo Drake (frame drum) / Parker (flute exotique) accompagné par Dikeman qui a su ranger son énergie et délicatement accompagné le duo. Pour le coup, ses interventions étaient de bonne augure. Le dernier morceau est, semble-t-il, "Ghosts" d'Ayler: Dikeman a pris son pied, nous aussi.

Le prochain concert au cafe OTO est Louis Moholo Moholo, le batteur sud-africain qui réside en Angleterre. Maybe, we wil catch him there.

See you

JG

 

John Dikeman, Onno Govaert playing Ghosts 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 08:30

Denis Colin (clb, cl,vc, arrgts), Ornette (vc, clv), Diane Sorel (choeurs), Antoine Berjeaut (tp, flgh), Julien Omé (g, choeurs),
Théo Girard (cb), François Merville (dms)


 


 


 


Le clarinettiste Denis Colin avait déjà présenté sur scène cet hommage à Nino Agostino Arthuro Maria Ferrari ( Nino Ferrer). Pour
ceux qui n'avaient pas eu la chance de le voir sur scène on attendait avec impatience cette version studio qui nous arrive aujourd'hui.


 


Le pari de cet hommage rendu par un jazzman à un chanteur des années yé-yé est totalement emballant ! convaincant !
enthousiasmant !


 


Denis Colin ne se prend pas la tête à aller chercher un matériau-prétexte pour composer écrire ou arranger. Pas du tout. Car ici
c'est un vrai hommage, une vraie déclaration d'amour au chanteur des années 60 qui habite Denis Colin depuis longtemps ( le père de Denis Colin et cleui de Nino Ferrer étaient copains ! ). Au
contraire, le clarinettiste aime la chanson et n'a de cesse que de la mettre en valeur en restant au plus près des mélodies d'origine et en chantant lui-même (quelle voix !) ou en invitant
Ornette non, pas Coleman ( faut pas charier quand même) mais une magnifique chanteuse que l'on découvre ici avec ravissement ( euh, son vrai nom c'est Betinna Kee et moi je peux vous dire je suis
totalement tombé sous son charme).


Tout y est ! Tout de ce qui fait l'univers de Nino Ferrer est là  mais différemment. Il n'est bien sûr pas
question d'imiter la voix de Nino avec sa gouaille et sa veine nerveuse. Mais, n'empêche tout y est. C'est drôle, c'est décalé, c'est émouvant, ça vous réveille les textes de Nino et sa poésie
admirable ( la Désabusion). Les arrangements sont terribles à l'image de The Gardenou de Metronomie. La voix douce d'Ornette donne une version totalement contrastée par rapport
à l'original. Mais il faut bien avouer qu'une imitation n'aurait été qu'une pale copie. Ici l'univers de Denis Colin est foisonnant et prend beaucoup de formes différentes : rock (sublime
Moby dick), Jazz ou blues ou encore même, et pourquoi pas un tantinet yé-yé comme sur ces Cornichons qui sonne comme un orchestre de l'époque. Ca joue à très haut niveau à l'instar d'un remarquable Antoine Berjeault ( on en a parlé à l'occasion de la sortie
de son album, Wasteland). Ou encore Denis Colin, maître de la clarinette basse qu'il marie à tous les climats musicaux dont l'association avec un Julien Omé sombre et rock à la guitare fait
merveille.


 


J'ai refermé cet album et j'ai ri, j'ai dansé, j'ai pleuré sur cette superbe version de la Rua
Madureira.


J'ai aussi eu une furieuse envie de redécouvrir l'Univers Nino.


Avec les magnifiques flottements capiteux de la clarinette de Denis Colin en tête.


 


A découvrir absolument !


 


Jean-Marc Gelin


 


 





 


 


 


en concert


le 3 juin à Paris - Studio de l'Ermitage


le 22 juillet à Rosporden (29) - Festival Global art


le 24 juillet aux Sables d'Olonne ( 85)


le 13 novembre à Epernay - Le Salmanzanar
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