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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 23:00

 

Antonio Sanchez (batterie, composition), Vince Mendoza (arrangements, direction d'orchestre)

WDR Big Band : Johan Hörlen (saxophones alto et soprano), Karolina Strassmayer, Pascal Bartoszak (saxophones altos), Olivier Peters & Paul Heller (saxophones ténors), Jens Neufang (saxophone baryton), Wim Both, Rob Bruynen, Andy Haderer, Ruud Breuls, John Marshall, Tom Walsh, Rüdiger Baldauf, Lorenzo Ludemann, Martin Reuthner, Jan Schneider (trompettes), Ludwig Nuss, Shanon Barnett, Andy Hunter (trombones), Mattis Cederberg (trombone basse), Paul Shigihara (guitare), John Goldsby (contrebasse), Omer Klein (piano)

Cologne, 5-10 décembre 2016

CamJazz CAMJ7922-2 / Harmonia Mundi

 

Comme sa consœur de Hambourg (NDR : Norddeutscher Rundfuk) , la radio-télévision de Cologne (WDR : Westdeutscher Rundfunk) dispose d'un très bon big band permanent. D'autres organismes de radiodiffusion des länder allemands conservent encore ce privilège, mais WDR et NDR ont la politique la plus active et la plus ambitieuse. L'invité du WDR Big Band est cette fois le batteur Antonio Sanchez, qui apporte des compositions issues de ses disque précédents («The Meridian Suite», «Three Times Three», «New Life») et en confie l'arrangement à Vince Mendoza. Si j'ai parfois été réservé sur le travail de cet arrangeur quand il ajoute des cordes (assez académiques) à l'orchestre de jazz, j'adore les couleurs qu'il déploie avec la nomenclature d'un orchestre de jazz. Et là, franchement, je suis comblé. Les thèmes sont plus qu'exploités : magnifiés. Et les nombreux très bon solistes de l'orchestre (Johan Hörlen, Ruud Breuls, Paul Heller, John Marshall, Andy Hunter....) trouvent à s'exprimer dans des formes très soignées, voire sophistiquées. Le batteur est aussi présent comme soliste, mais s'il n'envahit pas les plages, la qualité (et la spatialisation) de la prise de son lui confèrent une présence intime, au cœur du sujet. Un panoramique large et contrasté met en relief les différentes sections de l'orchestre (avec parfois un brin d'ostentation, mais quel beau travail). Vivement recommandé donc aux amateurs de big band, de beaux arrangements, de batterie, de bons solistes, de belle prise de son, et plus largement.... aux amateurs de jazz : ça fait du monde !

Xavier Prévost

 

Des extraits sur le site de CamJazz

http://www.camjazz.com/home/8052405142993-channels-of-energy-cd.html

 


 

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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 22:18

Baptiste Herbin saxophone alto et soprano, Eduardo Farias, piano, Daryl Hall, basse, Ali Jackson, batterie. Studio Palissy, Beaumont (63110), 23 octobre 2017. Space Time Records/Socadisc.

 

J’avais failli oublier le dernier album de Baptiste Herbin. Négligence coupable. En le choisissant comme disque de la semaine (du 21 au 27 mai), Fip vient me rappeler à l’ordre. Le saxophoniste (alto et soprano) confirme tous les espoirs placés en lui dès ses débuts ne serait-ce que par Aldo Romano. Au sein du quatuor de saxophones Fireworks (avec Jean-Charles Richard, Vincent David et Stéphane Guillaume) il démontre son ample connaissance de l’instrument (cf notre compte-rendu du 3 février 2018). En leader, Baptiste Herbin révèle non seulement sa fougue mais aussi son ouverture d’esprit. Julian « Cannonball » Adderley reste l’un de ses maîtres et il le manifeste, « pied au plancher », dans « For Julian », titre ouvrant Dreams and Connections. L’esprit du be-bop tendance hard bop est bien là dans ses compositions -7 sur les 10 morceaux de l’album- et plus spécialement dans Dreams and Connections. Mais Baptiste Herbin fait une incursion dans la musique classique (Poor Butterfly, de Hubbell-Puccini) et, innovation, la brésilienne (Confusao Geral, Um a zero). Fréquentant régulièrement la scène brésilienne, où il a effectué une récente tournée, le saxophoniste y a détecté un pianiste, Eduardo Farias, révélation de cet album et du concert de lancement le 4 avril dernier au New Morning. La rythmique –Daryl Hall, basse, et Ali Jackson, batterie- apporte une base vive et souple à ce quartet qui propose un des albums les plus revigorants (et les plus concentrés, moins de 50 minutes) de ce premier semestre.
Jean-Louis Lemarchand
Prochains concerts de Baptiste Herbin : en juin : 3 et 10 à Moscou avec son quartet, 16 à Paris au Duc des Lombards au sein du quintet de Pierre Marcus, 22 à Marseille dans le Robin McKelle Band ; 23 à Versailles, en duo avec Sylvain Beuf.

 

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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 09:15

 

Philippe Mouratoglou (guitares acoustiques), Bruno Chevillon (contrebasse), Ramon Lopez (batterie)

Pernes-les-Fontaines, novembre 2017

Vision Fugitive VF 313015 / l'autre distribution

 

La première minute de la première plage ressemble au début d'une improvisation libre fondée sur l'écoute et l'interaction. Mais bien vite la composition se dévoile, et pourtant le dialogue tendu et attentif, comme dans la musique improvisée, semble toujours prévaloir, ou tout au moins conserver ses pleins droits. Dialogue tendu, empathique mais pas emphatique, tant il est vrai qu'en art (tous les arts, pas seulement plastiques, mais aussi la musique, la littérature, la grande cuisine ou l'équitation de haute école....), en art donc la tension est génératrice de ce mouvement par quoi la sensation, ou le 'sentiment esthétique', surviennent. La tension est souvent associée à la détente dans bien des théories esthétiques, qu'il s'agisse de jazz (pour élucider laborieusement le swing) ou de tout autre domaine (la tension provoquée par les dissonances olfactives et gustatives peut être un sommet de l'art culinaire). Et dans la musique au sens large, une tension sans réelle résolution peut produire une véritable jouissance esthétique, quand une franche et nette résolution provoquerait un simple plaisir. Ce trio, dans son fonctionnement libertaire et totalement maîtrisé tout à la fois, nous transporte dans cet espace d'incertitude, où la musique n'est jamais prévisible, et pourtant toujours exactement pertinente. Ce pourrait être un climat folky, une ballade irlandaise ou un standard mélancolique, mais l'intensité gronde et veille. Des plages courtes alternent avec des développements plus étendus, cependant la musique ne nous lâche pas, elle nous tient captifs. Même si les compositions sont de la plume du guitariste, la musique est constamment collective, à un degré qui tutoie l'absolu. Viennent, successivement : un hommage d'une sombre beauté au chanteur Scott Walker, États-unien qui a choisi l'Angleterre, et qui bien que méconnu, a marqué la pop music tout en reprenant Brel comme personne ; puis une reprise de Lonely Woman d'Ornette Coleman, thème lentement disséqué avec une intensité plus qu'humaine. Et le disque se poursuit, pour deux plages encore, jusqu'à la clôture d'un ensemble que je qualifierai, sans réserve, d'une sidérante beauté.

Xavier Prévost

 

Le trio sera en concert le 24 mai au Festival 'Jazz in Arles' et le 14 juin à Paris au Studio de l'Ermitage

 

Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=5tm8n1zT0_I&feature=youtu.be

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 17:33

 

Dexter Goldberg (piano), Bertrand Beruard (contrebasse), Kevin Lucchetti (batterie)

Malakoff, 27-29 octobre 2017

jazz&people  JPCD 818004 / PIAS

 

Choisir pour son premier CD un graphisme, et une couleur, qui rappellent « Swingin' Affair » de Dexter Gordon (Blue Note, 1962), ce pourrait être abusif. Ce n'est pas le cas, même quand on est pianiste, si l'on se prénomme Dexter.... et que l'on est fils de saxophoniste. Mais l'allusion s'arrête là, sauf à considérer qu'il s'agit aussi d'une revendication de jazzman. Je ne fais évidemment pas allusion au 'vrai jazz' revendiqué par une vieille garde, mais plutôt à une manière d'être, de s'investir dans la musique, dans son caractère collectif, dans le goût de la pulsation, du groove, de la liberté qui permet de s'évader, plusieurs fois au cours de la même plage, du cadre que l'on aurait pu postuler comme immuable. Dexter Goldberg aurait pu se précipiter, dès sa sortie du département de jazz du Conservatoire (national et supérieur) de Paris, pour graver un premier CD. Il a, judicieusement, fait un autre choix, celui de la maturation. Son langage, et son trio, sont parvenus à une certaine maturité, laquelle justifiait pleinement l'enregistrement d'un premier opus. Venu assez tard au piano, mais précocement au jazz, il aborde cette musique par le vif du sujet, qu'il s'agisse d'une ballade mélancolique ou d'un thème à l'impulsion rythmique très affirmée. Dans ce dernier cas, il ne dédaigne pas, au détour d'une barre de mesure, de changer de tempo, voire de bifurquer provisoirement vers un autre sentier thématique. Un jazz libre en somme, même s'il s'inscrit dans un relatif classicisme, celui qui prospéra des années 50 à 70 pour trouver encore aujourd'hui tout son sens. On perçoit, au fil du disque, un goût de la scénarisation et de la segmentation qui rappelle un peu ce que pratiquait Ahmad Jamal dès les années 50, et encore aujourd'hui (parfois chez Jamal jusqu'à saturation....). Chez Dexter Goldberg, le choix de compositions originales, à l'exclusion de tout standard, paraît judicieux, et assumé. On peut, surtout pour un premier disque en leader, raisonner différemment et considérer qu'un ou deux standards seraient un (examen de) passage obligé, façon de valider sa légitimité à l'aune des références existantes. Mais ce qui paraît vraiment légitime, c'est peut-être de s'affranchir d'un quelconque adoubement pour suivre le conseil de René Char «Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque» ; et en paraphrasant le poète on ajoutera.... à t'écouter ils s'habitueront ; et même ils en redemanderont !

Xavier Prévost

 

Le trio est en concert le 17 mai 2018 au Prisme d'Élancourt (Yvelines), le 18 à Paris au Sunside, et le19 à Saint-Gillles-Croix-de-Vie (Vendée), au festival Saint Jazz sur Vie

 

Sur Youtube le clip Waves of Sand

https://www.youtube.com/watch?v=TddVFFD3agM

 

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 08:02

GUILLAUME CHERPITEL : « Choc »
Autoprod
http://guillaume-cherpitel.com/discographie/

Guillaume Cherpitel (p), Alexandre Ambroziak  (dms), Jean-Luc Déat / Contrebasse


Guillaume Cherpitel est un jeune pianiste de Metz encore très peu connu à Paris. Nous l’avions pourtant remarqué lors de son précédent album (http://lesdnj.over-blog.com/article-guillaume-cherpitel-cercles-et-variations-47116602.html) paru en 2010 qui avait alors fait une forte impression par la maturité qu’il dégageait, déjà.
Je n’ai donc pas hésité un seconde en recevant ce nouvel opus, impatient de découvrir si la promesse d’un nouveau talent du jazz allait être tenue. Et le moins que l’on puisse dire c’est que Guillaume Cherpitel franchit encore une nouvelle étape. Car disons-le tout net, cet album est un petit bijou ! Une pépite !
Celui qui fut honoré du 1er prix de soliste lors d’un concours de jazz, s’y montre en effet exceptionnel dans au moins trois registres : l’interprétation; l’improvisation et les compositions (qu’il signe pour toutes les plages de cet album). En entendant la richesse de son jeu et de ses propositions, en entendant ce qu’il parvient à créer en trio je pense à certains illustres de ses prédécesseurs et notamment à Jean-Michel Pilc. Car c’est vrai qu’il s’en dégage une maîtrise hallucinante des harmonies entre lesquelles Guillaume Cherpitel  se ballade avec un brio jamais ostentatoire. Le naturel qu’il nous faut pour parler, lui l’a au bout de ses doigts explorant toutes les possibilités du piano avec une agilité déconcertante. Passant de thèmes atonaux à un groove toujours élégant et un swing qui coule de source, mêlant des références au jazz mais aussi à un certain classicisme dans une combinaison parfaite.

Guilllaume Cherpitel a côtoyé quelques maîtres contemporains comme Omar Sosa ou Bojan Z. J’aurai aussi juré qu’il avait dû allumer quelques cierges en écoutant dévotement Alain Jean-Marie tant sa classe chaloupée évoque parfois le maestro.
Car c’est cela en fait, quelque chose d’indéfinissable mais qui fait que Guillaume Cheptel exhale le jazz comme une forme d’incarnation.

Seule (toute) petite ombre au tableau : celle qu’évoquait Bill Evans lorsqu’il évoquait ses relations difficiles avec les  batteurs de trio. Car en l’occurrence c’est là où le bât blesse un peu, le batteur n’étant pas au diapason du trio, avec une sonorité par trop métallique et une expressivité qui aurait mérité plus d’effacement. Sans quoi l’Album eût été d’une rare perfection.

IL Y A URGENCE À DECOUVRIR GUILLAUME CHERPITEL.
On l’exhorte : «jeune homme, faîtes vous découvrir ! », on l’encourage « Dévoilez-vous auprès des journalistes, des programmateurs et de tout ceux qui aiment le jazz », et l’on interpelle toute la profession : Guillaume Cherpitel a de l’or au bout de ses doigts.
Jean-Marc Gelin

 

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 18:22
BEAT GAMES     HUTMAN/BERTAUX/RABESON

Beat Games

Olivier Hutman/Marc Bertaux/Tony Rabeson

Cristal Records/ Sony Music entertainment

Sortie le 11 mai 2018 et concert le mardi 12 juin au Studio de l'Ermitage, Paris (20ème)

 

C'est à la reformation d'un trio historique des années 80 que l'on assiste avec ce Beat Games où se retrouvent Olivier Hutman (piano, synthé, fender), compositeur de la plupart des titres, Marc Bertaux (guitare basse) et Tony Rabeson (batterie). Il y a quelque chose de familier, qui convoque la nostalgie, dès les premières mesures de ce "Music to my ears", la mémoire d'un jazz fusion.

Avec une grande fluidité, le trio s'abandonne à la mélodie (oasis intimiste de "Doris") avec un groove qui entraîne irrésistiblement dans son sillage. En complète interaction, les trois complices travaillent à l'impulsion, sous l'excitation d'une rythmique très efficace. Un "Horizon opening" vitaminé, une partition musicale effervescente avec le soutien rebondissant de Tony Rabeson que l'on est heureux de retrouver. Une nouvelle fusion qui briderait ses passions? Pas vraiment avec le très syncopé "As if nothing" aux brusques césures. Une incursion bienvenue dans le klezmerland avec " The Ahava Raba Step".

Une musique techniquement parfaite qui laisse transparaître une énergie constamment canalisée. Une simplicité apparente, une authentique déclaration d'amour à un style de musique, certes marqué, mais qui ira toujours droit au coeur des amoureux du genre, qui apprécieront ces retrouvailles.

NB: et une jolie pépite des mêmes en 1984 sur la vidéo ci-dessous ....

Sophie Chambon

 

 

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 14:12

 

Christophe Monniot (saxophones sopranino & alto, composition, direction artistique), Sylvie Gasteau (sonographie, livret, direction artistique), Roberto Negro (piano), Adrien Chennebault (batterie, direction artistique), Valentin Ceccaldi (violoncelle, horizoncelle, percussions), Florian Satche  (batterie, percussions), Guillaume Aknine  (guitare électrique),  Jean-Baptiste Lacou (trombone),  Gabriel Lemaire (saxophones alto & baryton), Quentin Biardeau (saxophones soprano & ténor), Alexis Persigan (trombone), Alan Regardin (trompette), Yoann Loustalot (trompette, bugle), et les voix de Bernard Vaisbrot, Louis Moutin, Stéphane Douady, le petit François (interrogé par Marguerite Duras), Jean Le Gall, Roberto Negro, Michel Richard, Marco Stroppa

Meung-sur-Loire, 27-30 décembre 2015

Ayler Records / http://www.ayler.com/

 

Un rêve d'Art Total, rêve en grande partie réalisé. Une suite inspirée par les vibrations qui triomphent des murailles de Jéricho, et qui mêle des textes bibliques (Le Livre de Josué , en hébreu et en français, par une mise en miroir décalée), des poèmes d'Avrom Sutzkever (en mixage français-yiddish), et l'Ultima intervista de Pasolini, en version bilingue ; sans oublier des conversations sur les résonances et les bruits du monde. Et surtout la musique, qui puise aux multiples sources du vingtième siècle (jazz, rock, musiques contemporaine et électro-acoustique....). Une musique qui ressemble à son compositeur, musique ouverte, sans œillères, où cohabitent l'excès, l'euphorie, le recueillement, l'intensité, et la riche sophistication de l'harmonie autant que la simplicité foncière de l'émission sonore. Et une musique qui, jazz oblige, met en relief ses improvisateurs (Christophe Monniot lui-même, Guillaume Aknine, Roberto Negro.... et tous les autres). Bref un objet curieux, qui comble notre curiosité par son inventivité, son caractère divergent et sa singularité hardie. Plus que d'un 'album concept', selon l'expression usitée en pareil cas, on pourrait parler d' œuvre conçue, et réellement enfantée. Sans doute par l'intervention de Sylvie Gasteau qui procède de cet univers, un objet sonore qui se promène entre la fiction radiophonique et le hörspiel, à découvrir d'urgence, avec l'ouverture d'esprit -et d'oreilles- qui s'imposent.

Xavier Prévost

 

Le groupe donnera ce programme en concert le 14 mai à Paris, au Studio de l'Ermitage.

 

Un avant-ouïr sur le site du label

http://www.ayler.com/christophe-monniot-jericho-sinfonia.html

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 17:46

 

Vincent Tortiller (batterie), Alexandre Hérichon (trompette), Antonin Fresson (guitare), Joran Cariou (claviers), Samuel F'Hima (contrebasse), Lucile Chriqui & Cynthia Abraham (voix)

Paris, 17-18 novembre 2017

Label MCO / Believe

 

Dans un univers qui oscille entre le rock progressif (harmonies sinueuses, pulsation rock, recherche d'un son instrumental un peu différent), la bonne vieille fusion des années 70-80, le jazz bien sûr, et une certaine voie de la pop sophistiquée, c'est un disque d'époque, qui ressemble aux jeunes musiciens qui le créent. Les compositions sont signée par Vincent Tortiller, parfois en collaboration avec ses partenaires, mais ce n'est pas pour autant un disque de batteur, où le drumming s'imposerait de manière hégémonique. Les solistes ont pour s'exprimer une place de choix : le guitariste (la touche 'fusion 70-80') s'y fait entendre, le trompettiste aussi (avec ici ou là un timbre de bugle), plus véhément parfois, et les claviers sont plus discrets en matière de solo, mais très actifs dans l'installation des climats. Le piano électrique et la contrebasse ont un beau terrain de jeu dans Lili Bois et Les briques où la voix, absente d'une bonne partie du disque, apparaît comme une couleur instrumentale, dans un espace discrètement rehaussé par des ambiances sonores aux couleurs de jeux d'enfants. La batterie n'envahit pas le mixage (très soigné), mais elle gronde en permanence, dans le soubassement, d'une énergie tellurique qui porte assurément le groupe. Et après un thème, tRAfalgar, qui synthétise assez bien les composantes du projet, la dernière plage, kODamA (featuring Lucile Chriqui), qui mélange voix claire et sons étranges, offre un horizon de musique du monde. En résumé le disque apparaît comme une belle synthèse de l'univers multiforme où évoluent ces jeunes musicien(ne)s qui circulent librement entre le jazz et ses entours.

Xavier Prévost

 

Le groupe jouera le samedi 12 mai au festival 'Jazz sous les pommiers' de Coutances (Magic Mirrors, 13h30) , et le 30 mai à Paris (La Petite Halle, 20h30)

 

Sur Youtube

tRAfalgar : https://www.youtube.com/watch?v=BjS95lE_QKE

et

kODamA  : https://www.youtube.com/watch?v=9YgpYqXEBd8

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 13:51

 

GUILLAUME de CHASSY – CHRISTOPHE MARGUET with ANDY SHEPPARD «Letters to Marlene»

Guillaume de Chassy (piano), Christophe Marguet (batterie), Andy Sheppard (saxophones ténor & soprano)

Pernes-les-Fontaines, janvier 2018

NoMad Music NMM 050 / PIAS

 

Trois ans après l'enregistrement de «Shakespeare Songs» (avec Kristin Scott Thomas comme récitante), le trio récidive, en choisissant pour inspiratrice Marlene Dietrich. Le destin hors-norme de cette actrice, son engagement et sa personnalité offrent bien des pistes à l'imaginaire musical. Le disque commence par une version très très inédite de l'inoxydable Lili Marleen, dans laquelle le saxophone se lance dans une improvisation tandis que le piano, en léger retrait et après plus de trente secondes, offre en contrechant/contrechamp la mélodie, sur un foisonnement de batterie qui donne à l'ensemble sa tension d'émoi. Vient ensuite une composition du pianiste qui prend les teintes d'Images de Debussy, avant de bifurquer tout jazz. Puis une composition du batteur, inspirée par l'arrivée de Marlene aux USA, en 1930, avec le réalisateur de L'Ange Bleu : le jazz, comme affirmation rythmique. Thème du pianiste à nouveau, évocation ferme, et mélancolique, du combat pacifiste de l'héroïque citoyenne du Monde. Et le disque poursuit, de plage en plage, sa riche cohérence musicale, évoquant aussi bien l'icône vénérée par les Alliés que la femme amoureuse de Gabin, la nostalgie de l'Allemagne natale, sans oublier la chanson de L'Ange Bleu qui la rendit célèbre, ou sa solitude cloîtrée près de la Seine pendant les dernières années de sa vie.... Et tout cela sans sombrer jamais dans les travers de la musique à programme. Un très bel hommage, et une vraie réussite artistique....

Xavier Prévost

 

Le trio jouera le 9 mai à Coutances (Jazz sous les pommiers, concert en direct sur France Musique à partir de 18h), l e 23 mai au festival 'Jazz in Arles', le 24 à Fontenay-sous-Bois (Le Comptoir), le 26 à Lurs (Alpes-de-Haute-Provence, à l'Osons Jazz Club), puis du 31 mai au 2 juin au Jazz Club de Dunkerque, et le 22 août au festival Jazz Campus de Cluny.

 

Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?3&v=yYqtFPdkNKQ

 

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 10:17
Orchestre National de Jazz     Concert anniversaire   30 ans La Villette

 

Orchestre National de Jazz

Concert anniversaire des 30 ans à la Cité de la musique (Festival de Jazz à la Villette) 2 septembre 2016.

Coffret CD et DVD édition de luxe (disponible dès le 27 avril 2018)

ONJ records/ L'autre Distribution

Captation son RADIO FRANCE

Captation video Oleo

Onze grands orchestres au format variable entre dix et vingt six musiciens (pour seulement dix chefs dont un Italien, Paolo Damiani) ont vécu cette formidable traversée chronologique du jazz en France depuis François Jeanneau qui inaugura l'outil ONJ (http://www.onj.org), en 1986 au théâtre des Champs Elysées jusqu'au petit dernier, Olivier Benoît (2014-2018).

Quelques remarques préliminaires: l' ONJ de François Jeanneau a vraiment essuyé les plâtres avec une seul année de mandat, certains orchestres ont duré deux ans, les autres trois ; Daniel Yvinec, devenu le premier directeur artistique d'une formule renouvellée est resté cinq ans et Olivier Benoît, l'actuel titulaire, quatre ans. Claude Barthélémy est le seul à avoir eu deux mandats à différentes époques (1989-1991) et (2002-2005).

L'ONJ, subventionné par le ministère de la culture pour diffuser du jazz contemporain est le seul exemple de ce type en Europe, un outil de travail unique pour chaque génération qui monte.

La musique "passionne" le temps, l'aventure devient esthétique mais on ne prend pas toujours suffisamment en compte les risques encourus par chaque orchestre. Le chef ou D.A qui change régulièrement pour éviter la routine, est "responsable" du casting, du programme et de la ligne artistique. Autant dire que l'ONJ en a vu et entendu de toutes les couleurs : un formidable laboratoire expérimental, une machine trop onéreuse, l'arbre qui cache la forêt des autres grands formats, le tremplin idéal pour de nouveaux talents, un tableau idéal du jazz à un moment M...

Si cette institution est encore là et en pleine forme, continuant vaillamment à tracer sa route, après trois décennies d'existence, elle donne la possibilité aux musiciens, même de façon éphémère, de jouer comme dans un véritable orchestre (classique), dans la continuité. Comment ne pas y être favorable si elle légitime toutes les formes de jazz, cette musique des lisières, qu'elle met à égalité avec les autres grandes formes instituées? "Et que reste-t-il d'un orchestre quand il n'existe plus", se demandait déjà Vincent Bessières, pour les vingt ans de l'ONJ? La réponse nous est fournie en partie par ce coffret CD/DVD, restituant la mémoire de ceux qui ont vécu au sein de ces formations, qui ont entendu ces ONJ en leur temps, dans leur jus, et nos impressions, à nous qui écoutons et regardons cette restitution actuelle. Le principe et l'essence même du jazz.

Pour l'anniversaire de ces trente ans, l'ONJ a frappé fort avec un concert exceptionnel en deux parties, le 2 septembre 2006, lors du festival de jazz de la Villette, à la Philharmonie de Paris.

Après une première partie réservée à l'ONJ Benoît dans son programme Europa Berlin, il fut demandé aux chefs qui l'ont précédé de choisir une composition de leur répertoire et de venir la présenter avec l'ONJ actuel. C'est un peu court en somme, pour se faire à l'empreinte de chaque ONJ mais comment rendre trente ans en une seule soirée, aussi longue soit-elle? Cette compilation chic  compose un répertoire sensationnel, un instantané de la réalité plurielle des jazz, actualisés puisque joués par les musiciens du dernier ONJ. Des univers personnels, des projets vraiment originaux repris par des instrumentistes qui réinventent ces musiques. Les titres s'emboîtent comme dans un kaleïdoscope : s'il fallait en garder quelques-uns plus significatifs (difficile de choisir), on citerait les vocalises inouïes d'Elise Caron sur cet "à plus tard" à la dramaturgie marquée qui commençait le disque de l'ONJ Badault en 1991, le fascinant "Desert" d'Antoine Hervé, le "in tempo" de Laurent Cugny, le mélodieux "Argentiera" de Paolo Damiani, la surprenante "Valse 2" de Franck Tortiller qui carbure à mille temps.... 

On peut d'abord entendre le CD et ensuite se passer le DVD, réalisé par Josselin Carré, épatant! Il permet évidemment, après la présentation de chaque numéro par Arnaud Merlin de mieux fixer les solos ou les passages repérés au disque, d'en redécouvrir d'autres tout aussi remarquables : certains solistes sont très "visibles" comme le violoniste Théo Ceccaldi, omniprésent, mais on apprécie de revoir un Claude Barthélémy chevelu à l'oud avec le trompettiste Fabien Martinez (ici au bugle) sur le justement nommé "oud oud", le batteur Eric Echampard essentiel, le tromboniste invité Luca Spiler sur la valse de Tortiller, d'autres élèves comme lui du CNSM pour le vigoureux "Out" de Didiler Levallet, des soufflants comme les saxophonistes Alexandra Grimal, Hugues Mayot ...

Des bonus conséquents proposent une interview des dix chefs qui commentent leur expérience à la tête de leur ONJ. Leurs réponses à chacune des trois questions posées (vos trois plus fortes influences en matière de big band, le choix des instruments dans le casting, comment imaginez-vous le prochain ONJ?) proposent une réflexion toujours instructive à continuer, tout en racontant l'histoire de cette institution et du jazz à travers elle. 

Le livret, très soigné, comporte des indications discographiques précises avec vignettes des pochettes, des photos restituant les temps forts du concert, et un portrait rapide de chaque chef qui reprécise le contexte, évoque des souvenirs marquants de son ONJ.

Quelle façon avec ce bel objet de revivre cette aventure étonnante grâce à la précieuse contribution de ces "passeurs d'énergie". Indispensable document pour et sur le jazz...

 

Sophie Chambon

 

 

 

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