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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 22:03

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Okeh 2014

Miguel Zenon (as), Lionel Loueké (g), Jeff Ballard (dms)

 jeff-ballard-trio.jpg

On a tellement d’admiration pour cet immense batteur qu’est Jeff Ballard, depuis peu sous nos contrées, que l’on aurait franchement aimé pouvoir nous enthousiasmer.

L’ex-batteur de Metheny, de Corea et surtout aujourd’hui de Brad Mehldau dont il constitue l’un des piliers indissociable du trio ne manque pas de forcer l’admiration de tous pas son jeu d’une incroyable finesse au drive d’une légéreté et dune aisance polyrythmique absolue. Il y a moins d’un mois nous nous étions emballés sur l’apport du batteur dans le dernier album d’Olivier Bogé.

Alors vous pensez, avec une affiche, comme celle qui réunit Loueké et Zenon, nous partions avec un à priori 100% acquis à la cause.

Et pourtant nous voilà bien obligés d’admettre que nous ne sortons pas toujours convaincus par la musique qui se dégage de cet album. Un album sans véritable nervure, sans véritable ligne directrice et qui semble parfois se chercher un peu à l'image de Mikavpola qui n'a pas réellement de direction et où Lionel Loueké semble un peu perdu sans trop savoir ce qu'il a à faire.  Pourtant dès que ce dernier affiche sa personnalité musicale, avec toute son africanité (Virgin forest), Miguel Zenon lui emboîte merveilleusement le pas avec toute sa latinité. Mais c'est alors Jeff Balard qui semble un peu à l’ouest ne parvenant pas vraiment à s’insérer entre les deux.

Bien sûr, bien sûr il y a le talent immense de Miguel Zenon .../... lire la suite....

 

Jean-Marc Gelin

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 20:32

 

Bill Carrothers

With Peg Carrothers, Matt Turner, Jean Marc Foltz, Nicolas Thys

And  CHOIR

www.visionfugitive.com

www.billcarrothers.com

  carrothers.bill_sundaymorning_w.png

Voilà  une nouvelle idée de Philippe Ghielmetti qui a vu le jour sur son label  Vision fugitive, profitant d’une longue complicité avec le pianiste Bill Carrothers. Reprenant une formation élargie qui nous fait souvenir du superbe Armistice 1918,  sorti  sur le label Sketch, le projet revient cette fois à la source, fouille et entreprend  comme une « psychanalyse musicale », explore les origines. Et pour les Américains, la source est souvent à l’église. Ce n’est pas de jouer du gospel ou du blues qui anime le pianiste du Midwest  (Minneapolis), même si le Mississipi est proche... Il cherche à s’emparer d’un répertoire traditionnel et à’en faire une musique de chambre, en utilisant  comme matérieu, les chants de l’église luthérienne de son enfance.

Pour celui qui s’appuie sur l’histoire de son pays depuis si longtemps, en puise force et  énergie communicative, voilà un exercice de style d’un genre nouveau, une façon d’aborder et d’intégrer les « Hymns et Church songs » à sa vision de l’ « americana » et ainsi de  la compléter aujourd’hui. Un «  story telling » continu qui englobe ce qui l’inspire, la vie de tous les jours, la famille et les grands espaces qui ne manquent pas autour de lui. Une tâche ardue mais enthousiasmante, plus encore que collective,  fraternelle sans tomber dans un communautarisme suspect et souvent dangereux.

Quelle meilleure idée que d’écouter ces chants, un dimanche dans l’entre deux, de Noël et Jour de l’An . Le chœur  fut enregistré à Minneapolis avec  des arrangements soignés, écrits par le pianiste pour l’occasion  comme on peut s’en faire une idée sur « A mighty fortress is our god », ou « Eternal father, strong to save ».  Quant à l’équipe resserrée  autour de lui, elle se  compose des « fidèles », de sa femme Peg, membre de la même chorale , le clarinettiste, l’ami français Jean Marc Foltz, le violoncelliste américain Matt Turner  et le contrebassiste belge Nicolas Thys.

Quelle que soit notre croyance, après les chants laïques de Noël, on peut puiser du réconfort dans cette musique pure, simple et si belle. Pas vraiment légère,  mais  lumineuse, en dépit d’une certaine mélancolie. La voix, par instant légèrement rauque de Peg entonne à la moitié de l’album,  très exactement, sur un rythme jazz « Just a closer walk with thee », et ce swing invité nous ferait presque chavirer de bonheur. Douceur enivrante de ce quintet  chambré à la bonne température. C’est encore Noël mais sur sa pente calme. Se dessaisir de ce souffle vital, le déposer en partage pour le voir renouvelé, avec toujours plus de vie et de musique partagées.  Est-ce se sentir reliés par cet appel à la vie, plus large, qui nous dépasse, nous garde debout, les yeux fixés vers d’autres ?  Le message teinté de spiritualité, sans tomber dans un mysticisme suspect, atteint son  but, quel que soit le degré de croyance. Cette circulation d’être que nous avons en commun,  avec la musique, cette fraternité des voix est- ce là, une forme de transcendance ? Le final boucle cette suite avec un rappel du premier thème emprunté à Bach et que l’on soit ou non athée, « Oh God, Our Help in Ages Past », cela fait sens.

 

Sophie Chambon

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 07:00

 

YOLK 2014

www.yolkrecords.com

John Hollenbeck (dms), Alban Darche ( ts), Sébastien Boisseau (cb), Samuel Blaser (tb)

 jass.png

Jass ! La référence est évidente : il pourrait s’agir d’un clin d’œil au premier enregistrement de l’original Dixieland Jass Band qui marqua en 1917 le premier enregistrement de l’histoire du jazz. Mais il s’agit ici avant tout de la superbe rencontre entre 4 musiciens au talent fou : J pour John Hollenbeck / A pour Alban Darche / S pour Sébastien Boisseau et S encore pour Samuel Blaser.

Le batteur américain John Hollenbeck et le tromboniste Samuel Blaser vivent tous les deux à Berlin où ils se sont rencontrés. Hollenbeck c’est notamment le maître d’oeuvre de ce formidable Claudia Quintet qui depuis plus de 10 ans réunit entre autres Drew Gress et Chris Speed. Blaser est pour sa part l’un des tromboniste les plus doués de sa génération. ll s’est distingué avec la jeune scène new-yorkaise ou encore avec Paul Motian mais aussi plus récemment aux côtés de Marc Ducret ( voir ici l’interview de SB par les DNJ). Alors forcément lorsque ces deux-là trouvent sur leur route les deux piliers hypra-talentueux du label Yolk que sont les Nantais Alban Darche et le contrebassiste Sébastien Boisseau, on sait que l’on peut s’attendre à une musique de très haute volée.

Et de fait ce quartet pianoless est énorme. L’énergie est ici à fleur de peau pour cette musique où l’écrit et l’improvisation se mêlent allègrement. La musique est tonale et atonale, rythmique et arythmique. On pense aux combinaisons à la Braxton par exemple. Il y est question d’une sorte de dynamique des échanges, de contre chant et d’espace aux contraintes libérées où cette musique ralentit, s'accélère, trouve des espaces puis les comble.

Deux associations majeures marquent l’album. Celle d’une du batteur John Hollenbeck aux reliefs subtils et prolixe à la fois, véritable inventeur de sons et de relances inattendues avec la puissance et la rondeur chantée d’un Sébastien Boisseau à la contrebasse. L’autre association est celle des soufflants tout aussi exceptionnels l’un que l’autre. Dans le cadre dessiné par Boisseau et Hollenbeck, qui délimitent un espace mobile, Blaser et Darche ont des allures de façonniers, dans cet art de pétrir ensemble la masse sonore. A force d’écoute et d’interaction. Samuel Blaser comme à son habitude y est juste gigantesque. Apportant le feulement furieux, la grogne râpeuse et l'explosion étincelante. Un tiers cabotin / un tiers  dramaturge / un tiers acteur de sa musique. Il faudra bien qu'un jour l’on se rende compte de l'importance en Europe de ce musicien exceptionnel ( No D).  Alban Darche quand à lui c’est toute l’histoire du sax ténor entre ses mains rappelée à sa modernité. Dans chacune de ses interventions une incroyable créativité toute en maîtrise. Avec Alban Darche c’est comme si la saxophone s’affranchissait de toutes les étiquettes stylistiques, jazz ou classique dans un syncrétisme de grande envergure.

Mais « Jass » c’est aussi le nom d’un jeu de cartes ancestral qui se pratique en Suisse entre quatre joueurs. Et ces quatre-là montrent qu’en musique un quartet c’est aussi une multiplication indéfinie de combinaisons possibles. Et que de ce chant des possibles arvient parfois à naître la surprise, qui se révèle à l’auditeur attentif très vite embarqué dans cette aventure aux constructions passionnantes.

Jean-Marc Gelin 

 

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 20:25

 

Christian Gaubert /André Ceccarelli/Jannick Top

+Thomas Savy

Cristal Records/ Harmonia Mundi

www.christian-gaubert.com 

www.lignesudtrio.com

www.cristalrecords.com

 gaubert-ceccarelli-top_lignesud_w.jpg

Beau palmarès que celui du pianiste Christian Gaubert, né en 1944 : 50 années d’écriture, d’arrangements dans la chanson (chef d’orchestre de Bécaud et Aznavour entre autres) et les musiques de films (plus de 150 partitions[i]). Cela fera peut-être reculer les « puristes » en jazz qui n’apprécient pas souvent les musiciens dits « de studio ». On y verrait plutôt la preuve d’un bel éclectisme et une raison supplémentaire pour écouter la musique de ce trio Ligne Sud. Car Gaubert se souvient qu’il aime aussi le jazz, tout comme ses copains : ses compositions sont rehaussées du savoir-faire du bassiste Jannick Top qui fit, un temps équipe avec Christian Vander et Magma, sans négliger de travailler lui aussi pour de nombreux artistes de variétés dont Michel Berger, Jacques Dutronc... Quant au troisième larron, ce n’est autre que le batteur niçois André Ceccarelli qui, lui aussi s’est illustré dans de nombreux styles, ayant rencontré Jannick Top en 1971 et formé un trio de fusion nommé TROC... Le clarinettiste saxophoniste Thomas Savy est le « jeune » invité que l’on ne présente plus, mais qui contribue par la grâce de son phrasé à la réussite de nombreuses pièces dont « Lumières citadines » . 

Ligne sud est revenu à Marseille - deux des trois membres sont en effet originaires de la cité phocéenne- lors de l’année « capitale ». Un concert fut donné en novembre dernier dans le cadre de l’opération Jazz sur la ville, labellisée MP 2013, à la Bibliothèque régionale à vocation multiple ( BMVR) l’Alcazar (partenaire incontournable du festival Jazz des cinq continents).

 Pas de nostalgie ni d’hommage particulier cependant dans cette musique d’une grande fluidité: profondeur veloutée du piano (« Bill Nostalgie »), drive énergique et continu. La lumière du sud (belle pochette monochrome) brille sans aveugler  comme dans « Un beau jour de novembre », tant il est vrai que c’est alors une des meilleures saisons à vivre dans le sud.

Il ya une réelle cohérence dans cet album qui s’écoute en tendant l’oreille, car, sous le chant feutré de ces mélodies, sous le style tranquillement voluptueux, s’impose un parti pris aussi simple qu’efficace, non dénué d’une certaine émotion.

A écouter chez soi entre amis, ce sera assurément un bon moment partagé.

Sophie Chambon



[i]  Dans sa discographie très riche, on relève  Une ville, une vie  chez Trema  et Les grands compositeurs français de musiques de filmschez Fremaux.

 

 

 

 

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 22:00

 

Disparu le 23 décembre à son domicile dans le Massachusetts à l’âge de 93 ans, Yusef Lateef aura marqué l’histoire du jazz en introduisant des mélodies africaines et orientales. Saxophoniste ténor, il se sera illustré également en jouant différents types de flute.


Né le 9 octobre 1920 à Chattanooga (Tennessee), William Huddleston fit ses débuts à Detroit sous le nom de William Evans et rejoignit à la fin des années 40 l'orchestre de Dizzy Gillespie. Converti à l'Islam, il prend le nom de Yusef Lateef et, après des études de composition et de flute se fait remarquer en 1961, en publiant deux albums, "Into Something" et "Eastern Sounds" (dont le célèbre "Love Theme from Spartacus").

Multi-instrumentiste (flûte, saxophone, hautbois, basson), Lateef ajoutera alors d’autres instruments employés en Asie et commence à enseigner. Ouvert à toutes les influences, soul- blues- funk, il obtient en 1987 le Grammy Award du "Meilleur album New Age" avec "Yusef Lateef's Little Symphony".

Compositeur d’une œuvre pour orchestre et quartet, "African American Epic Suite", sur le thème de l'esclavage aux Etats-Unis, Yusef Lateef va connaître un renouveau de popularité en France ces dernières années en tant qu’invité des frères Belmondo (Lionel, saxophoniste, et Stéphane, trompettiste) sur "Influence" (B-Flat Recordings / Discograph). Se produisant régulièrement sur les scènes françaises, il jouera notamment avec Archie Shepp (à la Cité de la Musique) et Ahmad Jamal (à l’Olympia en juin 2012).

Yusef Lateef avait obtenu en 2010 une consécration en recevant le National Endowment for the Arts Jazz Masters, distinction rare aux Etats-Unis.

 

Jean-Louis Lemarchand à l'occasion du concert qu'il avait donné avec Ahmad Jamad en juin 2012 l'avait rencontré.

 

yuseflateef-copie-1.jpg

 

 

Ils se sont connus dans les années 40 mais il aura fallu attendre 2011 pour que Yusef Lateef et Ahmad Jamal ne se retrouvent sur scène au festival de Marciac. Une rencontre de l’architecte des sons, pianiste brillant, et du saxophoniste-flûtiste porte-parole de la grande musique black afro-américaine qui s’est renouvelée le 27 juin à l’Olympia en baisser de rideau du festival Jazz à Saint-Germain des Prés-Paris.
Sobre, respectueux de son aîné, Ahmad Jamal aura contribué à cette demi-heure de grâce distillée par Yusef Lateef, au saxophone ténor (un peu), aux flûtes (beaucoup) et à la voix (surprenante, profonde) qui s’est achevée par un bouleversant « Trouble in Mind ». De belle facture, reprenant plusieurs titres de son dernier album (« Blue Moon »-Jazz Village-Harmonia Mundi), la prestation du quartet d’Ahmad Jamal (Reginald Veal, basse, Herlin Riley, batterie, Manolo Badrena, percussions) qui constituait l’essentiel du concert, en paraissait même (un comble) des plus classiques.
A la veille de ce concert unique, les deux sages du jazz ont fait quelques confidences aux Dernières Nouvelles du Jazz. Assis simplement sur des chaises, Yusef (91 ans) et Ahmad (82 le 2 juillet) se sont montrés attentifs et souriants tout au long de ce (trop) bref entretien.


DNJ : Pourquoi avoir attendu si longtemps pour jouer ensemble ? 
Ahmad Jamal : Nous avons été toujours été très occupés (rires), Yusef qui a beaucoup enseigné aux Etats-Unis mais aussi au Nigeria, et moi en jouant avec mes différents groupes. Cette idée de rencontre est venue de mon producteur Seydou Barry et s’est concrétisée au festival de Marciac l’an dernier.  Yusef est une légende. Je me suis préparé pour jouer avec lui. Je suis perfectionniste…. Et lui aussi.

 
DNJ : Quelle est la principale qualité de votre partenaire ?
Yusef Lateef : Ahmad est un musicien qui se remet toujours en cause. C’est très encourageant de jouer avec lui.
AJ : Yusef fait autorité dans chacun des instruments qu’il pratique. C’est un monument pour moi qui marque son époque par son jeu, ses compositions, son enseignement, sa philosophie. J’ai beaucoup de respect pour lui.


DNJ : Vous avez une longue carrière. Quel est le moteur de votre travail ?
YL : Plus je travaille sur des compositions, plus je fais des découvertes dans le monde des sons. Comme aimait à le dire Stravinski, il reste beaucoup plus à découvrir qu’il n’a été découvert jusqu’à présent.  La créativité, je pense, est la mère de l’invention.
AJ: Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, dit-on. Nous ne créons rien mais nous pouvons toujours découvrir quelque chose de nouveau. Chaque jour j’apprends quelque chose… même lors des interviews (rires).
YL : C’est la sagesse. Toujours chercher à savoir, du berceau au tombeau.

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©Photo Jean-Louis Lemarchand


DNJ : Vous jouez avec des musiciens d’une autre génération, avec une approche, une culture différente. Cela représente un défi pour vous ?
YL : Les jeunes musiciens aussi contribuent au développement du jazz. Depuis des décennies, les jazzmen jouent jour après jour, nuit après nuit. Le fruit de beaucoup d’efforts, de beaucoup de pratique. Les saxophonistes jouent le même instrument que Coleman Hawkins et Lester Young mais ils le font évoluer. Souvenez-vous aussi par exemple de ce que Fats Navarro et Dizzy Gillespie ont apporté à la trompette dans les années 40-50 !
AJ : Mon principal défi, ce ne sont pas les jeunes musiciens, c’est moi (rires). Si je peux relever mes propres défis, il n’y a pas de problèmes. Mais quand je me prépare, j’essaie de découvrir ce qu’il y a en moi. Je ne prends pas d’appels téléphoniques, je me concentre sur moi-même.


DNJ : Quelle est votre définition du jazz ?
YL : J’ai lu dans un magazine : le jazz c’est n’importe quoi, des fadaises ! Ces questions de définition sont toujours ambigües. Je parle de musique auto-physio-psychique. Pour moi c’est tout simplement  l’expression sous forme musicale de mon esprit, de mon cœur. Ce n’est pas le jazz, c’est la musique de l’homme.
AJ : Je suis d’accord à 100 %. Si vous devez vous demander en écoutant de la musique, est-ce que c’est du jazz, c’est sûr, ce n’est pas du jazz … (rires)


Propos recueillis par Jean-Louis Lemarchand


Ahmad Jamal est en concert cet été avec son trio à Orléans (29 juin), Montauban (3 juillet), Istres (9 juillet), Nice (11 juillet).
 


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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 16:50

 

Vijay Iyer  compositions (1-16),  piano, Fender Rhodes, programming and live electronics , Mike Ladd  (lyrics, 

lead vocals), Maurice Decaul  (lyrics, vc) , Lynn Hill  (lyrics, vc), Pamela  Z (vc), Guillermo E. Brown  (vc), Liberty Ellman  (guitar) Okkyung Lee  (vcle), Kassa Overall  (dms)

iyer-ladd.jpg 

Il y a dans Dreams in color ou dans Mess Hall une atmosphère fantomatique, faîte de récurrence de sons, de nappages sonores et de voix de slam parfois désincarnées ou au contraire remplies d'âme(s).  Cette vapeur onirique qui enveloppe les rêves de ces vétérans noirs américains est la matière première de cet album. Mike Ladd les a  interrogés : vous qui avez vécu les guerres d’Irak ou d’Afghanistan, de quoi sont fait vos rêves ? Il y a alors la voix de Lynn Hill et de Maurice Decaul (deux vétérans) qui, en parlé-chanté disent des textes forts sur leur expérience presque traumatique. Et de ces entretiens qu'ils ont eus avec le chanteur et poète Mike Ladd est résulté cet album étrange totalement iconoclaste de slam, de rap, de rock et de jazz à la fois.

Depuis 3 ans qu’ils travaillent ensemble, Vijay Yer et Mike Ladd se sont engagés dans plusieurs projets bâtis chaque fois autour de la parole et du témoignage de noirs américains anonymes. Aujourd’hui la parole est donnée (entre autres) à Lynn Hill, militaire basée à Las Vegas chargée de piloter des drônes américains bombardant l’Afghanistan ou à Maurice Decaul, poète noir ancien des Marines en Irak.

Et c’est de leurs récits qu’émerge parfois cette étrange douceur ( celle des rêves), cette obsession lancinante et fatalement, cette violence aussi. Les textes retranscrivant ces rêves sont parfois hallucinants mais aussi parfois incroyablement banals ou donnent matière à des poèmes superbes de Mike Ladd. Pour autant Vijay Yer et Mike Ladd n’avancent aucun jugement politique mais donnent force à ces témoignages toujours bouleversants. La musique est dense, palpable, au coeur de la chair et de l'âme. Car ce projet exprime autre chose que de la musique. La place est parfois prise par la parole, par la voix, par le rythme, par les nappes électriques, par le clavier et parfois par tout cela ensemble. A la fois les textes sont admirablement mis en valeur mais aussi mais ils laissent la place à la musique où le jazz s'exprime sous les doigts de cet admirable pianiste qu’est Vijay Iyer ( écouter sa puissance lyrique sur Requiem for an insomniac). Les arrangements sont exceptionnels et créent ainsi une sorte d’atmosphère réellement envoûtante et toujours d’une force émotionnelle rare ( Capacity)

Mais il est clair que cet album s’appréhende dans sa globalité et doit s'appréhender textes à la main au risque de passer totalement à côté. Distingué par l'Academie Charles Cros "Holding It Down" est une réflexion parfois effrayante, et une combinaison exaltante de poésie et de musique qui émerge de la guerre, du fantasme et du traumatisme dicible ou indicible.

Œuvre psychanalytique, œuvre fascinante, œuvre choc !

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 19:21

Label Pépin et Plume

www.pepinetplume.com 

Titre :

Sous-titre

Alban Darche  (alto and baritone saxophones, compositions, arrangements ), Nathalie Darche ( piano et claviers), Matthieu Donarier ( tenor et soprano saxophones), François Ripoche (tenor saxophone), Geoffroy Tamisier (trompette), Sébastien Boisseau ( contrebasse), Marie-Violaine Cadoret (violon), Christophe Lavergne (dms), Emmanuel Birault (dm)s, Anne Magouët (voice)

 

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Avec Pépin et Plume le nouveau label  qui fait pousser des projets pour qu’ils s’envolent,   le saxophoniste Alban Darche, à la tête du Gros Cube, et de sa  nouvelle déclinaison l’Orphicube, co-fondateur du label Yolk  s’attaque à la thématique de Noël. La saison s’y prête et le jazz occupe une grande place dans cette histoire, ayant toujours réussi la subtile manœuvre de transformer les traditionnels en standards. Ainsi Ella Fitzgerald a repris  « Rudolph the red-nosed reindeer », Louis Armstrong a habilement replacé Noël à Harlem ou à la Nouvelle Orleans. Comme ce temps particulier appartient à tous,  Alban Darche  n’a pas voulu laisser la part belle aux seuls Anglo-saxons, imbattables dans ce domaine. Il a parfaitement compris comment réinvestir Noël, se l’approprier avec des arrangements audacieux que servent formidablement  les instrumentistes, rehaussant d’un écrin précieux et nostalgique l’harmonie des voix (entre autre, celle de la soprano Anne Magouët).  C’est encore une histoire de famille,  avec  Nathalie Darche au piano, Joseph Darche sur « Douce nuit »,  les copains « Yolk »  Sébastien Boisseau, Mathieu Donarier, Geoffroy Tamisier, le clan au sens large avec  François Ripoche, Christophe Lavergne, Marie Violaine Cadoret...

Dans ce florilège, on peut se laisser bercer par les chants celtes comme le gallois « Nos Galan », retomber sous le charme de « Some day My Prince Will Come », retrouver le délicat  « Arabian Dance » d’après Casse-noisette.  On entend un très réussi « Away in a manger »,  une « Douce nuit » littéralement transfigurée par une utilisation intelligente des voix d’enfant et des chœurs.  Quant à l’irrésistible « Scrooge’s Xmas dance »,  c’est Dickens revisité par Tim Burton ou plutôt Danny Elfmann, le compositeur attitré du metteur en scène, et on se repasse des images de l’Etrange Noel de Mr Jack.

En écoutant ces chants habilement détournés, on accepte mieux de réentendre les incontournables  « Il est né », « Petit Papa Noel », « Vive le vent »  qui devient hypnotique et plutôt mélancolique.  Si « White Christmas »[i]  évoque irrésistiblement la belle voix de baryton du crooner  Bing Crosby (au prénom inoubliable et aux oreilles décollées), ce tube universel  est revisité finement en gardant cette nuance indéfinissable, qui peut faire monter les larmes aux yeux, en évoquant un temps révolu et le souvenir de ceux qui sont partis. En demi-teinte, malgré le tempo volontairement chaloupé, les souffleurs introduisent cet accord mineur.

 Noël, c’est la neige, le sapin, « rosebud », le traîneau et le père Noel avec ses rennes, le rouge et  le vert, « Jingle bells », « the turkey and the mistletoe » ( Nat King Cole in the « Christmas Song »), la famille, les retrouvailles et aussi le retour au foyer  avec «  I’ll be home for Chrismas », thème délicat qui clôt cet album.

Etrange mélange de chants connus, de souvenirs familiers et rassembleurs, d’émotions liées à l’enfance et à ce qui ne reviendra plus, avec les compositions personnelles du saxophoniste, cet album est une réussite brillante et troublante. Il existe aussi à ce qu’on me dit une version « box » personnalisée avec un conte de Franpi Barriaux.

On dépense beaucoup d’argent inutilement pendant les fêtes de fin d’année, voilà pourtant  ma  recommandation pour un cadeau musical à Noël.

Sophie Chambon



[i] Il faut dire que ce tube universel d’Irving Berlin créé en 1942  s’adressait particulièrement aux Gi’ s loin de leur foyer... La charge émotionnelle était très forte.

 

 

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 21:08

 

Contact : Kapitaine.phoenix@free.fr 

Produced by Kapitaine Phoenix collectif

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Etant passé à côté des deux premiers albums autoproduits de la chanteuse Marjolaine Reymond,  on découvre avec quelque surprise son travail considérable dans cet énigmatique To be an Aphrodite or not to be, « un oratorio autour de trois thèmes » : « A lover », « A dance », « A child ». On revisiterait donc la mythologie, la féminité dans cette fable moderne  au propos ambitieux ? Ce n’est pas pour casser le rêve mais pour lui donner corps que la poétesse Emily Dickinson est conviée à la rescousse : les filles doivent comprendre que les princesses et les robes à crinoline n’existent plus. Marjolaine Reymond déplie le principe de réalité avec imagination et peaufine un conte avec elfes et fées, mélangeant de nombreuses thématiques dans un « vortex » enivrant.  Il n’est pas facile d’entrer dans cette oeuvre compliquée plus encore que complexe. Entourée d’excellents musiciens, elle-même compositrice et actrice douée, auteur d’effets électroniques réussis, Marjolaine Reymond a monté cette architecture sonore, ce palais des vents ou des glaces,   cette série de 23 pièces, avec en annonce des trois parties des transitions récités par Linda Thiry, personnifiant la recluse Emily Dickinson qui inspire décidément nombre de nos chanteuses actuelles. Eclairant cet « univers fantasmagorique », les poèmes des contemporains  Kenneth Koch et Theodor Roethke complètent cette déambulation expérimentale, onirique,originale à coup sûr. 

La voix de soprano de Marjolaine Reymond  est souvent  rehaussée par les flûtes de Juliette Stolzemberg,  galvanisée par  le vibraphone de David Patrois,  portée par la batterie de Yann Jousseinsur le final, planant. Mais tous les musiciens  du groupe créent un environnement  idéal, que ce soit  le trompettiste Alain Vankenhove, les saxophonistes Christophe Monniot ou Julien Pontvianne.

 On se dit que la performance sur scène doit être bluffante, l’artiste semble ne rien s’interdire et évolue entre jazz, musique contemporaine, théâtre chanté, danse.... L’émotion n’est pas palpable immédiatement mais ce n’est sans doute pas l’objectif premier de la chanteuse   qui parvient à nous maintenir à distance. En écoutant le disque, on restera souvent (comme une statue) de marbre (mythologie et thématique obligent) mais indéniablement attiré par la réelle sophistication du projet, une certaine liberté plastiques, une radicalité inquiétante parfois. Où sommes-nous  quand nous écoutons cette musique, cette voix ? Dans un rêve éveillé, une hallucination, un opéra moderne ?  En tous les cas, cette musique inclassable peut se vite se révéler addictive.

 

 

Sophie Chambon

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 19:07

 

(1 CD + 1 DVD)

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© Vincent Gramain

 

En cette période de l’Avent, le gospel revient en force au cœur des églises et temples. Et aussi dans les bacs avec une reine du genre, bien connue du public français depuis trois décennies, Liz McComb. Fille de pasteur, native de Cleveland, voilà une mezzo soprano qui ne ménage ni ses sentiments ni son énergie sur scène.  La conviction n’est pas la moindre de ses qualités.  Son producteur dès ses débuts dans l’hexagone, Gérard Vacher, vient de lui offrir l’occasion de se surpasser encore davantage. Un retour sur les terres américaines permet à Liz de donner le meilleur d’elle-même grâce à des séances réalisées à New York, Detroit, La Nouvelle Orléans, et une escapade au berceau du reggae, Kingston (Jamaïque).

Présents avec générosité, les cuivres (saxos, tubas…) avec entre autres James Carter, Donald Harrison, ou encore Kirk Joseph, mettent en valeur la fougue naturelle de Liz McComb. Quant au répertoire, il fait une large place aux grands classiques devant l’éternel – Go Down Moses, Joshua Fit The Battle of Jericho, Down By The Riverside- même si nous avons personnellement un faible pour une composition de la chanteuse-pianiste, Give It Up, présentée ici dans une atmosphère reggae, où les steel drums s’en donnent à cœur joie.  Une captation d’un concert –à Corbeil- présentée dans un DVD, complète cet ensemble qui touche au cœur. Hallelujah !

Jean-Louis Lemarchand

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© Vincent Gramain

 

 

 

 

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 07:11

 

Retrouvez l'interview exclusive donnée par Sonny Rollins à Alex Dutilh

sur sur OPEN JAZZ, tous les jours de la semaine de 18 à 19h ou en podcast.

 

Sonny Rollins particulièrement disert, reviens sur les grandes étapes de sa carrière.

A ne pas manquer

 

 

ici : les émisssions à venir

 

 

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